‹ Mélanges de paléographie et de bibliographieChapitre 32 sur 76 · XIII. Fol · texte numérisé non relu

XIII. Fol

Au bas delà dernière page des cahiers II, IV, V, VI et VII (fol. 18 v°, 32 v°, 40 V®, 48 v° et 59 v®) se lisent les signatures D, F, G, H et I; et au bas de la dernière page des cahiers VIII, IX, X, XI et XII (fol. 67 v“, 75 v% 83 v«, 91 v« et 99 v«), les signatures I, II, III, llll et IIIII. Il en faut conclure que le volume comprend deux parties bien distinctes, Lune dont les cahiers avaient reçu pour signa* tures les neuf premières lettres de l’alphabet et dont il ne subsiste plus que les sept derniers cahiers ; l’autre, dont les six cahiers avaient été signés en chiffres romains. Ces deux parties, dont la transcription appartient à plusieurs mains, toutes du xii® siècle, étaient déjà réunies en un seul volume, dès le milieu de ce même siècle, comme le prouve le litre inscrit sur le feuillet de garde et reproduit dans le catalogue de Robert de Torigni.

Dans la première partie (fol. 2-59) sont compris les six morceaux suivants :

I (Fol. 2-32). L’Histoire des Normands, par Guillaume de Jumièges. Je reviendrai sur ce texte, qui mérite d’être l’objet d’un examen spécial.

II (Fol. 33-38 V). Vie de Charlemagne par Eginhard. «încipit prologus Alcuini (1) in vita Caroli Magni regis Francorum,

(1) l-e mol Almini a été ajouté en interligne.

GUILLAUME DE JUMIÈGES

imperatoris Romanorum. Vitam et conversation es et ex parte non modica res gestas domni et nutritoris mei Karoli. .. — .... post obitum ejus suinma devotione adimplere curavit. Explicit vita Karoli magni imperatoris Romanorum, regis Francorum.» Quelques-unes des variantes de ce texte ont été relevées par J. Zacher, dans le Serapeum^ iv, M, année 1843.

III (Fol. 38 v‘’-47). « Incipit vita Alexandri regis magni Macedonis. Egipti sapientes sati genere divino primi feruntur permensique sunt terrara ingenii pervicatia.... — .... vino et veneno superatus atque extinctus occubuit. Explicit vita Alexandri magni Macedonis. » Ce texte a été employé par J. Zacher pour son édition de J, Valerii epitome (Halle, 1867. In-8 ).

IV (Fol. 47-51 v°). c( Incipit epistola ejusdem [Alexandri] ad Aristotelem, magistrum suum, de situ Indie. Semper memor tui etiam inter dubia.... — .... et animi industria optimi Aristotelis judiciurn. Explicit epistola Alexandri regis magni Macedonis ad Aristotelem, magistrum suum, de situ Indiæ. »

V (Fol. 52-59). Abrégé des gestes des rois de France, depuis l’origine jusqu’à l’année 1137. « Incipit adbreviatio gestorum regum Francie. Antenor et alii profugi ab excidio Troie Asia pervagata.... ~....et sepultus est in ecclesia Sancti Dionisii, et successit ei Ludovicus filius ejus rex Francorum et dux Aquitanorum anno ab incarnatione DominiM^C’ XXX^VIP. » Il sera question plus loin (p. 189) de cet ouvrage.

VI (Fol. 59 v“). f( Genealogia comitum Flandriæ. Hidricus genuit Ingelrannum, Ingelrannus Odracum... — ... quo interfecto MCXXVII anno Domini, sine tiliis, Guillelmus successit per biennium, cujus pater fuit Robertus, avus ejus, Guillelmus, cornes Normannorum et rex Anglorum, qui duxit Matildem, germanam Robert! Frisionis avique Balduini. Et hoc quoque int[er]empto, sine liberis, Theodericus, filius ducis Alsatiæ, ex iiF amita Balduini, comitatum suscepit. Hic duxit Sibillam, filiam Fulconis, comitis Andegavorum, ex qua genuit Philippum, Matheum, Petrum

MANUSCRITS DE LEŸDE

et 1res filias, qüarum primogenita nupsit Aiïlico cémiti Intermontaiio. »

Dans la seconde partie du volume (fol. 60-106), e.n tête de laquelle (fol. 60) est un joli dessin à la plume, représentant un cavalier, il n’y a que trois morceaux, savoir :

VII (Fol. 60-101 v°). Ouvrage de Geotfroi de Monmouth. (( Incipit prologus Gaufridi Monimutensis ad Rodbertum, comitem Claudiocestrie, in liystoriam de regibus majoris Brittannie, que nunc Anglia dicitur, quam hystoriam idem Gaufridus nuper transtulit de brittaiinico in latinum. Cum multa mecum.... — .... hoc modo in latinum sermonem transferre curavi. Explicit liber decimus historié de regibus Britonum, quam nuper de britannico in latinum transtulit Gaufridus Monemutensis. » Cette copie de l’ouvrage de Geoffroi de Monmouth est, selon toute apparence, celle que cite Henri, archidiacre de Huntingdon, comme lui ayant été communiquée en 1139 dans l’abbaye du Bec par Robert de Torigni (1).

