i l'E i-'usAfiK DKS inuNr.iri:^ tkléoi-Ogioues
qu'elle est opposée à la nature (don! la conservation de ses espèces esl invariable dans la forme). Le mot progenies fait voir qu'il n'y a pas autant de caractères originels distribués en autant de souches qu'il y a d'espèces du même genre, mais que ces caractères ne se développent qu'avec les productions successives, que ce ne sont par conséquent pas des espèces diverses, md\'ààQs,ressemblances , tellement déterminées et constantes cependant, qu'elles permettent une distinction caractéristique.
D'après ces idées préliminaires, le genre humain (entendu suivant son caractère universel dans la description de la nature) pourrait être divisé, dans un système d'histoire naturelle, en souche (ou souches), en race ou genre [progenies classifica)^ et en variété humaine {varietas nativa). Celte dernière ne contiendrait pas des caractères transmissibles héréditairement, et qui pussent par conséquent servir de l)ase à une division par classes. Mais tout ceci n'est encore qu'une simple idée de la manière dont la plus grande diversité dans la reproduction peut se concilier avec la plus grande unité de la dérivation rationnelle. Les observations qui servent à faire connaître l'unité de la dérivation doivent servir à décider s'il v a réel-
mot classe dans i.a signification large qui lui est don m'ie par le système de Linné ; nuws l'employons également rommo nionil)ro (1« division dans un IfMit autre liut.
EN PHILOSOPHIE. 383
lemeiil uik^ trllc iKirciilc ('ums le in'uvc liunKiin. Ce (ju'il y a (lo claii- ici, c''(>s( (pToii doit ôlre conduit pur un principe détermine a V observation pure et simple, c'est-à-dire à donner son attention à ce qui peut indiquer la dérivalion, et non simplement la ressemblance caractéristique. Alors, en elTct, il s'agit d'un problème diiisloire nalurelle, et non d'une description naturelle et d'une simple nomenclature méthodique. Si Ion n'a pas dirigé ses recherches suivant ce principe, il faut chercher de nouveau; car ce qu'il convient de faire pour décider s'il y a entre les créatures une semblable parenté réelle, ou si celle parenté n'est que nominale, ne se présentera pas de soi-même à l'investigateur.
Il ne peut y avoir aucun critérium certain de la différence d'une souche primitive que Timpossibilité d'avoir une descendance féconde par le mélange de deux races humaines héréditairement différentes. Mais si la chose a lieu, la différence de la forme est encore si grande, que rien n'empêche d'y trouver, au moins possible, une dérivation commune; car pouvant, malgré celte dilTérence, s'unir pour donner naissance à un produit qui porte les deux caractères, elles ont pu sortir d'une souche unique, qui renfermait le développement virtuel d'autant de races possibles qui devaient se distinguer par la génération;
et la raison ne partira pas de deux principes quand
386 DE l'usage des principes téléologiques
un seul peut suffire. Mais le critère certain des qualités héréditaires comme signe d'autant do races, a déjà été indiqué. Il reste encore à remarquer quelque chose des variétés héréditaires qui fournissent une occasion de dénommer telle variété humaine ou telle autre (de famille ou de peuple).
Une variété est la propriété héréditaire qui ne sert pas à classer, parce qu'elle ne se produit pas inévitablement; car il faut cette constance du caractère héréditaire pour justifier, même au point de vue de la description de la nature, la division par classes. Une forme qui, dans la reproduction, n'ofire qu'accidentellement ie caractère des parents les plus proches, et même le plus souvent que d'un côté (paternel ou maternel), n'est pas un signe où l'on puisse reconnaître la provenance des deux parents, par exemple, la ditîérence des blonds et des bruns. La race ou la variété est donc une propriété qui passe iné^nlablement d'une génération à une autre, qui peut sans doute servir à une division par classes, mais qui n'est cependant pas spécifique, parce que la ressemblance inévitablement moyenne (par conséquent la jusion des caractères de la distinction) permet au moins la possibilité de regarder les diflerences héréditaires comme ayant aussi leur origine dans la souche, oîi elles se trouvaient réunies comme en germe, et qui ne se sont séparées et développées que peu à peu à la
EN riiiLosiiriiiK. 387
faveur ile^ générations successive:;. Il est inipcjssihle,
en elïi't, lie faiii' du se\e auiuial une espèce pailiculière, s'il n'est point àiuiaudY- pour former un seul et même système naturel de génération. En histoire naturelle, genre et espèce seraient donc une même chose, et signifieraient la propriété héréditaire séparée d'une souche counnune. Mais la qualité qui peut subsister, cette souche est héréditaire nécessairement ou non. Dans le premier cas, il y a caractère de race, dans le second caractère de variété.
