VERS ADRESSÉS AU PRINCE DE LIGNE
QUI AVAIT LA FIÈVRE A SAI.-VT-pÉTKHSBOUHG .
UiviNiTÉ pâle et cruelle,
Quoi ! tu veux fixer dans son lit Ce prince si léger, que jamais on ne vit
Fixé deux jours près d'une belle !
Il bravera ta cruauté;
Il rira de ta vaine audace.
Un docteur, partout respecté ,
Promet qu'en deux jours il te chasse.
Moi, pour lui rendre la santé,
Sur d'autres docteurs j'ai compté.
Son aimable gaîté, son esprit et sa grâce
Valent mieux que la Faculté.
L'ennui, le dégoût, la tristesse ,
Ces trois ministres du trépas , Ces trois tyrans de l'humaine faiblesse, Craignent mon prince et ne l'approciient pas.
Pâle déesse , tu t'abuses ,
Si tu comptes le retenir Occupé par la gloire et l'amour et les muses,
Il n'a pas le tcnips de mourir.
544 tpîlRLS , VKllS.
Des [jràces la bonté divine , Lui réservant leurs plus douces faveurs, De ses jours fortunés fit un tissu de fleuis ,
Sans y laisser de place pour l'épine; Et , si tout habitant de ce mortel séjour
Dans le fleuve des maux doit boire, Il est écrit du moins , au temple de mémoire, Que mon prince n'aura que la fièvre d'amour,
Ou bien la fièvre de la gloire.
Cher prince, je vous vois vainqueur De cette fièvre au teint jaune et livide. Ne prenez désormais que le plaisir pour guide ,
Pour médecin que le bonheur.
Interrogez la médecine, Si vous ne voulez rien qu'un peu plus de santé ; Mais, puisque vous visez à l'immortalité,
Consultez toujours Catherine.