PONTIFEX ROMANES HE
.... benedictionem. Quam primum nobis endendum
[karissime
. . . liqua occasione Divio nam.. .. chorum martiri
[Be
amulaniium réclama. . . ad nos pervenit clericos jam
[die
...re conari.., quia predecessoris mei Johannis Benedicli
[uti. . . suc
. . . .te beati percussione anathematis. Nam sicut
predecessor vester adhortatu prefati marliris monasterii
[ipsius constructor
unum quo sanctus jacet concorditer cymiterium ita
[nostre auctoritatis littere
roborandum squis etiam a to que burgum
[dividit auferre ab eodern
....stro excepte abb..,. presumpserit simili sen-
[tentia se damp
Bene valete. Data VHI kl. aprilis per manus Johannis
[bibliotheca ....
.... te sedis apostolice, anno pontificatus domni Sergii uni-
[versalis
. . . sacratissima sede beati Pétri .... indictione IL
LES BULLES SUR PAPYRUS
L’écriture des fragments de Dijon confirme de tous points les doutes que le style, les formules et les dates avaient déjà fait naître sur l’authenticité des prétendues bulles de Jean V et de Serge PL Nous y voyons, en effet, une grossière contrefaçon de l’écriture lombardique, telle qu’elle était employée à la chancellerie pontificale au x® et au XI® siècle.
Mais la fraude se trahit par un indice encore plus probant. Au revers des trois fragments sont tracées avec beaucoup d’élégance et de fermeté quelques lignes, les unes en caractères lombards, les autres en caractères gallicans, absolument comme on en voit sur la grande bulle de Silvestre II acquise en 1875 par la Bibliothèque nationale (1). Les lignes dont il est ici question peuvent se lire de la façon suivante :
Au verso du fragment d'Ashburnham Place.
piscopus se. . us servorum Dei
ne.is disponente démenti. . summi pontificatus ad
quamquam indi. .e sublimatus excellentia
upropositum etadsanctorumlocorum stahil. , .tem
[pertinere
..... stDeo auctore dilatione perficiendum. Et quoti ns inqui-
s nostrorum cossensum (?) et soli cæ
.xposcitur présidium ultro benignitatis intuitu nos co. . .
securitate e (?) ratione sol . re . . . .
.et . .bis quoque ac potissimum
.cibus proscribatur re
Au verso du 'premier fragment de Dijon.
.... clesiæ sanctæ [Lin]gonensis atus episcopus
..diocesim pertinentiain spiritalibusreligione in temporalibus..
ari . . pene adnullata gubernatione.Qua de re minime in . . .
ore cepit querere quatenus Dei dispensante m . . .
(l) Un fac-similé réduit de cette bulle a été publié dans a Bibliothèque de l'École des chartes, année 1876, tome XXXVIL
DE l’abbaye de saint-bénigne
restituere beatæ memoriæ
loci abbalis cou
.... fratres ex quibus loco abbat[is Gu]illelmum ordinavit
[quendam . . .
in monasterio quod est constructum apud castrum
[Divioaense in hono ....
.... martyrum Benigni atque Mauricii. Cujus augmentum dum
[cerne ...
in utroque (?) ejusdem quamtotius que[si]vit aliud nihilo-
[minus
..ono curavit committere curæ. Est autem et illud monasle-
[rium con
qui dicitur Besua in Atuensi comitatu beatorum (?) in ho. . •
ut autem et
Au verso du second fragment de Dijon.
in mense maio indictione octava.
(1) Bat. VII kls. Junias per man. Johanni[s] episcopi sancle [Albanensis ecclesiæ etbib[liothecarii] sancte apostolice sedis anno pontificatus domni
[Johannis
et universalis quintidecimi papæ in sacratissima sede beati
[Pétri
... (2) predicti episcopi quod ab. culmine
. . . dum fuerit vir que[m] fratres . . . timorem Dei
elegerint
Malgré les mutilations de ces textes, il n’est pas douteux que ce ne soient les débris d’une bulle de Jean XV en date , du 26 mai 995. Elle avait pour objet de confier l’administration de l’abbaye de Sainl-Pierre-de-Bèze k Guillaume, abbé de Saint-Bénigne.
(1) Cette ligne et les deux suivantes sont en caractères gallicans; ce qui précède et ce qui suit est en écriture lombardique.
(2) Les trois lignes qui suivent sont évidemment déplacées. Le bout de papyrus sur lequel elles sont écrites aura été enlevé de sa place primitive et soudé ici pour agrandir la feuille destinée à recevoir la bulle de Serge Ier.
[les bulles sur papyrus
Mais il faut expliquer comment plusieurs parcelles d’une bulle de l’année 995, qui paraît parfaitement sincère, se trouvent au dos de deux bulles datées, l’une de 685 et l’autre de 690 ou 698.
L’explication ne me semble pas difficile k trouver, du moment où, comme nous l’avons vu, les bulles de Jean V et de Serge sont fausses.
Au XI® siècle, les moines de Saint-Bénigne de Dijon, qui fabriquèrent ou firent fabriquer les prétendues bulles de Jean V et de Serge P% savaient que les anciens actes de la chancellerie romaine étaient généralement écrits sur du papyrus. Pour se procurer cette substance, que le commerce ne devait guère apporter en Bourgogne, ils fouillèrent leurs archives, où se trouvait la bulle sur papyrus par laquelle Jean XV avait confié en 995 à Guillaume, abbé de Saint-Bénigne, l’administration de l’abbaye de Bèze. Guillaume était mort ; l’acte qui l’avait mis à la tête du monastère de Bèze n’avait plus qu’un intérêt historique : il fut sacrifié. Un faussaire le découpa de façon à avoir deux morceaux de papyrus, dont une face était vierge de toute écriture.
