‹ Mélanges de médecine. Opuscules de DesgenettesChapitre 8 sur 25 · II ) · texte numérisé non relu

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admis ou'd’être exclus. On n’osait approcher, ui même adresser la parole a un prince toujours caché dans l’ombre et fuyant les regards, qui ne s’échappait de son repaire que pour faire de Rome un désert. Cependant, sous ces voûtes mêmes et ces retraites profondes., auxquelles il avait confié sa sûreté, il enferma avec lui un dieu vengeur des crimes. » Enfin , il se/orma-une conspiration dans'rinlérieur même du palais où il faisait tout trembler. L’impératrice se mil a la têle des conjurés. Etienne, son intendant, affranchi de Domitilla, veuve de-Clément, alors accusé de malversations, se chargea de porter le premier coup. Introduit dans la chambre de l’empereur, comme pour lui faire quelque révélation , il le frappa d’un coup de poigurnd au bas-ventre. Domitien, qui était prodigieusement fort, se débattait, lorsque Clodianus , vétéran, Maxime , affranchi de Parlheniùs, Saturius, décurion .du palais, et un gladiateur, fondirent sur lui, et l’achevèrent de sept coups de poignard. Domitien, quoiqu’il.eût trop vécu, n’ayait qu’environ quarante-cinq ans, et avait régné quinze ans et cinq jour?. Ibfut le dernier des empereurs appelés douze Césars. . '

INerva. — Coccœius Werva, né à Kami, dans l’Ombrie, et originaire de l’ile de Crète, reçut une éducation mâle et austère, et parvint par la carrière des armes a la puissance souveraine. C’est de ce prince que Tacite a dit, dans la vie d’Agricola, qu’il avait su allier deux choSes avant lui opposées, l’autorité suprême et la liberté des citoyens : Werya Cœsar res 'olim dissociabiles miscuit, principatuni et libertatem. Cependant le règne de Werva ne fut point à l’abri de ces complots que fait naître communément la tyrannie. Les Prétoriens se révoltèrent, et le forcèrent aux concessions qùi leur plurent. Kerya, p’rofondément outragé, crut alors devoir associer Trajan a l’empire, et il mourut un an après, d’un accès de fièvre causé, dit-om, par la colère, l’an 98 de J. C., à l’âge d’environ soixante-six ans, après avoir occupé le trône un peu plus de Seize mois.

Tkajaw. — ülpius Trajanus Crînitus,. né à Italica, en Espagne, le 18 septembre de l’an fia de J. C., fut adopté par bierva et proclamé empereur à Cologne par les armées de la Germanie et de la Mesie, qu’il commandait alors. Sa taille était imposante, et sla figure offrait un mélange de dignité et de bonté qui prédominait. Le peuple salua en effgt long^temps ses empereurs par cette acclamation Soyez plus

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heureux qu’Augusfe et meilleur que Trajan : Sis felicior Jiuguslo^ melior Trajano. Ij fit son entrée à Rome à pied, pour montrer, a-l-on dit, son mépris pour le faste et-son éloignement pour la représentation. La vie de Trajan fut remplie par'des guerres presque continuelles, car il porta ses armes contre les Daces, les Arméniens, les Parihes^ et poussa ses conquête»^ jusqu’aux Indes. Des cb-aleurs excessives le forcèrent-à lever le siège d’Atra , .près du’Tigre, quoiqu’il eut déjà pratiqué une brèche dans ses murs d’enceinte. Les Juifs de la Cyrénaïque et ceux d’Egypte donnèrent à Trajan beaucoup de peine avant qu’il pût comprimer et punir leurs fureurs. Enfin ce prince, épuisé de fatigues,: mourut sans qué l’on sache exactement de quelle maladie, à Selîoupte, appelée depuis Trajanopolis, le

10 août de l’an 117 de J. C. Trajan eut des défauts., même des vices, et il se livra à des débauches4-epréhensiblés, mais ces taches furent voilées par ses grandes qualités.

Adrien.— Ælius Hadrianus , cousin, fils adoptif et successeur de Trajaîi, s’éleva de bonne heure par son courage aux premiers emplois militaires. Il avait une belle stature, une figure noble et régulière, excellait dans les exercices du corps, et donnait aux soldats l’exemple désupporter pat iem- ^.nent les plus grandes fatigues dans toutes les saisons et tous les climats. Il comprima ou vainquit, tour a tour, les Juifs, les Bretons, les Maures ^ les Sarmates, les Alains, les Daces. Après avoir pacifié l’empire, Adrien èn visita les provinces, et fixa les limités delà puissance romaine. De retour d’Orient où il avait apaisé les troubles, il se rendit à Athènes d’où

11 revint à Rome. Il continua à visiter l’empire, et éleva en Egypte, en l’honneur d’Antinoüs, une ville qui a éternisé des souvenirs peu honorables pour sa mémoire. Jérusalem , d’abord relevée,fut plongée dans l’abjection, et le.schrétiens, protégés momentanément , furent également persécutés. Les fatigues des guerres et des voyages épuisèrent enfin la santé d’Adrien qui fut attaqué d’ûne hydropisie lente. Quoique cette maladie cause d'ordinaire peu de souffrance , cependant elle changea tellement le caractère de l’empereur, forcé à l’inaction, après une vie active, qu’il s’irritait de tout, et se livra même à des cruautés. Dans un excès de mélancolie, il demanda du poisori ou un poignard, et, sur le refiié qu’il éprouva, il se plaignit d’êlue le maître de la vie des autres, et de ne pouvoir disposer de la sienne. Adrien eut des mo-

mens plus calmes j car , avant d’expirer à Bayes, le lo juillet l’an i38, à l’âge de soixante-deux ans, il fit des vers bien connus, sur les incerliludes que lui offrait l’avenir.

Antonik. — Antonin , surnommé le pieux, né de parens originaires de.Nîmes, naquit à Lanuvium, en Italie, l’an 86 de J. C. D’abord procoasul d’Asie, puis gouverneur de l’Italie, et consul l’an 120, il se montra, dans ces premiers emplois, ce qu’il fut sur lé trône, prudent -, modéré et juste. Adrien l’adof ta , et il lui succéda comme empereur l’an i 38 . Son nom suffit pour contenir les ennemis de l’empire, et sa tolérance arrêta les persécutions contre les chrétiens. ' Lorsqu’il fut attaqué dp la maladie dont il mourut, le 7 mars. 161,, âgé de soixantertreize ans , il eut des momens de délire, et l’on remarqua qu’i! se mettait alors en colère, mais sesempprtemens n’avaient pour objet que les princes qu’il croyait ennemis dé l’empire. Quand ou Vint, pour la dernière fois, prendre et lui demander le mol-d’ordre, il répondit : Æquauimilas. Il se retourna aussitôt, et-raourut aussi paisiblemèiit que s’il s’était endormi. . ,

, Mabc AüPv.èle et Lucius Verus.— Marcus Aurelius Anto? nius, né:, le 26 août l’an 121 de L G., de l’ancienne famillé des Annius , fut adopté par Aiitoniu-le-Pieux, qui l’associa à l’empire avec Lucius Verus. A la mort d’Antonin, o.ii proclama d’une voix unanime Marc Aurèle , qui, quoique le trône eût été déféré à lui-seul, voulut que Lucius Verus empartageât avec lui les honneurs..Marc Aurèle avait pris, dès l’âge de douze ans, le manteau 'des stoïciens, et toute sa vie il cultiva leur philosophie. La peste ravagea l’empire sous le lègne de cet excellent prihee. A ce fléaû ÆücCédèient des treniblemens de terre , la famine, des inondations, des nuées de chenilles, et la réunion de ces maux fut si terrible que, sans la vigilance de Marc Aurèle, l’empire devenait la proie des Barbares. Les Quades et les Marcomans, profitant de ces calamités, firent une irruption l’an 170, qui fut accompagnée d’affreux ravages;. L’empereur eût le malheur de permettre, contre les. chrétiens, une persécution qui. fut regardée comme un ftçte expiatoire. A peinelesenuemis avaient-ils été repoussés, qu’ils revinrent à la charge, et résistèrent encore plus longtemps et avec plus de ténacité. Ge fut alors que l’armée romaine, se trqüjîant resserrée par l’ennemi dans une forêt de la Bohème, o,btint, dit-on, par les prières de la légion mélétine, composée de chrétiens, une pluie abondante qui dé-

saltéra les troupes prêtes à inourir de soif. Marc Aurèlé fut clément envers les partisans dePüsurpaieuivAvidius Càssius, et il déploya à Athènes sa munificence éclairée en encourageant les sciences et les arts. De retour à Rome', il , orna cette capitale, et combla de bienfaits les.habitans. Une nouvelle irruption des peuples du Word força Marc Aurèle à reprendre les armes. Deux ans après son départ de Rome, il tomba malade a Vienne en Autriche, et mourut à Sirraick, le mars iSt, a cinquante-neuf ans, après en avoir régne dix-neuf. Malgré quelques bruits sourds, il paraît certain que Marc Aurèle mourut de là peste qui régnait dans son armée. Le sixième jour de sa maladie, se sentant très-affàiblî, ce qui est dans la marche ordinaire, il fit un dernier effort pour donner à Commode, son fils et son successeur'désigné j des conseils de sagesse et de vertu qui furent perdus pour le bonheur du monde. ' \ ’

