‹ Mélanges de logiqueChapitre 5 sur 60 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Comme je veux m’appliquer ici à être aussi succinct que possible, je ne crois pas nécessaire de reproduire les axiomes, non plus que les définitions qui reposent sur des notions familières à tout le monde, et qui sont conformes à la droite raison ; je n’imiterai pas l’exemple de ceux qui, stériles observateurs de je ne sais jtfpfe quelle méthode, ne croient avoir procédé d’une ma-

nière sure et logique qu'autant que, prenant un sujet d’aussi haut que possible, ils ont fait le recensement de toutes les erreurs qu’ils ont découvertes dans les écrits des philosophes. Qu’on ne me reproçhe donc pas cette omission volontaire. J’ai cru bon d’en aver-

tir le lecteur. *

Proposition I.

si

Il 71 y a pas pour toutes les vérités un principe unique - absolument premier , universel .

Un principe premier et véritablement unique devrait être une proposition simple, autrement elle serait composée, et comprenant par le fait plusieurs autres propositions, elle n’aurait d'un principe unique que la trompeuse apparence. Or, une proposition vraiment simple est nécessairement ou affirmative, ou négative. Si elle est l’un ou l’autre, ellene peut être un principe universel, comprenant toutes ces vérités sans exception ; car si vous dites qu’elle est afjinnative , elle ne pourra être le* principe absolument premier des vérités négatives ; si vous la supposez négative, comment servirait-elle de principe aux vérités positives? k' H*

JfmË.

Admettons que cette proposition soit négative ; et tout d’abord, comme toutes les vérités découlent de leurs principes soit directement, soit indirectement, n’est-il pas évident que si vous concluez directement d’un principe négatif, vous n’obtiendrez que des propositions négatives. Si maintenant vous voulez tirer indirectement de ce même principe des propositions affirmatives , convenez que vous n’y arriverez qu’à l’aide de cette proposition intermédiaire :

Cujuscumque oppositum est falsum illud est verum (Est vrai tout ce dont l’opposé est faux). Cette proposition, affirmative de sa nature, ne pourra résulter ni directement du principe négatif, ni indirectement à plus forte raison, puisqu’elle aurait besoin pour cela d'elle-même. Ainsi elle ne pourra en aucune façon résulter du principe négatif. Puis donc qu'on ne saurait obtenir les propositions affirmatives d’un seul et unique principe négatif, un pareil principe n’est pas universel. Semblablement, si vous prenez pour principe absolument premier uue proposition affirmative, vous ne pourrez certainement pas * en tirer directement les propositions négatives. Siv vous l’essayez par voie indirecte, il faudra faire intervenir cette autre proposition : Si oppositum ali cujus est verum illud est falsum (Est faux ce dont l’opposé est vrai) ; c’est-à-dire que si l’opposé de quelque chose est affirmé , ce quelque chose meme est nié. Et comme la proposition est négative, on voit qu’elle ne pourra dériver du principe affirmatif ni directement, ce qui est évident, ni indirectement, à moins de partir d’ elle-même. Ainsi donc,

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