‹ Mélanges de littérature et de politiqueChapitre 36 sur 175 · LES CHEFS DE LÉGION , GARDES ET LICTEURS. SEXTUS · texte numérisé non relu

LES CHEFS DE LÉGION , GARDES ET LICTEURS. SEXTUS

LiciNius, je dois te parler sans délour. Ah ! combattre aujourd'hui, c'est tout perdre en un jour; L'enceinte de ton camp, faible et mal assurée. Offre au fier Marcius une facile cntiéc.

Nos flancs sont découverts, tous nos postes connus; IS'os soldats effrayés sont à demi vaincus. L'ennemi , complétant, s'il veut, notre défaite, Peut vers Rome aisément couper notre retraite, Et le sort de l'État, remis en ton pouvoir, Dépendiait d'un revers trop facile à prévoir. Licinius, crois-moi , prends un parti plus sage, Qui veut plus de prudence et non moins de courage. Ramène tes guerriers au sein de nos remparts : Ils reprendront leur force aux autels du dieuIMars; Leurs pères, leurs enfans, leurs pontifes, leurs femmes, De la gloire en leurs cœurs rallumeront les flammes , Et ces objets si cbers, leur plainte, leur danger. Leur diront mieux que nous ce qu'ils ont à venger. Nos murs de Marcius sauront briser l'audace; Il sera repoussé, quelques efforts qu'il fasse. Alors , à notre tour, sortant de uos foyers,* Nous pourrons arracber ses indignes lauriers, Et, ramenant enfin nos aigles à la gloire. Des affronts de ce jour effacer la mémoire.

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