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DES ROIS DE LA GHARACËNE

fPI. VIetVn.)

Le royaume de la Mésène et de la Characëne occupait la partie inférieure de la vallée du Tigre et une partie des côtes du golfe Persique. Sans avoir jamais joué aucun rôle dans rbistoire générale, cette petite principauté conserva assez longtemps une exic^tence indépendante durant les siècles qui ont précédé et suivi Tère chrétienne. Les rois de la Characëne ont tous battu monnme, et plusieurs d*entre eux ne sont connus que par leurs monuments numisroatiques; grâce à la louable habitude qu'ils avaient de faire inscrire sur leurs monnaies les années de l'ère des Séleucides, ces pièces ont une valeur historique que d'autres séries infiniment plus nombreuses et plus importantes ne possèdent pas au même degré. Si les rois de la Bactriane et de rinde avaient daigné imiter en cela leurs humbles contemporains de la Characène, leur numismatique, d'ailleurs si riche et si intéressante, aurait pour l'histoire une tout autre importance, et permettrait presque de reconstituer à grands traits les annales de la haute Asie.

Visconti est le premier auteur qui ait abordé la numis-

maiique des rois de Cliaracène ; dans le troyëaie volume de son Iconographie grecque^ ainsi que dans le suppléaient de cet ouvrage, il rassembla toutes celles de leurs médailles qui étaient connues de son temps ; la série, quoique fort incomplète, montrait déjà que tous les princes de la dynastie avaient dû battre monnaie, et Ton pouvait dès lors espérer qu'avec le temps et quelques découvertes heureuses il serait possible un jour de la rétablir dans son intégrité. Nous n'en sommes pas encore là, mais nous approchons du but, ainsi qu'on le verra dans le cours de cet article ; encore deux ou trois trouvailles, et l'on connaîtra toute la liste des rois de Cbaracène. Depuis le travail de Yisconti, reproduit et en partie corrigé par Mionnet, la numismatique de la Characëne a été un peu négligée par les numismatistes; toutefois, H. Victor Langlois l'a comprise dans sa Numismatique des Arabes avant rislamisme, mais sans y fûre d'addition notable, et en commettant quelques erreurs, qu*un examen plus attentif des monuments originaux lui aurait épargnées. Dans ces dernières années, plusieurs médailles nouvelles de la Characène sont venues enrichir les collections publiques et particulières, notamment celle du Musée Britannique et celle de H. le baron de Prokesch-Osten, intemonce d'Autriche à Constantinople. Je dois à l'obligeance de mon ami M. Poole les empreintes des médailles couser* vées au Musée Britannique, et M. de Prolescb, avec une libéralité dont je suis heureux de lui témoigner ici ma reconnaissance, a bien voulu m'envoyer et me permettre de publier toutes les pièces de la Characëne qui font partie de sa collection. Enfin, parmi les médailles connues et publiées depuis longtemps, il en est plusieurs qui avaient été mal lues, et dont j'espère avoir retrouvé la véritable légeude.

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