Quant à ce qui peut être appelé variété dans le genre humain, je remarque qu'il faut considérer aussi la nature, non comme agissant ici avec pleine liberté, mais que, tout comme dans la formation des caractères de races, elle est pour ainsi dire prédestinée par une disposition native à les développer seulement. On y trouve en effet une (inalilé d'une mesure en parfait accord avec elle, ({ui ne peut être l'œuvre du hasard. Ce que lord Shaftesbury avait déjà remarqué, à savoir qu'on trouve dans toute figure humaine une certaine originalité (comme un dessin réel), qui assigne pour ainsi dire à l'individu des fins particulières, propres, quoique nous ne puissions pas décliiffrer ces lignes, tout peintre de portraits qui réfléchit à son art peut le confirmer. On aperçoit la vérité d'une figure peinte sur le vif et bien rendue, c'est-à-dire que ce n'est pas une œuvre d'imagination. Mais en
388 i>E l'usage des principes téléologiques
(}iioi consisie cette vérité? Incontestablement dans une î)roportion déterminée de Tune des nombreuses parties du visage avec toutes les autres, pour exprimer un caractère individuel, (pii renferme une fin obscurément représentée. Aucune partie de la figure, noussemblàtclle disproportionnée, ne peut être changée dans la peinture en conservant tout le reste, sans que le connaisseur, encore bien qu'il n'eût pas vu l'original, par la comparaison avec le portrait fait d'après nature, ne remarque aussitôt laquelle des deux images représente la nature, laquelle est une fiction. La variété entre hommes de la même race est très-vraisemblablement contenue aussi régulièrement dans la souche primitive pour établir et développer en conséquence une très-grande diversité en vue de fins infiniment ditrérentes, de même que la différence de races a pour but l'appropriation à des fins moins nombreuses mais essentielles. Il y a cependant cette différence, que les dernières dispositions, une fois développées (ce qui doit avoir eu lieu déjà dans les temps les plus reculés), ne peuvent donner naissance à aucunes formes nouvelles de cette espèce, ni laisser périr les anciennes, quand au contraire les premières, à notre connaissance du moins, semblent témoigner d'une nature inépuisable en nouveaux caractères (externes ou internes). La nature sen)ble craindre hs/usioiis de variétés, parce qu'elles sont contraires à la fin, la diversité des
EX PIIILOSÛPIIIE. ;)H0
caraclèiTs. Quanta la diiréience îles races an eondaiie, elle l'M soullVc ilii moins la ("usion si L'Ile ne la favorise pas; c'est pour elle un moyen d'approprier la créature àdesclimalsdilîérents,(pioiqu'iln'y en ait pas (pii lui convienne autant que celui où elle a d'abord pris naissance. Car, pour ce qui est de l'opinion commune suivant laquelle des enfants (de notre race blanche) doivent hériter de leurs parents pour moitié des signes caractéristiques qui appartiennent à la variété (tels que la stature, les traits du visage, la couleur de la peau), et mémo de plusieurs vices (internes ou externes), et, comme on dit, tenir telle chose du père, telle autre de la mère, l'élude attentive que j'ai faite des familles diverses, ne me permet pas de la partager. Ils reproduisent sans mélange , quoique pas d'après le père ou la mère, la famille de l'un ou de l'autre ; cl quoique l'éloignement pour les alliances entre proches parents se fonde sur des raisons morales particulièrement, et que la stérilité n'en soit i)as suffisamment établie, par le fait qu'on le trouve répandu jusque chez les peuples barbares, on doit présumer qu'il a sa raison profonde dans la nature mèuie, qui ne veut pas que les anciennes formes se reproduisent toujours, mais qui entend au contraire que la plus grande diversité, qu'elle a déposée dans les germes primitifs de la race humaine, soit réalisée. Un certain degré d'uniformité, qui s'offre dans les traits d'une
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famille et même d'un peuple, ne peut })as non plus être uttribuée à la tiansmission pour moitié de leurs caractères (transmission pai'tagée qui, selon moi, n"a pas lieu pour les variétés). En eiïet, la prépondérance de Tun ou de l'autre des conjoints, lors parfois que presque tous les enfants ressemblent à la souche paternelle ou maternelle, peut, malgré la grande différence primordiale des caractères, et par suite d'une action et d'une réaction qui fait que les ressemblances d'un côté deviennent de plus en plus rares, allénuer la diversité, et produire une certaine uniformité (qui n'est sensible qu'à des regards étrangers). Au surplus, j'abandonne cet avis au jugement du lecteur. Ce qui est plus important, c'est que chez d'autres animaux, presque tout ce qu'on pourrait appeler chez eux variété (la taille, les qualités de la peau, cic.) est transmis de moitié par les parents. C'est là un fait qui, lorsqu'on vient à considérer l'homme, comme on peut le faire, par analogie avec les animaux (en ce qui regarde la reproduction), semble renfermer une objection contrôla distinction que j'ai faite entre les races et les variétés. Pour pouvoir en juger, il faut se placer au point de vue plus élevé de l'explication de cette loi de la nature, suivant lequel les animaux irraisonnables, dont l'existence ne peut avoir de prix qu'à titre de moyen, doivent être diversement appropriés à différents usages, et cela dès le |)rincii)e (comme les différentes races de chiens,
KN niii.osdi'iiiE. 391
(|ui, siiiviiiil IJuIlbii, piovieiidruient d\\\\r souche coimnune, celle du chien de berger). Au coiiiiaire, une plus grande uniforniilé de fin dans la race humaine ne demandait j)as une si grande différence de formes naturelles de naissance ; celles de ces formes nécessairement natives ne pouvaient donc tenir à un petit nombre de climats des plus divers que pour la conservation de l'espèce. Cependant, comme j'ai voulu simplement motiver la notion des races ^ je ne crois pas nécessaire de faire la même chose pour le principe d'explication des variétés.
