I. riribaze
1. iT:inn. Jupiter debout appuyé sur son sceptre, et portant de la main droite un aigle qui bat des ailes. Dans le champ, la lettre T.
^\ Ormuzd vu de face à mi*corps, tenant une couronne et la fleur de hom. — A. Pwds, 9«»,98.
(Mus. Brit.,pl. V,nM.)
2. Même légende et mêmes types sans la lettre T. — AV. Poids, lOi'^Se.
(Mus. Hunter, pi. V, n» 2.)
L'attribution au satrape Téribase ou Tiribaze, due en premier lieu à M. le duc de Luynes (Num. Satr., p. 1), a été universellement acceptée,et nous servira de point de départ Mais des trois exemplaires de cette rare médaille, publiés dans l'ouvrage que nous venons de citer, le premier seul offre une légende complète ; encore la troisième lettre, Ttod, est-elle d'une forme indécise, le coin n'ayant pas bien mordu dans cet endroit. Nous sommes beureux de pouvoir en publier un quatrième exemplaire, appartenant au Musée Hunter, où toutes les lettres sont d'une parfaite netteté, et grâce auquel on peut se rendre compte de la forme de Ttod sur l'exemplaire du Musée Britannique. La forme de cette lettre, clsûrement établie par oe nouveau monument numismatique, est d'une grande importance pour la paléographie des médailles à légende araméenne frappées en Asie Mineure , et nous permettra d'expliquer plusieurs légendes, restées jusqu'à présent sans interprétation satisfaisante.
Téribaze était satrape de l'Arménie occidentale et de quelques peuplades voisines au temps de la retraite des Dix MiUe. (Xen., Anab., IV, 4, 4; 4, 18; 4, 21; VII, 8, 25.) Quelques années plus tard il commandait les forces perssmes dans l'ouest de TAsie Mineure, et conclut en 887 avec le Spartiate Antalcidas , la fameuse paix qui porte le nom de ce dernier ; enfm il commanda conjointement avec Oronte l'expédition contre Évagoras de Cypre ; vers la fin de cette guerre il tomba en disgrâce, rentra ensuite en faveur et finit par périr dans une conspiration contre Artaxerce. Les monnaies qui portent son nom ne
peuvent pas avoir été frappées en Arménie, où l'on ne parlait pas une langue sémitique ; par la même raison , elles ne furent pas fabriquées pour circuler dans les provinces occidentales de la péninsule, qui d'ailleurs se servaient d'un système monétaire très-différent. Par conséquent, eUes appartiennent à l'époque où Téribaze commandait en Gypre (386-380) \ il tirait alors ses approvisionnements de la Cilicie, et fit sans doute frapper à son nom une partie des deux mille talents qu'il obtint du Grand Roi pour les frais de la guerre. M. le duc de Luynes a déjà signalé la ressemblance de ces monnaies avec celles de Nagidus ; or cette ville est située en face de la côte de Gypre et servait peut-être de quartier général aux troupes persanes de terre ferme; j'incline donc fortement à croire que ces pièces ont été frappées à l'atelier de Nagidus à l'époque de l'expédition contre Évagoras. Tout s'accorde pour indiquer cette localité; la fabrique, le poids et l'emploi d'une légende araméenne appropriée aux populations sémitiques de la Cilicie. (Diodor., XV, 2-6.)