‹ Mélanges de médecine. Opuscules de DesgenettesChapitre 13 sur 25 · L’ordonnateur en chef, Daure; les chefs de brigade · texte numérisé non relu

L’ordonnateur en chef, Daure; les chefs de brigade

Bessières, Détrée et Duvivier se concerteront pour faire eonfècîionnér: uii modèle d’harnachement et d’habillement complet, qui sera remis à l’état-major-général-avant le -aSiiîvôse au plus tard. . ^ '

Sous la même date que ci-dessus :

Le général en chef ordonne que les i 3 ®, 18% 25 ® 32 ®', 69^ et 75® demi-brigades de ligne, la 21® légère et les guides à pied fourniront chàcnne quinze hommes.

Les 9®, 19®, 61®, 85 ® et88® demi-brigades de ligne; les 4® et 22® légères fourniront chacune dix hommes pour le fond de la formation du l'égitùent des dromadaires. '

Ces hommes devront avoir moins de vingt-quatre-ans', plus de quatre ans dé service, au moins ciqq pieds quatre pouces , et être d’une bravoure reconnue. Ils seront envoyés sur-le-çbamp au Gairé : lé commandant de la plaêe établira léur caserne sur la place Ézbekiéh.

^L’ordre du jour du 21 nivôse portait ce qui suit :

La; légion maltaise et la légion nautique fourniront cha- Gune diX; hornmes pour le régiment des dromadaires.

,Les officiers seront pris parmi ceux.à la suite de rarmée, mMtié, daiis l’infanterie et moitié dans la,cavalerie. Le chef d’état-major-général en présentera le travail,.au plus tard,, le 3 o nivôse, au général en chef. ",

Les sdus-officiers seront pris parmi ceux actuellenient daiis les corps qui en ont plus qu’il ne îfeur est nécessaire.

Suit un tableau de répartition des dromadaires (montures), qui doivent être fournis par lès diverses provinces. Le tout est contresigné Alex. Berthier, c 7 iv^ de l’état-majorgénéral. .

La force du régiment qui deyait être de 5 oo hommes, ne s’éleva p?s alors au dessus de Soo. Bientôt rexpédition deSyrie fit connaître l’importance de ce corps j carj l enîretiht une correspondance active entie i’iEgypte et la Pale.&ti:ue > et

Pon vil des détachemens partis du Caire arriver , dans six jours de marche, devant Saint-Jean-d’Acre, et retournefdatis le même temps. , „ . ' ,

Kléber, appelé au commandement de l-armee j ordonna que le régiment des dromadaires fût porte au compiét j^ mais ^ la diminution des hommes força à modifier, simplement la première organisation. En effet , le régiment eut- bien trôis escadrons, mais il n’eut plus,que six compagnies , au lieu de huit. Le personnel resta le même,, si ce nesl qu’on aionta un sous-lieùfenafît par çpmpagjiie, à causç des aoinbr^x détacliejïieus. La solde, qui était pniriitivement. celle-des régiraens de dragons ,, fut augmentée. En somme , le corps des dromadaires , qui deyait être de B8,4 hommes , ÿ comr pris les officiers, sous-officiers, soldais, elle petit.étaf-majorj ne compta jamais an delà de 366 hommes. • ^ ,

Le général en chef tira ;un grand parti deS: dromadaires,; ils lui servirent a approyisionner facilement les postes sj ayàiicés’de Kathiéh et d’Elhariçh, et a établir dans jedésert ; entre Suez et Galhieh, une:çroisière qui^^fepposaitâuxcomT munications ; de l’armée du grand yisir et des-mameluks d’ibrahim bey; avec l’Egypte^ et qui interceptait lés convois de*vivres qudls en tiraient, ^

L’expériênce avait introduit des perfeçtiouneraens; daKS le régiment; des dromadaires^ ainsi, on abandonna .assez promptement l’usage de la lance , jugée inutile. Les iOjficref ne furent plus armés q;ue d’un:^sabre et de quatre pistolets; dontdeux placés au poromeati de la selle du dromadaire; et deux^3Utres;plus petits à la ceinture ,;tous retenulv a,u corps par des cordons en voie disposés en sautoir , ou croisfiS ; pour manœuvrer plus facilement, ces armes, çt être dispense,; après les avoir tirées, de s’occuper de les replacer dans leurs fontes. Il ne faut point oublier que le commandant avait tou jours uné boussole, qui servait à diriger la marche dans-le. désert. Ghaque cavalier portait toujours:^ avec lui tfo car-, touches, indépendamment de celles qui était placées.dansla giberne. - .