VIII (Fol. 101 vM06). Histoire des Bretons par Nennius. « Incipiunt exceptiones de libre Gildæ sapientis, quem composuit de primis habilatoribus Britannie, quæ nunc Anglia dicitur, et de excidio ejus. A principio mundi usque ad diluvium anni H"^ CG XLIL... — .... habitasset in extremis finibus cosmi. Expliciunt mirabilia Brittannie. Finit liber sancti Gilde sapientis de primis habitatoribus Brittannie et de excidio ejus. » Voyez Petrie ^ Monumenta historica Britannica^ p. 53-81.

VIH (Fol. 106 et v°). Fragment du livre VIH de l’histoire d’Orderic Vital. « Miraculum quod contigit in quadam ecclesia Beali Pétri apostoli, que sita est in urbeConslantia. Anno ab incarnatione Domini MGVHI, indictione prima, Willelmus archiepiscopus concilium presulum et abbatum Rothomagi congregavit.... — .... per totam diocesem ejus

(1) Voyez mon édition de la Chronique de Robert de Torigni, t. , pp. 97 et 98.

GUILLAUME DE JÜMlÉGEvS 119

[debacchata est]. » Voyez, dans l’édition de la société de l’histoire de France, t. III, p. 391-393.

Pour achever de bien faire connaître le ms. 20 de Leyde, je dois, comme je Fai annoncé, donner quelques détails sur l’exemplaire de Guillaume de Jumièges qui en forme la première et la plus importante partie. Par suite de la perte des cahiers signés A et B, le texte en est incomplet et ne commence (fol. 2) qu’aux mots « dum per legatos a duce sepius objurgaretur et ab ausu obstinati animi resipiscere nollet, » lesquels, dans l’édition de Duchesne, se trouvent au haut de la page 250 (livre V, chap. iii).

Voici les rubriques finales et initiales de ce qui subsiste:

Fol. 5. Explicit liber IIII.

— Incipiunt capitula libri quinti... — Incipit liber

quintus de iiF Ricardo et Rotberto fratre ejus, filiis videlicet secimdi Ricardi.

Fol. 9 v». Explicit liber quintus.

— Incipiunt capitula libri sexti.

Fol. 10 v°. Incipit liber sexlus de Willelmo duce qui Angliam armis subegit.

Fol. 21 v°. Explicit liber sextus de Willelmo rege Anglorum et ducis {sic) Normannorurn.

Fol. 21 v°. Incipiunt capitula libri septimi.

Fol. 22 v°. Incipit liber VIII hystoriæ Normannorurn, gestorum autem ducum Normanniæ VU, continens res gestas Henric regis Anglorum et ducis Normannorurn.

L’ouvrage se termine, au fol. 31, par la phrase : « Eodem anno mortuus est Lotharius, imperator Romanorum et Alemannorum, cui successit Corradus, nepos Henrici quart! qui ante Lotharium imperaverat.» (Dans Duchesne, p. 31 4.)

Suivent, sur les fol. 31 et 32, les anecdotes que Duchesne (p. 315) a publiées sous le titre de Additamenta ad Historiam Normannorurn ;« Quante humilitatis Rollo fuiû postquam fidem Ghristi suscepit... — .... Vimonasterium,

MANUSCRITS DE LEYDE

scilicetquoddam manerium quod ipse illis pro anima sua dabat. »

Le manuscrit contient donc les chapitres III-XVII du livre V, et les livres VI, VII et VIII de l’ouvrage de Guillaume de Jumièges, tel qu’il a été publié par Duchesne. Ces livres V, VI, VII et VIII sont ici désignés par les nombres IV, V, VI et VII, sans tenir compte de ce qui forme le premier livre de l’ouvrage. La même division, ou plutôt la même numérotation, nous est offerte par le manuscrit latin 5997 A de la Bibliothèque nationale, que je soupçonne avoir été copié d’après l’exemplaire de Leyde, et qui pourrait bien avoir été exécuté vers le milieu du XII® siècle pour l’abbaye du Mont-Saint-Michel. On voit, parle ms. 5997 A, mieux encore que par le manuscrit de Leyde, comment les livres II-VIII de l’Histoire des Normands étaient intitulés livre I-VII de l’Histoire des ducs de Normandie: « Incipiunt capitula libri secundi ejusdem hystoriæ, gestorum autem ducum Normannie primi (1). » Le livre étant considéré comme une introduction, le livre H devenait le livre I®'’ de l’Histoire des ducs de Normandie, et ainsi de suite.

Du moment où le manuscrit de Leyde contient le huitième livre de l’Histoire des Normands et qu’il s’arrête à la mort de l’empereur Lothaire, il est évident qu’il renferme le texte de la dernière rédaction de l’ouvrage. Or il est depuis longtemps démontré que cette dernière rédaction a été faite dans l’abbaye du Bec et qu’elle est l’œuvre de Robert deTorigni. H ne serait donc pas étonnant qu’un exemplaire de cette rédaction, datant du xii® siècle et sorti de l’abbaye du Bec, comme nous en avons la preuve pour le ms. 20 de Leyde, offrît une valeur exceptionnelle. La question mérite d’être étudiée à fond : je laisse de grand cœur le soin et le plaisir de la résoudre à mon ami

(1) Manuscrit 5997 A, fol. 5.