C’est ainsi que fut trouvé le papyrus sur lequel furent copiées en caractères lombards les deux bulles de Jean V et de Serge bulles qui, après avoir été conservées jusqu’à la révolution dans l’abbaye de Saint-Bénigne, se trouvent aujourd’hui en partie dans labiblioihèque publique deDijon (1 ), en partie dans la collection Libri, chez lord Ashburnham.
(1) Dès l’année 1807 il y avait à la Bibliothèque de Dijon deux bulles encadrées sous verre ; voy. Millin, Voyage dans les départements du Midi, t. I, p. 262.
MANUSCRITS DE l’ABBAïE DE SILOS
On est convenu de désigner sous le nom de wisigothique, récriture qui a été employée en Espagne du viii® au XII® siècle pour la copie des livres comme pour celle des pièces diplomatiques. Ce genre d’écriture est fort peu connu en France.
Mabülon (1) et les auteurs àw Nouveau Traité de diplomatique ne Vont guère étudié que d’après des fac-similés plus ou moins imparfaits, gravés dans différents ouvrages espagnols. M. de Wailly (3) est, chez nous, le premier qui ait déterminé d’après un manuscrit original les caractères de l’écriture wisigoihique. Le manuscrit dont il s’est servi est celui qui porte a la Bibliothèque nationale le n® 2855 du fonds latin, et qui avait été envoyé à Colbert, en 1681, par le chapitre du Puy. C’est un volume que Gotiscalcus, évêque du Puy, rapporta d’Espagne en 951 et qui avait été copié pour ce prélat par Gomès, moine de Saint-Martin d’Albelda (4). Le même manuscrit 2855 a fourni aux auteurs de la Paléographie univeràelle (5) le seul exemple
(1) De Re dipta.,p. 432.
(2) T. III, passim.
(3) Éléments de paléographie, l. I, p. 658.
(4) Voyez le Cabinet des manuscrits, t.I,p. 514.
(5) Planche CGVI. Voyez la iraduclion de Madden, t. II, p. 573.
MANUSCRITS DE l’âBBÂYE DE SILOS
qu’ils aient donné de l’ancienne écriture ‘des livres d’Espagne. La direction de l’École des chartes en a fait aussi lithographier quatre pages (1) pour servii^ aux exercices de l’enseigneoient.
Ce que nous savons de l’origine du manuscrit 2855 lui assure une valeur exceptionnelle. Mais, à part ce manuscrit, la Bibliothèque nationale ne pouvait jusqu’à présent montrer comme monuments de la calligraphie wisigothique que plusieurs diplômes de l’abbaye de Cluni, et es trois manuscrits suivants : les lois des Wisigoths, manuscrit 4667 du fonds latin, probablement du ix'’ siècle ; le saint Isidore, manuscrit 2994 A du fonds latin, de la même époque (2) ; et les règles de saint Isidore et de saint Fructuose, manuscrits 10876 et 10877 du fonds latin, probablement du x® siècle : ces deux derniers manuscrits sont les débris d’un volume assez considérable que les moines de Marmoutier achetèrent à Toulouse vers le commencement du XVIII® siècle, et dont un autre morceau, contenant la règle de saint Basile, forme aujourd’hui le n® 615 delà bibliothèque de Tours (3).
L’arrivée à Paris, au commencement de Tannée 1878, d’une collection de manuscrits wisigothiques (4) éiaitdonc un notable événement dans le domaine delà paléographie et de la bibliographie. C’était une merveilleuse occasion qu’on n’avait jamais vue en France et qui pouvait ne jamais se représenter. Il fallait à tout prix en profiter pour combler une regrettable lacune dans les collections de la Biblio-
(1) Le fac-similé de ces quatre pages porte la cote 277 dans l’ancienne série des fac-similés.
(2) Deux pages de ce manuscrit ont été reproduites dans la collection de fac-bimilés de l’École des chartes, série lithographiée, no 281.
(3) Dorange, Catalogue des manuscrits de Tours, p. 312 et 313.
(4) Catalogue de livres rares... et de manuscrits du /A® au XVllI^ siècle, rédigé par M. Bachelin-Deflorenne(àvendrele 1er juin 1878). Paris, Bachelin, 1878. Grand in-S" de 26 p. avec six planches.
MANUSCRITS DE L ABBAYE DE SILOS
thèque nationale. Je n’eus qu’un mot à dire à M. Bardoux, alors ministre de l’Instruction publique, pour lui faire comprendre l’importance de l’scquisition que mes collègues et moi nous avions en vue; grâce à la libéralité du ministre et au zèle empressé de ses collaborateurs, la Bibliothèque nationale put se faire adjuger les plus précieux des manuscrits wisigotbiques qui ont passé en vente publique, le I®'’ juin 1878, à l’Hôtel des commissaires-priseurs.
Le dépouillement de ces manuscrits montrera quelles ressources nouvelles ils apportent à l’histoire littéraire, comme aussi à l’histoire ecclésiastique de la France et de l’Espagne. Les philologues remarqueront encore la copie des Étymologies d’Isidore, qui vient s’ajouter aux autres exemplaires manuscrits du même ouvrage déjà possédés par la Bibliothèque, et trois glossaires du xi® et du xii® siècle. Mais c’est surtout pour les études paléographiques et archéologiques que mérite d'être signalée cette nouvelle série de manuscrits. Ce sont, en effet, des modèles achevés de la calligraphie espagnole du x® et surtout du xi® siècle. On pourra s’y rendre compte non seulement de l’écriture proprement dite, mais encore de l’application du dessin et de la peinture à la décoration des livres. Ce ne sera plus d’après des fac-similés, mais bien d’après les monuments originaux, qu’on pourra,. à la Bibliothèque nationale, comparer les manuscrits espagnols du x®au xii® siècle avec les manuscrits de la même époque exécutés en France, en Italie, en Allemagne et en Angleterre. L’examen auquel on les soumettra sera d’autant plus fructueux que, sans parler des souscriptions non datées, trois d’entre eux portent des dates certaines. L un a été donné à une église l’année 1030 de l'ère espagnole, ce qui répond à notre année 992 ; un autre est un peu antérieur à l’année 1067, comme jl sera expliqué un peu plus loin ; le troisième a été achevé de copier le 24 août 1072.
