SCÈNE
mêmes goûts, nous chantons, nous jouons ensemble la comédie. Crois-moi , je suis en tout point le mari qui lui convient.
RICHARD
Vos parens n'y consentiront jamais.
ARMAND
Oh !j'ai trouvé un moyen qui leur fera entendre raison,
RICHARD
Je crois que ce moyen-là est merveilleux. Songez-vous à l'opposition de leurs différens caractères?
AIK : Du pelil Matelot.
Jamais on ne voit votre père Faire ce que sa femme veut.
En revanche aussi votre mère Le contredit tant qu'elle peut.
Ce que l'un ou l'autre dcsire, Votre oncle le bl.lme d'al^ord.
Ce n'esl que pour vous contredire Qu'on les voit tous les trois d'accord.
ARMAND
Eli bien I ma volonté sera lt;ur point de réunion
RICHARD
Vous vous abusez, croyez- moi.
ARMAND
Oh! non, je les connais bien f ma mère n'aime que le conimerce , l'argent , la médisance et les vieux usages ; mon père est fou des talens et des nouvelles modes ; il veut à cin(|uante ans rivaliser avec tous les agréaldcs de bagatelle etdçXivQli.,Mon oncle enrage de nous voir ha-
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hiter la ville ; il est resté fermier , et il n'aime que les champs et le village dont il a gardé le tou , les habits et la grosse gaîté. Ces poi'traits ne sont-ils pas de main de maître?
RICHARD
Oui , et même de petit-maître.
ARMAND
Quoi ! des calembours ! Mon vieux Richard , tu te gâtes avec moi; mais rassure-loi. J'attends des lettres de Paris , vas voir à la poste si elles sont arrivées : tu me diras , quand je les aurai lues , si ma folie ne vaut pas mieux que ta prudence.
RICHARD
Je le souhaite, mais je n'en crois rien. Je le prévois, vous serez déshérité; prenez -y garde.
AIR ■ Du serin qui te fait envie.
D'avoir excite cet orage
Vous vous repentirez un jour;
Croyez qu'un solide lieritage
Vaut bien mieux qu'un frivole amour;
Je ne fus jamais ti-op avare.
Mais vous conviendrez qu'à pre'sent
Ce qu'on voit partout de plus rare,
C'est, ma foi, la paix et l'argent.
ARMAND
ISe crains rien, j'aurai tout; mais dépêche- toi,
(RicUardsorl. )