Ltjciuîs CÉiosritis Verus. ?—Lüeius Ceionius Verüs ^ fils d’Ælius et dé Domitia Lucilla , occupe une place peu distinguée dans Thistoire. Il n’avait que sept ans lorsqu’Adrien, quiaimait son père, fit adopter le fils par Marc Aurèle, qui' ldi'donna sa fille Lucilla én mariage et l'associa à l’empiré. Lucius Verus, doué de beaucoup d’agrémenè personnels et de .quelqu'es talens, imita là plupart des extravagances dè Caligüla. Cependant Marc Aurèle l’envoya, èn Oriént contre les Partbes , qu'il défit l’an i63 de J. C. En 169 , jl mdui rut à Altimo, à l’âge de trente-heuf ails, suivant les uns, et de quarante-deux, suivant les aub'ès. Son Corps fut traiis:^ porté a Rome. ■

Commode. Lncius Ælius Aurelius ÇonuUodus naquit à Rome, l’an 162 de J. C.^M’Aiitonin et de Faüstine. Quel- , ques jôtirs après la mort de MarC Aiirèle) son père adoptif il fut proclamé eraperèur. L’éducation la plus soignée né produisit qu’un second Néron. Il abjura le nom de son pèré^' et voulut être sâl lié Au nom d’Hércule, fils de Jupiter; il se promenait vêtu d’üne pèaü deliôn , et armé d’ünè massue.^ tibjet dés railleries dé la multitude, il sé précipita un joué sur là foule .cju peuplé, et la niassacra impitoyablement. Là courtisane Martiâ, menacée de proscription, fit érapoisonnèié Commode â.u sortir du bain ; mais comme il vomit lé poisoii eri entier, on prit lé parti de l’étrangler dàfis sà irenté'* unième année. Cet événéniént eiit lieu Tan 192'de J. Ci Galien, fut le médecin dé Marc Aurèle, de Lucius Verus

et de Commode, qu*il guérit jeune d’une fièvre regardée comme dangereuse.

pERTiHAX. —iPtfbliusHelviusPertinax, né à Villamartis, près d’Albe, le ï'' avril 126, était fils d’un affrancbi, qui le fit élever avec soin dans l’étude des lettres et les exercices de la gymnastique, plus spécialement militaire. Ayant emfirassé le parti des armes, Pertinax parvint aux charges de consul, de préfet de Rome et de gouverneur de plusieurs provinces considérabîes. Enfin, à la mort de Commode, il fut élu empereur, à l’âge de soixante-dix ans, par les prétoriens, le janvier ig'i. On le vit déployer de suite toute la sévérité dé son caractère. Les prétoriens, comprimés contre leur attente, se soulevèrent, et l’iin d’eux, le perçant d’un coup de javelot dans la poitrine, s’écria : Voilà ce que les Prétoriens t'envoient. Pertinax invoqua les dieux vengeurs , enveloppa sa tête d’un pan de sa robe, et tomba mort aux pieds des séditieux, percé de plusieurs blessures, le 28 mars de l’an ,193 de C.

Didier Julien. Didius Julianus, né l’an i 33 à Milan, d’une famille illustre, acheta l’empire mis à l’encan après le massacre de Pertinax; mais, à’la nouvelle de l’élection de Sévère, il fut mis à mort, le 29 septëtobre, par ordre du sé^at, dans son.propre palais, à l’âge de soixante ans, après un règne de soixante-six ajouts. Les historiens ne sont pas daccord sur ce prince; il eu est qui ont jeté sur lui beaucoup de^défaveur, et d’autres , tels que Spartien, ont fait son apologie relativement à la conduite qu’il tint enver^ les restes et la mémoire de Pertinax.

Pescenkius Niger'. —Pescennius Juslus Niger, né dans l’ordrè équestre, d’une famille originaire d’Âquino, s’éleva, par ses talens, aux premiers emplois militaires. A la mort de Pèrtinax, il fut proclamé empereur à Antioche par les légions qu’il commandait coBamegoKverneurdeSyrie. Sévère, de son côté, proclamé empereur par les troupes d’Illyrie , marcha sur Rome, et la délivra de Didier Julien ; ensuite il s’avança pour combattre Pescennius. Celui-ci, après des revers qui n’abaftirent point son courage, vint asseoir son camp près d’issus , dans le lieu où Darius avait été vaincu par Alexandre. Pescennius y éprouva le même sort. Ce pririce , que sés vertus rendaient digne d’uhe meilleure fortuné, s’enfuit â Antioche, d’où il sortit à pied , cherchant à gagoeè le pays des Partbes ; mais accablé de fatigues, s’étant assis pour

se reposer près d’ua marais, noa loin de Cizique, il fut reconnu par des soldats, qui lui coupèrent la tête l’an igS, et la porl lèrent à Sévère occupé au siège de Byzance.

Sévère. — Lucius Septimus Severus naquit a Leptis en Afrique, l’an i4ô de J. G., d’une famille illustre. Il y a peu de charges éminentes qu’il n’exerçât avant de parvenir au comble des honneurs. Sévère s’était acquis une grande réputation à la guerre* par sa-valeur et ses talens j on prétend même qu’il a été le plus belliqueux des empereurs romains, A la mort de Pertinax, il renversa Didier du trône, et l’arracha, par dés victoires, à Péscennius, émule plus digne de lui. Après avoir pris et livré Byzance au pillage, il se disposait a marcher contre les Partbes, lorsqu’il préféra de prévenir les desseins d’Albin, gouverneur de. la .Grande-Bretagne, qu’il défit dans une bataille donnée près de Trévoux l’an 197 , de J. G. Sévère foula aux pieds le cadavre de son ennemi, et se livra ensuite, contre sa famille et ses partisans, ^ à d’autres actes également barbares. S’avançant alors contre les Parthes, il prit Selenoe et Babylone, se rendit maître de Gtesiphon .après un siège long et pénible ; il livra celte ville au pillage, fît tuer les habiîans en état de porter les armés^ et déporter lés femmes et les enfans. Marchant alors vers l’Arabie et la Palestine, il pardonna aux restes du parti -Niger. Ge fut dans ce temps que s’alluma une persécution des plus cruelles cdartre les juifs et les chrétiens.Sévère alla ensuite visiter l’Egypte, qu’il étudia avec beaucoup de détail. Les peuples de la Grande-Bretagne de nouveau repris les armes en 208, Sévète y vola, et, après les avoir vaincus, il bâtit cet immense mur dont ou voit-encore les ruines. Gependant, il'tomba fort malade au milieu de ses conquêtes, probablement de fatigue et des cbagrins que lui donnaient la conduite de son épouse et la perversité de son fils aîné Garaealla, qui alla jusqu’à attenter publiquement aux jours de son père. Les légions ne l’en proclamèrent pas moins empereur; mais Sévère fit trancher la tête aux chefs des rebelles , et rentrer les autres dans leur devoir. Ge prince, qui était goutteux, mourut, après d’insupportableS souffrances, 'a Yorck , le 4 février 211, à soixante-six ans.