Un examen superficiel de quelques pages de ces volumes
56 MANUSCRITS DE l’ ABBAYE DE SILOS
suffit pour déterminer les caractères auxquels on peut reconnaître les manuscrits wisigothiques, en tenant compte à la fois de la forme des lettres, du système des abréviations et des particularités orthographiques.
Forme des lettres. Huit caractères de l’alphabet donnent lieu à des observations.
A. l’a est ouvert par le haut, à peu près comme un c qui par le bas serait réuni à un i.
•F. La haste de Vf est très allongée; elle ne dépasse pas le niveau supérieur des lettres ordinaires, mais elle descend au-dessous du niveau inférieur de ces mêmes lettres.
G. Le g minuscule a la forme d’un G capital, muni à son extrémité inférieure d’un trait vertical qui se prolonge assez bas au dessous de la ligne de réglure.
1. On trouve un / capital très allongé, non seulement au commencement du mot, mais encore à la fin, surtout quand la désinence est figurée sous une forme abréviative : eF pour ejus.
T. La traverse du t est appuyée à gauche sur une demicirconféi ence qui donne à la lettre l’apparence d’un a.
U. L'a est parfois inscrit au-dessus du niveau supérieur des lettres ordinaires, même quand il n’y a point d’abréviation : SperaFs, exsolhanV'r, lang'^enti.
X. Au lieu d’être formée de deux c adossés, cette lettre se compose à droite d’une demi-circonférence, et à gauche d’un crochet supérieur et d’un trait vertical inférieur, assez long, terminé par un petit crochet.
Y. La tête monte au-dessus du niveau supérieur des lettres ordinaires.
Système des abréviations. La présence d’une abréviation est signalée par un trait horizontal surmonté d’un point. Si plusieurs mots abrégés se suivent immédiatement, ils sont surmontés d’un trait unique, au-dessus duquel sont marqués autant de points qu’il y a de mots abrégés.
MANUSCRITS DE l’aBBAYE DE SILOS 57
B suivi d’un s supérieur (b®) = hus.
B au-dessous duquel est tracé une sorte de petit c== his.
L avec un signe semblable = Us.
P dont la haste supporte à gauche une demi-conférence partant de la panse de la lettre = per. C’est à peu près le signe qui, dans les manuscrits de France, représente la syllabe pro.
Q surmonté à droite d un trait assez semblable à un s (qs) = que.
Q dont la haste est traversée d’une diagonale doublement recourbée = qui.
An == amen.
Aum = autem.
JS ne = no mine.
Ppr == propter.
Les lettres employées comme chiffres sont suivies d’une lettre indiquant la désinence du mot, lettre qui n’est pas posée en interligne, mais a côté du chiffre, du même corps que le chiffre, et sans interposition d’aucun signe : vo = quinto.
Particularités orthographiques. — La conjonction cum est écrite quum, ce qui n’arrive point dans les manuscrits français. On trouve de même la forme persequutio pour persecutio.
Au commencement des mots, la voyelle i disparaît devant une s suivie d’une consonne : storia pour historia.
La lettre h ne se trouve pas dans beaucoup de cas où les copistes français ne manquent jamais de la placer ; les scribes espagnols la suppriment dans des mots où elle paraît indispensable : Antiocia^ pour Antiochia ; pulcerrima^ pour pulcherrima.
Même réserve dans l’emploi du p : redemtio, pour redemptio.
Confusion des consonnes h et v : exsolbantur., pour exsolvantur ; placavilia., pour placabilia.
58 MANUSCRITS DE l’ AB BAYE DE SILOS
Quant au dessin et à la peinture, nous en avons d'excellents exemples dans deux volumes du xi® siècle, qui figurent à l'Exposition dans une armoire de la galerie Mazarine.
L’un est le recueil des épîtres et des évangiles qui entraient dans l’office des différentes fêtes de l’année. Ce recueil, dont on attribuait la composition à saint Jérôme, fut de très bonne heure connu sous le nom de Cornes, Papias le dit en termes formels : « Cornes vocatur ab Ecclesiasiicis congregatio celestium lectionum. » Du Cange a fait observer que, daus les églises d’Espagne, le terme Comicus a été généralement substitué à celui de Cornes. Tel est le cas de notre manuscrit, qui est intitulé : « In nomine Patris et Filii et Spiritus sancti,incipit liber Comicum de toto circule anni. » La date de ce beau volume peut se déduire d’une charte inscrite sur le fol. 26 v% où* l’on voit que « duen Sanzo de Tablatiello antique » avait disposé de ses livres en faveur de l’abbaye de Saint-Sébastien, gouvernée par l’abbé « Miinnio» ; il lui avait légué la nue propriété d’un antiphonaire noté en neumes, d’un recueil d’oraisons, d’un manuel, d’un comte, d’un livre des ordres (sans doute un pontifical)et d’un livre d’heures. Le donateur s’était réservé la jouissance de ces livres pour lui et pour quelques-uns de ses parents. L’abbé Dominique, successeur de Munnio, les trouva entre les mains de « duen Nunno », qui reconnut et confirma la donation de (( duen Sanzo », par un acte solennel passé, en 1067, en présence de tout le couvent de S'ios.
