RÉPONSE DU COMTE SCIIOUWALOW
i\.CTREFOis , d'un crayon facile , J'écrivis deux mots à Ninon :
On goûta mon œuvre futile, Et je vis sourire Apollon ;
Non l'Apollon dont le génie Habitait l'antique Délos ; Mais celui qui , fuyant l'envie, Dans Ferney trouva le repos.
Il encouragea ma jeunesse; Les succès sont pour les beaux jours Mon âme éprouvait la tendresse; Ma voix célébrait les amours.
Ah ! ces heures trop fortunées S'envolent sur l'aile du temps !
Et le midi de nos années N'a point les grâces du printemps.
En voyant l'astre qu'on adore Parer les cieux!de sa splendeur, On regrette toujours l'aurore, Et se» parfums et sa fraîcheur.
546 épîtres, vers.
L'imagination plus sage ' Tient bientôt ses trésors fermés , Et pour la primeur de notre âge Les jolis vers semblent formés-
Auprès de la troupe immortelle Qui jadis me donnait des lois , Quand je cueille la fleur nouvelle, Elle se fane sous mes doigts.
Mais en sortant de la carrière Où le talent vous a conduit, Toujours penché sur la barrière , Ségur, mon cœur vous applaudit.
Votre muse, vive et modeste, L^uit des traits doux et piqu.ms , Et le mérite qui me reste Est de sentir ses agrémens.
KPÎTP.KS, VERS. ' 549