ABIO£ [M1AHIM[02]. TètQ nuQ de fabim
i^ KEPAnOASiTaN BPrQNt en trois lignes dans le ch^^mp. —M.i. De ma coUecUom (PI. VlIIt n'' 3.)
à. ^AB102 U&me tète.
j^ lEPAnOAEITON TPr«aN, en trois lignes dans le cbamp* — M, $. De ma coUçetion.
La denuère de ces monnaies est connue depws longtemps, et a été publiée par Seguin (SelecUn numUnur p. 09) et d'autres d'après un exemplaire différent du mien, et que je n'ai pas retrouvé dans les collections que j'a^ ei^mtoées. ia première a été publiée par Borrell {Numû-^ ffMUfo Chnmickt YUI, p. ?S) , et c'est son exemplaire qui se trouve actuellement au Cabinet de France ; les deux autres sont inédites. B^rgbesi, qui a c^sacré un article de ses HéMdes numismatiquu à la médaille de Seguin, en a par^ faiteraent expliqué la légende, mais pour lui la tète est toujours celle d'Auguste. {Œuvres complite$t I, p. 253.)
Les deux premières pièces que nous avens décrites on^ été frappées à Hiérapolis par le même magistrat mooétabre» et par conséquent la même année. L'une porte la tète d'Âu^ guste avec son nom, l'autre celle du proconsul Fabius Maxiraus avec son nom également; quand on place les deux portrsûts l'un à côté de l'autre, il n'y a pas moyen de méconnaître la différence qui existe entre eux ; ce sont deux profils distincts et parfaitement caractérisés, que l'excellente conservation des exemplaires permet d'étudier jusque dans leurs moindres détails. Il n'y a pas d'autre Fabius Maûmus qui ait été proconsul d'Asie, et aucun membre de cette famille illustre n'a joué un rôle dans les affsdres de la province; ainsi, le portrait n'est ni celui d'Auguste, ni celui d'une divinité, ni celui d'un ancêtre de Fabius, il est bien celui du proconsul lui-même. Yoil^
donc un exemple certain et incontestable du portrait d'un proconsul d'Asie placé sur la monnaie d'une ville de la province. Sur les deux autres médailles la tète est la même, et sur la troisième, que j'ai fait dessiner, elle est parfaitement conservée ; le coin a été gravé avec une grande finesse et par un artiste habile, de sorte que tous les traits de la figure sont très-bien indiqués, quoique la pièce soit d'un petit module.
Les monnûes à l'eiB^e de Fabius ont été frappées par trois magistrats monétsûres différents; mais il ne faudrait pas conclure de cette circonstance qu'il ait été proconsul pendant plus d'une année; nous verrons plus loin que cela n'est guère possible, et qu'il n'exerça sa charge que pendant l'année réglementaire. Il n'est pas probable non plus qu'on sût frappé h son effigie après qu'il eut quitté la province. On peut expliquer la présence de ces trois noms sur la monnaie de deux manières. Il pouvait y avoir à Hiérapolis plusieurs magistrats ayant le droit ou le devoir de contresigner la monnaie de la ville, de même qu'il y avait à Rome trois triumvirs monétaires, et j'sd signalé autrefois un exemple du même fait sur les cistophores de Pergame, qui offrent les noms de quatre magistrats différents sous le même proconsul G. Pulcher, qui ne gouverna l'Asie que pendant deux ans {Rev. numUm.^ 1852, p. 01). Il se peut aussi que les magistrats d'Hiérapolis aient été nommés pour quatre ou six mois, comme dans beaucoup de villes grecques, et dans ce cas, Tannée proconsulaîre de Fabius pourrait très-bien coïncider avec le semestre entier de l'un des trois, et avec la fin et le commencement des semestres des deux autres. Ces deux explications sont également admissibles, et dans l'état actuel de nos connaissances, il n'y a pas lieu d'adopter Tune plutôt que l'autre.