GUILLAUME DE JUMÎÉGES

M. Jules Lair, qui ne saurait tarder à nous faire jouir de ses recherches sur les textes de Guillaume de Jumièges et à nous donner l'édition définitive de cet auteur que les Normands attendent avec une si légitime impatience. Je me bornerai donc à déterminer par quelques exemples le caractère et l’intérêt du manuscrit de Leyde. En peu de mots j’espère pouvoir établir que c’est le travail original, peut-être en partie autographe, de Robert de Torigni.

On sait qu’Orderic Vital, aux environs de l’année 1130, dans l’abbaye de Saint-Evroul, revit et compléta l’ouvrage de Guillaume de Jumièges, et qu’une dizaine d’années plus tard, ce même texte fut de nouveau repris, développé et continué par Robert de Torigni dans l’abbaye du Rec. La rédaction d’Orderic Vital se trouve en original dans un manuscrit de la bibliothèque de Rouen (1), et en copie dans plusieurs manuscrits de la Bibliothèque nationale, notamment le n° 4861, qui vient de Saint-Taurin d’Evreux. Quant à la rédaction de Robert de Torigni, c’est celle que Duchesne a publiée et dont les manuscrits sont les plus nombreux.

Dans le manuscrit de Leyde, nous voyons les modifications

successives par lesquelles Robert de Torigni a fait passer la rédaction d’Orderic Vital, pour lui faire peu à peu revêtir la forme définitive sous laquelle noussommes habitués à lire l’ouvrage de Guillaume de Jumièges. Ces modifications et ces additions ont été marquées à diverses reprises, tantôt en interligne, tantôt sur les marges, tantôt même sur des feuillets intercalaires ; elles ont toujours cette apparence d’irrégularité qui permet de ne pas confondre les manuscrits originaux des auteurs avec les copies ordinaires des scribes de profession. Il nous est ici fort aisé de suivre la marche du travail. Un moine a été chargé de copier le

(1) Voyez ma Lettre à M. Jules Lair sur un exemplaire de Guillaume de Jumièges, copié par Orderic Vital, dans la Bibliothèque de l'École des Chartes, t. XXXIV, p. 267, année 1873.

MANUSCRITS DE LEYDE

texte de Guillaume de Jumièges arrangé par Orderic Vital; il y a intercalé un certain nombre d’additions préparées par Robert de Torigni ; il a de plus réservé des espaces blancs à des endroits qui lui avaient été indiqués d’avance. Ainsi disposée, la copie a été livrée à Robert de Torigni, qui, de sa main ou de la main d’un secrétaire, a ajouté çà et là des gloses explicatives et des tables ou sommaires, a corrigé certains passages et a intercalé des chapitres entiers pour exposer des faits qu’il avait un intérêt particulier à faire passer a la postérité.

Comme exemples de gloses interlipéaires, Je mentionnerai les suivantes, dont il n’y a pas trace dans Fédition de Duchesne, et qui sont loin d’être dépourvues de valeur.

Fol. 4, col. 2. Porro dux Ricardus, de successione prolis sollicitus, Goisfredum Britannorum comitem quandam habere sororem, nomine Judith, scilicet filiam Conani comitis Britannie, audiens. . . (Duchesne, p. 255; 1. V, c. xiii.)

Fol. 6 V® Castrum quod vocavit Carrucas, id est CarueSi

stabilivit. (Duchesne, p. 261, ligne 1 ; 1. VI, c. viii.)

Fol. 14 V®. Eadem tempestate Willelmus cognomento Warlencus, scilicet films Malgerii comitis,.,^, (Duchesne, p. 276; 1. VII, c. XIX.)

Fol. 20 v** Mulierem quandam vocabulo Erembergam vel Alberedam^ speciosam valde.... (Duchesne, p. 288, avant-dernière' ligne ; 1. VII, c. xxxviii.)

Les tables qui précèdent chaque livre paraissent avoir été rédigées après coup par Robert de Torigni. Elles sont écrites tantôt en caractères serrés, tantôt en caractères lâches et allongés, suivant que l’espace réservé d’avance était trop exigu ou trop considérable. Gela est surtout visible sur le foL 9 v° et sur le fol. 10.

Le long chapitre qui commence par les mots « Circa hec tempora,.^ 4 ;CÔpçèrpq;,^’}iistoire de Fabbaye du

Bec (dans Duchesne, ppr;. VI, ch^ ix), est si-

GUILLAUME DE JUMIÈGES

gnalé depuis longtemps comme une interpolation de Robert de Torigni : il a été ajouté après coup dans le manuscrit de Leyde, et présente des traces de remaniements ; le fait matériel de l’interpolation ressort surtout de cette particularité que, la place réservée ayant été insuffisante, on a eu recours à un feuillet supplémentaire, celui qui est aujourd’hui coté 8.

