‹ Mélanges de médecine. Opuscules de DesgenettesChapitre 4 sur 25 · LETTRE DE M. DESGENETTES · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DESGENETTES

A M. LE PROFESSEUR ARt. SCARPA.

Paris, lé i 5 février 1826.

Monsieur et ancien àmi,

J’ai été informé que voiis aviez pris, il n’y a pas longtemps, des informations sur ma santé et ma position actüelle, et j’ai été fort sensible à ce bon et honorable souvenir de votre part.

Je profite à mon tour de l’obligeance d’un voyageur fort instruit pour vous donner quelques -nouvelles de notre monde médical.

La lithotricie me paraît l’objet qui doit le plus vous intéresser. Voici ce que j’ai pu recueillir de plus précis sur cet objet.

En 1817, M. Giviale conçut l’idée d’un appareil instrumental propre à détruire la pierre dans la vessie.

Au mois de juillet 1818 il adressa au ministre de l’intérieur un mémoire accompagné de dessins avec la demande d’avances pécuniaires pour l’exécution de son projet. Cet appareil consistait , à cette époque, en trois inslrumens, le premier destiné à saisir et perforer les petits calculs ; il a quelqu’ana-

logie avec le tire-balle d’Alphonse, la pince de Sanctorius. Le second instrument devait servir à saisir et à perforer les grosses pierres ; il a quelques rapports avec le quadruple vésical de Franco. Le troisième était destiné à porter dans la vessie une sorte de poche; au moyen du développement de cette partie de l’appareil, M. Civiale se proposait d’isoler la pierre et de l’attaquer par des agens chimiques^ Sous ce dei^ nier rapport il ne fut pas plus heureux, que ses devanciersu; cependant il avait sur eux l’avantagé de pouvoir s’assurer de la nature de la pierre par le détritus de la perforation.

Ce mémoire, adressé a la Faculté de médecine par le ministre dé l’intérieur, ne fut suivi d’aucun rapport.

En 1819, malgré ce peu d’encouragement, M. Civiale fit faire le plus compliqué de ces instrumens, celui destiné à saisir et à perforer les grosses pierres ; il n’obtint pas le résultat qu’il attendait, et abandonna son instrument.

Peu après, M. Civiale fit exécuter l’instrument propre à saisir et perforer les petits calculs. Ses essais sur le cadavre et les animaux vivans l’amenèrent à des perfectionnemens. En 1821, cet instrument était a peu près ce qu’il est au commencement de 1826. Depuis 1821, M. Civiale n’a cessé de faire des expériences pour déterminer l’application de sonap^ pareil sur les malades.

Cette méthode ne fut portée à la connaissance du public qu’en janvier 1824, soumise au jugement de

l’Académie royale des sciences. MM. Chaussier et PéreyJ.qui avaient été nommés commissaires de la FaGuitéde médecine^ furent de nouveau nommés rapporteurs, et firent, pour l'a prer • mièré fois, connaître, leur opinion. Je vous euvo’-e ci-joint le rapport qu’ils firent à l’Académie le 22 mars 1824. >

Depuis cette époque ,, vi.ûgt-huit malades qui étaient daus des conditions variées et souffraient plus ou moins grayementi, ont été opérés par cette méthode. Yingt-sept ont guéri. Le vingt-huitième a succombé à une inflamrnation de l’estomac, ce qui a été constaté par l’ouverture du cadavre. Trois mar lades opérés et guéris sont morts à des époques, éloignées de l’opération, et on n’a plus retrouvé de calculs.

Même dans les cas où la litbotricie, peu douloureuse, ne réussit pas, loin de nuire aux chances que la cystotomie peut offrir, elle devieat son puissant auxiliaire. En effet, M:. Civiale a ima§\bé ün instrument qui, introduit par une incision faite au périnée, peut broyer une grasse pierre dans une

et qui écarte partie des daogers de la cystotomie. M. Civiale alttaumois de jauvier deruier, à l’Académie royale de médecine ,,rS6ciion de cîiiru«gie, un mémoire sur cet objet. . ;

tes succès de M. Civiale. ont foit naître^ comme ou. devait l’attendre, plusieurs<Qpfositious, et après av-oic contesté l’ior ventioB, OU: en a contesté: l’antéjiorité.