L’autre manuscrit est un magnifique exemplaire des Étymologies d’Isidore de Séville. La copie en a été terminée le 24 août 1072, comme le prouve la souscription finale du fol. 385. Le nom du prêtre qui a copié ou fait copier ce manuscrit se trouve répété un grand nombre de fois dans une sorte d’échiquier qui couvre 1 i fol. 21 v® : chaque case de l’échiquier renferme une lettre, et la réunion
MANUSCRITS DE l’ABBAYE DE SILOS
de ces lettres, dans quelque sens qu’on les prenne, donne, en tout ou en partie, la phrase : ERICONI PRESVITERI INDIGNI MEMENTO. C’est absolument la disposition que le P. Jules Tailhant a relevée dans cinq ou six vieux manuscrits espagnols (I). C’est aussi celle du frontispice de l’Apocalypse de Saint-Sever ("2), sur lequel est inscrit le nom de l’abbé qui avait fait exécuter ce précieux volume : CRECORIVS ARBA NOBILIS, nouvel argument pour établir que l’Apocalypse de Saint-Sever porte les traces d’une influence hispano-mauresque, comme M. de Longpérierl’a démontré d’après d’autres indices dès l’année 1846. Les copistes espagnols semblent avoir affectionné ce genre d’inscriptions.
Tous les manuscrits vendus à Paris le 1®*’ juin 1878 viennent de Saint-Sébastien ou Saint-Dominique de Silos, abbaye des environs de Burgos, qui paraît avoir été un foyer d’activité littéraire après la réforme dont elle fut l’objet au milieu du xi® siècle.
Dans un des volumes acquis par nous se trouve le catalogue des livres que le monastère de Silos possédait au commencement du xiii® siècle (3). Il y en avait plus de cent, parmi lesquels on remarque l’ouvrage de Salluste, la Théhaïde de Stace et l’histoire de Paul Orose. Le rédacteur du catalogue a pris soin d’avertir que plusieurs des livres de son abbaye étaient écrits en lettres françaises : « Dos réglas francisca... Et VI psalterios de letra francisca.» C’est une allusion à la révolution qui s’introduisit au
(1) Voyez l’appendice ajouté par le P. Jules T ilhant au volume du P. Cahier iniilulé : Nouveaux mélanges d'archéologie : Bibliothèques. Paris, 1877. Grand in-l.
(2) Il sera question de ce manuscrit dans la notice imprimée un peu plus loin et relative aux manuscrits de rApocaly[)se de Beatus.
(3) De cette pièce publiée un peu plus loin il conviendra de rapprocher les catalogues des manuscrits des monastères de Saint- Vlillan de la Cogolla et de Saint-Pierre de Cardena, insérés dans le Mémorial histôrico espanol, t. II, pp. 9 et suiv.
MANUSCRITS DE l’aBBAYE DE SILOS
XII® siècle, et peut-être dès le xi% dans les habitudes des copistes espagnols, probablement sous l’influence des colonies françaises que notre grande abbaye de Cluni envoya dans plusieurs diocèses d’Espagne.
Un autre de nos manuscrits renferme des notes très curieuses sur l’usage que les moines de Silos faisaient de leurs livres au xni® siècle. On y voit, si je comprends bien ces notes, que plusieurs volumes étaient prêtés, et que le roi, peui-êtreAlfonse le Sage, était au nombre des emprunteurs : « La cronica, el rey.... Paulo Osorio, eî rey (1). »
Les bibliographes espagnols nous renseigneront, je n’en doute pas, sur les vicissitudes de la bibliothèque de Silos dans les temps modernes. Ce que je puis en dire, c’est que les manuscrits dont elle se composait furent paginés et catalogués en 1772, par un religieux qui a signé ses notes des initiales G. H. La plupart de ceux qui nous ont échappé aux enchères du U** juin viennent detre acquis par le Musée britannique (2), qui possédait déjà un précieux volume de l’abbaye de Silos, le commentaire de Beatus sur l’Apocalypse, copié en 1109 (3).
Après ces observations préliminaires, je vais décrire, un à un, les trente manuscrits de l’abbaye de Silos, qui sont entrés à la Bibliothèque nationale, à la suite de la vente du 1^^ juin 1878.
I. (4) Commentaire sur les premiers livres de la Bible, depuis la Genèse jusqu’aux Rois Une main du xiii.“ siècle
(1) M. Morel-Fa lio veut bien me signaler, dans le Mémorial histôrico espaml^ i. I, p. 257, deux actes relatifs à des livres (ju Alfonse X avait empruntés au chapitre d’Albelda et au monastère de S. -Maria de Nagera.
(2) Voyez un article de M. Bond, dans The Aihenæum^ n» du 27 juillet t878, pp. 113 et 114.
(3) N“ 11695 (ie la série additionnelle.
(4) N° 43 du catalogue de vente.
MANUSCRITS DE l' ABBAYE DE SILOS 61
a inscrit ce titre sur un feuillet de garde au commencement : c( Librum de maledictione Ade et Eve et serpentis. »
Il y a de nombreuses lacunes, par suite de l’enlèvement des cahiers qui portaient les signatures A, F, K, N et Q. — Premiers mots du commentaire sur l’Exode (fol. 36) : « Incipit liber Exodi. Quedam misteria ex libre Genesis obscuriora rerumgesta que allegoricis erant obtecta figuris, ex libris majorum brebiter exceptra {sic) prestrincsimus...» — A ces mots, on reconnaît' les Questions d’Isidore sur l’Exode.
Volume sur parchemin, de 97 feuillets, non compris les gardes du commencement. 190 millimètres sur 140. Écriture wisigothique du x® siècle. — Un bibliothécaire de Silos l’a intitulé : « Exposilio Veteris Testamenti. » — (Nouv. acq. lat. 238.)
II. (1) Copie du commentaire d’Apringius sur TApocalypse et d’un recueil de vies de saints.
Le commentaire commence par ce titre et ces . mots : « Apringii, episcopi Pacensis in Lusitania, expositio in Apocalypsim. Biformem divinæ legis historiam duplici...» Il y a une lacune par suite de l’arrachement des feuillets ■ cotés 48, 49 et 50.