Dans l’édition de Guillaume de Jumièges arrangée par Orderic Vital, le passage qui est devenu la fin du chap. xix et le commencement du chap. xx du livre VU se présentait sous la forme suivante :

. . . donec diros ictus accipit.

Post aliquot annos ^Willelmus cognomento Busacius ducatum sibi volons vendicare. ... (1).

Tel était le texte primitif du manuscrit de Leyde, avant qu’on y eût gratté les mots Post aliquot annos Willelmus^ leçon dont l’existence au fol. 15 de ce manuscrit est incontestable, comme le prouve la grande initiale P qui est encore parfaitement visible. La main qui a effacé ces quatre mots a ajouté un membre de phrase après accipit, et a substitué aux quatre mots effacés deux phrases pour lesquelles il n’a trouvé de place qu’en les traçant en partie sur la marge inférieure de la page. Par suite de cette transformation, le passage se lit ainsi dans le manuscrit de Leyde, au fol. 15 :

donec diros ictus accipit , qiiod in subsequenti lues

clarius apparebit exemplo.

Siquidem, ut in superioribus manifestavimus, dux Normannorum Ricardus filius primi Ricardi cuidam fratri suo uterino nomine Wülelmo dédit comitatum Aucensem. Hic ex Lescelina comitissa habuit tresfilios, Robertum, Willelmum, Hugonemj postea episcopum Luxoviensem. Horum

(1) Bibliothèque nationale, rnaniLscrit latin 4861, fol. 148, col.

MANUSCRITS DE LEYDE

médius Willelmus, cogiiomento Busacius, ducalum sibi

volens vendicare. . . .

C’est la leçon de l’édition définitive de Guillaume de Jumièges.

Le passage relatif à la promotion de Lanfranc à l’arcbevêché de Cantorbéry, a été ainsi adopté ou arrangé par Orderic Vital :

Qui post aliquot annos ab Alexandro papa Cantuariorum

archiepiscopatum suscepit (1).

C’est ce que portait le manuscrit de Leyde au fol. 17 v°; mais le reviseur de ce manuscrit, qui ne trouvait sans doute pas à propos d’attribuer uniquement et directement au papel’élévation de Lanfranc sur le trône archiépiscopal {ab Alexandro papa archiepiscopatum suscepit), a effacé la préposition ab et l’a remplacée en interligne par le mot annitente, pour faire entendre que la nomination avait été faite par Guillaume le Conquérant, avec l’assentiment du pape Alexandre II {annitente Alexandro papa). Celte dernière leçon a naturellement prévalu et est entrée dans le texte définitif (2).

Dans le texte arrêté par Orderic Vital, le chapitre relatif au mariage de Guillaume le Bâtard s’arrête au membre de phrase qui rappelle l’entrée de la duchesse Mathilde dans la ville de Rouen :

Cum maximo tripudio ac honore Rotomagi mœnibus intulit(3).

A la suite du mot intulit, le copiste du manuscrit de Leyde avait réservé la place nécessaire pour insérer ce que

(1) Ms. 4861, fol 149VO, col. 2.

(2) Duchesne. p. 282 ; l.VIl,c. xxvi. — Le ms. 5997 A, fol. 38, porte: « Qui post aliquot annos Alexandro papa. . . », et le ms. 5997, fol. 43 : «Qui post aliquot annos ab Alexandro papa... », le mot ab étant rétabli en interligne.

(3) Ms. latin 4861 de la Bibliothèque nationale, fol. 148, col. 2.

GUILLAUME DE JUMIÉGES 185

Robert de Torigni voulait dire des enfants de Guillaume et de Mathilde. Cette addition se borna à une phrase :

Genuit autem ex ea, procedenti tempore, filios quatuor : Robertum, qui post eum ducatum Normannie aliquandiu tenuit, et Willelmum qui regno Anglie Iredecim annis prefuit, et Ricardum qui juvenis decessit, et Henricum qui fratribus tam regi(l) quarn duci successit, et filias quatuor; de quibus omnibus, tam viris quarn feminis, liber subsequens, qui de gestis nobilissimi regis Henrici inscribetur, pro module nostro, Deo juvante, pertractabit (2).

Cette phrase a été tracée en caractères gros et espacés au fol. 15 du manuscrit de Leyde pour remplir tant bien que mal l’espace laissé en blanc.

Un peu plus loin le contraire a eu lieu. Le texte antérieur à la révision de Robert de Torigni portait simplement que la paix dont jouissait la Normandie avait favorisé le développement des fondations religieuses. A la suite de cette déclaration un peu vague, Robert de Torigni avait fait laisser un blanc, dont il devait profiter pour énumérer en détail les monastères que le xi® siècle vit naître en Normandie. La matière était plus vaste qu’il ne l’avait supposé : le blanc réservé n’a pas suffi, malgré l’emploi de caractères serrés, et il a fallu recourir à la marge inférieure de la page, pour y consigner une partie du morceau additionnel. Si l’on veut s’en rendre compte, on n’a qu’à comparer notre ms. 4861, fol. 148, col. 2, avec le fol. 15 v® du manuscrit de Leyde. Le morceau additionnel commence aux mots « El quia diximus nobiles..., » et s’arrête aux mots « ünde constat ilia prius fuisse destructa et iterum reedificata. » (Ed. Duchesne, pp. 278 et 279;liv. VIII,

cil. XXII.)