- GaracalLa. — Marc Aurèle Antonin Garacalla naquit à Lyon le 4 avril' 188 , et porta quelque temps le nom de Bastien. Dans son enfance, il se'montra doux et humain; ces qualités s’effacèrent dans la jeunesse, et l’éducation ne

put les reformer. Caracalla, d’un.e très-faiîile santé et de stature frêle, avait une phyisonomie farouche, était présomptueux , fourbe , emporté', adonné au vin et aux femmes, et fut de bonne heure cruel. Son pèrè le déclara César à l’âge de neuf ans , et lui ‘donna ensuite le titre d’empereur. Les soldats lui donnèrent le trône-impérial conjointéinent avec son frère Géta, à la mort de Sévère. Caracalla avait alors environ vingt-trois ans. Bientôt il assassina Géta dans les bras de'leur mère cqmihune, ensuite il acheta les soldats,‘et revint, à Rome où il déclara qu’il n’avait fait que prévenir Géta, qui voulait le tuer lui-même ; cèpendant il le fit mettre au rang des dieux : Sit divus dum lion sit vivus. Caracalla fit un voyage dans les Gaules-où il inspira une haine universelle. Les Cattes et d’autres peuples de la Germanie lui ayant déclaré la guerre, il acheta la paix à prix d’argent, ce qiii ne l’empêcha pas de joindre les surnoms de Germanique a ceux de Parthique et d’Arabique ; il aspira même au titre de grand. Etant allé à Alexandrie , en sortant d’Antioche, il fit un épouvantable carnage deshabitans, parce qu’ils avaient déploré le sort de Géta. Peu de temps après, le 8 avril o.i'j , un centenier des Prétoriens.lûa Caracalla^

Géta. — Septimus Géta, fils de l’empereur Sévère-, eut une humeur aigre dans son enfance ; mais lorsque l’âge eut développé son caractère, il parut doux et humain. Un jour que son père voulait faire périr tous les partisans de iNiger et d’Albin, Géta, qui n’avaitque huit ans, insista tellement pour les sauver", que Sévèré fut ébranlé par ses judicieuses réflexions. Les deux Préfets du Prétoire, Plautie'n et Juyenal j renhardirent à passer outre, parce qu’ils espéraient s’enrichir par la confiscation des bieris des proscrits... Caracalla^ présenta cette conversation, fut d’un avis tout contraire à celui dé Géta, qui lui dit avec iadignation : Vous n’épargnéz ■ le sang de personne ; vous êtes capable de née tuer un jour, ce qui arriva réellement entre les bras de Julie, leur mère, qui, voulant parer les coups, fut elle même blessée ala tnain Tan 212 de J; C. Géta n’avait alors guère plus de vingt-deux ans. Son goût pour les arts de’la paix et la modération de son caractère promettaient au peuple romain des jours tranquilles et beùreux.

Macrin. —- Marcus Opilius'Macrinus , né à Alger dans l’obscurité, et d’abord gladiateur , devint.Préfet du Prétoire, et fut élu empèrenr en 217, après Galba qu’il avait fait

aseassin^f. Sa bëlle prestance, ses niariières affables et d’heureux "comraencemens lui concilièrent l’amitié du peuplp; mais il changea bientôt île conduit^. Artaban , roi des Par- , thés, lui déclara la guerre, et il acheta chèrement la paix. Le goût de^ plaisirs s’empara de Macrin. Forcé de punir des soldats révoltés dans laMœsie, il souleva les esprits contre lui, et l’armée proclama, en 218, Héliogabale empereur. Macrin , battu depuis dans la personne de i’un de ses généraux, Julien, Préfet du Prétoire, s’enfuit déguisé. Des troupes, envoyées a sa poursuite, le joignirent en Gappadoee,et lui coupèrent la tête. Dindumenien, son fils, subit le même sort. Macrin ne régna guère plus de deux mois.

Héliogabale. -r- Héliogabale, ce qui veut dire pontife du soleil, fils de Varius Marcellus et de Scénias, succéda à Macrin Tan 218, a l’âge de quatorze ans. Il débuta bien et ne tarda pas à se corrompre. Parti de Syrie pour se rendre . à iPiome, il passa l’hiver à Nicômédie, entouré d’un luxe asiatique. Arrivé dans sa capitale, il y établit le culte d’Eligabale , et fonda un sénat-de femmes pour régler les modes; Après avoir répudié trois femmes légitimes, il se fit épouser lui-même comme femme. Enfin, cet insensé trop puissant fut massaCré avec sa mère Scénias par les Prétoriens, et.leurs corps furent jetés dans le^ibre. Le Sénat dévoua là mémoire d’Héliogabale h l’infamie. ,

: Alexamdeè Sévère. — Marcus Aurelius Severus Alexander;, fils de Genesios Marcianus et de Mammée,,né h Areo , en Phénicie, fut adopté par Héliogabale, son cousin, proclamé auguste, puis empereur l’an 222. Il réforma beaucoup d’abus, honora les gens de bien, encouragea les sciences et les arts, montra de la simplicité et de la tolérance religieuse. Obligé de faire la guerre à Artaxerxès, il le vainquit, et se distingua autant par le*maintien de la discipline que par son courage. Les Gaulois, accoutumés à la licence, se soulevèrent contre lui; il s’occupait a les réprimer, lorsqu’un de ses officiers, nommé Maximin, le fit assassiner avec sa mère, près de Mayence, en- 235 . Le Sénat décerna l’apothéose à l’un et à l’autre. .

Maximiw. — Gains Julius Verus Maximinus, né l’an i^d, dans un village de Thrace , était fils d’un Goth; son premier métier fut celui de berger , et dès lors U montrait un grand courage. Ayant pris le parti des armes, il parvint aux premières dignités militaires. A la mort de Sévère, Maximin

fut nommé a sa place. Comme Spartàcus, il fut un habile homme de guerre^ administra mal rempire, exerça heau- .coup de vexations, spécialement contre les patriciens, et se permit toutes sortes de cruautés. Dans une expédition contre les,Germains, Maximin fit couper les blés, brûler, les habitations y ruina cent cinquante lieues de pays, et en abandonna Je pillage a ses soldats ; il persécuta aussi les chrétiens. Enfin, les peuples se révoltèrent, et revêtirent les Gordiens de |a pourpre impériale. IVIaximin, dont la .fureur ne pouvait plus se calmer que pW l’ivresse, marchait sur Rome, dans l’intention de se venger, lorsqu’il fut sacrifié à la tranquillité publique, ét tué par ses propres troupes*, en 288, a l’âge de soixante et cinq ans.*Il était d’une taille ,uès-élèvée^ d’une force et d’une voracité prodigieuses.

Gobdien et père et fils. — Marcus Àntonius Gordianus, né d’une aiiliqne et illustre famille, était allié de Trajan. Dans sa jeunesse, il cultiva avec succès l’élude des belles-lettres. Pendant ses magistratureset surtout sa questure , il donna au peuple des fêtes, qui répondirent à sa magnificence'et à son immense fortuné. Gordien, nommé Consul, L’an 281 , fut envoyé l’année d’après Proconsul en Afrique, où il fut proclamé empereur par les légions, forcé d’accepter, quoiqu’il efit alors quatre-vingts ans. Le Sénat confirma cette élection. Gordien associa-son fils à sa puissance, et ces deux princes firent leur entrée solennelle a Garlhage. Vaincus en^ suite dans une bataille sanglante que leur livra Capellien, Gouverneur de la Mauritanie, qui tenait pour Maximin , Gordien, lè fils, fut tué en combattant, et le père se'donna la mort.-Le Sénat les mit l’un et l’autre au rang .des dieux.

Marcus Antonius Gorùianus, fils du précédent, fut élevé avec les mêmes soins et le.même succès qrfe soivpère. Héliogabale lui donna la charge de questeur, et Alexandre Sévère lui confia la préfecture de Rome, qu’il remplit de manière à mériter le consulat. On a pu lire, quelques lignes plus haut, son élévation et sa chute. Gordien le fils avait'quarànte-six ans quand il mourût.

PupiEiï Maxime et'B ALBIN. — Marcus Claudius Maxiraus Pupienus, né vers 164, dans'l’obscurité^ parvint aux premiers emplois de l’armée et du Sénat. Il fut Préteur, Consul, Préfet de Rome et Gouverneur de plusieurs provinces. Après la mort des Gordiens, le Sénat le déélara Auguste avec Baltin, pour délivrèr l’empire de là tyrannie des Maximins. Il

marchait contre eux, lorsqu’il apprit qu’ils avaient été massacrés devant Aquilée. Reconnu par l’enipiçe entier, Fupien se préparait à porter ses armes contre les Parlhes, quand les. Prétoriens se révoltèrent et le massacrèrent, ainsi que Balbin, le i 5 juillet 287. Ce prince avait là taille élevée, le maintien grpe et la figure noble. La mélancolie dominait son caractère, sévère sans rudesse, et humain sans faiblesse;. Il aimait la patrie, veillait rigoureusement à l’exécutionides lois et de la discipline militaire • il régna un an et quelques jours, et mourut âgé de soixante et quatorze ans,

Balbin. — Deoimus Ccelius Balbinus était d’une famille illustre. Le Sénat l’élut empereur en 287, après qu’il avait été deux fois Consul et Gouverneur dé plusieurs provinces. Les Prétoriens n’ayant point eu part à cette élection , se soulevèrent et le massacrèrent un an après. Balbiri avait soixante ans, lorsqu’il obtint la couronne impériale. Son mérite littéraire, son éloquence et ses talens militaires et administratifs lui avaient acquis l’estime et l’affècliôn des provinces d’Afrique, d’Asie, et de quelques autres contrées, qu’il avait d’ailleurs gouvernées âvec une grande équité et une attention toute particulière à ne pas laisser accabler les peuples d’impôts.