Le recueil de vies de saints est, suivant le P. Jules Tailhan, la copie du premier volume de Sanctoral de l’église de Gordoue, d’après l’exemplaire que les religieux de San Pedro de Cardeha rapportèrent de Gordoue vers l’année 1097. Voici les premiers mots de la préface de ce recueil : «Stilo, genere siquidem tormentorum, perpessi diverse, cruore tamen unius fidei perfuso, eterni fulgent regis laureati diademate polorum in regno. Incipit prologus. In nomine sanctæ et individuæ Trinitatis. Hic codex
(1) No 68 du catalogue de vente.
62 MANUSCRITS DE l’aBBAYE DE SILOS
continel martirum gesta qualiter pro nostro Domino animas tradiderunt vel marliriali obitu triumphaverunt....»
Suit la table des morceaux qui composent le Sancloral :
P. 2. (( Passio sanctorum beatissimorum martirum AcisclL atque Victorie, qui passi sunt Cordoba in civitate sub Dion présidé, xv kalendas Décembres. Deo gratias. In tempo ribus illis quum primum descendisse! in urbem Cordobensem... »
P. 9. (( Passio sanctorum martirum Facundi et Primitivi, qui passi sunt in locum qui vocatur Ceja secus strata, sub Attico et Prætestato consulibus, die v kalendas Décembres. Deo gratias. In temporibus illis dum orbem universum demens, sacrilegus imperatorum furor concuteret. .. o
P. 18. « Gonfessio sanctæ ac beatissimæ Leocadiæ' virginis, quæ obiit Toleto in civitate, sub Datiano præside, die v idus Décembres. Deo gratias. In temporibus illis post corporeum salvatoris... »
P. 20. « Passio sanctæ ac beatissimæ Eulaliæ virginis etmartiris Christi, quæ passa est Emerita in civitate, sub Calpurniana præside, die iv idus Décembres. Deo gratias. Innumerus populus.. . »
P. 30. « Passio sanctorum Fructuosi episcopi, Augurii et Eulogii, diaconorum, qui passi sunt Terracona, sub Valériane et Emiliano et Tusco Bassoque consulibus, die xii kalendas Februarias. Deo gratias. In diebus illis Fructuosus, episcopus, Augurius et Eulogius, diacones, die Dominica comprehensi sunt... »
P. 33. « Passio sanctissimi ac bealissimi Vincentii levitæ, martiris Christi, qui passus est Valentia in civitate sub Datiano præside, XI kalendas Februarias. Deo gratias. Probabile salis est ad gloriain Vincentii martiris quod... »
P. 44. « Passio sanctæ Eulaliæ, quæ passa est in civitate Barcinona, sub Daciano præside; die pridie idus Februarias. Deo gratias. In diebus illis, Eulalia sancta, Barcinonensium cives et incola.. »
P. 48. « Passio sanctorum martirum Emeterii et Caledonii,
MANUSCRITS DE l’aBBAYE DE SILOS 63
qui passi sunt Calagurrœ in civitate, die v nonnas Mariias. Deo gralias. Etsi priscarum antiquitas passioouffl... »
P. 53. « Vita vei obitus sancforum Torquab^ Tisefontis, Isicii, Indaletii, Eufrasii, Secuodi, Cæcilii, quod est ipsas kalendas Maias. Victoriosissimas beatissimorum martirum lurbas... »
P. 57. « Passio sanctarum virgioum et martirum Juste et Rufmæ, quæ passæ sunt Spaii in civitate, sub Diogeniano præside, die xvi kalendas Augustas. Deo gratias. Magna est et plurimum laudabilis. .. »
P. 59. « Passio bealissimi martiris CucufatiSj qui passus est Barcinona in civitate, sub Maximiano imperatore et Galerio præside, die viii kalendas Augustas. Deo gratias. Magnum et admirabile.. . »
P. 64. (( Passio beatissimi martiris Felicis, qui passus est sub Datiano præside, in civitate Gerunda, die kalendas Augustas. Deo gratias. In diebus illis sub Diocletiano et Maximiano... »
P. 71. (( Passio sanctorura martirum Justi et Pastoris, qui passi sunt Gompluto in civitate sub Datiano præside, die VIII idus Augustas. Deo gralias. In diebus illis dum crudelissimus. . . »
P. 73. « Passio sanctorum martirum Xisti episcopi, Laurentii archidiaconi, et Hipoliti ducis, qui passi sunt in urbe Roma, sub Detio cæsare, die iv idus Augustas. Deo gratias. Magna martirum et præcelsa sunt testimonia... »
P. 77. « Passio sanctorum martirum Fausti, Jannuarii et Martialis, qui passi sunt Gordova in civitate, sub Eugenio præside, die III idus Octobris. Deo gratias. In diebus illis, cum Eugenius sacrilega mente... »
P. 80. « Passio sanctorum martirum Servandi et Germani, qui passi sunt die x kalendas Novembris. Deo gratias. Beatissimorum martirum passiories inclitæ. . . )>
P. 84. a Passio sanctorum martirum Vincentii, Sabinæ et Ghristetæ, qui passi sunt in urbe Abela sub Datiano præside, die V kalendas Novembris. Deo gratias. In illis diebus, dum post corporeum salvatoris adventum et pro rederap-^ tione nostra... »
64 MANUSCRITS DE l’aBBAYE DE SILOS
P. 89. « Passio sanctorum marliruni iiinumerabilium Cesaragustanorum, quorum corpora sita sunt ante ecclesiam quæ nuncupatur sancta sanctorum, qui passi sunt sub Datiano præside pro Domino nostro Jesu Christo. Deo gratias. Priscorum mundialium gesta virorum... »
P. 94. « Inventio corporum beatissimi martiris Zoili, quod inventum vel translatum est ab Agapio, Cordubensis sedis episcopo, die ii nonas Novembres. Deo gratias. Passio beatissimi martiris Zoili, qui passus est Cordova in civitate, die V kalendas Jullias. Deo gratias. Dum sanctorum victoriæ certaminibus... »