Kléber qui, par ses goûts personnels, attachait tin grand: prix à la bellu tenue; des troupes, donna aux dromadaires un habillement qui ise composait de trois uniformes diffé-*

rens, et il se plut à les dessiner et colorier lui-même. Le premier, qui était celui de l’écurie, se composait d’un pantalon et d’une veste de drap ou de cadis gris et d’un bonnet de police. Le second consistait en un dolman bleu de ciel et un pantalon rouge, des bottes à la hussarde, un turban blancsurmonté d’un haut panache jaune,et un manteau arabe. Le trj)isième costume, ou celui de grande tenue, était le même que le second , mais-on substituait au manteau arabe une ample dalraatique de couleur écarlate, sans collet et sans manches , et fixée sur la poitrine par deux rangs de brandebourgs. Ce beau costume, calculé d’ailleurs d’après lès lois de l’hygiène adaptées aü climat, était-'a peu près celui que David a dessiné et fait exécuter pour l’école de Mars. Aussi ce grand artiste s’anima d’un vif intérêt, quand, dans les récits qu’il sollicita souvent de nous sur l’expédition d’Egypte, nous lui racontâmes l’effet produit par ce costume aux obsèques de Kléber. Quand l’armée , groupée autour du camp retranché où nous venions de déposer les restés de noire général en chef, pénétra dans cette enceinte pour lui rendre les derniers hommages, les dromadaires parurent à leur tour en débouchant à pied par une gorge étroite, pratiquée pour cette triste cérémonie. Lorsqu’ils se formèrent en bataille devant le cercueil, un mouvement de surprise manifesta dans les assistans ce qu’avait de pittoresque et d’imposant ce costume à la fois antique et moderne, asiatique et européen. L’admiration succéda au premier sentiment quand les dromadaires, relevant, avec la rapidité de l’éclair, leurs armes inclinées, exécutèrent leurs feux au signal qu’en donna leur chef, en jetant sur le corps de Kléber un faisceau de couronnes de lauriers et de cyprès entrelacés. “

Les premières réquisitions de chameaux faites par le général en chef Bonaparte, ayant été insuffisantes pour monter le régiment, on fut obligé d’en acheter aux tribus arabes, qui les vendaient de loo à 200 francs chaque j mais dès qu’il y eut cinquante homnjes montés^ on cessa d’achéter'des dromadaires; on en prit un grand nombre sur les tribus ennemies , et, après avoir fait un choix , on vendait le rebut, par adjudication, au profit-du corps , de 100 â i5o francs chaque chameau. ;

L’équipement consistait en une selle, un licol, un cavesson fixé par une cbâinette aux narines de l’ânimal, et servant â le diriger; des sacoches doublées en basané; placées sous le cavalier, de chaque côté de la selle j ' et desimées

à porter les vivres; une petite outre de cuir pour l’eau, et un sabot aussi en cuir pour recevoir la crosse du fusil.

Quanta la nourriture des chameaux, elle était de dix livres de fèves et dix livres de paille par jour. Dans le désert, la paille se remplaçait par quelques livres de fèves de plus. Cette ration était évaluée à 5 o centimes.

Il devait y avoir un chamelier par six dromadaires, pour les panser, et les tenir en main lorsque les cavaliers combattaient a pied , mais on ne put jamais déterminer aucun des hommes du pays à faire ce service en campagne; ainsi le régiment n’eut d’autres chameliers que ceux qui étaient attatacbés comme domestiques aux officiers.; il y en avait, au reste, un nombre suffisant au Caire, ainsi qu’aux infirmeries. La solde de ces chameliers était de 5 o centimes par jour.

• Les dromadaires portaient ordinairement, lorsqu’ils s’enfoncaient dans le désert, pour dix jours de vivres, tant pour eux que pour le cavalier. Celui-ci était nourri au moyen de quatre onces de biscuit par jour , et il y ajoutait constamment, de ses deniers de poche, du café, des olives confites , des dates ou des oignons, etc.; lorsque les courses étaient longues, et que l’on ne pouvait pas renouveler les vivres, ou diminuait les rations, mais cela fut toujours aussi nuisible au cavalier qu’à sa monture.