Après avoir dissipé cette équivoque, qui cette fois, comme la plupart du temps, est bien plusune cause de malentendu qu'une dissidence de principes, j'espère trouver moins d'opposition à mon mode d'explication. M. Forster est d'accord avec moi sur ce point, quil estime une qualité héréditaire parmi les différentes formes humaines , celle qui distingue les nègres du reste des hommes, assez grande pour qu'on ne doive pas la regarder comme un simple jeu de la nature, comme un effet d'influences contingentes; elle suppose au contraire une disposition originellement incorporée à la souche, et une loi spécifique de la nature. Cet accord entre nos idées est un fait important, et rend déjà possible un rapprochement, même par rapport aux principes d'explication des deux parts, au lieu que la commune et superficielle manière de voir suivant
39^ UE l'usage tes IRIiXCIPES TÉLÉOLOGIQUES
laquelle toutes les différences do notre espèce sont tracées de la même façon , c'est-à-dire également attribuées toutes au hasard,et rapportées, quant à leur origine, à leur disparition, à des causes purement extérieures, tient pour superflues toutes les recherches de cette nature et ne fait aucun cas de la constance même de Fespèce dans la forme régulière que cette espèce affecte. Restent deux différences entre nos idées, maisqui ne sont pas si grandes qu'elles doivent nécessairement empêcher de nous entendre: ]a première c'est que ces propriétés héréditaires, celles qui distinguent les jioirs de tous les autres hommes, sont les seules qui doivent être regardées comme données d'origine, lorsqu'au contraire je crois être autorisé à faire entrer plusieurs autres propriétés (celles qui caractérisent les Indienset les Américains, attribuéesaux blancs) dans une complète division par classes. La i-eco/zc^e dissidence, mais qui touche moins l'observation (la description de la nature) que la théorie à choisir (l'histoire naturelle), c'est que M. Forster croit qu'il est nécessaire d'admettre deux souches primitives pour expliquer ces caractères lorsque, suivant moi (tout en legardant avec M. Forster ces caractères comme originels), il est possible et plus conforme à une véritable explication philosophique, de les regarder comme un développement do dispositions premières régulièrement déposées dans une souche. Ce qui n'est
liN riiiLosoriiii;. 393
piis non plus une {liffrrcnce IcIIcciiilî la raison ne puisse égalenicntfoinhii- d'accord sur ce peint, si l'on lait attention (.\uc la piiMuirre ori,^ine des êtres organisés reste pour tous deux inipt'MK'tral)le,ct en général inaccessible à la raison humaine, loul aussi bien (jue la transmission partielle dans leur propagalion. Comme le système de deux germes séparés tout d'abord et isolés en deux souches, mais par la suite mélangés et de nouveau réunis, ne donne pas à la raison plus de facilité d'intelligence que le système de germes différents qui auraient été originairement implantés dans une seule et même souche, et qui se seraient développés dans la suite d'une manière régulière eu donnant naissance à Xdi première population générale^ et comme la seconde hypothèse a de phis l'avantage de ne pas rendre nécessaire plusieurs créations locales ; comme en outre il n'y a pas à s'occuper de l'économie des moyens d'explications téléologiques pour les remplacer par des moyens physiques, chez les êtres organisés, en ce qui regarde la conservation de l'espèce, et qu'ainsi le second système n'impose au naturaliste d'autre obligation que celle d'ailleurs indispensable de se conformer au principe dejinaliié; comme aussi M. Forster n'a été porté que par la découverte de son ami , le célèbre anatomiste philosophe Sœmmering, à trouver la différence entre le nègre et les autres hommes, trop considérable pour qu'elle put être facilement goûtée
39i PE l'usage des principes téléologiques
