‹ Mélanges de médecine. Opuscules de DesgenettesChapitre 7 sur 25 · EMPEREURS ROMAINS · texte numérisé non relu

EMPEREURS ROMAINS

J. César, r—Gaius Julius César, dominé par la passion de la gloire et du pouvoir, etidans les premières-années duquel Sylla avait discerné, plus d’un Marins.

Marios tnes^e) , paraît avoir été épileptique , ce qui pourrait être attribué atix débauches de sa jeunesse et d’un âge plus avancé. Le peuplé de Rome ji et sartoutles soldats^’ie raillèrent souvent sur la perle prématurée de ses.cheveux, qu’ils attribuaient aux mêmes causes. La constitution primitive de César, assez délicate, fut singulièrement fortifiée par la>gymnastique et les .exercices luilitairës , au point de lui permettre d’affronter les variations dès climats, les plus .opposés. César cependantTuî-attaqüé en,Italie, spécialement à Rorne;, et eu Espagne , par des fièvres iaîermitlentes'tierces, qui eurent de fréquentes récidivés. Cet homtne prodigieux avait cinquante-six ans quand il succomba au milieu du Sénat. Il avait encore assCz dejforces corporelles pour seconder son courage, puisqu’il se défendil quelques instans* contre la foule des assassin.s qui le percèrent de viugt-trois coups dé poignard, èt' dans leur acharnement désordonué se blessèrent entre eux.

Auguste. Cains Julius César, Gctavius vint au monde' avec une santé délicate, qui l’empêcha'de suivre Jules César en Espagne j quand il y alla.poursuivre les fils et lès restes du .parti de Pompée. Aprèsja campagne dans laquelle les Triumvir-î triomphèrent de la république, la santé d’Auguste se trouva tellement altérée j que lorsqu’il débarqua a Brindes:on désespérait de sa vie. A la suite de son expédition contre les Cantabres,. il fut attaqué d’une maladie du

foie , qui de l’état aigu passa a l’éiat chronique. Dans cette circonstance, Antoine Musa le guérit avec des bains froids et des boissons également froides. On sait la manière généreuse dpnt fut récompensé cet illustre médecin grec, et les honneurs et lesrprivilège? qui; refluèrent sur sa profession tout entière. Auguste,, qui se livrait habituellement à des exercices dont la fatigue devait amener le repoS, était sujet à de fréquentes insomnies, pendant lesquelles il se faisait lire de bons ouvrages. Arrivé à un âge avancé, et vivement affecté par des chagrins domestiques , il éprouva le besoin de la dissipation, et il venait de faire un voyage sur les côtes de la Campanie, lorsqu’il fut obligé de s’arrêter à Wole, où il se mit au lit, et s’éteignit paisiblement aü milieu de ses amis et dans les bras de Livie, son épouse, le 19 du mois qui portait son nom, Tan i 4 de J. G., et de Rome 765, à l’âge de soixante-seize ans. ’

Ïi,bÈb.e. — Claudius HeroTiberius. A l’époque où, jeune encore, il brilla dans les armées, en même temps qu’il mon-, trait des talens littéraires, on connaissait déjà ses débauches et son intempérance, et les'soldats l’avaient surnommé Biheriûs Méro. Quand il'se relira dans l’île de Gaprée, on peut conjecturer, d’après une de ses lettres au Sénat, que sa raisdn était égarée paf les excès honteux auxquels il se livrait journellemeut. Faut-il maintenant ajouter quelque foi "a l’anecdote relative au médecin grec Cariclès qui, en tâtant le pouls.de Tibère, à la dérobée, en lui baisant la main, aurait reconnu et annoncé rfexistence d’une fièvre dont rissué. devait être prochainement funeste'? Fut-il étranglé par l’ordre de Maeron et dans les intérêts de Caligula ,: ou bien sa mort fut-elle naturelle? Ceux qui sont de ce dernier.avis disent qu’après une suite de défaillances assez rapprochées, ce vieux tyran mourut d’épuisement au moment où, après avoir inutiiêment appelé ses esclaves, -il faisait un effort pour se lever.; Il cessa de vivre le 16 mars de l’tm 87 de l’ère chrétienne,' dans la soixante et dix-hnitième année de son âge.