Le même procédé a été employé pour ajouter sur le

(1) A la suite du mot régi, il y avait un mot qui a été gratté.

(2) Voyez Duchesne, p. 278 ; 1. VH, c. xxi.

MANUSCRITS DE LEYDE

fol. 20 v° du manuscrit de Leyde Thistoire de Raoul, comte d’ïvri, et de la descendance de ce comte, qui manque dans la rédaction antérieure au travail de R.obert de ïorigni (1) et qui remplit une page dans l’édition de Duchesne (pp. 288 et 289; liv. VII, cli. xxxviii.)

Le dernier livre de \ Histoire des Normands, consacré au règne de Henri roi d’Angleterre, est tout entier l’œuvre de Robert de Torigni. Dans le manuscrit de Leyde, la table et le texte de ce dernier livre ont été transcrits à diverses reprises, avec des marques d’hésitation, avec des corrections ou des additions, qui correspondent aux progrès du travail de composition et ne laissent aucun doute sur l’originalité de l’exemplaire. C’est de ce manuscrit, selon toute vraisemblance, que dérivent toutes les copies du dernier livre de YHisloire des Normands. C’est lui, je n’en doute pas, qui servira à en expliquer les lacunes et les variantes, comme aussi à classer entre elles les plus anciennes de ces copies. On en jugera par quelques exemples significatifs.

En parlant de Renouf, comte de Chester, Robert de Torigni avait d’abord écrit ou fait écrire au fol. 30 v° du manuscrit de Leyde : Accepit nxorem Sihillam-, fîliam Roherti comitis de Gloecestra. Plus tard, il fit gratter le mot Mathlldern, il le remplaça par Sihlllam, substitua Gloecestræ à de Gloecestra et ajouta ce membre de phrase: exqua genuitduos fillos Hugonem et Ricardum.

Les copies qui furent faites avant cette correction portent la leçon primitive : Accepit uxorem Sihillam filiam Roherti comitis de Gloecestra. Dans celles qui furent exécutées après la correction, on lit : Accepit nxorem Mathildem filiam Roherti comitis Gloecestræ, ex qua genuit duos filios Hugoneraet Ricardum (2).

(1) Voyez le ms. 4861, fol. 152, col. 1.

(2) Ce passage est dans l’édition de Duchesne, à la p. 313.

GUILLAUME DE JUMIÈGES

Une observation du même genre peut être faite sur le passage relatif aux enfants de Robert de Neufbourg. Primitivement, dans le manuscrit de Leyde(fol. 30 v°, col. 2), ce passage se terminait par les mots : ex qua hahuit plures filios, auxquels l’auteur ajouta dans la suite scilicet Henricum et fratres ejus (1). De ce manuscrit non encore modifié en cet endroit dérivent les copies qui portent simplement ex qua hahuit plures filios. Les copies qui nous offrent la leçon ex qua hahuit plures filios, scilicet Henricum et fratres ejus dérivent aussi du même manuscrit, mais représentent un état de révision un peu plus moderne.

J’ai eu la curiosité de vérifier quelle leçon les manuscrits de la Bibliothèque nationale contiennent pour les deux passages concernant le comte de Chester et Robert de Neufbourg. Huit sont conformes au texte primitif du manuscrit de Leyde ; ce sont les n°® 5997, 5997 A, 5998, 5999, 6000, 6217,12882 et 14663 du fonds latin. Un seul, le n® 6000, nous offre pour ces deux passages les leçons qui ont été introduites après coup dans le manuscrit de Leyde.

Ce qui est peut-être le plus digne d’attention, c’est la lacune qui se trouve vers le milieu du livre VIII. Dans le manuscrit de Leyde, le fol. 25 v'^ se termine par une phrase inachevée du chapitre xvii :

Occiso autem illo Amalrico, Rodulfus de Toeneio.

La page suivante (fol. 26) commence ainsi :

Denique catervis more pugnanliiim necnon et equitibus sagittariis, quorum inibi exercitus regius maximum multitudinem habebat, in dextra parte hostium præmissis, clamor, ut in initie bellorum solet fieri, utrinque attollitur.

Entre les derniers mots du fol, 25 v"^ de Toeneio et les premiers mots du fol. 26 r° Denique catervis, il y a

(1) Dans l’édition de Duchesne, p, 314.