Le mot XAPAS, qui se trouve sur les deux premières monnaies, est difficile à expliquer. Il ne faudrait pas croire qu'il y a EXAPASE, seulpsit^ comme sur quelques médailleti de Tripolis de Carie (Mionnet, Carie^ n« 523) ; en comparant les différents exemplaires, il est facile de s'assurer que le mot est complet, et qu'il n'y manque rien. C'est donc le nom d'un second magistrat, ou bien le troisième nom de Zosime, qui se serait appelé Z(6<ri(&o(; «tX^Tcaxptc 6 xa? xdépaS. La polyonymie était très-fréquente chez les Grecs du temps de l'empire romain, et l'on en rencontre de nombreux exemples dans les inscriptions de l'Asie Mineure.
On remarquera aussi que sur les deux premières monnaies l'ethnique est écrit isponoXeitûv et sur les deux autres iepaicoXcttcûv. Les deux formes étaient usitées et sont employées indistinctement sur les médailles de la ville. Il existe au Cabinet de France une monnaie à l'effigie d'Auguste, et sur le coin de laquelle le graveur, après avoir d'abord gravé hpaiioXeix&v, a changé l'A en pour en faire
kpoicoXeiTÛv.
PauUus Fabius Maximus était un des personnages les plus considérables de l'empire; il appartenait à la plus ancienne et à la plus illustre noblesse de Rome ; parmi ses ancêtres immédiats il comptait Q. Fabius Allobrogicus, le vainqueur des Allobroges, et L. ^milius PauUus, le vainqueur de Persée, et il réunissait dans sa personne tous les glorieux souvenirs des Fabius et des iEmilius. De plus, il était proche parent d'Auguste ; sa femme Marcia était la fille de Marcius Philippus et d'Attia, sœur de la mère d'Auguste. Ovide, qui était l'ami de la famille, le dit expressément : Nupla fuit quondam matertera Cœsaris t7(t, $cil. Philippo {Fasti, VI, 807 ^ cf. Epist. ex Ponlo, I, 2, 139) ; et une inscription trouvée à Paphos confirme le
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dire du poète : Mxpxtç 4»iXînicou OuYOcpt, ive^ Kaîoapo< Ocov S&- Psoxoût^ pivaucl DoujXou ^a9ou lla((fiGu, Se6flioxf|« Docpoi» ^ pouXJ^ xol
à M)(UK {Carpuà Inscr. Gr.^ 2620). Uareia élait dooc U cousine genoaiae d'Auguste; aussi Fabius^ fut-il un des amis et des confidents du prince; maU cette aimtié (ni la. cause de sa mort^
Auguste avait relégué son petit-fils Agrippa Postumos dans l'Ile de Planasia ; vers la fin de sa vie, danâ la dernière année de son rëgne« il se repentit de sa dureté envers le jeune prince et alla le voir en secret dans son lie, accompagné seulement de Fabius. L'entrevue aboutit à une rè^ conciliation, ou du moins l'empereur se laissa aller à sa tendresse naturelle pour le seul petit-fils qui lui restât^ et il est probable qu'il méditait de le déclarer son béritier de préférence à Tibère* HalheureusQment Fabius, ne: sut pas garder le secret^ il raconta l'issue du voyage à sa femme Harcia, qui le redit à Timpératrice Livie, la mère da Tibère et l'ennemie mortelle d' Agrippa. Auguste s'aperçut de Tin* discrétion de son ami et Fabius mourut peu de temps après ; on crut généralement qu'il s'était donné la mort, et à ees funérailles on entendit Marcia se lamenter et a'accuaer d'avoir causé la mort de son époux* On sût que le premier acte de Tibère, après son avénemmit^ fut de faire périr le jeune Agrippa. Tel est le récit de Tacite {Annal. t, I, 5); Pline y Deût allusion (£f. JV., VU, 45) et Plutarque raomta les mêmes faits un peu autrement ; mais dans son texte le nom de Fulvius a été substitué à celui de Fabius, probablement par une erreur de copiste {De GarrulUate^ li)«
Fabius fut consul en l'an de Rome 7&3 (11 avt J.-C.)* L'inscription de Papbos, que noua avons citée, a fait supposer à Boeckb qu'il avait été proconsul de Gypre; c'est possible, mais il est singulier que son litre sût été odns
dans rioscripUoi^, ci d'ailleurs, comme Maixia était proche parente de Tempereur, les Paphleos peuvent très-bien lui aTCur élevé une statue-» sans que son mari ait été proconsul de rOe. A r^M)que de sa mort* Fabius faisait parde du collège des frères Arvales (Marini^ Fr. Arv., tab. h et p. 13). La seule autre fonction qu'il ait remplie, à notre connaissance du moins, est celle de proconsul d'Asie, ainsi que l'atteste une inscription trouvée à Eumenia en Phrygie {Corpm inscr. gr.^ 3002, b). Ce document se rapporte à l'institution d'une fête en souvenir du jour de naissance d'Auguste; la province d'Asie avait décidé qu'elle accordendt une récompense à celui qui trouverait la meilleure manière de célébrer cet anniversaire, et en conséquence elle décerne une couronne au proconsul Fabius, qui avait rempli le mieux les conditions du programme. On voit que la ville d'Hiérapolis avait d'excellentes raisons pour mettre sur ses monnaies l'eflSgie du proconsul.