Caligula. — Caius GæsarfAugustus Gerraanicùs Caligula. Elevé dans les camps et austère , .au moins en apparence,sous le règne de Tibère , il ne cacha plus ses débauches à la mort de cet empereur. On attribua aux excès auxquels il sé livrait, une maladie très-grave qu’il eut à l’époque dont il s’agit. Quelques écrivains ont prétendu que cette maladie avait dérangé sa tête, et cela expliquerait suffisamment les

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extravagances et les cruautés sans nombre dont il souilla lé reste de sa vie ; dépouillant toute honte , il répétait souvent, en parlant des Romains : Oderint dum metuant. Quoique Caligüla eût négligé la culture des lettres’, il avait de la prétention à l’éloquence; sa voix forte et sonore était probablement le seul avantage qu’il eût comme orateur. Il était robuste et d’une haute taille, avait le front large, les yeux farouches, le teint, pâle et les jambes grêles. L’empire était révolté de ses crimes, quand Chéreas, tribun des gardes, prétoriennes, le*perca de son épée, en prenant l’ordre ; d’autres se joignirent à Lui, et achevèrent le tyran en lui portant trente coups.” Caligula avait alors environ viiigl-neuf ans ; il en avait régné quatre.

Claude, — Tiherius Clàudius DrususCæsar. Son enfance et sa première jeunesse, se passèrent dans les maladies ou les infirmités, et ses facultés intellectuelles en furent très-retardées dans feur développement , ou affaiblies. Tonte sa vie-, Glande montra une irrésolution qui.prit souvent le caractère de l’imbécillité On en eut, surtout un exemple des plus frap- ,pans'a la mort de Caligula, dont les Prétbrigns le forcèrent, en quelque sorte , a recueillir l’héritage. Ses affranchis , ses lieutenansetses femmes le dominèrent complètement. Messaline obtint par dessus tous un ascendant irrésistible ^ dont elle mourut victime, encore plus que de ses déporteraens. Claude, ayant dit un jour qu’il était dans sa destinée de souffrir les désordres de ses lémmes ', et de finir par les en punir, Agrippine, qui se crut menacée, l’empoisonna, dit-on, avec un ragoût de champignons. L’effet ne répondant point suffisament a l’attente, l’impératrice eut recours a un Grec qui, sous prétexte de favoriser les voràissemens de Claude , lui introduisit dans la gorge une plume i mprégnée d’un venin qui le tua eurlechamp : tel est au moins le récit de l’historien Tacite. D’autres racontent ce faitavec dés circonstances différentes. Ce qui esl constant, c’estque.Claudemourut empoisonné par son épouse et nièce Agrippine, le i 3 octobre de l’an 808 de Rome (54 de J. C.), dans sa soixante et quatrième année , après un règne de quatorze ans. '

INérobt. '— Lucius Domiiius Nero Claudi-us. L’éducation de ses premières années fut'malheureusement abandonnée à un barbier et à un histrion ; confiée, depuis que ,sa mère devint l’épouse de Claude, à Burrhus et a Sénèque, ceux-ci s’attachèrent à cultiver avec soin les facultés physiques et

morales de leur élèvej aussi la dépravation de Néron ne se manifesta-t-elle qu’après qu’il eut honoré le pouvoir suprême par l’ombre de quelques vertus. Le changemènt qui s’opéra en lui, ses folies, ses débauches, et les crimes qui en furent la suite, sont trop connus pour les rappeler ici. Suétone nous a d^ailleurs fait connaître toutes les particularités de la ■ vie de Néron, et Tacite en a fait ressortir les horreurs, pour nourrir dans les cœurs généreux la haine de la tyrannie. Au reste, après la mort d’Agrippine , Néron avait incessamment sous Jes yeux le fantôme de sa mère assassinée par ses ordres : au milieu des ombrèsde la nuit, il lui apparaissait ensanglanté, et, le jour, entouré de ses courtisans, il ne pouvait retrouver le repos de l’esprit. Malgré l’intempérance de Néron, on nous a transmis qu’il se soumettait volontiers à vumr diète trèsrigoureuse, et qu’il prenait même souvent des purgatifs, dans l’intention de ménager, les, agréraens de sa voix qu’il prisait autant ou plus que le diadème. Enfin , Vindex, Galba et les Prétoriens l’ayant déposé, *61 le Sénat l’ayant condamné.^ " mort, après beaucoup d’hésitation et avec l’aide de l’un de ses affranchis, U sé perça la gorge d’un coup de poignard, le 9 ou le 11 juin de l’an 68 . Il était alors âgé de trente et un ou deux, ans, et en avait régné environ quatorze.

