‹ Mélanges de paléographie et de bibliographieChapitre 27 sur 76 · II. (3) Évangéliaire de Pabbaye de Luxeuil · texte numérisé non relu

II. (3) Évangéliaire de Pabbaye de Luxeuil

Les 50 feuillets de parchemin, hauts de 400 millimètres

(1) Voyez Le Cabinet des manuscrits, I, 217.

(2) Voyez aussi le Sérapeum, année 1863, t. XXVI, p. 321.

3) N" 9 de la vente de 1879. — Nouv. acq. lal. 2196.'

et larges de 280, dont se compose ce volume, sont les débris d’un manuscrit beaucoup plus considérable, qui renfermait les quatre Évangiles, avec les préfaces de saint Jérôme, les canons d’Eusèbe et la table des évangiles propres aux différentes messes de l’année. A la fin du XVIII® siècle ou au commencement du xix®, on a détruit le corps de ce beau volume, en n’épargnant guère qu’une partie des pages ornées de peintures. Ce qui subsiste est d’une importance innappréciable pour l’histoire de l’art du XI® siècle. La valeur en est encore augmentée par les renseignements positifs que nous possédons sur l’origine de ce merveilleux monument : il a été fait par les soins de Gérard, abbé deLuxeuil,qui vivait au milieu du xi® siècle. Cela résulte des inscriptions tracées sur les fol. 2 et 20.

Le fol. 2 est rempli par un tableau qui représente le livre offert par l’abbé Gérard à saint Pierre, patron de l’église de Luxeuil :

Luxovii pastor, Gerardus, lucis amator,

Daiido Petro librum, lumen michi posco supernum.

Au fol. 19, sur un fond pourpré, se détache en lettres d’or une pièce de quatorze vers, dans lesquels l’auteur, après avoir exposé la signification symbolique du lion, termine par des vœux en faveur de l’abbé Gérard :

Convenit omnimodis Christo natura leonis,

Cujus ad üccursum timet omnis turba ferarum.

Hic stans intrepidus, proprio de robore fisus,

Bestia nulla sibi feritate valet sociari.

Non oculos claudit, cum membris somnia tradit ;

Sic, caro cum Christi requievit in ore sepulchri,

Spiritus infernum \igilans confregerat imum ;

Plebs pia gaudebat, hune et perversa timebat.

Hinc Victor rediit, et demonis agmina vieil,

Fortis, servorum deducens milia secum.

MANUSCRITS DIDOT

Nemo resistebat illi, quia nemo valebat.

Fit leo surgendo, de terra soma levando,

Auxilio cujus pius auctor codicis hujus Abba Gerart vivat animæ et de morte resurgat.

Il devait y avoir des pièces analogues pour Fange de saint Matthieu, le bœuf de saint Luc et l’aigle de saint Jean. Cette dernière nous a seule été conservée, au fol. 46 :

Quod soleant aquilæ super aeris alta volare.

Et patulis oculis radios intendere solis,

Congruit hoc merito Johanni mystice sancto,

Pennis virtutum qui sumpsit ad astra volatum,

Solem justiciæ cernons fervoris in igné,

Et vidit Verbum Patri deitate coævum.

Hoc et descripsit ut vix mens cernere possit.

Congruit atque Deo, qui, mortis milite victo,

Carnem de terra nostram transvexit ad astra.

Les peintures et les ornements de l’évangéliaire de Luxeuil, qui sont à rapprocher des peintures de l’évangéliaire n° 8892 du fonds latin, mériteraient d’être Fobjet d’une étude approfondie. On en peut entrevoir l’intérêt par les notices abrégées de M. Darcel (1) et de M. Pawlowski (2).

III. (3) Histoire d’Alexandre par Arrien ; traduction latine de Pierre-Paul Yergerio.

Fol. 1. « Ad Sigismundum de Luçenborch , Romanorum imperatorem et üngariæ Bohemiæque regem, Petrus Paulus Yergerius. Prohemium incipit. Jussisti me, Sigismunde, clementissime imperator, ut Arriani bistoriam . . . . » —

(1) Gazette des Beaux-Arts, t. XX, année 1866.

(2) Catalogue de la vente faite en 1879, p. 22-26.

(3) N° 53 de la vente de 1878. — Nouv. acq. lat. 1302.

A LA BIBLIOTHÈÛÜE NATIONALE

Fol. 2. « Arriani de gestis Alexaiidri Macedoiiis liber primus foleiciter incipit. Quæcuîique quidem Ptolomeus Lagi et Aristobolus Arisioboii... » — Fol, 162 v». <(... Iste mihi sermo conscriptus est lendens etiam ipse in Alexandram Philippi Macedonem. Finis rerum indicarum. Deo gralias. »

Volume sur parchemin de 162 feuillets. 286 millimètres sur 204. Belle écriture ronde du xv® siècle. Le copiste a mis son nom au bas du dernier feuillet : « Jacobus Çassenhem scripsit. » Grandes initiales peintes ; élégants ornements sur les marges de plusieurs feuillets. Au bas de la première page, écu palé d’or et d’azur de six pièces, supporté par deux anges, qui soufflent dans des trompettes ornées de banderoles roses ; sur la première banderole se détache la lettre N, et sur Fauîre la lettre V, ce qui doit être le chiffre du pape Nicolas V. Au milieu de la bande peinte qui orne le fol. 42 v°, on remarque un ange tenant suspendu à un cordon des armes qui doivent être celles de Nicolas V : de gueules à deux clés d’argent placées en sautoir et surmontées de la tiare.

Reliure originale^ en cuir brun, avec ornements à froid, dans le goût italien.

