‹ Mélanges de numismatiqueChapitre 40 sur 80 · TROUVAILLES DE SÂLDA ET DE MARMARA · texte numérisé non relu

TROUVAILLES DE SÂLDA ET DE MARMARA

(PI. lY et V.)

Lorsqu'on essaye de classer par ordre chronologique les monnaies autonomes d'une ville grecque, on est presque toujours réduit à chercher les éléments de classification dans la fabrique, le style ou le poids des pièces, dans la forme des lettres et dans quelques autres indices de moindre valeur ; mais il est très-rare qu'on ait à sa disposition un point de repère fixe. Toutes ces données sont plus ou moins approximatives et sont toujours sujettes à une erreur d'un siècle ou d'un demi-siècle au moins. Même là où les monnaies sont signées des noms de magistrats monétaires, on n'en est pas plus avancé; car ces fonctionnaires étaient des personnages sans importa^ice ; ils ne sont pour ainsi dire jamais mentionnés dans l'histoire, et on ne peut guère espérer que les découvertes épigraphiques en fassent quelquefois connaître les listes et la succession chronologique. Restent les dépôts monétaires que la terre restitue de temps à autre, et qui seraient pour la science une mine féconde de renseignements précieux, si leur composition

était toujours connue et enr^istrée par des hommes compétents. Malheureusement il n'en est presque jamais ainsi, surtout en Orient, où les trouvailles sont cependant assez fréquentes. Grâce à la rapacité des autorités locales, et à la terreur qu'elles inspirent, le premier souci de celui qui a eu la bonne fortune de découvrir un trésor, est de le soustraire à tous les regards, généralement de le convertir le plus tôt possible en lingots; quelquefois il Féconlera petit à petit et mystérieusement parmi les orfèvres du voisinage, mais presque jamais il ne le cédera en totalité à la même personne; on comprendra donc facilement combien il est rare qu'un dépôt monétaire arrive intact entre les mains d'un Européen, et surtout entre les mains d'un homme qui sache en apprécier autre chose que la valeur commerciale. C'est ainsi que se perdent chaque année une foule d'éléments précieux pour la science, et il en sera de même pendant longtemps encore.

Il serait inutile d'insister sur l'importance des données chronologiques fournies par les trouvailles de monnaies; c'est grâce à elles que Borghesi, Cavedoni et Mommsen sont parvenus à classer une grande partie des monnaies consulaires romaines, tandis que d'autres savants en ont tiré d'utiles enseignements pour l'attribution des deniers carlovingiens et d'autres pièces du moyen-âge ; déjà, dsms la Rev. num. (1863, p. 217), j'ai pu, en me fondant sur la trouvaille d'Amasia, restituer à Mithridate IV, roi du Pont, les tétradrachmes attribués autrefois à son aïeul. Aujourd'hui je viens entretenir mes lecteurs de deux importantes trouvailles, sur lesquelles j'ai pu recueillir des renseignements, incomplets sans doute, mais suffisants, l'une faite à Saïda sur la côte de Phénicie, l'autre à Marmara dans la Propontide.

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