Il; est, vrai quen i 8;i<3 le docteur GruiLbuisen publia dans la^Gazette de Saltzbourg un moyen pour opérer la perfaratioa de la pierre» fondé suc le, même,;pc9nt :de départ que la litbotricie ,; mais;il ne fut,s,uivi d’aucune- e;sécu.tiQn.

En 18 igi, itu au après^que le procédé de M. Civiale ^ait connu, M. Élderton pcopcwia uu appareil instrumental pour la destructtoudes calculs y,ésic,éux J l’auteur, ignorait ou avait oublié que l’on, peut pénétrer d.ans. la vessie avec des. sondes droites^ il fitifairedes instrumens,courbes., et ue pratiqua point, que je sache, d’opération.

En iSaa;, quatre, MS après, que les- essais de M. Ciyiale avaient acquis uné; grandie publicité, deux docteurs de la Faculté de Paris annoncèrent qu’ils s’occupaient de la destruction, de l'a pierre dans la vessie par des moyens mécaniques. • ' •

L’un d’teux , IVÎ. Amussat , proposait' une Brise-pierre, fondé sur l’introddctiori des sondes droites dans la vessie j ce qu’il considérait comme nue découverte. Cet estimable confrère iguoraitsans doute on avait per du de vue que ces soudes étaient connues des Romains, qu’Albncasis en a laissé' des dessins, que Lieutaud et l’auteur d’un Dictionnaire de médecine et de chirurgie, publié en. l'j’ja semblaient leur accorder la préférence sur les sondes courbes; que M. Santarelli, professeur d’accoucbemens à Rome, avait publié à Vienne en 1795 un Mémoire sur la simplification du câtéthérisme au moyen des sondes droites ; que le docteur Gruilhuisen, cité ci-dessus, avait fait plusieurs expériences avec des sondes droites, et que ses instrumens proposés pour la perforation de la pierre avaient cette direction; que Descbamps, dans son traité étendu de la taille en a parlé ; que plusieurs praticiens de nos jours s’en servent habituellement, et qn’enfin depuis 1817, M. Civiale s’est toujours servi d’instrumens droits. .

M. J. Leroy, que nous ne connaissons pomt personnellement, a d’abord proposé-pour le broiement de la pierre des instrumens courbes, et en a ensuite adopté de droits. Ses pro-

cédés sp rapprochaient de celui de M. Giviale ; ils en différaient en ce qu’au lieu de branches pour saisir la pierre , M. J. Leroy avait employé des ressorts de montre. Ge confrère a depuis adopté la pince de M. Giviale.

Dans un ouvrage apologétique composé par M. J. Leroy, il avoue, avec candeur, n’avoir fait que deux essais sur des malades. Or, dans l’un qui eut lieu au mois^d’avril 1824 sur une feihme, la vessie fut pincée, la pierre ne put être saisie, et la malade fut obligée-de subir k cystotomie, a la suite de quoi elle mourut. Dans l’autre cas, observé en 1825, l’instrument ne put pénétrer dans la vessie, chez un homme.

Pendant que M. Giviale -est l’objet de quelques critiques hasardées et intéressées, il établit ses droits et sa supériorité par des mémoires qu’il lit dans nos Académies , opère journelleruent dans notre immense capitale, et admet avec bienveillance à ses opérations tous ceux de nos confrères qui en montrent le désir.

Je joins encore ici une lettre imprimée dè M. Giviale au rédacteur des ArcMvês générales démédecim,\&nv\ç,tx^‘i 6 . . Vous dirai-je que le magnétisme animal relève, chez nous, après un long sommeil, sa tête phantasmagoriquePIMais il ne convient point d’occuper de pareilles inepties un homme qui, comme vous, a fondé de bonne heure son immortelle renommée sjur ce que nos sciences et notre art ont de plus positif.

Adieu, et continuez a m’honorer de votre amitié,

Le baron DESGÉNETTES.