IV. (1) L’Institution oratoire de Quintilieo, avec beaucoup de corrections marginales et interlioéaires.

Volume sur parcbemin, de 234 feuillets. 302 millimètres sur 230. Écriture très élégante, sur deux colonnes, de la première moitié du xv* siècle. Les trois premiers feuillets ont été refaits après coup. Au bas de la première page sont peintes les armes suivantes : écartelé d’or et de gueules, le second quartier. étant chargé d’une croix de sable.

Ce manuscrit porte le cachet « di casa Minutoli Tegrimi. » ' Il avait été cédé à M. Didot par M. Eug. Piot.

(i) N» 6 de la vente de Î878. ™ Nouv. acq. laî. 130i.

MANUSCRITS DIDOT

V. (1) Tragédies de Sénèque, avec gloses marginales et interlinéaires. Ce recueil, qui est intitulé : « Tragédie morales Senece, » comprend :

Hercules furens (fol. 1);

Thiestes Atreus (fol. 8 v°);

Thebas Edipus (fol. 15) , avec une lacune à la fin ;

Ypolitus (fol. 18), avec une lacune au commencement;

Edipus cruentus (fol. 24) ;

Troas Hecuba (fol. 30) ;

Medea (fol. 37) ;

Agamenon (fol. 43) ;

Octavia (fol. 48 v°) ;

Hercules Otteus moriens (fol. 54).

Sur le dernier feuillet, le copiste du manuscrit a ajouté les trois pièces suivantes :

1°« Carminamagistri Pétri deMogliis. Herculisinsani...» Pièce de dix vers indiquant le sujet des tragédies de Sénèque.

2° Le chœur des Thébains dans Hercule furieux : « Jam rara micant... » 11 est précédé de cette note: « Aliqui libri habent ista carmina ante principium Jam claro micant sidéra mundo, sed major pars librorum non babet. »

3° Un chœur d’Edipe; «Turgida pampineis...,» précédé de cette note: « Unam tragediam inveni liabentem infra scripta carmina in quinta tragedia, Gorus Efusam^ post versum Te senior turpi sequitur Silenus asello. Alii libri communiter non habent. »

Volume sur parchemin, de 65 feuillets, de 400 millim. sur 265. Copie de Tannée 1381, comme le prouve la note inscrite au bas du fol. 65 : «Janue 7 septembris 1381 explevi hoc scriptum tragediarum. »

(1) N" 2-2 delà vente de 1878. — Nouv. acq. lat. 2181.

VI. (1) Poésies de Prudence, avec des gloses qui sont les unes latines, les autres germaniques.

A la suite de la pièce relative à sainte Agnès sont deux inscriptions en vers, savoir : 1® (Fol. 52) « Versus Constantinæ, Constantin! filiæ, scripti in absida basilicæ quam condidit in honore sanctæ Agnetis virginis Christ! :

Constantinna Deiim veneraiis XP1S0O que dicata Omnibus impensis devota mente paratis. ... »

Cette première pièce se compose de quinze vers (2), dont les initiales donnent en acrostiche les mots CON- STANTINNA DEO. — 2*^ (Fol. 52 v°) « Incipiunt versus Damas! pape de eadem :

Fama refe[r]t sanctos dudum genuisse parentes

Agnen cum lugubres cantus tuba concrepuisset. ... »

Il y a dix vers à cette pièce.

Un espace blanc qui avait été réservé à la suite de THamartigenia a été rempli par la transcription d’un traité en prose, dont voici le litre et les premiers mots : (Fol. 134 v°): «De edificatione fidei et concordiae. Fides et concordia vel menti uniuscujusque fidelis adsit. Spiritalem doctrinam digne percipere, et dignum Deo liabitaculum, hoc est urbem vel templum, in semetipsa mens construere potest. Aurea arundo intellegi valet regale Christi sacerdotium....)) L’écriture de ce morceau n’est guère plus récente que celle du reste du volume.

Au fol. 199 v% poème de 168 vers sur la pénitence et le dernier jugement :

Inter florigeras fôecundi cespitis herbas,

Flamine ventorum resonantibus undique ramis,

(1) N° 24 de la vente de 1878. — Nouv. acq. lat. 241.

(2) L’historique de cette inscription est dans le grand ouvrage de M. de Rossi sur les mosaïques de Rome, chapitre relatif à l’abside de Sainte-Agnès hors les murs.

MANUSCRITS DlDOï

Arboris umbriferi mestus sub tegmine solus,

Dum sedi subito planctu turbatus amaro,

Carmina prætrisli cecini hæc lugubria menti,

Utpote commemorans scelerum commissa meorum,

Et maculas vitæ mortisque inamabile tempus,

Judiciique diem horrendo examine magnum,

Munera leta suis donet in æthra pius Sic Deus Omnipotens faciat sic Christus ab alto Jungat nos pariter leta sub sole dies.

Les 19 derniers feuillets du volume (Fol. 203-221) sont remplis par les trois premiers livres dü poème de Paulin de Périgueux sur la vie de saint Martin : « Incipit opus Paulini Petrecorcordiæ (sic) de vita sancti Martini episcopi versibus. »

Sparserat in toto lumen venerabile mundo Christus evangelici reserans mysteria regni

Criminis auctorem peccatum a fomite tollens Et stirpem exosam prima ab radice recidens.

Volume sur parchemin, de 221 feuillets. 222 millimètres sur 185. Écriture allemande du x® siècle ou du commencement du XI®.

Voici quelques exemples des gloses interlinéaires des poésies de Prudence.

Fol.2v®. Toga : dinckivuati.

3 v°. Stertere :

Page 1