G. 4 XPA. —' Sergiùs Sulpitius Galba , élevé d’une manière conforme à l’illustration de sa naissance, homme de guerre consommé, rigide observateur de la discipline militaire, parvint à l’empire dans un âge avancé. Suétone nous apprend que Galba était petit et chauve, qu’il avait les yeux bleus et, je nez,aqui,lin ; .ses mains et ses pieds étaient si déformés par la goutte qu’il ne pouvait feuilleter un livre ou souffrir une chaussure; il portait aussi au côté droit une excroissance considérable et difficile à contenir ;.il était. in-» tempérant sur plus d’un article, mais je me borne â rapporter ce qui a trait â sa gourmandise, ou s.on grand appétit, et au plaisir qu’ib avait à faire manger les autres : Statura fuit ' jusUi y çqpüe prœcalyoj ocutis cœruleis, aduneo naso , Viqjfbus pedihmque articulari morho distorlissimis, ut ne-" que'calceurn ,pyrpeti, neque liheUos evolvere aut Uîiere omninb palem.. Excreverat étiam in dexteriore latere ejuj- cura, propendehatque adeo ut œgre fasciâ substring^efur, au phivimi traditur quum tempore hiberuo êtiam mitpjtf cçrn.capere coiuueverat : inter cœnàrn vero usque ço q^ffdanlemi ut cougestas super, manus reliquias cir-

mmferri juberet , spargique ad pedes stantibus ( C. 'Suetoiiius Trqnquillus de %\i Coèsqribus). Galba fut égorgé par les soldats qui avaient proclamé Ollion empereur. 11 a*ait alors soixante et treize ans, et avait régn.é sept mois et quelques jours:.

Othok. — Marcus Sergius OîliQ. Il s’annonça par une jeunesse prodigue et licencieuse. Les habitudes efféminées, k goût recherché de voluptés sans frein , et le rôle dont il se chargea souvent dans les.orgies de Tibère, lui procurèrent l’intimité du jeune empereur. Pendarit*dix ans qu’Othpn fut questeur en Lusitanie , il étonna par une conduite pleine de modération et de dignité. La nature, qui ne l’avait point favorisé de formes agréables ni même régulières, d’après le portrait qu’en fait Suétone, l’en dédommagea par une grande force de corps. Ôn le vit, en effet, partir de Rome à pied, couvert d’une .cuirasse en fer, pouf aller pombattre Vitéllius. Vaincu, après avoir battu l’ennemi trois fois de suite, Otbon résolut de ne pas survivre à sa défaite. Après avoir passé le jour a pourvoir a la sûreté des sénateurs qui l’avaient accompagné, et à donner à ses proches des. témoignages de souvenir , il demanda , sur le soir, un verre d’eau fraîche et deux poignards‘qu’il.cacha sous son chevet. Il dorrait avec calme pendant la nuitaprès avoir dit en se couchant : Adjiçiamüs •vitæ et hqncnoctem, et, dès le point du jour.,, a un cri qu’il fit entendre, on accourut et on lui trouva je cœur percé d’un seul coup. Plusieurs, soldats voulurent moiirir à ses pieds, et se précipitèrent dans son bûcher. Les regrets qu’excita la mort d’Othon ne se bornèrent pas là. Suétone, d’ailleurs, presque, tou jours favorable à cet empereur, ajoute a ce .que nous venons de dire, les traits suivaiis ; Âfu/ti et ahsentîum accepta nuntio prce dolore arthis inter se ad internecionem conçurrerùnt, Denique magna pars hominum , incolumem gravissimè detestata , mortuum laudibus tulit : ut vulgo jactatam sit etiam , Gâlham ah eo non tàm domijiandiquàm reipublicœ et libertatis rèstituendos causa intev remptum.