MANUSCRITS DE LEYDE

une lacune considérable que rien ne fait apercevoir au premier abord et qui ne se révèle au lecteur que par l’interruplion du sens. 11 manque en effet la fin du chapitre XVII, les chapitres xviii, xix et xx, plus le commencement du chapitre xxi. Tout cela devait à l’origine remplir quatre pages ou deux feuillets, qui ont été coupés, Fun à la fin du cahier E, l’autre au commencement du cahier F, et dont les vestiges sont encore visibles au fond du volume, entre les fol. 25 et 26. Ces deux feuillets ont disparu de très bonne heure, à un moment peut-être oii aucune copie n’avait encore été faite du livre VIII. En effet, la portion du texte que Fenlèvement des deux feuillets a fait disparaître du manuscrit de Leyde manque également dans tous les exemplaires connus du livre VIII de X Histoire des Normands ; mais le manuscrit de Leyde est le seul dans lequel la lacune coïncide avec l’absence matérielle de deux feuillets. Ainsi, pour nous en tenir aux dix manuscrits de la Bibliothèque nationale, voici comment ce passage y est copié :

Dans le n° 5997 A, le scribe a tenu compte de la lacune. Il a laissé un blanc considérable entre le mot Toeneio (fol. 49), et le mot catervis (fol. 50); il a, de plus, supprimé le mot denique.

Le texte est absolument dans le même état au fol. 417 du manuscrit 6044 et aux fol. 92 v° et 98 du manuscrit 6217, où nous remarquons à k fois la réserve d’un espace blanc et l’omission du mot denique. Ce mot denique a été rétabli après coup dans le manuscrit 6217.

Au lieu de supprimer le mot denique, un copiste s’est imaginé de le remplacer par inique : de là, la leçon Radulfus de Toeneio inique caterms.,., sans réserve de blanc, dans le ms. 5997, fol. 54. — Le ms. 6002, fol. 81 v® et 83 V”, qui avait primitivement la leçon du manuscrit de Leyde Radulfus de Toeneio denique... catervis (1), a été

(1) Le copiste du ms. 6002 avait seulement commis la faute de placer le mot denique avant le blanc, au lieu de le placer après.

GUILLAUME DE JUMIÈGES

corrigé à Faide d’une copie semblable à celle du ms. 5997; le mot inique y a été substitué en interligne au mot denique, — Dans deux mss. (5998, fol. 108, et 6000, loi. 64), le mot denique a été remplacé par inique itaque, — et dans deux autres (12882, fol. 97 v°, et 14663, fol. 124) par inque. — Un dernier, enfin (5999, fol. 161 v"), nous offre la leçon quinque.

Il y a là peut-être des indications suffisantes pour grouper généalogiquement les dix exemplaires de la Bibliothèque nationale. Il y a du moins, je crois, la preuve matérielle que ces dix exemplaires dérivent tous plus ou moins directement du manuscrit de Leyde.

Le ms. 20 de Leyde offre donc une importance capitale pour étudier les modifications que Robert de Torigni fit subir à V Histoire des Normands de Guillaume de Jumièges. Aussi est-il fort regrettable que les seize premiers feuillets en aient disparu. Pour y suppléer dans les limites du possible, il ne sera pas inutile de déterminer quels exemplaires dérivent le plus directement du manuscrit de Leyde, c'est-à-dire du manuscrit original de Robert de Torigni. Sans risquer une solution encore aujourd’hui prématurée, je crois pouvoir recommander les manuscrits latins 5997, 5999 et 14663 delà Bibliothèque nationale et le manuscrit 77 de Leyde. Ces quatre manuscrits ont, avec le manuscrit de Robert de Torigni, un trait de ressemblance qui ne saurait être fortuit : dans tous les cinq nous trouvons semblablement groupés trois ouvrages historiques qui n’ont entre eux aucun lien et que le hasard seul pouvait rapprocher ; V Histoire de& Normands, par Guillaume de Jumièges et Robert de Torigni, la Vie de Charlemagne^ par Eginhard, et Y Abrégé des Gestes des rois de France^ commençant par les mots Antenor et alii profugi.

Ce n’est pas seulement pour l’établissement du texte de VHistoire des Normands que le ms. 20 de Leyde est important à consulter. Il mérite encore d’être sérieusement

MANUSCRITS DE LEYDE

examiné pour déterminer à quelle date a été composé V Abrégé des Gestes des rois de France, commençant par les mots : « Antenor et alii profugi... (1)» La valeur de cet Abrégé n’est plus à démontrer, depuis que M. Jules Lair(2) a signalé l’usage qu’en ont fait Philippe Mouskes et les rédacteurs des Grandes chroniques; mais l’époque de la composition est encore fort discutable. M. Lair (3) ne la croyait pas antérieure à l’année 1185. La présence de cet ouvrage, au milieu du xii® siècle, dans la bibliothèque de l’abbaye du Bec me paraît établie par l’histoire du manuscrit qui nous occupe en ce moment. La question est donc à reprendre, en combinant cette donnée nouvelle avec toutes les particularités que M. Lair a dégagées avec tant de sagacité dans son étude sur le ms. 12710 de la Bibliothèque nationale.

Les observations que j’ai à présenter sur un troisième manuscrit de la bibliothèque de Leyde seront beaucoup plus courtes que celles dont le ms. 20 vient d’être l’objet. 11 s’agit du ms. 77, volume de 191 feuillets de parchemin, hauts de 296 millimètres, larges de 185. L’écriture, qui est à longues lignes, peut remonter au commencement du

(t) Cet abrégé se trouve à la Bibliothèque nationale dans cinq manuscrits du fonds latin : 4937, 4938, 5997, 5999 et 14663 ; dans le ms. 90 de Berne ; dans le ms. 9178 de Bruxelles et dans les mss. 20 et 77 de Leyde. La dernière partie a été publiée d’après le ms. 14663 dans le Recueil des historiens (VI, 238 ; VII, 233 ; X, 226 ; XI, 213; XII, 67). M. Waitz a publié l’Abrégé dans les Scrip tores de Perlz (IX, 393), d’après les manuscrits de Berne et de Bruxelles.

