SCÈNE Xlll
ADÈLE, eav,.;uc. M- DU PRÉ.
ADÈLE
Peut -ON savoir ce que cherclie madame?
Mme DUPRÉ.
Vous êtes bien bonne, madame. Je voulais parler à un jeune homme qui demeure ici , ou à une dame à qui appartient cette maison.
ADÈLE
C'est à moi , madame.
Mme DUPRÉ.
Vous me surprenez; on m'en avait 'fait un tout outre portrait. Quoi! c'est vous qui vous nommez madame Adèle ?
ADÈLE
Non, madame. Je me nomme Dufonr ; mais je crois que vous voulez parler d'une de mes locataires , d'une jeune femme ; elle ne tardera peut-être pas à rentrer : cependant je n'en voudrais pas répondri^.
Mme DUPRÉ.
Je le crois. Toutes ces jeunes personnes ont un train de vie si étrange!
Dès le matin elles sortent; elles courent les ventes, elles vont à deux ou trois déjeunes; i-nlin , elles sont bien partout, excepté c'iez elles.
ADELE
Mme UUPRE.
La jeunesse ne songe en effet qu'à s'amuser, et nous 1. lisse tous les embarras de la vie.
ADÈLE
Ain • D.iigiicz m'epargiicr li; icsle.
Tous les ménages sont de'serlsj Nos jeunes gens dans leur folie, Au spectacle, aux jeux, aux concerts, Aux bals , aux the's passent leur vie.
Quand pour leur bien nous travaillons , L'amour seul occupe leurs veilles j Du monde ils sont les papillons , Et nous en sommes les abeilles.
Mme DUPRÉ.
Vous avez raison ; c'est ce que je dis tous les jours ; et l'on prétend que je radote. De notre temps tout allait beaucoup mieux.
ADÈLE
Sans contredit : les modes étaient décentes.
Mme DUPRÉ.
Tous les devoirs étaient remplis.
ADÈLE
Les femmes s'occupaient de leur ménage.
Mme DUPRÉ. t
Les jeunes gens étaient sages, mais polis. A présent ils ne font pas plus d'attention à une femme de cinquante ans , que si elle n'existait pas.