LE MYTHE GERMANIQUE
Brunhildj armé d'un casque qui le rend invisible; il tue le serpent Fâfnir qui garde le trésor du roi Nifling^ c'est-à-dire le roi des nuages (en allemand nebel^ vs<po;, nubes), et il tombe sous les coups du perfide Hagano, comme le divin Grîpir le lui avait prédit.
Que ce mythe, modifié par le génie et d'après le climat des peuples du nord, soit originairement identique à celui de Vritray c'est ce qu'il n'est guère permis de révoquer en doute. La ressemblance de Siegfried avec Achille est manifeste et conduit à l'hypothèse que l'Iliade a, comme les Nibelungen^ pour donnée première un fait mythologique, que des événements réels, qui y ont été mêlés, ont contribué à défigurer. Diverses circonstances qui, dans l'histoire de Donar ou de Siegfried^ pourront sembler nouvelles, ont leur équivalent dans la mythologie de l'Inde ou de la Grèce. De même que le marteau de Thôrr revient de lui-même dans sa main, les flèches d'Apollon lui sont rapportées par lèvent (1). Le casque qui rend Siegfried invisible est attribué par Homère à Pluton (2) ; Persée le reçoit du dieu pour combattre la Gorgone. Quant à la fable du dragon gardant des trésors, elle se trouve dans les védas (3), aussi bien que dans la mythologie classique. Il suffit de rappeler les vers de Phèdre (4) : € Ad draconis speluncam ultimamy cusiodiebal
(1) Quintus de Smyrne, UIi 86. Schwariz, ouvrage cité, p. 105.
(2) Iliade, V, 845.
(3) Dasyum dhaninam (divUem dxmonem, en parlant de Vritra). RigvédQy I, 33, 4.
(4) Phédrt, IV, 19.
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qui thesauros abdilos. > Les mots de lùxnnw et de Disj appliqués au dieu des enfers, tiennent à la même conception. Ainsi les différentes mythologies que nous passons en revue se complètent l'une l'autre, et les traits mêmes qu'on est tenté d'abord de regarder comme des innovations de l'une d'elles, se retrouvent, marqués plus ou moins fortement, dans toutes.