Le manuscrit latin 4937 de la Bibliothèque nationale est un de ceux qui ont été dérobés vers l’année 1840; la plupart des cahiers s’en retrouvent chez lord Âshburnham, mais on n’a pas encore découvert le sort des feuillets qui contenaient l’Abrégé des gestes des rois de France; voyez la Bibliothèque de V École des chartes, 6^ série, t. Il, p. 237, année 1866.

(2) bibliothèque de l’École des chartes, t. XXXV, pp. 373-378.

(3) Ibid., p. 373.

GUILLAUME ÜE JUMIÈGES

XIV® siècle. — Ce volume provient de la bibliothèque de Paul Petau, comme le prouvent la cote H 50 et la signature PA. PETAVIVS, inscrites au haut et au bas de la première page.

Comme le ms. 20, avec lequel il a plus d’un point de ressemblance, le ms. 77 a été exactement décrit dès l’année 1843,par J. Zacher (1); mais on n’a pas encore, je crois, relevé la circonstance qui doit surtout le faire remarquer. C’est qu’il est la source d’où dérive en grande partie un recueil de chroniques, jadis conservé à l’abbaye de Saint-Victor, aujourd’hui n® 14663 du fonds latin à la Bibliothèque nationale, et qui, depuis trois siècles, a été fréquemment mis à contribution par les érudits français. Un certain nombre de textes n’ont été donnés dans nos collections historiques que d’après le ms. 14663, qui est souvent d’une incorrection désespérante. On peut supposer que le ms. 77 de Leyde fournira le moyen de les améliorer en quelques endroits.

Après cette observation générale, j’arrive au détail des morceaux contenus dans le manuscrit. La façon dont iis y sont groupés nous autorise à le rattacher très étroitement au manuscrit de l’abbaye du Bec, qui a fait l’objet de la notice précédente.

I (Fol. 1 et 2). Anecdotes sur les premiers ducs de Normandie, que Duchesne a publiées sous le titre de : Additamenta ad Historiam N ormannorum, à la suite de l’ouvrage de Guillaume de Jumièges (p. 315) : « De humililate Rolionis et quomodo reduxit corpus beati Audoeni archiepiscopi Rothomagensis. Quante humilitatis Rollo fuit. . . — ..... quod ipse illis pro anima sua dabat. »

II (Fol. 2 — 50 v‘’). Histoire des Normands par Guillaume de Jumièges, 'avec les additions de Robert de Torigni. « Incipit epistola Willelmi Gemetricensis ad Willelmum ortodoxorum Angiorum regem in Norm. ducum gestis. Pio, victorioso

(1) Serapemiy IV, 47.

MANUSCRITS DE LEYDE

atque ortodoxo. . . — ... Qui ante Lotharium imperaverat. » — A la suite de ces mots (fui. 50 v®) ont été ajoutées les trois notes qui terminent l’année 1137 dans la Chronique de Robert du Torigni : a Kalendis Augusti, quando rex Ludovicus decesseral. . . — ..... Theobaldus electus Beccensis ecclesie benedictus est abbas [apud] Rothomagum a domino Hugone archiepiscopo. » (Dans mon édition de Robert de Torigni, t. I, p. 208.)

III (Fol. 50 vo- 66). Partie de la Chronique de Robert de Torigni, depuis l’année 11 38 jusqu’à l’année 1169. « Stephanus rex Anglorum in Natali obsedit Bedefort. . . — ... et multi in ea perierunt. w

IV (Fol. 66-71 V®). Chronique de Normandie, depuis l’an-* née 1169 jusqu’à l’année 1272, formant une sorte de continuation de la Chronique de Robert de Torigni. Elle a été publiée, d’après le ms. 14663 de la Bibliothèque nationale, d’abord par Duchésne (p. 1003-1014), puis par fragments dans le Recueil des historiens (XII, 788 ; XVIII, 345 et XXIII, 213). En voici les premiers et les derniers mots : (c Fundata est abbatia de Vallomonte. . . — ... acivitatibus et castellis Normannie receptus est. »

V (Fol. 71 v®-74v®). Chronique de Normandie, depuis 1087 jusqu’en 1239. « MLXXXVII. Obiit Guillelmus rex Anglorum... — ... Natus fuit Edoardus filius Henrici regis Anglie. » La dernière partie de cette chronique, à partir de rannéel210,aété publiée, d’après notre ms. latin 14663, dans le Recueil des historiens (XVIII, 343).