de ceux qui mêlent volontiers tous les caractères héréditaires, et qui pourraient les considérer comme de simples nuances toutes fortuites, et que cet homme éminenl (qui se déclare pour la complète harmonie de la formation delà race nègre avec son sol natal (1), tandis qu.e la construction osseuse de la tête n'offre pas une conformité plus visible avec le climat que l'organisation de la peau, ce grand instrument de la dépuration du sang), semble par conséquent comprendre cette loi au nombre de toutes les autres (dont la propriété de la peau est l'une des principales), et la propose aux anatomistes comme le caractère le plus frappant : j'espère que M. Forsler, si on lui démontre qu'il y a encore, mais en petit nombre, d'autres propriétés constamment héréditaires, qui ne se résolvent point les unes dans les autres suivant les degrés du climat, mais restent réellement distinctes, quoiqu'elles n'aient pas un rang spécial en anatomie, ne sera pas éloigné d'y reconnaître un germe particulier, originel, normalement implanté
(1) SoEMMKiuNG, De la différence corporelle du nègre et de l'Européen, p. 79. " On trouve dans lastruclurc du nègre des pro|)riélcs qui s'ap- I)roprieMt à merveille u son climat, elqui pcut-èlre en font une créature plus accomplie que l'Européen. » Cet homme supérieur {ibid. % 4't) révoque en doute l'opinion de D. Scliotl, sur 1 orf^anisation de la peau des nègres, organisation qui la rend i)lus propre à l'expulsion dt's maticres nuisibles. Mais si l'on y joint les renseignements de Lind {Dca maladies des Européens, etc.) sur la malignité de l'air plilogistiqiié par les forêts marécageuses, surles bords de la Gambie, (jui devient si proraplenient mortel aux matelots anglais, cl où néanmoins les nigres vivent comme dans leur clément, cette opinion devient cependant Ires-vraiscmblablc.
E\ riiii.osiii'iiii:. 395
à une souclio, Oiiîuit ù savoir si, paicollc! raison, il est lu^ccssairo d adMicdre plusiours souclies, ou s'il nCn (au( recoiuiaîlrc (|u'uu(' m iilc (jui serait commune, j'es|)ère ([ue surco point encore nous serons à la fin facilement (.raccord.
Les seules didicultés à le\er, celles qui empochent M. Forsler de se rendre à mon opinion, regarderaient donc moins le principe que la difficulté do l'appliquer convenablement à tous les cas. Dans la première seclion de son traité,. octobre 1786, p. 70, M. Forsler donne une échelle des couleurs de la peau, depuis les habitants du nord de l'Europe, en passant par les Espagnols, les Egyptiens, les Arabes, et les Abyssiniens, jusqu'à l'équateur, d'où, par une gradation renversée, et s'avançant dans la zone méridionale tempérée, il arrive au pays des Cafres et des Hottentots (d'après son opinion) avec une gradation du brun au noir tellement proportionnée au climat des pays, aussi bien en remontant qu'en descendant (en quoi il admet sans preuve que des Colonies sont parties de la Nigritie, qu^elles se sont dirigées vers la pointe de l'Afrique, qu'elles ont gagné insensiblement, et où elles sont devenues, par l'effet du climat, des Cafres et des Holtentots), qu'il s'étonne qu'on ne s'en soit pas aperçu plus tôt. Mais on doit bien plus s'étonner encore qu'il ait été possible de ne pas voir le critérium suifisamment déterminé , et qui , par des raisons
39G TE l'usage des TRIXCIPES TÉLÉOLOGIQUES
décisives, pouvait être accepté pour reconnaître l'invariable propagation par moitié de la part des parents, quand tout ici vient cependant à Tappui du fait. Car ni TEuropéen le plus septentrional en se mêlant au sang espagnol, ni le Mauritanien ou l'Arabe (non plus sans doute que l'Abyssinien qui en approche) , qui prennent des femmes circassiennes, ne sont le moins du monde soumis à cette loi. Il n'y a pas de raison non plus, si l'on fait abstraction de l'influence du soleil du pays sur chaque individu de ces derniers, pour juger leur couleur différente de la couleur brune parmi les blancs. Quant à ce qu'il y a de semblable aux nègies chez les Cafres, et à un degré moindre chez les Hottentots, dans la même partie du monde, deux variétés ({ui doivent, je pense, confirmer l'expérience de la procréation variée par moitié , il est très-vraisemblable que ce ne peut être que le résultai de productions bâtardes d'une population noire avec les Arabes (pii ont fréquenté de tous temps ces parages. Pourquoi, en elfet, ne trouve-l-on pas aussi cette prétendue échelle de couleurs sur les côtes occidentales de l'Afrique, où la nature ne fait au contraire qu'un saut de l'Arabe ou du Mauritanien basané au nègre le plus noir du Sénégal, sans passer parla teinte intermédiaire des Cafres? Par là tombe aus<i la preuve expérimentale exposée à la page 74, prei.vc anticipée, qui devait établir la fausseté démon priiu ioe, à savoir