GonniEN CE Jeune. — Marcus'Autonius Gordiànus Pius, petit-fils de Gordien rAncien, s’occupa du bonheur des peuples, du rétablissement de la discipline militaire, et d’élever des monuinens publicsdont le plus magnifique fui le Champ-de-Mars. Sappr, roi des Perses, ayant ravagé quelques prôvinces de l’empire, Gordien marcha contre lui, et il préféra de se rendre par terre au devant de l’ennemi pour combattre, chemin faisant, plusieurs nations du Nord, qui venaient de tomber sur la Thrace, Après avoir vaincu ces barbares, Gordien continua sa route par le détroit de l’Hellespoiit, l’Asie mineure, et joignit, en Syrie, Sapor, qu’il battit complètement, et auquel il enleva ses conquêtes. Tandis que Gordien illustrait ainsi le nom romain par ses exploits, il fut assassiné par le chef de sa. garde, Tan 244 * Le Sénat, par un déc.ret très-honorable pour la mémoire des trois Gordiens, ordonna que leur postérité-serait exemple de tous les einplois onéreux de. l’état.

Philippe père et fils. — Marcus Julius Philippus, né à Bostres en Arabie, d’une famille- obscure, s’éleva aux premiers grades militaires; devenu capitaine des gardes de Gordien le jeune, il le fit massacrer sous ses yeux , et se fit

élire empereur a sa place en 244. Impatient de retourner à Rome , Philippè céda la Mésopotamie aux Perses. Il capta la faveur de la capitale par des libéralités, des spectacles magnifiques et des établissemens d'utilité publique, entre autres en procurant des eaux abondantes et salubres à des quartiers de Rome qui en étaient dépourvus. Les chrétiens lurent aussi ouvertement protégés. Philippe fut tué, en'249, près de Véronne, par. un de ses propres soldats, après avoir été vaincu par Dèee. Il était,alors âgé de quarante-cinq ans , et en avait régné cinq et quelques mois. Philippe, son fils, fut massacrédansles bras de sa mère, n’ayant eircore que douze ans, mais-ayant déjà.montré des qualités qui excitèrent les regrets de l’empire.

Dèce. —-CneiiiisMetius Quintus Trajanus Dechis , né , en 201, a Bubalie dans la Pannonie, doué de plusieurs avantages de la nature, entre autres d’une gràndévigueur et d’un grand courage, s’avança rapidement dans l’armée. Philippe l’envoya en Mœsie pour réprimer une sédition des soldats; mais au üeir de remplir sa mission’, Dèce usurpa l’empire, et fit mourir Philippe et son fils. Le nouvel empereur se signala contre les Perses et les Goths, qui désolaient la Mœsie et la Thracé. Ses troupes ayant ployé dans une surprise-, il poussa son cheval dans uu marais; il perdit la vie avec son armée tout entière, dans laquelle on comptait son fils aîné. Le règne de Dèce lie dura qu’un peu plus de deux ans. Sa mortarriva à la fin de novembre ou au commencement de décembre de l’an de J. C. 25 iV II laissa un £ls nommé Hoslilieii, qui fut victime de la perfidie de Gallus. Les historiens ont donné . à la mémoire de Dèce les éloges et le blâme qu’il a mérités. Les pérséo'Utions que les chrétiens subirent sous son empire lui ont attiré beaucpup de reproches.

Gallus, Hostilten et Yolusien. — Vibius Trebonianns Gallus fut proclamé empereur. Regardé comme cause de la défaite de'Dèce, il conclut avec les Goths une paix ignominièuse. Bientôj. ces mêmes Goths , secondés par plusieurs autres peuples, vinrent fondre sur la Thraçe , la Mœsie, la Thessalie et la Macédoine, qu’ils ravagèrent sans aucung opposition. Les Perses, sous les ordres de Sapor, entrèrent dans la Mésopotamie et la Syrie, et, passant plus avant, ils subjuguèrent l’Arménie. Gallus , pendant ce temps là, ■vivait à Rome dans le repos et l’insouciance, et associait à, l’empire; Yolusien , son fils. Cependant, pour apaiser le

peuple irrité, il «dopla Eostilien, fils de Dèce, mais il le fit empoisonner peu après. tJne pestequi commença eu Ethiopie, sur les confins de l’Egypte, et se répandit des bords du Nil dans toutes les provinces de l’empire, fit des ravages époiivantablés; Les chrétiens furent persécutés sous le règne de Gallus. Eet empereur fut niassacré, en 253 , à Terni, par ses soldats, et son fils Volusien périt avec lui. ■

Emiliek. — Gains Julius Æmilianus, né l’an 207 , d’iiue famille très-obscure de Mauritanie , . devkit général des armées romaines. Il combattit avec tant de valeur contre les Perses que ses soldats le proclamèrent empereur, eu 254 » après la mort de Dèce. Gallus et Valérien , depuis^! malheureux dans les fers de Sapor, étaient alors maîtres de l’emr pire. Emilien marcha contre eux, les vainquit, et, pendant qu’il s’apprêtait à les combattre tous deux de nouveau ,, il apprit la mort du premier et sa propre élévation à l’empirei Le sénat confirma l’élection d’Eniilren , qui, peu après, at-; taqué. proche de Spolette par un compétiteur , fut tué par ses propres troupes. L’histoirp le considère comme un soldat plein de valeur, mais étranger a la politique et a l’art de gouverner.

VAi.ÉaiEN et Galeien, son fils.—Pü.blius LiciniusValerius, d’une naissance illustre, passa par les grandes charges, et fut revêtu par le sénat de celle de censeur, qu’aucun particulier n’avait possédée depuis le règne de Claude'. L’armée de Rhétie , à la mort d’Emilien , le proclama empereur. Va-, lérien était alors âgé de soixante-trois ans. Lelséhatconfirma son éléçtion , et donna le titre d’Auguste à son fils Gallien. Les chrétiens eurent beaucoup a souffrir sou.s ce règne,.et ils eussent encore souffert davantage sans la guerre des Goths et des Scythes. Bientôt Valérien fut obligé de tourner ses armes contre Sapor, roi de Perse. Les deux armées ennemies se rencontrèrtnt en Mésopotamie , et Valérien fut-fait prir sonnier en 260. Le roi'exerça.envers lui des cruautés détestables, et/après qu’il fut.mort , sans que l’on aache de.quelle maladie, il fit corroyer sa peau, qu’il déposa dans un temple,; comme un monuraenlde sa vengeance. Valérien avait soixante et onze ans quand il mourut, et en avait régné sept.

Publics Liciwius Gallienus , fils du précédent, lui succéda l’an 260. Ce prince fut le qtlus efféminé des hommes , eril ne sortit de l’apathie la plus honteuse, que pour se défendre contre les. nombreux compétiteurs qui usurpèrent, â peu

près en même ternes, le titre d’empereur sur divers points*. Gallien fut assassiné l’an 268 de J. C., avec.son fils.Valérien, qu’il .avait associé à l’empire; Il avait alors cinquante ans. Les chrétiens furent protégés sous son règne. ••

Nous passons sous silence la vingtaine de tyrans qui s’élevèrent sous Volusien et Gordien , ei qui, presque tous, moururent de mort violente. ’ ’ • ,

Clauiîe II.* — AureliusGlaudius, né dans l’Illyrie en aiA, d’abord -tribun militaire sous l’empereur Dèce, eut ensuite le gouvernement dé sa province sous Valérien. L’armée le proclama empereur, l’an 268, après: la mort de Gallien. •L’empire reprit une nouvelle vie. Claude défit a Milan le rebelle Aurède, abolit plusieurs impôts, et rendit aux propriétaires les biens dont son prédécesseur les avait dépouillés. Tandis qu’il faisait fleurir l’empire au dedans, il le défendit au dehors contre pljis de trois cent-mille Goths, qui ravageaient la Thrace et la Grèce. Claude marcha contre eux, et les poursuivit jusqu’au mont Hœmus.Indépendamment de la disette des vivres, la peste, qui était dans leur armée, contribua à leur défaite; elle.^e glissa dans celle des Piomains , y fit les mêmes ravages, et emporta Claude a l’âge de cinquante-six ans. Cet emp^eur fut à la fois un habile capitaine j un administrateur équitable et un bon prince.