Quant à la date de son proconsulat, il est facile de la déterminer. Par une constitution de l'an 727, Auguste établit qu'à l'avenir les sénateurs^ qui avaient été préteurs ou consuls, ne pourraient prendre part au tirage des provhices prétoriennes ou consulaires que cinq ans au moins après avoir exercé leurs fonctions à Rome. D'après cette règle, qui fut strictement observée pendant plus de deux sièdes, Fabius, qui avait été consul en 7&3, ne pouvait tirer au sort pour les deux provinces consulaires d'Asie et d'Afrique qu'au commencement de l'année 7A9. D'un autre côté, comme les proconsuls partaient pour leurs provinces au prmtemps et y arrivaient vers le mois de mai, Fabius dut débarquer en Asie au mois de mai 749 et y rester jusqu'au mois de mai de l'année suivante. Au surplus, on ne peut retarder son proconsulat pour la raison que voici : Julius
Antouius, qui fut consul l'année après Fabius, gouverna aussi la province d'Asie (Joseph., AnL Jud.j XYI, 6, 7); en lui appliquant le même calcul qu'à Fabius, on voit qu'il ne put tirer au sort qu'au commencement de 750, et qu'il dut passer en Asie l'année proconsulaire 750-751 ; il revint alors à Rome, et dès l'année suivante 752, il fut mis à mort à cause des rapports criminels qu'il entretenait avec Julie, fille d'Auguste (Dio, LY, 10). Comme les proconsuls se succédaient toujours dans l'ordre d'ancienneté de leurs consulats, on voit que Fabius et Antonius durent se succéder en Asie, et que leurs proconsulats tombent nécessairement dans les années 7A9 à 751.
Les fastograpbes modernes donnent à Fabius îe prénom de Quintus, et considèrent Paullus comme un agnomen-^ c'est une erreur. Paullus est un véritable prxnomen et il est employé comme tel dans tous les documents contemporains où Fabius est mentionné. Ainsi dans les actes des frères Arvales de l'année 767, on lit : Paullus Fabius Q. F. Blaximus'^ dans le sénatus-consulte de Tan 7A3, conservé par Frontin {de Aqua^ductibus^ p. 19A) on trouve : Q. ^Uus Tubero, Paullus Fabius Maximus coss. verba ffcerunt; il en est de même dans les inscriptions d'Eumenia et dePaphos, ainsi que dans le testament d'Auguste (cf. Corpus inscr, la/., I, n* 79D) . On sait maintenant, grâce aux savantes recherches de Mommsen, que vers les derniers temps de la république et sous les premiers Césars, les grandes familles de la noblesse romaine adoptèrent l'usage de prendre pour prénoms les surnoms des plus illustres de leurs ancêtres; ainsi les Cornelii SuUae adoptèrent le prénom Faustus, les ^milii et lesFabii celui de Paullus, les Cornelii Lentuli celui de Cos* sus, et nous verrons bientôt que le frère de Paullus Fabius avait pris celui d^Africanus. On trouvera d'intéressants dé*
tails sur ce sujet dans Texcellent article de Mommsen {Rcmische Forschungen, p. 34 et suîv,).