EN niii.osoriin:. 397
que l'Abyssinien basané, uni à une (lafie, ne donnerail [las un piOLluit de couleur mixte, parce que les <IeuN. coult>;irs sont identiques, la couleur basanée. Si M. Forster adniel en elVel (pie la couleur basanée de l'Abyssinien est profondément innée, comme celle des Cafres, à tel point même qu'elle devrait donner une couleur moyenne, dans la procréation avec une l)lanche, alors sans doute l'expérience réussirait au gré de M. Forster; mais elle ne prouverait rien contre moi, parce que la dilVérence des races doit être jugée, non d'après ce qui leur est iilenlique, mais d'après ce (ju'il y a de différent entre elles. On pourrait dire seulement qu'il y a aussi des races fortement basanées qui se distinguent de la race noire ou de sa souche par d'autres caractères (par exemple, par la charpente osseuse); par rapport à celle-là seulement, la génération donnerait un métis, et ma liste des couleurs s'en trouverait augmentée d'une seule. Mais si la couleur foncée que portent les Abyssiniens nés dans leur pays n'est pas héréditaire, si elle est à peu près comme celle d'un Espagnol qui aurait habité ce pays dès son enfance, alors sa couleur naturelle donnerait sans doute à un produit une teinte moyenne avec celle des Cafres. Mais comme l'influence accidentelle du soleil y ajoute, elle en serait dénaturée et semblerait un Irait de variété homogène (quant à la couleur). Cette expérience imaginée ne prouve donc rien contre
398 DE l'usage des rRLNCirES TÉLÉOLOGinUES
rulililé de la couleur nécessairement héréditaire de la peau comme moyen de distinguer une race ; elle ne prouve que la diiïicuUé de pouvoir bien la déterminer, en tant qu'innée, dans les lieux où le soleil la rend accidentellement plus foncée, et confirme la justesse de ma demande, à savoir qu'on donne à cet effet la préférence à des produits de mêmes parents dans &' autres pays.
Nous avons de ces produits un exemple décisif dans la couleur indienne de la peau d'un petit peuple qui s'est propagé depuis quelques siècles dans nos régions septentrionales, je veux parler des Bohémiens (1). La couleur de leur peau prouve qu'ils sont un peuple indien. Pour la conserver, la nature s'est montrée si opiniâtre que, bien qu'on puisse faire remonter leur habitat en Europe jusqu'à douze générations, celte couleur apparaît encore avec une vérité si entière que si ces générations avaient eu lieu dans l'Inde entre ceux qui en ont été les auteurs et les habitants de ce pays-là, il n'y aurait vraisemblablement aucune ditférencc. Dire qu'il faudrait encore attendre douze fois douze générations, jusqu^à ce que l'air du Nord eût complètement blanchi leur couleur héréditaire, serait retarder l'investigateur par des réponses dilatoires, et chercher des faux-fuyants. Donner leur
(IjDcs bohèmes, appelés Zuifliart en Italie, et Gilanns en Kspagne.
{N. du trad.)
EN riiii.orittriiii;. .'{'Ji)
couleur pour une simple varirlé, coiinnccrili' du hnm espiiti;iK)l |)iM- r.ipixnl aii\ Danois, serait duntor de rempreiiite de la naliire; car ils [iroduiseiiL iiié\ilahlt'iiRMit avec nos anciens indii^ènes des métis; ce (|ui est une loi à lacpielle la race des blancs n'est soumise par rapport à aucune de ses variétés caractéristiques en particulier.
Mais aux pages 155-150 se trouve le [)rinei|)al argument qui prouverait, s'il était fondé, ([ue, dans le cas même où l'on m'accorderait mes dispositions originelles, Tliarmonie des hommes avec leur patrie ne pourrait cependant pas subsister avec leur diffusion à la surface du i^lobe. On soutiendra peut-être encore, dit IM. Forster, que les mêmes hommes dont les dispositions conviennent à tel ou tel climat devaient naître ici ou là par suite d'une sage direction de la Providence. Mais, continue-t-il, comment donc cette providence est-elle devenue si peu prévoyante que de ne pas pensera une seconde transplantation où chaque gerrne, qui n'était fait que pour un climat, serait devenu tout à fait sans but.
