‹ Mélanges de numismatiqueChapitre 28 sur 80 · TO · texte numérisé non relu

TO

les chroniques de sa patrie, lui donne le nom de Hadad ^ Selon cet historien , Hadad avait étendu sa domination sur toute la Syrie , mais non sur la Phéoicie, avant d'être vaincu et rendu tributaire par David. Ses descendants continuèrent à régner à Damas pendant dix générations, tous portant le nom d' Hadad ; le troisième d'entre eux, le plus puissant de tous , vengea la défaite de son ancêtre ; il envahit le royaume d'Israël et le ravagea. C'est le prince nommé Ben-Hadad dans la Bible ( I Beg. , XV, 18 ) , et qui combattit contre Bahasça, roi d'israâ.

Un autre Ben-Hadad, son fils, alla mettre le siège devant Samarie , vers la fin du règne d'Achab , mais fut mis en déroute parce prince (I i?eff., XX), et il y eut encore après lui d autres rois de Syrie du même nom.

Bien que plusieurs d'entre eux aient évidemment été connus sous d'autres noms, il est très-probable qu' Hadad était en Syrie leur nom officiel, comme Ptolémée celui des rois d'Egypte. Quand le dernier roi de Syrie , Retsin , fut vaincu et mis à mort par Tiglath-Pilézer, il est trèspossible que sa famille ait continué à gouverner une portion de la Syrie, comme tributaire du roi d'Assyrie, et rien n'empêche de voir dans l'Abd-Hadad de la médaille un rejeton de cette famille. Les caractères araméens de la légende ne laissent aucun doute sur son origine syrienne, car sa fabrique est trop particulière pour qu'on puisse l'attribuer à aucune des villes importantes du littoral, qui ont presque toutes laissé des médailles contemporaines. Quant au district gouverné par Abd-Hadad , on peut hésiter entre Damas et HiérapoUs : cette dernière ville, appelée asci en syrien, mot dont les Grecs ont fait Bambyce,

> II Samuel, 8 ; 1 Chron., 18. Cf. I Reg., XI, 23. — Dans Samuel , ii est appelé Hadadhézer; dans les Chrooiques , Hadarhézer : la coofuMon entre ") et *T était déjà ancienne. ^ Nie. Dam.» fr. 31, éd. MUUer.

était le siège principal du culte d'Atergatis. (Cf. Lucian., DeaSyria.)

J'incline donc à croire que ces pièces sont sorties de l'atelier de Bambyce, et je regarde Âbd-Hadad non comme un satrape, mais comme un dynaste héréditaire du district ; sur Tune des médailles il est représenté en costume royal, avec la tiare, et monté sur un char ; sur l'autre « il est vêtu d'un costume qui ressemble à celui des prêtres juifs , et ^1 sacrifie.

Jusqu'à présent on n'avait eu que des médailles frappées dans des villes du littoral , et il y a peut-être quelque témérité à aller chercher dans l'intérieur des ateliers monétaires, autres que ceux des rois de Perse. Cependant la monnaie d' Abd-Hadad ne peut guère avoir été frappée dans une ville du littoral , et la pièce de Gaziura, en Cappadoce, est un autre exemple du même genre.

Du reste , je ne suis pas le premier qui ait proposé d'attribuer des médailles à des ateliers de l'intérieur de l'empire. M. Blau,dans un travail remarquable d'ailleurs à plus d'un titre , et qui nous a été fort utile, attribue à un satrape, Tabalus, et aux villes de Nisibi et de Ninive , en Mésopotamie, les médailles où M. de Luynes a cru reconnaître les noms de Demës et de Syennésis; je ne crois pas que personne ait encore trouvé le secret de ces singulières légendes ; elles demeurent une énigme qui exercera encore la sagacité des savants ; mais dès à présent je veux protester contre l'exil que M. Blau fait subir à ces pauvres pièces , et je suis sûr que j'aurai les numismatistes avec moi ; elles appartiennent certainement à Sidé, en Pamphylie, et n'ont jamais pu être frappées en Mésopotamie.

Page 1