Qufw.TiLLÈ. —- Marcus Aurefins Glaudius Quintilîius, frère de Ckude u, crut que/Célte qualité lui donnait des droits a i’ehipire, et il se revêtit de fa pourpre a la fin de mai 2^0. Aurélien avait été. proclamé Auguste par l’armée qui était â Sirmich. Quintille, désespérant de se soutenir contre ses armes victorieuses , se fit ouvrir les veines dans un bain à Aquilée, après avoir régné environ dix-sept jours. Ce prince, doué de quelques qualités estimables, manquait de fermeté.

Aurélien. —■ Lucius Domitius Aurelianus* naquit dans un village de Pannonie, d’une famille obscure ; après avoir passé ppr tous les grades de la milice, il fut tribun, et défit les Francs â Mayence. Valérien , qui connaissait son zèle, l’employa a maintenir la discipline militaire. Aurélién fut élevé au consulat en 258 . ülpius Crinitus, dont il avait été le lieutenant, l’adopta, et Claude 11 lui donna le commandement de l’Illyrie et de la Thrace. Après la mort de cet empereur, les suffrages du sénat, de l’armée et du peuple se réunirent en faveur d’Aurélien. Il vainquit les Golhs, les

.chassa de la Remanie , battit les Vandales, les Marcomans. et les Sar-mates. De retour à Rome, où il déploya beaucoup de sévérité, il en partit pour aller conquérir rOrient sur Zénobie*, traversa la Sclavonie et la Thrace , tailla en pièces les Barbares, prit Tyane en Cappadoce , et fut raoinà sévère qu’il ne l’avait annoncé. Après avoir vaincu plusieurs fois Zénobie», il l’assiégea dans Palrayre, la prit et la fit char^et. de. fers. Il fut encore plus cruel envers les habitans.’Aurélien marcha ensuite contre Formius, qui s’était fait proclamer empereur en Egypte, et il lui fit perdre la vie dans des tourmens recherchés; de la, il vint attaquer Téfricus, qui commandait dans les Gaules, et qui sé soumit. Aurélien , vainqueur de tant de peuples, orna son triomphe de captifs, / Goths , Alains, Roxeians,. Sarmotes, Francs , Suèves , Vandales, Allemands, Ethiopiens, Arabe§, Indiens, Bactriens, Géorgiens , Perses et Sarrasins. Tranquille dans Rome , il l’embellit, et s’occupa du bonheur de ses sujets, qu’il assura par de sages lois. Cet empereur était en marche contre le roi des Perses, quand il périt à Héraclée, en 275, victime d’une cotàspiration ourdie et conduite avec un art perfide'par Mnestée, i’im de ses affranchis. ,

Tacite , Florien et Pèobus. — Marcus Claudius Tacitus fut élu par le sénat pour succéder a l’empereur Auréfién, l’an 275 , après un interrègne fort calme de sept mois. Il ■s’adonna tout entier aux affaires de l’état, en se-réglant sur lés avis du sénat. Modeste et économe , il montra de la ma-^ gnifîcence et de la générosité dans les dépenses publiques^ Néanmoins, il préférait les bienfaits durables aux largesses passagères; car, pendant les six mois qu’il régna , i! ne ét faire au peuple qu’une distribution, mais il fit abattre sa maison pour y construire des bains publics, et il affecta, à l’entretien des édifices du Capitole, les biens qu’il possédait en Mauritanie. Son argenterie fut donnée aux temples pour servir dans les festins religieux; il paya aux soldats leur solde arriérée avec ses propres deniers; on à été jusqu’à dire qu’il abandonna à l’état ùn revenu de trente-cinq millions. Ce prince se croyait dans un état de paix profonde, lorsque les Barbares firent une irruption subite dans l’empire, au commerfcement .de son règne , mais ils se retirèrent fort vite. Le quatrième ou lé cinquième mois de l’avénémentde Tacite au trône, il entreprit de porter la guerre chez les Perses et les Scytes asiatiques, et il était déjà à Tarse en Cilicie, quand

il succomba à prie fiètre , ou que , suivant d’autres, il fut tué par ses-soldats^

Fiorien,( Marcus Antonius Florianus), Q^ère de mère de l’empereur Tacite, après sa mort en 276, se fit proclamer soii successeur par l’armée de Cilicie ; mais celle d’Orient ayant forcé Probus ’d’aceepter l’empire, il sè prépara à marcher contre lui. Probus attaqua Florien avec une grande vigueur, et ayant refusé de composer.avec lui, ce dernier se fit.ouviir les veirfts dans un bain.

Probus (Marcus Aurelius Valerius) monta-sur le trône à la mort de Tacite son frère,"et marcha vers les Gaules, où les Francs, les Bourguignons, les Goths et les Vandales exerçaient de cruels brigandages. Il défit ensuite les Blemmys , peuples voisins de l’Égypte, et épouvanta les Perses. Ce fut alors qu’il s’éleva des ennemis dans l’intérieur. Jules Saturnin , Proculus et Bono’se se firent pr^oclamer empereurs sur divers points, mais leur révolte fut •étouffée. Probus faisait de grands préparatifs contre les Perses", qui, avaient repris les armes , quand il fut tué, en 282, par ses* soldats fatigués des travaux qu’il leur faisait entrèpréndre. Il ‘avait alors cinquante ans, dont il avait régné six-etquatre mois.

Carus.— Maximus Aurelius Carus, né a Narbonne, d’iîne famille originaire de Rome, vers l’an 280, s’éleva par son mérite et ses connaissances aux‘premières dignités militaires , et fut élu empereur à la mort <îe Probusen 282. Il défit.les Sarmates et les Perses, et nomma Césars ses deux fils Carin èt Eumérien. Ce prince, qu 4 mourut frappé de la foudre à Ctésiphone, en 288, après seize mois de règne, occupe dans Thistoire une place îtonorable. ^ '

Caris et Numéries; -^Mareus Aurelius Cari nus , fils de . l’empereur Caius, fut envoyé dans lés Gaules, où il se souilla de crimes êt de débauches. Devenu empereur, il continua, avec plus de scandale, a se déshonorer par son éloignement pour les gens de bien, ses concussions'et un libertinage effréné, qui lui fit épouser jusqu’à néiif femmes, qu’il répudiait aussi facilement qu’illes épousait. Carin fut tué en Mcesie, l’an 283 de J. C. ,• par un tribun de son armée, qu’il avait vivement offensé. . . ' ; *

Marcus Aurelius Numerianus, frère du précédent, suivit en Orient l’empereur Carüs* son père, étant déjà César, et lui succéda avec Carin, en janvier 284 - Ce prince, général,e«ment chéri et estimé pour son caractère, ses talens et son

application aux affaires, fut tué par la perfidie d’Arrius Aper, son beau-père, au mois de septembre de l’année indiquée çi-dessus. . ,

Dioclétien et Maxime Hercule. — Caius Valerianus Diocletianus naquit à Diociée, dans la Dalinaiie, d’une fàmille .très-obscure. Il commandait les offidîers du palais quand il fut élevé à l’empire l’an 284. Un peu avant i il vengea sur Aper la mort de Numérien, soit par affection poursa mémoire, soit pareequ’on lui avait prédit qu’ifdeviendrait empereur après avoir tué un sanglier {Aper). Dioclétien associa a l’empire Maxime Hercule, qui avait été soldat avec lui, et créa deux nouveaux Césars, Constance Chlore et Galère Maximien. Ce fut ce dernier qui lui inspira la San* glante persécution des chrétiens qui signala ce règne.' Dioclétien commanda rarement les armées eu personne. Rien ne porteacroire,qu’il ait favorisé JacuUuredes lettres, auxquelles il était tout a fait étranger. Le 1 3 décembre 3 o 4 , attaqué de maladie, il tomba dans une Si grande défaillance qu’où le crut mort : il revint a Im-même, mais son eSprit resta tel* lement affaibli qu’il n’eut pluS que des lueurs de raison. Cet affaiblissement, joint aux vexations de Galère Maximien-, l’obligea à se dépouille^de la dignité impériale à Wicomédie , l’an 3 o 5 de J. G. Ayant recouvré sa santé, il vécut environ neuf, ans dans la retraite, a Saione, que quelques-uns ont cru sa patrie, il y cultivait des jardins et des vergers, et il disait qu’il n’avait commencé à être heureux que du jour de son abdication. Affligé des dissensions des Césars et des meurtres qui-en furent la .suite -, on dit que Dioclétien conçut l’idéè de se laisser mourir defaim : tant est-il qu’il tomba dans ünè maladie de langueur, qui le frappa d’une-sorte d’idiotismfe, et qu’il mourut l’àn 3 i 4 , à-soixante-huit ans. Son règne fut signalé par plusieurs bonnes lois et par les superbes édifices dont il embellit plusieurs villes de l’empire, surtout RoraeV. Milan , Nicomédie et Carthage. .1'