Pour ce qui est du premier point, on se rappelle que j'avais admis ces premières dispositions non comme distribuées entre différents hommes, — ce qui aurait fait différentes souches, — mais comme réunies dans le premier couple humain ; en sorte que leurs descendants, où est encore toute la disposition origi-
400 DE l'usage des principes téléologiques
nelle pour toutes les dilîérences futures, convenaient si bien à tous les climats (//z potenlia) que le germe qui les approprierait à la région terrestre où ils tomberaient, eux ou.leurs successeurs plus avancés, pourrait s'y développer. Point donc n'était besoin d'une sage direction particulière pour les diriger dans des lieux favorables à leurs dispositions; partout au contraire où le hasard pouvait les conduire, et leur descendance se propager longtemps, se développait un germe approprié qui se trouvait dans leur organisation, et qui les mettait en harmouie avec le climat. Le développement des dispositions se règle sur les lieux, bien loin que des lieux, comme l'entend mal à j)ropos M. Forster, doivent être cherchés d'après des dispositions déjà développées. Mais ceci ne s'entend que de Tépoque la plus reculée d'un temps qui peut avoir assez duré (dans l'intérêt de la population graduelle delà terre) pour qu'à la fin un peuple qui avait un établissement fixe, ait subi des influences de climat et de sol propres à développer ses dispositions harmoniques avec ces deux circonstances. Mais, d'où vient, dit-on, que le môme entendement, qui combinait si bien ici et les pays et les germes {ils devaient^ d'après ce qui précède, se rencontrer toujours^ quoique Ton veuille, non pas qu'une intelligence, mais seulement celte même nature qui avait réglé intérieu- I «.inent l'organisation des animaux d'une manière si
EN l'IllLOSOl'IllK. 401
univcrsellouionl régulière, leur ail lIomik'c aussi avec une égaie prévoyance les moyens de se conserver) ait eu tout à COU}) si [»eii d ciileniieinent qu'elle u ail pas aussi prévu le cas tVufie seconde transplantation} Grâce à celle imprévoyance, la propriété innée qui convient pour un eliuial, devient complélemenl sans but, etc. Quant à ce second point de Tobjection, j'accorde que celle inlelligence, ou si Ton aime mieux, cette nature agissant d'elle-même régidièrement, n"a pas fait aucune altenlion à une transplantation pour des germes <léjà développés, mais sans qu'on puisse, pour celle raison, l'accuser d'imprévoyance ou défaut de sagesse. Elle a plutôt empêché, en établissant l'harmonie avec le climat, la confusion des climals, surtout du chaud et du froid. Car, ce rapport vicieux d'une région terrestre nouvellement habitée à un naturel déjà façonné par une autre région plus anciennement habilée par les mêmes hommes, se garantit précisément de lui-même. Où donc les Indiens ou les nègres ont-ils cherché à se répandre dans les contrées du Nord? — Ceux qui y ont été transportés n'ont jamais donné dans leur descendance (comme les créoles, nègres ou Indiens, connus sous le nom de bohémiens), une variété propre aux travaux des champs ou de l'industrie (1 ).
(1) La dernière remarque n'est pas ici donnée comme une preuve; elle n'est cependant pas indifférente. Dans le recueil de M. Sprongel,
402 DE l'usage des TRINCIPES TËLÉOLOGIQUES
Mais cela même que M. Forsler regarde comme une difiiculté insurmontable contre mou principe, devient,
V partie, p. 268-287, un homme compétent allègue contre le désir de Raras.iy que tous les esclaves nègres soient employés comme travailleurs libres; que de plusieurs milliers de nègres affranchis qu'on trouve en Amérique et en Angleterre, il n'en connaît pas un seul qui lasse un ouvrage qu'on puisse appeler proprement fraroi/ ; qu'aussitôt qu'ils sont mis en liberté ils abandonnent l'ouvrage manuel peu diflicile qu'ils étaient auparavant contraints de faire comme esclaves, pour se faire revendeurs, gargoliers, valets de chambre, pêcheurs, chasseurs, en un mot rôdeurs. C'est ce qui s'observe encore parmi nous chez les Bohèmes. Le même auteur remarque à ce su jet que ce n'est sans doute pas le climat du nord qui les rend impropres au travail, puisqu'ils supportent plus volontiers le froid quand il s'agit pour eux d'attendre derrière les voituresdeleurs maîtres, ouparlesplus rudesnuitsd'iiiveraux couloirs glacés des théâtres (en Angleterre), qu'à la grange, au champ, ou sur le port, etc. Ne doit-on pas en conclure qu'il y a, outre la faculté pour le travail, une impulsion immédiatede l'activité, indépendante de toutattrait(surtout à l'activité permanentequ'on appellediligence), qui est mêlée tout particulièrementà certainesdispositions naturelles, et qu'Indiens et nègres n'emportent pas plus et ne transmettent i)as plus de cette irapulsion dans d'autres climats qu'il ne leur en faut |)our leur conservation dans leur mère patrie, pas plus quiis n'en ont reçu de la nature, et que cette disposition intérieure s'éteint aussi peu qu'il le parait extérieurement. Or, les besoins bien moindres dans ces pays, et la peine moins considérable qu'il faut pour les