V1TET.LIUS.--- Aulus Vitéllius passa sa jeunesse dans l’île de Caprée, à la cour de Tibère. Toute sa vie répondit à l’éducation et aux exemples qu’il y reçut. 'Les traits les plus saillans du caractère de Vitéllius sont des débauches de toute espèce et une gourmandise qu’il portait jusqu’à l’usage habituel de se faire vomir pour se procurer le plaisir de manger.

HeuteuK compétiteur d’Othon, il montra sa férocité sur le champ de bataille, près de Bédriac, entre Crémone et Mantoue, où il fut vainqueur, après trois défaites consécutives; Vitellius contempla avec satisfaction les victimes du carnagé; et comme ceux qui l’accompagnaient voulurent l’entraîner loin de l'a J en lui faisant remarquer rinfection,qui s’élevait de tant de cadavres , il répondit ce mot si connu : Le corps ' d’un ennemi mort sent toujours bon, et un citoyen encore mieux : Optimè olere occisum kostem et mêlais civem. Sans doute que par le mofrde citoyen, Vitellius voulait désigner un partisan de la république. La cruauté de Vitellius, qui augmenta avec sa puissance, souleva contre lui le peuple et l’armée, qui déférèrent à Vespasien la couronne impériale. . Lorsque Vitellius apprit que Frimus, lieutenant du nouveau maître, prenait possession de,E-oiBe, il alla se cacher dans la loge des chiens qui gardaient le palais : on l’en retira pour le promener nu par la ville, les mains liées derrière lé dos, et une épée sous le menton, afin de le forcer à se tenir droit j ensuite on le conduisit au liéu ordinaire des supplices, où il fut tué a petits coups, l’an 69 de J. G., âgé d’environ soixante ans, après avoir régné près d’un an.

Vespasieh. ^ Titus Flavius Véspasianus Augustus , né dans le pays des Sabius, d’une famille obscure, n’en devint pas moins Consul. Chargé, a la tête d’une armée, de réduire les Juifs révoltés, il réussit dans cette expédition, sans ce-, pendant pouvoir se rendre maître de Jérusalem. Vespasien, très-habile à manier les troupes, en tira un grand parti, et fut proclamé empereur le 1®'^ juillet de l’an 69 de J. C. Sué*' tone nous a fait de sa personne le portrait suivant : sa taille était carrée, ses membres forts et ramassés, sa figure l'essemblait a celle d’un homme qui fait un effort; aussi un bouffon, qu’il pressait de dire quelques bons mots sur lui, dit assez plaisamment.: j’en dirai quand vos besoins seront terminés. Il était d’une très-bonne santé , quoiqu’il se bornât-, pour l’entretenir, 'a se gargariser fréquemment, à se faire frotter le corps méthodiquement dans une salle d’exercices, et à observer la diète une fois par mois. Staturafuît qiiadrata, eompactis Jirmisque memhris, vuUu velut iiiteiitis. JJndè quidam urbànorum non ihfacete : siquideni preteiiti , ut in se aliqua diceret ^ dicem, inquit, cùm ventrem exouerare desièris. P'aletudine prosperrima usus est : quanwis ad tueridam eam nihilampliùs qüàm fauces cœteraque memhra

sihimet àd numerum, in sphæristerio dejncaret^ inœdiamque unius dieiper singulos menses interpcneret. Le niême.écrivain, dont nous empruntons les-paroles ci-dessus, a décrit minutieusement les détails de la \ie privée de ce prince, dont riiistoire a consacré les talens, la valeur et la clémence, en. lui reprochant trop d’amour pour les femmes et pour l’argent. La dernière maladie de Vespasien consista dans une inflammation dès intestins, et, s’il faut en croire Suétone, il avait affaibli ses forces digestives par l’abus de'l’eau froide. Quoi qu’il en soit, ce prince augura mal de sa position, ce qui lui fit dire assez gaiement, en faisant allusion à sa prochaine apothéose : Il me semble que je deviens Dieu. Cela né l’empêcha point de travailler avec activité aux affaires du gouvernement ; il répondit même aux représentations qu’on lui fit à ce sujet, qh’un empereur devait mourir debout, et pendant qu'on le soulevait il expira affaibli par une dernière et abondante excrétion alvine. Vespasien avait alors soixante et dix ans , et en avait régné dix.