^Marcus Aurelius Valerius Maximinus: Herculius, né à Sirmich de parens pauvres , porta les armes avec Dioclétien, qui l’associa à l’empire en 286, et lui donna en partage ritalléV l’Afrique, les Gaules et l’Espagne. Sa valeur éclata coiïtïè plusieurs nations barbares, mais il fut repoussé par Çarausius, auquel il fut contraint de céder la Bretagne par un traité. H fut plus heureux avec Aurelius Julianus, qui s’était déclaré empereur en Afrique, et qu’il mita mort. Les Maures, vain-

eus peu de temps après, furent poursuivis dans leurs montagnes et déportés. Quand Dioclétien abdiqua, il engagea Maxiciien à en faire autant, et célui-ci le fit ; mais , au bout d’un an, son fils Maximien l’engagea à reprendre la ppuimre impériale: il paya.son fils d’ingratitude ei> voulant ie faire rentrer dans la vie privée'j il essaya aussîde tuer Constantin, son gendre. Ce dernier crime, dont il,fut convaincu, l’obligea à s’étrangler-lui-même a.Marseille en 3io, à l’agê de soixante ans. Sa force prodigieuse lui avait fait donner le nom d’Hercule. Absolument sans lettres , il avaitde la rudesse et même de la férocitémais Thistoire l’a classé parmi les guerriers habiles. ' ,

Constance Chloke. — Constance i", surnommé C/jZore â cause de sa pâleur , fils d’Eutrope, etipèfe de Constantin', naquit d’une famille illustre de Mœsie,. l’an a5o. Distingoé par ses vertus et sa valeur , il fuf nommé César en 292 , et justifia ce titre par ses victoires dans la Grande-Bretagné et la Germanie, Devenu empereur par l’abdication de Dioclé^ tien , il partagea l’empire avec Galère Maximien en 3o5. Il s’occupa du bonbeûr des peuples, et protégeà les chrétiens- Ce prince mourut a-Yorck , le 2^5 juillet 3o6, après avoir déclaré César son fils Constantin. ,r ■ ; ,

Galère- — Galerius Yalerius Maximianus, sduvent surr nommé Armentarius , parce qu’il avait été berger, naquit aux environs de Saïuiique, et se distingua dans les armées par sa valeur. Créé César par Dioclétien , il fit d’abord la guerre aux Goths et aux Sarmates avec succès, mais il fut battu par les Perses en 29 ’j. Ayant lex'éde nouvelles troupes,. il vainquit Narsès dans une seconde bataille, prit son camp, où, il trouva d’immenses richesses, les femmes et lès enfans du vaincu , pour lesquels il se fit donner en échange cinq provinces au delà du Tigre. A. l’abdication de Dibclélien j .Galère, nommé empereur, gouverna comme Néron. Le peuple de Rome, pour s’en délivrer, proclama erapereuD Maxence, qui lé chassa d’Italie en 3o6. Galère , obligé de fuir, fut attaqué d’un ulcère rongeant qui couvrait presque ^üt son corps. On ditque, dans son désespoir y il.invoqua lê Dieu de ces mêmes chrétiens qu’il avait persécutés. Il mourut au mois do mai -3i i , dans des douleurs horribles. Sa taille tres-élevée, son aspect, sa voix et ses gestes le rendaient for^ uudable, son caractère et ses mœurs répondaient h soa extérieur, x

,Tj,rans qui s'élevèrent dans Venipite depuis 284 • ' jusqu'en 3i i. ! ■ •

Jiilién, Amandus, OElianus, Garausius, Alléptws, Ach'illeus , Maxençe, Alexandre. *', : .

SÉVÈB.E II. ■— Flavius Valerius Severus, d’une famille, inconnué de l’Illyrie, était adonné au vin et aux femmes , ce qui le lia avec Galère Maximien par une •conformité de mœurs. Maximien , ayant repris le titre d’empereur a Rome en Soy, Sévère marcha contré lui • mais se voyant abandonné d’une partie, des siens, il fut obligé de se retirer dans’Raveiine; MàXi.mien vint l’y assiéger. Sévère se rendit à lui, espérant conserver la vie; le vainqueur lui fit ouvrir les veines en avril Boy. Sévère laissa un fils que Licinius fit mourir. • '

Maximjn. — Galerius Valerius Maxiininus, souvent surnommé , fils d’un berger de llllyrie, et long-temps hérger 1 ni-même,*était, par sa mère, nevéu de Galère Maximien.Dioclétien lui donna le titre de César en 3o6, et il'prit lui-même celui d’Auguste en 3o8. Maximin avait toujours été jaloux de Licinius ; il lui déclara la guerre, et fut vaincu ea3i3 , entre Héraclée et Andrinople ; le vainqueur lé poursuivit jusqu’au mont Taurus. Maximin fit alors massacrer un grand nombre de prêtres païens qui lui avaient promis la victoire, et rendit un édit favorable aux chrélièns. Son armée l’avait abandonné, et Licinius était a sa poursuite.

, La mort parut à Maximin le seul parti qui lui restât à prendre. Il essaya vaineuiént de s’erapoisonnér. On dit qu’il fut frappé d’une plaie mortelle et d’un feu intérieur qui le dévorait, et qui le réduisit, vivant, à l’état de .squelette. Cet empereur , ‘qui,mangeait et surtout buvait avec la plus grande intempérance, eut la sage précaution d’ordonner*qu’on n’exécutât jamais que le lendemain les ordres qu’il donnait pen-' dâritje repas. : ■

CoKSTANîiw dit Te Gra/id. Flavius Valerius Aurelius Claudius Constantinus naquit en 2 y 2 , suiv.ant quelques historiens, et suivant d’autres, en 2y4- A peine âgé de dix-neuf ans, il suivit en Egypte l’empereur Dioclétien. Ce jeune prince était d’une taille majestueuse , d’utie belle figure , et avait les manières les plus affables. La nature lui avait aussi donné, avec Beaucoup de pénétration d’esprit,.une vigueur

(3e corps et un courage qui brillèrent dans plusieurs circonstannes ; il terrassa un lion , et étendît un géant à ses pieds. Echappé des pièges de Galère, il traversa toute l’Europe pour rejoindre son père, à rinstanl où ce'prince s’embarquait pour la Grande-Bretagne. A la mort de.sOn père , Constantin fut revêtu du titre de César. Il signala , dans les Gaules, sa valeur contre les Francs, et on ne peut dissimuler qu’il fut cruel envers les vaincus. Les discussions des Césars’, les attentats dé Galère et les vœux de la capitale l’appelèrent en Italie. Après avoir' franchi les Alpes, il s’empara de Suse, écrasa dans les plaines de Turin l’armée de Maxénce, prit Milan , gagna une nouvelle bataille près de Vérone’, et enfin défit le tjran, qui perdit la vie dans une troisième bataille, livrée a deux milles de Rome, près du pont Milvius. AlorsCoristaniin se déclara chrci.ien., sans défendre le culte des idoles. 11 fi!t de sages lois , et eiubel lit "Rome autant que la décadence du bongoût le permettait.'Le 8 octobre 3i4, il remporta une victoire près de Cibaîes, en Pannonie, sur Licinius, auquel il laissa pourtant le sceptre. Le combat fut trèssanglant de part et d’autre , et. Constantin blessé gravement à la cuisse. Licinius, s’étant de noçveau déclaré contre Constantin, perdit une seconde bataille près de Calcédoine , et força le vainqueur, qui l’atteignit àlNicomédie, k le faire étrangler en Sad. Maître alors de i’Orientçt de l’Occident, Constantin transféra le siège de l'empire, a Byzance, ce,qui désola et ruina Rome. Nous voyons, ce prince s’occupant long-temps des soins du gouvernement, de la pxbpagatioa du culte qu’il avait embrassé, et de la répression des sectes. La paix, qui'ne put être durable, exigea qu’il- déployât encore beaucoup d’activité. Rentré dans la carrière des armes, il combattit avec succès les Goths et les* Sarmates, et il en profita pour augmenter son empire en territoire et en population. Il conserva si bien ses forces qu’il se préparait à marcher contre les perses, à la têté de son armée, quand il mourût, âgé de soixante ans, d’une maladie dont l’espèce et le genre ne sont point indiqués.