satisfaire, ne demandent pas une grande disposition à l'activité. Je citerai encore à ce sujet un passage de la description approfondie de Sumatra par Marsden, dans les recueils de Sprengel, y" partie, p. 198-199 : « La couleur de leur peau [des Kcjnngs) est ordinairement jaunâtre, sans ce mélange de rouge qui produit la teinte cuivrée, lis sont presque tous d'une couleur un peu moins foncée que les métis dans les autres contrées de l'Inde. La couleur blanche des habitants de Sumatra, en comparaison avec d'autres peuples de la même sone, est, à mon avis, une forte preuve que la couleur de la peau ne dépend pas immédiatement du climat. — (Il dit précisément la même chose de la génération des enfants d'Européens et de nègres qui ont pris naissance dans ces pays-là, et il pense que la couleur plus foncée des Kuropéens qui y ont l'ait un long séjour, est une conséquence des maladies de foie auxquelles tous sont exposés.) Je dois encore remarquer ici que les mains des naturels cl des métis, malgré la chaleur du climat, sorit habituellement fraîches (circonstance importante qui fait \oir que la qualité propre de la peau ne doit résulter d'aucune cause extérieure superlicielle). »
EN riiiiosoniii;. AO^
dans mw ct'rljiinr applitalioii, iitie liiiiiii'rc; Ircs-l'aNOrable, vl résout des ilidicultcs insolubles dans toute autre théorie. J'admets bien qu'il a lallu de uoinbreuscs générations, depuis l'origine du genre humain, pouriiuMI y ait eu évolution successive des dispositions innées vu lui jusqu'à la complète harmonie avec un climat, et que la did'usion de ces générations sous ces climats divers, en grande partie forcée par des révolutions violentes de la nature, n'a pu arriver sur réfendue la plus considérable de la terre qu'avec un accroissement dilïicile de l'espèce. Encore bien donc que ces causes eussent fait passer un petit peuple de l'ancien monde des régions méridionales aux septentrionales, l'iiarnionie qui, poui saccommoder à l'ancienne situation, n'était peut-être pas encore arrivée graduellement à un état fixe, — doit avoir fait place à un développement de dispositions contraire à celles que demandent le climat du nord. En supposant donc que cette variété humaine se soit toujours portée de plus en plus loin au nord-est jusqu'en Amérique, — opinion très-vraisemblable, — ses dispositions naturelles se seraient déjà développéesautant que possible avant qu'elle eût pu se répandre encore au sud dans cette partie du monde, et ce développement alors accompli , aurait nécessairement rendu impossible toute évolution ultérieure appropriée à un nouveau climat. Il se serait donc établi une race qui,
404 DE l'usage des principes téléologiques
dans sa marche progressive vers le sud, toujours la même sous tous les cliuiats, ne conviendrait bien à aucun, parce que la disposition méridionale, arrêtée avant le départ au milieu de son développement, aurait été convertieenunedisposition pour leclimaldunord,et ainsi se serait établi Tétat fixe de cette trnuped'hommes. En fait, Don Ulloa (un de ceux qui ont le mieux connu les Américains des deux hémisphères) assure qu'il a toujourstrouvé fort semblable la forme caractéristique des habitants de cette partie du monde. Un voyageur moderne dont le nom m'échappe, dit que leur peau est d'une couleur dérouille mêlée d'huile. Si leur naturel n'est en par/ait accord avec aucun climat, il faut en conclure aussi qu'il est difficile de donner une autr raison de rinlériorité très-marquée de cette race, — trop faible pour exécuter un travail pénible, trop indillerente pour agir avec diligence, incapable de toute culture(àquoi néanmoins levoisinage et rexeuipleTencouragent suffisamment), — par rapport au nègre luimême,qniestcependantauplusbasdegréderéchelledes différentes races d'hommes que nous avons nommées. Voyons maintenant toutes les autres hypothèses possibles de ce phénomène. Si l'on ne veut pas ajouter à la création particulière du nègre, déjà proposée par Al. Forsler, une seconde cn^ation encore, celle de l'Américain, il ne reste d'autre réponse à donner, sinon (jue l'Amérique est iro[) Jroide ou trop tiou-
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velle pour produire jainais la dégénérescence du nèij;re ou de riudieu, ou jxmr lavoir jxoduitc déjà depuis le peu do louips (prelle est peuplée. \.i\ première de ces assertions, en ce qui regarde le cliujat de celte partie du monde, est suflisanimenl réfutée maintenant. Pour ceipii est de la seconde^ à savoir, que si Ton voulait bien attendre seulement quelcpies mille ans encore, rmlluence continuée du soleil y produirait peul-êlre des nègres (du moins quant à la couleur héréditaire de la peau), il faudrait être sûr avant tout que le soleil et Pair peuvent opérer de pareilles greffes, pour pouvoir seulement répondre à des ohjectioîis, en alléguant un effet purement présumé et placé si loin de nous qu'on peut toujours le reculer à plaisir. On peut encore bien moins opposer aux faits une conjecture toute arbitraire, puisqu'en effet l'assertion est en elle-même très-douteuse.