Extrait du JouBiiiÀL complémektaiiie du Dietiônaire des Sciences médicales (gS® Cahier, mars 1826; tome xxiy).

PARIS. — IMPRIMERIE DE C.-L.-F. PANCKOUCKE

RUE DES POITEVINS, l4.

EXTRAIT

DU

JOURNAL COMPLÉxMENTAlRE

Dü

DIGTiONAIRE DES SCIENCES MÉDICALES

(Tome xxv ; 97® Cahier, juillet 1826),

Notes sur des maladies qui y à dwerses époques, ont attaqué les armées françaises y recueillies par M. le baron Desgehettés.

Quoique les historiens, en désignant les maladies qüi ont régné dans les armées, nous aient rarement fait connaître leur nature, cependant on peut, avec assez de justesse, con^ jectur4 leur caractère par l’indication des climats, des saisons et de certaines localités. Quand ils nous parlent de pestes, on conçoit facilement qu’il s’agit de fièvres épidémie ques meurtrières et souvent contagieuses. Nous ne prétendons point, au reste, éclaircir ici l’obscurité de rhistoire , mais rapprocher seulement quelques faits. ‘

Gui de Lusignan, roi de Jérusalem, fait prisonnier à la bataille de Tibériade, en 1187, et racheté par la reine Sibile, son épouse, mille siège devant Acre vers la fin d’avril 1188,' et le bloqua, par terre, pendant plus d’un an, sans succès. Au bout de ce temps, une flotte de croisés, composée de Da-

Dois, de Frisons et d’Anglais parut, en 1190, dans les parages d’Acre, où elle débarqua des troupes. Des Allemands, également venus par mer, se rendirent peu après devant celte place. Le roi de France , Philippe-Auguste, y arriva 43ans la semaine de Pâques 1191, qui était la troisième année du siège, et fut suivi de près par Richard dit Cœurde-Lion , roi d’Anjgîeterre et duc de Normandie.'Il périt beaucoup de monde dans ce siège, soit par le fer.et le feu grégeois, dans les attaques et les sorties, soit par les maladies.

En 1242, Louis ix pensait, après ses victoires de Taillebourg et de Xaintes, à expulser les Anglais; mais les chaleurs excessives (en août) avaient causé tant de maladies et de morts dans l’armée, qu’elle se trouvait trop affaiblie pour une semblable entreprise. Il était mort près de quatre-vingt seigneurs portant bannière, et plus de vingt mille soldats. Le roi ne se portait pas fort bien lui-même, et ce fut cette dernière raison qui engagea son conseil a écouter les propositions d’Henri iii, roi, d’Angleterre, auquel on accoçda une trêve de cinq ans et demi.

Plus tard, en iaSp, Louis ix, un peu avant la déroute de son armée en Égypte, fut assailli par l’ophthalmie, la dysenterie, des fièyres contagieuses, le scorbut et de hideuses cachexies. Les chaleurs étaient portées au plus haut point, et rinfection était^augmentée par des monceaux de morts jetés dans le Â'il, et qui étant revenus sur l’eau, au bout de neuf ou dix jours, encombrèrent le pont de communication entre les camps français. Le roi paya cent hommes pour faire écouler les cadavres sous le pont. Le travail dura huit jours,, parce que ce prmce voulut qu’on démêlât les corps des chrétiens d’avec peux des mahométans, afin de faire enterrer les premiers.rTous ceux qui furent occupésyà exécuter ses ordres, €V™ème de simples spectateurs, lombèrent malades et mou-

lurent; enfin, les camps où rarmée était rètrancfcée ne furent plus qu’un hôpital et un cimetière. Lé roi , qui assistait les malades avec la charité la plus èxemplairé, fut luimême atteint de la contagion. La famine vint sé joindre a tant de maux. Damiette, dont on était malheureusement éloigné de vingt lieues, était cependant bien approvisionnée j mais nous apprenons , par un article du traité entre le Soudan d’Egypte et saint Louis , pour la vedditioÿ de celte place, que les Sarrasirisdevaient laisser emporter aux Français tous les magasins de chair salée qu’ils y avaient, et leur permettre, après l’évacuation, d’en tirer des provisions a un prix modéré. Les viandes salées ne pouvaient offrir qu’un mauvais aliment dans les circonstances.