Licmius. — Licinius ou Lucinianus (G..Havius Valerianus), fils d’un paysan du Danube, fut associé à l’empire en 3 o7 ,.par Galère Maximien, avec lequel il avait été soldat, et auquel il avait rendu de grands services dans la guerre des Perses. Constantiu s’unit a Licinius, au point de lui donner en mariage , en 3i3, sa sœur Constantia. Celle même année

fot illiistrée'par les victoires déLiciniiis Sur Maximin Daï'a, qu’il battit, força de s^empoisonner, et dont il tnas'sacra toute la famille. Le reste de la vie de Licmius, marquée par de grandes infortunes qu’il s’attira volontairement, est suffisamment détaillé dans l’article ci-dessus..

Constantin ii, dit le Jeune. — Flavius Julius'Constantintis, fils de Constantin le Grand naquit a Arles en 5i6. Après la mort*de son père, il eut eh partage les Gaules, l’Espagne et la Grande-Bretagne ; mécontent de son Içt, il prit les armes contre son frère Constant, et fut tué dans une bataille livrée près d’Aquilée l’an 34o. Ce jeune prince s’était distingué dan's la guerre contre les Golhs, les Sarmates et les Francs. . ,

Constance II. Cônstantius Flavius Julius, fils de Constantin le Grand elàe Fausta, sa deuxième femme,naquit à Sirraich*en 3 17 ; il fut créé César en 323, et élu empereur eu 337 . Ce prince rendit a,son père les derniers honneurs, mais il ne put empêcher, s’il ne l’autorisa pas, le meurtre de ses oncles et de ses cousins , que les soldats sacrifièrent sous le prétexte de conserver l’empire aux trois fils de Constantin. Constance était plongé dans les disputes théologiques, quand il lui fallutoombattre Sapor, roi de Perse; contre lequel il eut des succès en Arménie. De simples démonstrations hostiles et la résistance de la seule garnison de Nisibe suffirent pour contenir de nouveau les Perses , qui furent encore repoussés pour la troisième fois en 35o. Peu "après, les généraux Perses reprirent l^offensive, et remportèrent neuf victoires signalées. Dans le même temps ^ le germain Magnence fut proclamé empereur à Autun,' et Vétranien à Sirmich, dahs là Pannonie. Constance les anéantit par lui-même ou ses li.eutenans, et Se trouva seul possesseur de l’empire de Constantin en l’an 353. Ce maître absolu semontra cruel envers tous ceux qu’il redoutait. Il marchait à grandes journées vers fes Gaules] pour atteindre Julien dont il était jaloux, lorsqu’il mourut de maladie à Mapsueste, au pied du mont Taurus l’an 36i.

Constant. — Plavius Julius Constans, le plus jeune des fils de Constantin le Gr/77^^/. Nommé César en 333 ,11 parvint à l’empire en 337 . On a vu à l’article de Constantin li comment ce jeune prince succomba , surpris dans lès embûches de Constant. Celui-ci se montra fier , fastueux , emporté jusqu’à la fureur, livré à ses coiirtisans et plongé dans la débauche. Après avoir rétabli S. Athanase sur le siège d’Alexan-

drie, il porta la guerre dans la Grande-Bretagne, et son règne n’était,pas sans prospérité, quand le tyran Magnence, qu’il avait tiré de robscurifé, lui ravit le trône et la vie.

‘ Tyrans sous ïempire de Constance et de Constant :

Magnènçe, Véiranien et IN'épotien. ‘

Julien. — Flavius ClaudinsJulianuSj Surnoraiaé Xripostât par les cbiétiens, fils de Jules Constance, frère de ConstantinnaqüitJe 6 novembre 33i. Lors du massacre des neveux dé Constantin , Marc, évêque d’Arétbuse, parvint à sauver Julien , â|é de six ans , en le cachant dans le sanctuaire. Ce prince laissa vivre Julien et Gallus, son frère, qûe son état maladif avait fait, épargner. Attendri plus tard sur le soft de ces orphelins , Constance , qui était d’ailleurs sans enfans, songea à les adopter, et l’éducation de Julien fut confiée aux soins d’Eusèbe, évêque d’Antioche, etde l’eunuque Mardonius. Julien fut conduit dans les écoles publiques, où il montra beaucoup de talens, et acquit beaucoup de populaiité. Constance ,qui n’était pas partisan de la philosophie enseignée dans ces.écoles, l’envoya à Césarée en Cappadoce, et ce fut alors que Julien entra dans les ordres sacrés. S’étant rendu en 35 1 a Constantinople, il y déploya une passion de philosopher qui parut messéanîe à Constance; celui-ci l’envoya à Kicomédie ; et, comme il continuait à s’y conduire de même, il fut appelé à Milan et gardé à vue. Bientôt, par un changement inattendu , Constance créa Julien César, et l’envoya commander dans les Gaules, où il gagna sur les Allemands une célèbre bataille , livrée près de Strasbourg ’; enfin , les soldats le proclamèrent empereur, alors qu’il.était à Paris, où il habitait pn palaisqu’il avait fait bâtir, et dont ôn voit encore quelques vestiges dans l’angle formé par les rues de la Harpe et des Mathurins. Quand Julien succéda à Constance, mort le 3 novémbre 36i, il réforma les abus, et régna avec une grande sagesse, si l’on en excepte les détestables persécutions, d’abord secrètes, et ensuite ouvertes, qu’il ordonna contre les chrétiens. S.a tentative infructueuse pour rebâtir le, temple de Jérusalem l’anima davantage contre le culte dans léqueA il était né, et qu’il avait paru professer avec zèle ; mais il lui fallait, avant tout, terminer b guerre contre les Perses. Julien s’avança jusqu’à Ctésipho.n, passa le Tigre avec son armée, au dessus de cette ville , et fit brûler sa flotte et ses

approvisionnemens. Il voulut pénétrÆr dans le cœur de l’Assyri.e, mais les Perses avaient détruit tous moyens de subsistance , e£ il fallut revenir sur ses pas. Dans l’impossibilité de passetle Tigre, faute de bateaux, Julian prit, pour modèle de conduite, la retraite des dix mille, et résolut de gagner , comme eux, le pays des Carduques'. Supérieur dans plusieurs combats partiels aux lieutenans de Sapor,'i] avançait toujours, lorsque, le uojuinSSJ, animant ses troupes dans une mêlée, par des prodigès de valeur personnelle, il fut atteint dans le flanc d’un dard qui, au rapport de rhistorien Rufus Testus, pénétra jusque dans la Tégion inguinale : Conto per ilia ictus inguinum tenus vulneratas est. On dit qu’il j‘eta vers le ciel une portion du sang qui jaillissait de sa blessure, en s’écriant. : Galiléen, tu as vaincu! Ce qui est beaucoup plus certain, c’est que, rnalgré les soins d’Oribase, son médecin , il succomba par suite d’une hémorragie, et mourut le lendemain comme un stoïcien austère, en faisant des vœux pour le bonheur des peuples. Julien avait alors trente-deux ans.