Une confirmation importante de la dérivation des différences inévitablement héréditaires, par le développement des dispositions qui se trouvent originellement et régulièrement dans une souche humaine pour la conservation de Tespèce, c'est qu'on trouve les races qui en sont sorties répandues, non sporadiquement (dans toutes les parties du monde, dans un climat identique, de la même manière), mais cjcladiquement réunis en groupes qui se distribuent dans les limites d'un pays où chacune d'elles a pu
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se former. Ainsi la descendance pure de la race jauîie est renfermée dans les limites deVJndostan, et y Arabie, peu éloignée de là, qui occupe une zone en très-grande partie semblable, n'en renferme point; mais ces deux contrées ne contiennent pas de nègres ; on n'en trouve qu'en Afrique, entre le Sénégal et le cap Négro{el ainsi de suite dans l'intérieur de celte partie du monde), tandis que V Amérique entière ne présente ni des uns ni des autres, ni même aucun des caractères des races de l'ancien monde (les Esquimaux exceptés, qui semblent être, d'après dilVérents caractères de leur forme et de leur talent, des étrangers tard venus de quelque partie de l'ancien monde). Chacune de ces races est en quelque sorte isolée, et comme elles se distinguent cependant les unes les autres dans le même climat, et même par un caractère qui tient inséparablement à la faculté reproductrice de chacune d'elles, l'opinion qui fait dériver le caractère de l'influence du climat en devient très-peu vraisemblable; on y trouverait bien plutôt la confirmation d'une parenté perpétuelle par l'unité de dépendance, mais en même temps la confirmation d^mo cause intrinsèque et non simplement dans le climat, de la distinction des races, distinction qui doit avoir exigé beaucoup de temps j)our s'effectuer en conséquence du lieu devenu le théâtre de la propagation ; mais une fois cette distinction effectuée, plus
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de dégénéresconces noiivollos par d'aulics ^ran^;positions ne sont possibles. EIK' ne peut donc t^îro regardée que comme une disposition ori^^irielle, déposée dans la souche, se développant régulièrement et peu à peu limitée à un certain nombre, d'après les ditTérences capitales des influences atmosphériques. Cet argument semble coiilredil par la race des Papouas, qui est disséminée dans les îles de l'Asie méridionale et dans celles qui s'étendent à l'est jusqu'à l'océan Pacifique, race que j'identifie avec celle des Cafres, ainsi que le fait le capitaine Forster (sans doute parce qu'il peut avoir trouvé, soit dans la couleur de leur peau, soit dans leurs cheveux et leur barbe, qu'ils entretiennent fort longs, ce que ne font pas les nègres, des raisons de ne pas les appeler des nègresy. Mais la dispersion étonnante d'autres races qui se rencontrent dans le voisinage, celle des Harajoras, et de certains hommes qui se rapprochent davantage de la souche indienne pure, répond suffisamment à la diiïiculté, parce qu'elle atténue également la preuve de l'influence du climat sur leur propriété héréditaire, puisqu'on la retrouve si indifféremment dans une seule et même zone. On croit donc pouvoir regarder avec assez de fondement ces Papouas chassés de Madagascar, non comme des aborigènes, mais comme des étrangers obligés, on ne sait par quelle raison (peut-être par suite d'une grande
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révolution terrestre, qui doit s'être opérée de Test à l'ouest), de quitter leurs établissements. Quoi qu'il en soit des habitants de l'île de Freevill, dont j'ai cité de mémoire (peut-être infidèlement) ce qu'en a dit Carterel, il faudra chercher les raisons du développement des dilFérences de races au siège présumaVjle de leur souche sur le coiitiiient, et non dans les îles, qui, suivant toute apparence, n'ont été peuplées que très-longtemps après l'effet accompli de la nature.
Assez pour la justification de mon idée de la dérivation de la diversité héréditaire des créatures organisées d'une seule et même espèce naturelle (species natiirnlis), en tant qu'elles sont liées parla faculté de se reproduire, et qu'elles sont sorties d'une souche unique (1), à la différence de V espèce logique (species ai'ti/icialis),en tant que les êtres qui s'y trouvent compris sont soumis à un sigiie commun de
(l)'Le fait d'appartenir à une même souche n'est pas la même chose qu'être procréé d'un seul couple primitif; être de même souche signifie seulemenlquplesdiversitésqui se rencontrent maintenantdans unecertaine espèce ne peuvent pas être regardées par cette raison comme autant de dilTénaices originelles. Quel que soit donc le nombre des personnes (des deux soxcs) qui ont constitué la première souche humaine, pourvu qu'elles aient été toutes de la même espèce , je puis aussi hien faire descendre les hommes d'aujourd'hui d'un seul couple que de plusieurs. M. Forsier me .soupçonne d'avoir voulu affirmer ce dernier point comme un fait, et même en me fondant sur une autorité. Mais il n'y a là que l'idée qui découle tout nalureilement de la théorie. Quanta cette difficulté, que le genre humain eut été fort mal assuré par un seul couple primitif, e.\po.<é ([u'il était aux animaux féroces, ce n'est pas là pour lui une difficulté particulière ; car sa terre, abondante en toutes choses, a pu ne produire ces animaux qu'après les hommes.