En 1270, Louis ix, ayant fait fuir devant lui rarmée du roi de Tunis, ne la poursuivit point parce qu’il 311611(1311,. de jour en jourj le roi de Sicile , son frète,-pOüf faire îé siège de la capitale. Le rètard de ce prince causa lés malheurs qui .suivirent, car lès chaleurs étant excessives,les maladiésse mirent dans le camp. Jean, comté de Nevèts, fîls'dù foi, un des premiers attaqués, fut transporté dans son vaisseau, où il mourut. Ce prince était né a Damiette, trois oü quatfê jours après la prise du roi son père, et il périt dans dés éircdnsl'ances presqu’aussi fâcheuses. Le-légat Simon, cardinal de Sainte- Cécile,, le suivit dé près. Le prihcè qui succéda à Louis ix, sous le nom dé Phih'ppè, surnommé le Hardi, fut pris d’üné fièvre quarte, et en peu de jours le camp fut rempli de typhus contagieux, dé dysenteries et autres maladies! Lé roi fut lui-même attaqué de la dysenterie, et succomba lé aS août, a l’âge de cinqnante-cinq ans et qûàlFe mois.

La-famine et la pesté qui désolèrent la France en i457 pénétrèrent dans Paris, où elles firent d’affreux ravagés. Le roi Charles vu et sa cour quittèrent la capitale le3 décembre. Les troupes, alarmées par la mortalité des habitaosV désertèreufe

peu à peu, et les plus grands désordres eurent lieu dans le royaume. Le premier président, Adam de Cambrai, Simon Charles, président en la chambre des comptes , et De Lore, prévôt de Paris, se dévouèrent pour le salut de leurs concitoyens, et ils ne furent attaqués ni les uns ni les autres de la contagion.

Charles-le-Téméraire, duc de Bourgogne, qui assiégeait Kanci avec une forte armée, en 1476, au milieu d’un hiver rigoureux, ne se trouva plus que quatre mille hommes ,'dont quinze cents seulement disponibles, a cause des maladies : aussi fut-il battu par le duc René de Lorraine et tué le 5 janvier i477* '

Gilbert de Bourbon, comte de Montpensier, lieutenantgénéral du royaume de Naples, après le départ de Charles vin, mourut, en 1496, a Pouzoles des suites d’une fièvre qui régnait épidémiquement parmi ses troupes, et que l’on attribuait à des chaleurs excessives et au défaut d’alimens suffisans et de bonne qualité. Il ne rentra pas en France plus, de quinze cents des nôtres et pas trois cents Suisses, sur treize cents qu’ils étaient, et qui montrèrent le plus grand dévouement. Nous lisons qu’un Sully, gouverneur deTarente, mourut, dans le même temps, de la peste qui ravageait sa garnison , et hâta la reddition de cette place. En outre, le gros de l’armée, en rentrant en France, apporta au delà des Alpes, après l’avoir semée en Italie, la syphilis contractée devant Naples.

En iSaS, sous le règne de François 1”, l’armée aux ordres d’Odet de Foix, maréchal de Lautrec, succomba tout entière devant Naples, par la disette et les mêmes fièvres qui avaient ravagé nos troupes trente-deux ans auparavant dans les mêmes lieux.

En i 563 , des fièvres très-dangereuses attaquèrent la garnison anglaise qui défendait le Hâvre-de-Gràce contre l’aï-

mée de notre Charles ix. On les attribua au défaut d’eau potable, les citernes s’étant promptement trouvées a sec, a cause de la sécheresse de la-saisou^ ou par la négligence du gouverneur, comte de Warwick. D’un autre côté , le connétable Anne de Montmorency s’était saisi de Vitenval, d’où l’eau douce venait àda ville , et il l’avait réduite a une telle extrémité, que les soldats étaient contraints de faire cuire leurs viandes avec de l’eau de mer. Le découragement faisait oublier toùs les soins de propreté; on‘négligeait d’énterrér les morts, et on ne se donnait pas même la peine de les jeter à la mer. Après la capitulation, environ trois mille hommes, qui restaient d’une garnison de sis mille ; étant repassés en 'Angleterre,, y portèrent une maladie qui fut désignée sous XeMOva àe peste, et j; dans la seule ville de Londres et l’espace d’un an, elle emporta vingt-un mille cinq cent trénte personnes. ■ ,