JoviEN. — Flavius Glaudius Jovjanus, né dans la Panno.. nie l’an 33 1 , fut proclamé empereur par l’armée , a la mort de Julien. Ce fut donc lui qui eut a soutenir une retraite dont notre temps a retracé les horreurs. Les Perses, instruits par un transfuge de la perte de Julien, redoublèrent leurs attaques en tête, en qiieue', et en flanc, Jbvien, réduit a la plus cnielle nécessité, accepta une paix qui fut un bienfait, quelque rudes qu’en fussent les conditions, c’est-a-dite la cession de cinq provinces , et des villes de Wisibe et de Singase, ainsi que l’abandon des intérêts des Arméniens. La retraite des Romains,, d’après les récits des historiens contemporains, s’opéra dans une horrible confusion ; les soldats, a demi nus, languissaient dans les angoisses.d’une mort cru.elle ; une faim dévorante les consumait ; sans discipline, et sans frein, ils méconnaissaient la voix de leurs chefs. Chaque pas qui rapprochait les troupes des bords du Tigre, semblait les éloigner du tombeau. Leur joie fut portée jusqu’au délire quand ils aperçurent ce grand fleuve. Jovien jié put modérer leurs transports. L’empereur et les personnes de sa suite traversèrent le fleuve sur dix petites barques, seul reste de-la flotte romaine. Les soldats s’aventuraient sur des claies mal tissues, sur des outres.,, et erïfin tout ce qu’ils purent mettre en œuvre j plusieurs se jetaient au milieu des flots ,

même sans savoir nager, etils perdirent la vie. La déportation des habitajis.de Wisibe offrit bientôt un spectacle non moins affreux. AussitôtqueJovien fut entré a Antioche, il y fit éclater son immuable attachement au christianisme, sans cepèndant prohiber le culte des idoles. Enfin cet empereur se rendait a Constantinople pour y recevoir îes hommages de ses sujets j son épouse était venue au devant de lui, et déjà il était à Dadastame, bourgade dé la Galatie, lorsqu’il fut trouvé mort dans la nuit du i 6 au 17 février 364V On a dit qu’il avait été frappé d’apoplexie.., où asphyxié par la vapeur du charbon que l’on avait employé pour chauffer ou sécher sa chambre; on soupçonna aussi qu’il avait été empoisonné parles euauques. Jovien, qui ne régna que sept mois et vingt jours, était d’une'taille haute, un- peu courbé, et avait de l’embonpoint. Son caractère se distinguait par sa^bonté, et ses mœurs furent celles d’un homme modéré et tempérant.

Valentinien i®*, né en Pannonie, s’éleva par sa valeur au trône impérial. Il fut proclamé empereur à Nicée après la mort de Jovien^ le 26 février 364, associa à l’empiré son frère Valens, a qui il assigna l’orient, retenant pour lui l’occident. Valentinien repoussa les Germains, qui ravageaient les Gaules, pacifia l’Afrique révoltée, et dompta les Saxons. Il fit bâtir des forts nombreux sur les bords- du Rhin et du Danube. Les Quades ayant repris les armes en 3y4> furent châtiés avec la plus grande sévérité. Une députation des vaiiicus excita tellement la colère de Valentinien, qu’il mourut assez promptement d’un anévrysme, le 17 novembre 376 , à l’âge de cinquante-cinq ans, après en avoir régné douze.

VALENSi — Flavius, associé â l’empire, par son frère Valentinien, et effrayé par la révolte dé Procope, voulut d’abord abdiquer, mais triompha ensuite de ses ennemis. Les Goths opposèrent peu de résistance ; après avoir été soumis, ils releÆrent la tête, et eurent quelques succès. Valens fut obligé de prendre lui-même le çomrnandement de son armée, et il donna, près d’Andrinople, une bataille qu’il perdit. Là nuit le surprit avant qu’il eût pris un parti décisif, et les soldats qui s’étaient rangés autour de lui, l’enlevèrent et le portèrent dans une maison où les Goths mirent le feù. Ainsi,' Valens fut brûlé vif, a l’âge de cinquanle ans, après en avoir régné quinze. L’histoire l’a peint comme un homme qui manquait de résolution, qui aimait l’argent , et qui, par la faveur qu’il

accordait aux Arriens, jGil le plus grand mal à la religion qu’il croyait servir. '

Gb-axien naquit a Sirmich en SSg. Son père Valentinien lui donna le titre d’Auguste dès l’àge de trois ans, ét Gratien lui succéda, en à l’âge de seize ans et demi, mais il apprit en même temps a Trêves la mort de son père et l’éléyation au-trône de son jeune frère Valentinien par l’armée., Gratien consentit à partager avec lui l’Occident, et lui servit de'tuîeur. En 878 , Gratien battit les Allemands, qüi avaient fait une invasion en Alsac.e, les força à repasser le Rhin; et les poursuivit au, delà. Gratien partit ensuite pour l’Orient, où. il vengea sur les Goths , aidé par Théodose, la mort de Valens et la défaite de l’armée romaine. Ainsi , avant vingt, ans, Gratien s’était.acquis une réputation qui égalait celle des plus grands, capitaines. La paix amollit son courage, et il s’adonna trop à lâchasse et aux plaisirs'. Les légions de la Grande- Bretagne-se révoltèrent, et proclamèrent Maxime empereur. Gratien, tranquille à Paris, apprit que ses ennemis avaient passé le détroit , et marchaient à lui. L’empereur , abandonné, S’enfuit à Lyon, où il succomba par une mort violente, étant tombé dans les pièges que'lui tendit Andragathe, un des généraux de Maxime. Gratien élevé par le poète Ausone, avait lé goût des lettres, et il montra beaucoup de qualités estimables.

Valektihieiï II, né en 871 , fut salué empereur en Pannonie le 22 novembre 875 ,succéda àGratien, Son frère, en 888 ,.' et fut dépouillé dé ses états, en 887 , par le tyran Maxime. Il eut recours à Théodose, qui défit Maxime, lui fit couper la tête en 888 , rétablit Valentinien n, et entra triomphant dans Rome avec lui. L’empereur, malgré sa jeunesse, s’interdisait tous les plaisirs qui annonçaient plus de goût pour la dissipation , que d’ardeur pour le bien de l’emipire. Les peuples soumis a son autorité, étaient heureux, lorsque Arbogaste , Tun de ses premiers généraux,se révolta, et finit par le faire étrangler à Vienne , dans les Gaules, le i5 mai 892 , âgé seuleînènt de vingt ans, après un règne de neuf.

Théodose le Grand. — Flaviùs Theodosiûs Magnus, né en Espagne, était fils du comte Théodose, fameux par .ses-, exploits, et décapité à Carthage , en 878 , par les ordres ^e Valens, que l’on avait trompé. On a vu, dans les articles cidessus, les services que le fils rendit à l’état, ét ce qu’il fit pour Valenlinien ti. En 880 j Théodose essuya une maladie

daiigereusej ce fut alors qu’il se fit baptiser. .Cet acte splenuel fut suivi de lois relatives à la religion et au. maintien du bon ordre dans ses états. Tbëodose accorda une généreuse hospitalité a Altalaric ,^roi des Goths, qui s’était réfugié près de luL II vainquit et chassa au delà du Danube;, en 38 i, plusieurs nations barbares ^et fit avec Sapor iii, roi de Perse, un traité de paix qui' dura long-têmps. Théodose pardonna, eu 385 , aux auteurs d’Une conspiration ourdie contre sa vie, mais ne fut pas aussi généreux, quand il fit passer, en 3 go, au fil de l’épée, leshabiüans de Thêssalonique, capitale de la Macédoine , qui s’étaient révoltés contre l’autorité de leur gouverneur. Ce fut pour faite expier à Théodose cette conduite que saint Ambroise fit fermer sur lui les portes de son église •de Milan,'Deux ans ayant. Théodose ayant battu Je tyran Maxime en deux batailles rangées dans la Hongrie et en Italie, et l’ayant poursuivi jusqu’à Aquilée,, il força les soldats à le lui remettre. On l’amena devant Théodose, qui voulait lui pardonner, mais les gardes, l’entraînèrent hors de la tente de l’empereur, et lui coupèrent la lêteÆn 3.89, Théodose vint à Rome, où il triompha, et, en retournant a Constantinople, il défit une troupe de barbares qui pillaient la Macédoine et la Thrace.

Il vainquit, en 394, le gaulois Arbogaste, et força cet usurpateur a se tuer lui-même. Enfin, Thgodose, qu’attendaient, à Constantinople, les honneurs d’un nouveau triomphe, fut forcé de s’arrêter à Milan , par les progrès toujours croissans d’une hydropisie dontil mourut, le 17 janvier dgfi, âgé de cinquante ans , après un règne de seize. Plusieurs écrivains l’ont comparé à Trajan dont il descendait, et ce parallèle ne manque point dé justesse sous plusieurs rapports.

Tyrans sous les règnes de Gratien , de Valentinien ii et de Théodose.

Magnus, Maxime, Eugène et Victor.

Ici finissent nos remarques, avec la liste des empereurs romains, et commence la division de l’empire en Orient et Occident. -

Estraiydu Journal complémentaire du Dictionaire des Sciences médicales (io 3 ®.cahier, janvier 1827, tome xxvi; — io 5 ' cahier, mars, tome xxv.ii.; !— 107'® cahier; mai, tome xxvii).

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