P. 97. « Vita vel passio beatissimæ virginis Argenleæ et comitum ejus martirum, qui passi sunt Cordoba in civitate sub Tirano præside, die iii idus Maias. Deo gratias. Inter gloriosa martyrum prælia quibus superando mundum... »
P. 102. « Passio sancti ac beatissimi Romani et comitum ejus, qui passi sunt in civitate Antiocbia, die xiiii kalendas Décembres.. Deo gratias. In temporibus Diocletiani et Maximiani imperatorum cum a Paganis in ecclesiam Dei... »
P. 111. « Passio sanctorum martirum Valeriani, Tiburtii, Maximi ac beatæ Ceciliæ, qui passi sunt in urbe Roma sub Almachio præside, die x kalendas Décembres. Deo gratias. Ilumanas laudes et mortalium infolas... »
P. 133. a Passio sancti Clementis episcopi et martiris Christi, qui passus est in civitate Chersona, sub Trajano imperatore, die IX kalendas Décembres. Deo gratias. In temporibus illis tertius Romanæ ecclesiæ præfuit episcopus.. . »
P. 142. (( Passio sancti ac beatissimi martyris Saturnini episcopi, qui passus est in civitate Tolosa, die iii kalendas Décembres. Deo gratias. Si eorum virorum beatissimas passiones débita admiratione... »
P. 146. (( Passio sancti ac beatissimi Andreæ apostoli et martiris Christi, qui passus est in civitate Patras sub Egea proconsule, die pridie kalendas Décembres. Deo gratias. Passionem sancti Andreæ apostoli quam oculis nostris vidimus... »
P. 154. « Leclio ecclesiastica de mirabilibus sancti Stephani, martyris Christi, ex libris de Civitate Dei beati Augustini
MANUSCRITS DE l’aBBAYE DE SILOS 65
episcopi, die vu kalendas Januarias. Deo gratias. In diebus illis ad aquas Tibiiitanas. . .»
P. 161. (( Passio vel vita bealissimæ Eugeniæ virgînis et comitum ejus martyrum, quæ passa est Alexandria in civitate, sub Gallieno Augusto, die vi kalendas Januarias. Deo gratias. In diebus illis, septimo consulatu suo, Commodus imperator... »
P. 187. « Vita vel passio sancti Jacobi apostoli et fratris Domini, sumpta de storia ecclesiastica sancli Eusebii, Cæsariensis episcopi, die v kalendas Januarias. Deo gratias. In diebus illis Judæi Jacobum fratrem Domini...»
P. 189. « Passio beatissimi Jacobi apostoli, fratris Domini, qui passus est in Hierosolima, die v kalendas Jannuarias. Deo gratias. In diebus illis Jacobo apostolo præsidente... »
P. 191. « Assumptio sancti Joannis apostoli et evangelistæ, die IV kalendas Jannuarias. Deo gratias. Melito, servus Ghfisti, episcopus Laodiciæ, universis ecclesiis catholicorum ...»
P. 204. « Passio sancti Jacobi apostoli, fratris sancti Joannis, et comitum ejus, qui passi sunt Hierosolima, die tertio kalendas Januarias. Deo gratias. In diebus illis, apostulus Domini nostri Jesu Christi Jacobus, frater beati Joannis.. . »
P. 210. Passio sanctæ ac beatissimæ Columbæ virginis et martyris Christi, quæ passa est in civitate Senona, sub Aureliano imperatore, die pridie kalendas Januarias. Deo gratias . In diebus illis adveniens Aurelianus ...»
P. 212. Yita vel passio bealissimorum martyrum Juliani et Basilissæ et comitum eorum, qui passi sunt Antiochia, sub Martiano præside, die vu idus Januarias. Deo gratias. Beati martires sæculum relinquentes ...»
P. 249. « Passio sanctorum martyrum quadraginta, Alexandri, Filoctemini, Egia, Leonti, Valeri, Candidi..., qui passi sunt sub Marcello duce, die v idus Januarias. Deo gratias. Martyrum quidem memoriam nec unquam licuit...»
P. 254. «Passio sancti ac beatissimi martyris Sebastiani et comitum ejus, qui passi sunt Romæ, diè xii kalendas Februarias . Deo gratias . In diebus illis Sebastianus vir chris-
MANUSCRITS DE l’aBBAYE DE SILOS
tianissimus. . — La fin de ce morceau n’a pas été copiée dans le ms.
Volume sur papier, de 59 feuillets et de 280 pages. 305 millimètres sur 210. Écriture espagnole du xvii® ou du xviii® siècle. — (Nouv. acq. lat. 1299.)
III. (1) Leçons des épîtres et des évangiles des dimanches et des fêtes de Tannée, intitulé (p. 35) : « In nomine patris et filii et spiritus sancti, incipit liber comicum de ^ toto circule anni amen. »
En tête du volume sont les morceaux suivants :
P . 1 . Fragments de Tévangile de Nicodème, avec des blancs, destinés peut-être à recevoir des peintures.
P. 12. « In nomine Domini nostri Jhesu Christi incipit libellum de sancta Triniiate, sive de interrogationes de fide eatholica. Amen vereque amen. Die mici quisunt...» Dialogue analogue à ceux qui ont été publiés sous le titre de « Joca monachorum; » voyez Romania, année 1872,
I, 483. Le dernier article est ainsi conçu : « Die mici quo ordine ponimus mammillas, mammas et ubera? Responsio : Mammas in viro, mammillas in mulier, ubera in pecodum. Finit interrogationes de fidei sancta catholice fides. »
P. 16. Symbole de Nicée : « Hascribat hac recte credentibus CGGXVIII episcopis aput Niceam . Gredimus in unum Deum patrem. . . »
P. 17. « Interrogationes. Qnomodo credes Deum? Responsio : Gredo Deum in Trinitate, patrem et filium et spiritum sanctum ...»