VI (Fol. 75). Ouvrage de Geoffroi de Monmouth. « Incipit prologus Gaufridi Monemitensis in librum de gestis regum Majoris Brilannie. »

VII (Fol 122). Prophétie. « Aquila propbetizans de Anglia. Arbor fertilis a primo trunco decisa ad spacium trium juge-

rum a podice propria separelur — .... tune pro-

bitas generosa non pacietur illi irrogari injuriam qui pacificalo regno occidet. »

VIII (Fol. 123). Vie de Charlemagne par Eginhard. Texte employé par Schmincke pour son édition de cet ouvrage (Trajectiad Rhenum, 1711. In-40-

GUILLAUME DE JUMIÈGES

IX (Fol. 130). Abrégé des Gestes des rois de France. « Antenor etaliiprofugi ab excidio Troje, Asia pervagata... — ...etdux Acquitanorum anno ab incarnatione Domini MGXXXYII. » Publié par Waitz dans les Scri'ptores de Pertz,IX, 395-406. Voyez plus haut, p. 190.

X (Fol. 138 v°). (( C’est la pés etFordenance fete entre excellenz princes Loys, roy de France, et Henri, roy d’Engleterre. » — Texte français de la charte de Henri III, datée de Londres en septembre 1259.

XI (Fol. 139 v°). Lettre de Grégoire X pour citer devant lui Gui de Montfort. 1®'^ mars 1273. (N° 20682 de Potthast.)

XII (Fol. 140). (( Excusaciones Guidonis de Monte Forti, directe ad Gregorium papamX. Querela patris... — ... me otFero ad justum judicium subeundum. »

XHI (Fol. 141). « Responsiones et excusaciones Guidonis de Monte Forti et condempnacio ipsius. Ad perpetuam rei memoriam. Nephandum scelus sceleste iiephas..., » 1«^ avril 1273. (N" 20712 de Potthast.)

XIV (Fol. 143 v“). Catalogue abrégé des rois de France, dont le premier fond paroit avoir été écrit en 1221. En voici le premier et les cinq derniers articles :

« Clodoveus primus rex Francorum XXX annis regnavit.

Ludovicus Grossus, XXXHI annis .

Ludovicus fdiusejus, XLVI annis.

Philippus fdius. XLII anz ot le jor de la Touz sainz que il fut roys, en l’an de l’incarnacion MGCXXI. — LVI an^ ot que il fu nez le jor de la Saint Simphoriain, en l’an de l’incarnacion MGCXXI.

Ludovicus filius Philipi regis H annis.

Ludovicus filius ejusdem Ludovi ci XLVII annis. »

XV (Fol. 144). Notes sur les grands officiers de l’empire, sur les peuples et les pays de la Germanie, sur l’élection et le couronnement de l’empereur. Premiers mots de ces notes : « Très Ottonesper successionem... Germannica continet Ale-

mannicos Conveniunt autem dicii electores » La

dernière note rapporte une légende relative aux amours de Charlemagne avec une fée d’Aix-la-Chapelle, légende que

MANUSCRITS DE LEYDE

M. Gaston Paris (Histoire poétique de Charlemagne, p. 384) a racontée d’après ce même manuscrit.

XVI (Fol. 144). Chant de guerre contre les Saxons. « Truci«*

dare Saxones » — Publié d’après ce manuscrit par Tho-

mas "Wright, The political songs of England, p. 56.

XVII (Fol. 144 v'^). Histoire des Mongols par Jean du Plan de Carpin. « Incipit hystoria Mongalorum, quos nos Tartaros appellamus. » Ce texte a été employé par M. d’Avezac pour l’édition qu’il a donnée en 1839 de la Relation des Mongols ou Tartares.

XVIII (Fol. 160). Relation du voyage de Guillaume de Rubruk. c( Excellentissimo domino et christianissimo Ludovico Dei gratia régi Francorum illustri frater W. de Ru-

bruc » Texte employé par M. d’Avezac, pour son édition

des Relations des voyages de Guillaume de Rubruk

(Paris, 1839 ; in-4®).

XIX (Fol. 190 v°). Fragment d’Ethicus. « Ut ait Ethicus ph’ic’, gens stultissima est inter alias gentesad Aquilonem... — ... predicto vero bitumine Alexander Caspiàs portas munivit. »

XX (Fol. 191). Privilège accordé par Martin IV au général et aux provinciaux des Cordeliers, le 10 janvier 1282. (N» 21837 de Potthast.)

XXI (Fol. 191 vo). Première page d’un recueil de pronostica-

tions ou de prophéties, dont la suite était sur des feuillets qui ont disparu. Voici le commencement de ce morceau, qui est une addition faite après coup, en caractères du xiv® siècle : « In terra laboriset promissionis fuit jam diu quidam propheta nomine Ezechiel seculo sapiens cum lege divina, Dominum Deum dilexit et ejus doctrinam ab infan tia, mane consurgens, investigans artes et sensus actorum, planetarum signa studuit et cursus discens tam studuitplurium scripturas quod sciens dicebat temporum eventus. Librum composuit qui vocatur LesanZjCm qui crederetfelix permaneret. Liber compositus indicat et docet : quando Januarius incipit per diem dominicam, parum erit vini «

NOTES SUR DIFFÉRENTS MiNUSCRITS

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