Titus. — Titus Sabinus Vespasianus Flavius. Il se livra dans sa jeunesse 'a quelques débauches, et fui plus que sévère envers les Juifs , après la prise de Jérusalem. Cependant il faut dire à sa gloire que le premier usage qu’il fit de l’autorité suprême fut d’imposer un frein à ses passions. Livré aux exercices dit corps plus ou moins violens, comme tous les hommes de guerie, il eut le goût des Spectacles, et en donna de magnifiques, entre autres un combat naval dans l’ancienne Kaumachie. Cinq mille bêtes sauvages furent era^ ployées en un seul jour ’a divertir le peuple de Rome,, que Titus consultait toujours avant de lui donner une fête. Sa popularité était telle, qu’il voulut que les principaux citoyens pussent être admis au même temps qtie lui dans les magnifiques bains dont les ruines subsistent encore aujourd’hui. Titus futsingulièrement affligé et sa santé souffrit des calamités qui frappèrent l’empire sous son règne. La première fut l’embrâse'roent des villes de la Campanie par les éruptions du mont Vésuve ; la seconde, l’incendie de Rome ; la dernière enfin, une peste qui enleva dans cette capitale jusqu’à mille personnes dans un seul jour. Dans cette dernière et déplorable circonstance, Titus fit tout ce qu’on devait’attendre d’un aussi excellent prince : Medendæ valetudmiy léniendisque morbis nullam dwinam humanamque opem non adhibuit , inquisito omiii sacrificiorum remediorumque

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g;e7^ere (Suétone). Titus seutant que sa santé s’affaiblissait chaqiie jour, prit le parti de se retirer dans le. pays des Satins , pour y habiter la même-maison qui avait été lé modeste berceau de ses ancêtres et de son père ; mais il fut. surpris, . en s’y rendant, par une fièvre violente. Ne prévoyant pas guérir de cette maladie, ce fut alors qu’écartant les rideaux de sa litière et levant les yeux au ciel • il se plaignit de mourir dans un âge si peu avancé, lui qui ne vivait que pour faire le bien. II. expira le i 3 septembre de l’an 8i de J. C., âgé de quarante et un ans, après un règne de deux ’ ans, deux mois et vingt jours. Dion Gassius nous apprend ( qu’une rumeur secrète accusa Domitien d’avoir hâté la fin de Titus, soit en l’empoisonnant, soit en faisant, sous un prétexte officieux ) plonger ce prince moribond dans une cuve pleine de neige. Suétone, sans doute» mieux instruit, se borne a dire que Domitien, qui ne cessait de-conspirer contre 1 Titus, le voyant à Textrémité, ordonna qu’on l’abandonnât, comme s’il eût été déjà mort. Neque cessavit ex eo insidias struerefratriclarriy palamque : quoad correptwngravivai letudine priusquam plane efflaret anitnam-, pro mortuo ’j deseri jussit. |

Domitien. — Titus Flavius Domitianus affecta, en mon^ tant sui® le trône, quelques-unes des vertus de son père Ves^ pâsieu et de Titus son frère, à la fin prématurée duquel la' multitude ne le crut point' étranger. Bientôt rentrant dans lo sentier des vices qui avaient déshonoré sa jeunesse, il s’attacha davantage à copier Tibère, dont il.lisait attentivement les Mémoires, pour y étudier les; principes de la tyrannie. Domitien était grand, bien fait, et-en apparence modeste. L’a rougeur habituelle de son visage, a dit de lui Tacite, était un préservatif contré la honte, qui u’avait plus de signe pour se manifester. Cet empereur, que Juvénal dans ses Satires a nommé Néron-le-Cîiauve ^ perdit en effet ses cheveux de bonne heure, et en parut quelquefois mortifié, quoique dans d’autres circonstances il ait parlé assez philosophiquement de ce désavantage. Un écrivain contemporain nous a peint.de la sorte le caractère moral de Domitien : « Enfermé dans son palais comme une bête farouche dans son antre, tantôt s’y abreuvant.pour ainsi dire du sang de ses proches, tantôt méditant la mort des plus illustres citoyens et s’élançant au dehors pour le carnage. L’horreur et les menaces gardaient les portes du palais, et on tremblait également d’être

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