P. 18. Antiennes, avec notation neumatique.
P. 20. Règles d’arithmétique. « Numerus est unitatum collectio vel quantitatis acerbus unitatibus profusus. . .»
P. 21 . Note sur les derniers événements du règne de Sanche le Fort, roi de Gastille, mort le 7 octobre 1072, sous les-
(1) N» 24 du catalogue de vente.
MANUSCRITS DE l’aBBAYE DE SILOS 67
murs de Zamora : «Rex Sancius, prolix Ferdinando, ob fraudem sui fratris Garseani, ira comotus, eum, de Galletia expulsum et caplum, opidum Burgos in exilium irusit. Exhinc inimicus humani generis inmisit talem inimicitiam inter eosdem duos fratres, Adefonsus rex Legionensis, et frater ejus Sancius maximus, ob invidiam sui fratri Adefonsi ; et comotus ira Sancius expulsum fratrem ex regno captum adduxit et in Burgos in ergastulo misit ; subjugata omnia patria, ex nimia clemeniia pectoris sui, jus fedusque acceptum, captum germanum dimisit, onustum regalibus pompis, eum in Toleto direxit. Transhacto paucis diebus, jus frater fedusque Dei parvipendens, audacter seductus civibus, ingressus in urvæ Zamora, revellis factus frater et Dei ; exhinc obpresum iiiimicum in urbe Zamora rex Sancius (1) Angustie fameque lacerati cibes obpidi simul. . . . fraudulen... consilium inierunt, [quatinus] fraudelenter Sanciuni regem occiderent . expleverunt parrucidium suum ; percussa lancea in latus, occiderunt regem piissimum, nonis Octobris, notum die dominico, .. sanctorum Sergi et Bacci, era M G X». »
P. 22. Notes sur la durée du règne de plusieurs rois goths.
P. 23. « Orelegium. » Tableau semblable à celui qui est dans le ms. des Étymologies dTsidore, décrit plus loin.
P. 24. « Adnuntiationes festibitatum . Adveniente die illo sollemnitas erit sanctæ Mariæ virginis et genetricis Domini nostri Jliesu Christi secundum carnem. Proinde admonemus karitate[m] vestram, dilectissimi fratres, ut omnes ad æcclesiam Dei ad vigilias vel ad missam devotissime in unum adbeniamus. Besponsio : Deo gratias. — Ecce adnuncio Yobis gaudium. . . »
P. 26. Charte constatant les conditions auxquelles le livre fut donné à Pabbaye de Silos : « Ego duen Sanzo de Tablaliello anliquo trado atque concedo meos codices ad sancti Sabastiani et c[œnobiu]m ejus, et tibi abbas Munnio et sociis tuis, pneumato anlifunario, et orationum, et manuale, et comicum, et ordinum, et imnorum, et oralium, in
(i) II semble qu7I faille suppléer ici le mot obsedît.
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meos (lies ut téneam illos, et postea meo subrino duen Sango ; et si postea abuerit duen Sango de sua radice, ut teneat illos; et si tugaberit sua radice, ut veniant ad sancti Sabastiani. — Et ego abbas Dominico inveni illos libros in manus de duen Nunno, et ego Nunno confirmo illos ; et si de mea radice si aliquis abuerit ut sedeat monaco, teneat illos ; et si non, veniant ad sancti Sabastiani. Facta carta in era M G V^, notum die dominico . Ego Nunno hic testes meosfratres. Jonti hic testis. Sarruceni hic testis. Munnio Garcia hic testis. Annala Obecoz hic testis. Blasco Sanzo hic testis . Eggavita hic testis . De concilie de Silos de minime usque ad maxime omnes hic sunt testes. Régnante rex Santio in Gastella, et rex Alfonsus in Legione, et rex Garsea in Gallicia.»
P. 28. Galendrier, intitulé : « Incipit martirumlegium . »
Volume sur parchemin, de 496 p. 360 millim. sur- 265. Écriture sur deux colonnes. Grande et belle minuscule wisigothique, qui doit être de la première moitié du xi® siècle, puisque, d’après la charte copiée à la p. 26, le volume avait déjà, en 1072, passé par les mains de plusieurs propriétaires. Les titres sont en lettres capitales, allongées et enclavées. — Grandes initiales peintes, fort curieuses comme exemples de décoration des livres wisigothiques.
Les cahiers qui répondent aux pages 1-34 ont été ajoutés après coup, comme le prouve la signature (( I Q[uaternio] » mise au bas de la page 50, à la fin du cahier formant les pages 35-50. L’écriture des 34 premières pages est un peu plus récente que celle du corps du volume ; elle doit être contemporaine de la charte de 1067 consignée sur la page 26. — Les textes qui couvrent les pages 20, 21, 24 et 25 sont disposés sous des arcades peintes analogues à celles des canons des évangéliaires carlovingiens. — Les bordures ou encadrements du tableau des heures (p. 23), et surtout des six pages du calendrier (p. 28-33) sont remarquables. — (Nouv. acq. lat. 2171.)
MANUSCRITS DE l’aBBAYE DE SILOS
IV. (1) Lectionnairepoiir les différentes fêtes de Tannée, à partir de Noël. Il était intitulé dans la bibliothèque de Silos : « Homiliæ Patrum et aliæ incognitæ. Codice P. » La partie relative au commun commence au fol. 505 v”. Ce gros volume se compose de leçons de TÉcriture sainte, notamment des épîtres, et d’homélies des Pères. Suit le relevé des auteurs nommés dans les rubriques, avec renvoi aux pages ou feuillets sur lesquels sont inscrits les noms des auteurs.
Ambroise : 40, 120, 122, 448 v" et 510 v'’.
