‹ Mélanges de numismatiqueChapitre 27 sur 80 · VII. Abd-Hadad^ dyntule d^Hiérapolis en Syrie · texte numérisé non relu

VII. Abd-Hadad^ dyntule d^Hiérapolis en Syrie

1. Tête de la déesse Atergatis de face , avec deux longues tresses de cheveux et coiffée d'un diadème élevé; d'un côté la légende inyinv , et de l'autre le chiffre phénicien qui indique le nombre vingt.

a'. Personnage barbu , vêtu d'une longue robe , coiffé d'un bonnet conique, debout sous un portique soutenu par deux colonnes; il a la main droite élevée, et devant lui est un thymiatérion ; derrière lui la légende TTnTiy. — Médaille fourrée.

(Collection de M. le duc de Luynes. Voy. pi. VII, n* 1. )

2. Même tète , tournée à gauche ; derrière, les chiffres phéniciens 20 et 10; devant, les restes d'une légende, probablement la même que sur la pièce précédente.

ij). Personnage coiffé de la tiare, debout avec un écuyer qui tient les rênes, dans un char attelé de deux chevaux. Au-dessus, la légende -TTntM. Le coin du revers a glissé , de sorte qu'il y a quatre têtes de chevaux au lieu de deux, et que les trois dernières lettres de la légende sont doublées et confuses. — JR.. Poids, 8«%60.

( Collection de M. le duc de Luynes. Voy. pi. VII , n^ 2. )

La première de ces deux médailles a déjà été publiée

par son savant possesseur (JVtim. sair., p. 39, pL V),

qui l'a attribuée à un satrape incertain de Syrie , nommé

Abd-Hadad. Dans la légende qui accompagne la tête de la

divinité, M. de LoDgpérier a reconon le nom de la fameuse déesse syrienne Atei^atis {Journal Asiatique^b* sérient. VI, p. A28;.BIau, Zrilschrift der Morgenl. Geseïlsch.^ 1852, p. 173). M. de Longpérier a fait remarquer que dans ce mot comme dans plusieurs autres mots hébreux et araméens, Yàin a la force d'une gutturale, et il cite à ce propos le nom du dieu 1*195 ^73 1 dont on a fait Baal-Péor, ou Baal-Pbégor. Gesentus, dans son lexique (m vocev)^ a réuni d'autres exemples de la même particularité , enti-e autres , le nom de ville nty, écrit par les Grecs TaÇo. Le nom de la déesse syrienne s'écrivait Knynn, ou Nnyinî?, et l'on comprend maintenant la diversité des formes sous lesquelles le nom est écrit par les auteurs grecs et latins, Tbirgatao, Derketo, Atergatis, Athara. (Voy. Movers, PhoBnizier, I , p. 59A. )

La seconde médaille a été publiée par M. de Lnynes dans cette Itevue (1860, pL XI, n» 1, p. 310), et attribuée à Abdémon, roi de Citium ; dans un article sur les monnaies de Marium en Cypre (Rev. niifn.,1860, p. 2), j'avais adopté cette attribution ; mais depuis lors ayant eu occasion d'examiner la médaille elle-même, je fus frappé de l'identité de la tète de divinité avec celle de la médaille d'Abd-Hadad, ei je ne tardai pas à m'assurer qu'elle portait la même légende; le coin a glissé sur la partie gauche du flan , et a doublé les têtes des chevaux ainsi que les trois dernières lettres de la légende , ce qui leur donne effectivement l'apparence de ]M2 plutôt que de nn. Cette rectification , que j'ai soumise à M. le duc de Luynes, et dont il a reconnu la justesse, montre que les deux pièces appartiennent au même personnage ; il a existé sur la seconde une légende devant la tête d' Atergatis, dont on ne voit que le bas des lettres, mais qui parait être la même que sur la première médaille. De plus, elle porte la date 30; la première pièce

parte la date 20; mais on ne peut être sâr qne cette date soit complète, car la pièce est fourrée, et une portion de la lame d'argent a précisément été enlevée au-dessus du chiffre 20. Comme l'a très-bien remarqué M. de Luynes, ces dates ne peuvent se rapporter qu'au règne du roi de Perse, ou à celui d'Abd-Hadad lui-même; il est difficile de choisir entre ces deux hypothèses , car il y a des exemples dans les deux sens. Les décrets de Mylasa en Carie , sous le satrape Mausole, sont datés des années de règne d'Artaxerce Mnémon et Artaxerce Ochus; d'un autre côté, les inscriptions des rois de Sidon , Eschmunasar et Bodaschtoreth, sont datées des années de leur propre règne. Toutefois, j'incUne à crohre que l'année exprnnée sur les médailles d'Abd-Hadad est celle du règne du roi de Perse, son suzerain. Dans ce cas, il ne peut être question que d' Artaxerce I ou II, les seuls rois dont le règne ait dépassé trente ans ; mais le style des médailles et surtout l'absence du carré creux ne ccMnportent pas l'époque d' Artaxerce I, mort en &25; tandis que les indications monétwes s'accordent parfaitement avec le règne d' Artaxerce Mnémon, dont la trentième année tombe en 376»

L'existence d'un prince nommé Abd-Hadad , ou Ebed- Hadad, en Syrie au iv* siècle , est un fait intéressant , en ce qu'il se rattache en quelque sorte à l'histoire biblique.. M. de Luynes a déjà fait remarquer combien le radical Hadad entre fréquemment dans la composition des noms propres royaux de la Syrie et des provinces voismes ( Num. satr.i p. 106). Au x* siècle, le roi David soumit un prince nommé Hadadhézer, qualifié de roi de Tsoba, et dont les domaines étaient voisins de l'Euphrate; il vainquit également les Syriens de Damas, venus au secours de Hadadhézer. Le roi de Damas n'est pas nonmié dans la Bible ; mais Nicolas de Damas, racontant les mêmes faits d'après

Page 1