Charles ix, le duc d’Anjou, et la reine Catherine dè Médicis, leur mère, arrivèrent vers la mi-octobrè iSôg devant Saint-Jean-d’Angely, que les troupes du roi assiégeaient, et cette ville se rendit le 2 décembre'par capitulation. De Pilles, qui en était gouverneur, se glorifiait beaucoup d’avoir fait périr plus de dix mille hommes aux assiégeons ; mais la rigueur de la saison et les maladies qui en furent la suite avaient plus contribué à cette perte que sa défense.

Nous n’avions autrefois en France ni hôpitaux amhulans ni hôpitaux sédentaires destinés aux troupes. Les gens de guerre étaient reçus dans les hospices civils, quand il s’en trouvait à leur portée^ etils y partageaient ou enlevaient les aumônes faites aux pauvres. Quelquefois aussi, et on en a des exemples sous le règne de Henri ii, on donnait une somme spéciale aux chefs de corps pour faire traiter leurs soldats malades ou blessés. C’est ce qui eut lieu sous le commandement et par les ordres précis du duc de Guise le Balafré, au siège de

Metz, qu’il soutint si glorieusement j en 1 55r, contre Charles V, et à celui de Thionvilley qu’il prit sur les Espagnols , en i558.

Ce fut Henri ly qui établit le premier hôpital ambulant ré>gulierau siégé d’Amièns, quand il reprit cettè place, en 1597 , surles Espagnols. Sully nous dit, dans Economies royale s, politiques et militaires .^ que les malades et blessés étaient si bien soignés, (yne plusieurspersonnés de qualité et moyens se firent porter daiis cet hôpital pour y être mieux traités et accommodés qu à Paris. \Jh.\&\.oiïe àece temps nous apprend aussi que le baron de Rosny (c’est :le même que §u!ly), nouvellement fait surintendant des fioances ^pourvut abondamment de toutes chosês.le camp du roi. Il se procura aussi l’argent nécessaire pour la paie-des soldats, et c’étaitiese^ crétaire-d’élat Nicolas dé Neufville,- seigneur de Villeroyy qui la distribuait ordinairement lui-même. Ces sages précaü’liqns arrêlèteUt là désertion, s’opposèrent à la disette, et prévinrent les maladies> dans l’armée du roi pait lieu qu’«lles firent un grand ravage dans la ville assiégée, encore qu’élle fût bien appbpvjsionnée,' Ct qu’Hernànd de Porto-Garrero, le marquis de Monténégro et don Juan de Gusman eussent veillé avec les plus grands soins à la conservation des tfoupes qu’ils commandaient.

Le cardinal de Richelieu, ayant sous.ses ordres les maréchaux de Çréqui, de Schombérg et de la Force,- comme revêtu du titre temporaire de généralissime des armées de Louis XIII, prit, en mars i63o,i la ville et la citadelle de Pignerol, en Piémont, et y établit le premier hôpital mifitaire sédentaire connu parmi nos troupes.

Sous le règne de Louis xiv et le ministère du marquis de Louvois, ces établissemens, dont on avait apprécié l’utilité, se multiplièrent, et on ne construisit plus de places fortes sans y bâtir un hôpital destiné b la garnison. On en pourvoi

les places de guerre de Flandre et d’Alsace, uouvelleroent, soumises, et le maréchal de Vauban s’honora de tracer les plans de plusieurs de ces hôpitaux, qu’il coordonna avec les boulevards de la France.

PARIS, IMPRIMERIE DE C. L. F'. PANCKOUCKE

RUE DES POITEVINS, N". l4.

Page 1