Le dromadaire, bien soigné et nourri, est un animal docile et tellement susceptible d’instruction que le régiment était parvenu à manœuvrer en ligne avec la cavalerie, en substituant, en raison de la longueur de l’animal, le mouvement par six à celui par'quatre eh usage dans la cavalerie.

En bataille rangée, les dromadairesbien exercés, peuvent prendre rang avec la cavalerie, et former la seconde ligne de cette "arme, qui, après une charge, peut se; rallier derrière les dromadaires, pendant que ceux-ci chargent à leur. tour. Le choc est peut-être moins vif que celui du cheval, à raison de l’allure moins prompte du dromadaire, mais la charge peut se faire mieux à fond , parce que rien n’arrête cet animal alors qu’il est bien lancé.

Le régiment combattait aussi comme l’infanterie, et il se Bîontra avec distinction à la bataille d’Héliopolis. Dans ce cas, le sixième des hommes reste monté pour garder et contenir les chameaux. Ce corps pouvait aussi être chargé d’une attaque particulière sur les flancs ou les derrières de l’armée ennemie. Tel fut son emploi dans la jjataille livrée près *l’Alexandrie à l’armée anglaise, le 3 o ventôse au ix. Enfin,

ce régiment pouvait prentîre part à toutes les actions de la guerre , et, de préférence, lorsqu’un général voulait porter rapidement de l’infanterie sur un point important. Alors uu fantassin montait en croupe; la position était occupée dans un instant, et défendue par riofanterie et lès dromadaires qui mettaient pied à terre.

Dans toutes les affaires qüé lés dromadaires avaient avec les Arabes ou les Mameluks, ils combattaientmontés, pour gagner rennemi de vitesse, et, au moment de l’action, là moitié des hommes mettait pied à terre, pour mieux ajuster lès coups de fusil. Cette moitié, lorsqu’elle venait\| être fatiguée, était remplacée par l’autre, pour ne pas rallentir la poursuite. Si cependant le nombre des ennemis devenait supérieur au détacheraeut des dromadaires , et qu’il fût obligé de prendfè la défensive , voici ce qu’il faisait : il s’arrêtait, formait m carré avec ses chameaux, qu’il faisait coucher, et placé au.milieu comme dans une redoute , il écartait tous les efforts des ennemis, quelque nombreux qu’ils fussent.

Les dromadaires s’enrichirent par la prise de quelques caravanes qui étaient d’intelligence avec i’ennemt. Le reste de l’armée n’envia point une opulence que ses possesseurs ennoblirent par l’usage qu’ils en surent faire. Leur gériérôsité éclata surtout envers les Invalides de l’armée, comme on peut le voir par la lettre suivante,- qui fut mise 'a l’ordre du jour du .9; ventôse, au IX.

Le chef de brigade^ commandant le régiment des droniadaires. ,

général en chef Menou :•

« Mon général, le régiment des,dromadaires, désirant « témoigner aux ïnvarlides de l’armée l’intérêt et la vënéra- « tioa qu’ils lui ont toujours-; inspirés j vient d’arrêter que « la deruière caravàne qû’il à prise, et qui était chargée de « grains destinés à approvisionner nos ennemis, serait vendue « à leur profit;

« Je vous prie de faire connaître a ce respectable corps « le plaisir que le régiment entier éprouve à lui faire cette « offre, comme une preuvje de ses sentimens, et celui qua je « ressens inoi-même d’en être l’interprète. ■

« Salut et respect.

M P. S. Je ne dois pas vous laisser ignorer que les Inva- « lideS sortis du régiment ont toujours eu part à la distriw bution des prisés. »

Nous jïvons bien constaté dans le temps, et nous ne savons çornraent nons avons pu omettre ce fait important dans notre Histoire médicale de l’armée d’O rient ; il a été bien constaté que les cavaliers drcmadaires ne furent jamais attaques d’ophtalmie dans le désert depuis que leur colonel les fit coucher dans des sacs de toilè piqués en coton , qu’ils portaient le jour ployés eh quatre sur leur selle.