Augustin : 121, 236, 338, 342 v°^ 384 438, 487 v®, 488,
Bède : 9, 14, 29, 36, 47, 85, 88, 95, 103, 123, 163, 172, 184, 201 222, 233, 261, 285, 311, 326, 335, 340, 355, 368, 380, 382 v°, 396, 401, 403 409 v°, 439 v% 442 v%
Fulgence : 17, 65, 531.
Grégoire : 8, 72, 150, 325, 364, 373, 386, 390, 434 V-, 471 v«, 477, 478 v% 486 v», 493, 494,496, 502 vo, 513v% 514, 518, 521, 528 533 v», 537, 541, 542 v% 549, 550V.
Jean Chrysostome : 126, 129, 136, 155, 167, 169, 178, 191, 411 v», 414 v°, 417 v“, 445 v°, 469, 474 477 v°, 489 v®,
Jérôme : 23, 194, 414, 427, 443, 479 v°, 520 et v®.
Léon : 58, 81,142, 144, 159, 225, 228, 231, 248, 252, 344 et V®, 405, 454 v®, 455 v®, 498 v®, 499 v®, 527.
Maxime ; 19, 38, 62, 74, 118, 143, 192, 197, 267, 275, 337, 398 V®, 399 V®, 406, 407 et v®, 408 et v®, 436, 451 v®, 467, 487, 491 v\ 505, 523 v®, 530 r.
Origène : 40, 53, 111, 424.
Severianus : 32.
Smaragdus : 360.
(1) Ce manuscrit et le suivant formaient le n® 21 du calai, de vente.
70 MANUSCRITS DE l\bBAYE DE SILOS
Le feuillet de ce volume qui est coté 555 paraît avoir fait partie d’un manuscrit contenant le traité de saint Hildefonse sur la virginité de Notre-Dame : « I[ncipi]t prologum in laudem domini Ildefonsi abeato Juliano episcopo editum. Deo gratias. Ildefonsus memoria sui temporisclarus... »
On a à regretter dans ce beau manuscrit un certain nombre de lacunes et de mutilations. En tête, il manque au moins un cahier, qui devait contenir la partie du recueil relative à l’Avent.
Volume sur parchemin, d’environ 391 feuillets, la première série des feuillets étant cotée par pages, de 1 à 337, et la seconde par feuillets, de 338 à 559. Dimensions des feuillets : 460 millimètres sur 330. Écriture à deux colonnes. Belle minuscule wisigothique du xi® siècle, très régulière. Initiales peintes avec beaucoup de goût et d’élégance. — A la page 265, grand dessin à la plume, représentant l’arrivée des saintes femmes au tombeau après la résurrection ; il a été reproduit en fac-similé dans le catalogue publié pour la vente de 1878, planche IV. — Au commencement, table des morceaux contenus dans le volume, dressée en 1772. — (Nouv. acq. lat. 2176.)
V. Lectionnaire pour les différentes fêtes de l’année, depuis l’Épiphanie, jusqu’à Noël exclusivement, 11 était intitulé dans la bibliothèque de Silos : « Homiliæ Patrum et aliæ incognitæ, Codice 2®. » La partie relative au commun commence à la page 654. Ce recueil, qui présente beaucoup d’analogie avec le précédent, se compose de leçons de l’Écriture sainte, notamment des épîires, et d’homélies des Pères. Suit le relevé des auteurs nommés dans les rubriques, avec renvoi aux pages sur lesquelles sont inscrits les noms des auteurs :
Ambroise : 68, 70, 532, 667.
Augustin : 69, 208, 320, 324, 332, 508, 611, 614, 615, 654,
MANUSCRITS DE LABBAYE DE SILOS 71
Bècle : 32, 36, 43,55, 70, 122, 133, 148, 192, 205, 235, 256, 306, 312, 317, 328, 428, 432, 443, 512, 518, 527, 598, 600, 603, 636, 642, 700, 739, 741, 746.
Fulgence : 11, 710.
Grégoire : 19, 52, 109, 374, 392, 402, 410, 501, 550, 577, 593, 609, 625, 630, 647, 653, 660, 673, 675, 683, 689, 690, 705, 716, 735.
Jean Chrysostome : 73, 77, 84, 115,127, 129, 141, 156,447, 453, 461, 525, 572, 584, 590, 618, 697, 752.
Jérôme : 453, 485, 520, 595, 687.
Léon : 4, 29, 90, 93, 119, 190, 195, 199, 203, 221,227, 336, 435, 544, 548, 639, 641, 702.
Maxime : 8, 22, 66, 92, 99, 101, 104, 158, 163, 240, 246, 323, 423, 424, 425, 437, 439, 440, 504, 537, 567, 613, 622, 696, 709 .
Origène : 458, 478.
A la suite du leclionnaire (page 754) se trouve transcrit le traité de saint Fulgence sur l’incarnation ; « Incipit liber domini Fulgentii episcopi de fide incarnationis filii Dei » (publié dansMigne, vol. 65, col. 573) ; le texte de cet opuscule est précédé (page 753) de la lettre de Scarila : «Domino sancto acbeatissimo et apostolicis quoequando patri Fulgeniio, famulus tuus Scarila » (publiée, ihid. vol. 65, col. 577).
Il y a dans ce volume plusieurs lacunes et mutilations. Au commencement il doit manquer un cahier, qui contenait les leçons des fêtes comprises entre Noël et FÉpiphanie.
Volume sur parchemin, de 770 pages. 450 millimètres sur 320. Écriture sur deux colonnes. Belle minuscule wisi-gothique du xi® siècle, très régulière. Initiales peintes, moins remarquables que celles du manuscrit précédent.
Au commencement, table dressée en 1772, année de la reliure du volume. — (Nouv. acq. lat.2177.)
MANUSCRITS DE l’aBBÂYE DE SILOS
VI. (1) Traités de saint Éphrem et autres opuscules théologiques.
Fol. 1. Fragment de prières pour la fin de la messe. Fol. 2. Table de divers traités, dont les premiers seulement sont copiés dans le volume. En voici le texte :