Ce beau régiment de dromadaires , sur lequel on ri’a rien écnt, au moins que je sache, fut toujours sous les ordres, dii'colonel Cavalier (de Saint-Jean-du-Gard), aujourd’hui iiiàiéchal-de-camp eri retraite. Lorsque le général Bonaparte le nomma chef de brigade , il sortait du 12® d’infanterie légère, était chef de bataillon et commandant de la troisième section du Caire. Il porta honorablement en Egypte, coinme il l’avait fait en Italie, un nom qui ne/ut pas sans célébrité dansles dernièrès années dii règne de Louis XIV.

Au retour de l’armée, d’Orieni ; eu France , les cavaliers dromadaires furent incorporés dans la gendaimerie. ,

Lé quatrième livre de Végèce contient trente chapitres, dont voici les titres : i, de la fortification naturelle et artificielle des places ; 2 , dé renceinte des places; 3 , du rempart; 4 , des herses et des portes ; 5 , des^ fossés, 6 , comment on sè met a l’abri des flèches des assiégeàns ; "j , des ndunitions de bouche pouf un siège; 8 , des raunitious de guerre ; 9, des cordés et machines; 10, moyens pour empêcher qu’on ne manque d’eau ; 11, manière de faire du sel ; 12, du premier assaut; i 3 , machines pour l’attaque dés places ; i 4 , du bélier , de la faux et de la tortue ; iS, des vignes, des manteletset des cavaliers ; 16, des muscules; rq, des tours mobiles; 18 , comment oh met le feu aux tours mobiîes ; 19, comment on exhausse la muraille; 20, usage des mines contre lès tours mobiles ; 21 , des échelles, harpons, exostres, tollehons; 22 , des balistes, onagres, scorpions, arbalètes, fustigales et frondes pour la défense des murs; 23, des matelàîs, nœuds coulans, loups et colonnes pesantes contre le bélier; 24, des mines; 25, dernière ressource d’une place fortifiée; 26, de la gardé des remparts; 2-^, ruses des assiégeans; 28, ligne de contrevallation; 29, des machines de défense; 3 o, comment on prend la hauteur des murailles.

Enfin, le cinquième livre de Végèce, étranger comme le quatrième à l’objet de nos études, traite de la marine, et contient seize chapitres: i, des flottes des Romains; 2, des officiers des armées navales ; 3 , origine des liburnes; b, des

jours propres pour la coupe des boisj 6, dans quel mois on doit couper les bois ; 7, de la grandeur des liburnes ;

8, les noms et le nombre des vents ; 9, des mois les plus sûrs pour la navigation ; 10, présage des tempêtes par les astres; Il, pronostic du beau et du mauvais temps; 12, du flux et reflux; i 3 , de la manœuvre; \[\, des armes et des machines navales; i 5 , des ruses que Ton pratique sur mer ; 16, conseils pour un combat naval.

Nous terminons ici les remarques qu’une nouvelle lecture des Institutions de Végèce'nous adonné lieu de faire, et nous avons cru devoir les rendre publiques dans des circonstances où nos hôpitaux militaires d’instruction étaient spécialement encouragés et protégés par S. Exc. le marquis de Glermont-Tonnei’pe, ministre secrétaire d’état de la guerre. D’ailleurs, l’étude de l’hygiène occupe, dans ce moment, de jeunes médecins de beaucoup de talent et de savoir, et qui se sont ouvert une route meilleure que celle battue jusqu’ici. Un homme d’Un ordre supérieur a tracé, à la vérité, un plan d’hygiène aussi vaste que beau ; mais plus de trerite ans de travaux continus ne lui ont pas suffi pour l’exécuter et même remplir, a son propré gré, aucune de ses parties. Ce plan de cours a un autre défaut capital, c’est qu’il faudrait six ou sept ans, au moins, pour le compléter , ce qui dépasse toutes les limites raisonnables et fixées pour le temps et la distribution des études : c’était donc un livre qui restait à faire, et non pas des leçons. Ceux qui ont eu la prétention de les continuer sur le plan primitif, sont venus se briser contre un écueil que leur inexpérience n’a pu apercevoir ni éviter. On a aussi trop perdu de vue que l’hygiène n’est pas suffisamment considérée, dans les écoles publiques, comme auxiliaire de la thérapeutique. Quand ceux qui dirigent les décisions et les choix de l’autorité seront convaincus de ce que l’on vient de dire , on ne placera dans les chaires d’Wgiène que des hommes qui réuniront, à des connaissances théoriques étendues, l’exercice journalier de la médecine. ,

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