XI. Les Grandes Chroniques de France, etc. — (Ms
14561-14564 de la Bibliothèque royale de Bruxelles.) Volume sur parchemin , de 207 feuillets , hauts de
355 millimètres et larges de 250. Écriture du commencement du XIV® siècle.
Morceaux contenus dans ce volume :
1° (Fol. 1). « Coument li grans roys Alixandre envoia une epistle à Aristote son maistre des merveilles que il trouva enYnde. »
2° (Fol. 5 vo). (( P. aus empereres. Je vous senefiie aucunes coses qui sont merveilleuses en Inde. Premièrement il i a une isle qui a non Atymolimus, qui a IIP et LXIII Hues de
lonc » — Fol. 6 v°. « Explicit l’epistle le roy Péri-
menis à l’empereur. »
3=* (Fol. 7). Les Grandes Chroniques de France , depuis le commencement jusqu’au chap. viii des Faits de Charles le Chauve. « Chil qui cheste oevre commenche, à tous chiaus quiceste estoire liront, salut enNostre Seigneur. Pour chou que pluisours gens doutoient de la genealogie des roys de
Franche » — Le copiste s’est arrêté (fol. 162) à ces
mots : (( .... Toutes les fois que mestiers en seroit par l’auctorité l’apostole, et que li decret du siégé l’apostole fussent maintenu. » Voyez dans l’édition de M. Paulin Paris, t. III, p. 42, ligne 7.
4'’ (Fol. 162). Chronique abrégée des rois de France, depui Charles le Chauve jusqu’à saintLouis, pour faire suite au texte précédent. — Je donne les premiers et les derniers mots de cette chronique abrégée. Fol. 162. « Charles li Caus et Loeys, enfans du roy Loeys le Deboinaire, quant il virent après
MANUSCRITS DE BELGIQUE
le mort leur père que leur frère Lothaire tenoit le roiaume de Franche et l’empire de Romme, ne il n’avoient partie tele comme il deussent, si assamblèrent grant ost de gent et coururent sus à leur frère vers Auchoirre à une vile qui a
non Fontenoi » — Fol. 165 v“. cc . . . Il (Saint Louis)
garda et deffendi tous jours sainte eglise à sen pooir et fonda pluiseurs abbeies, et fisl moult de maisons Dieu, ch’est à savoir Roiaumont, le Lis de lès Meleun, les cordelieres de lès Saint Cioost, les maisons as Avules et as Filles Dieu de Paris, les maisons Dieu de Pontoise, de Vernon et de Compiengne, et moût de religieuses maisons par son roiaume. Il fist faire »
5« (Fol. 166). Récits d’un ménestrel de Reims. « Veschi comment il est avenu puis le tamps Godetfroy de Buillon delà mer et decha mer. Depuis chele eure que Godeffrois de Buillon et le baronie de Franche eurent conquis An-
thioche et Jherusalem » — Derniers mots (fol. 191) :
« ne il n’entendoient mie que li rois li fesist tort. »
C’est le texte qu’a publié M. de Smet dans le tome III du Recueil des chroniques de Flandre et que M. de Wailly désigne dans son édition par la lettre D.
6° (Fol. 192). « Ch’est la lettre ensi que Guis de Dampierre jadis qiiens de Flandres et si enfant et ses boines viles et li chevalier s’estoient aloiet envers le roy de Franche o
7“ (Fol. 206). « Chi après s’ensiut comment li roys se leva de sen siégé de Mons en Pevre et ala sir à Lille. Che fu en l’an de grâce mil CGC et IIII que li roys se leva du siégé de
Mons » — Fol. 207. « ... Et le diemenche sivant
donna li roys congie ses gens et s’en ala à Boulongne en pèlerinage. »
Xli. La Bible historiale. — (Ms. du Muséum Meermanno-Westreenianum, à La Haye.)
Volume sur parchemin, de 580 feuillets,, hauts de 295 millimètres et larges de 215.
ET DE HOLLANDE
Le fol. 2 r° est occupé par le tableau qui représente le roi Charles V recevant le livre des mains de Jean de Vau- , detar. Il y en a à la Bibliothèque nationale (départendent des estampes) une copie faite par les soins de Gaignières. Le musée de Versailles en possède une autre copie, qui a figuré à l’Exposition des portraits historiques organisée au Trocadéro en 1878. M. Labarte en a publié une réduction en chromo-lithographie, en tête de son édition de Y Inventaire du mobilier de Charles V (Paris. 1879. In-4.)
En regard de ce tableau, sur le fol. 1 v° du manuscrit, on lit cette inscription tracée en grosse minuscule d’or et coupée en dix lignes :
Anno Domini millesimo trecentesimo septuagesimo primo, istud opus pictum fuit ad preceptum ac honorem illustri [sic) principis I(aroli regis Francie, etatis sue trecesimo quinto et regni sui octavo, et Johannes de Brugis, pictor regis predicli, fecit hanc picturam propria sua manu.
Fol. 3. (( Ci commence la bible, premièrement le livre deGenesis... — Ci commence la bible hystoriaus ou les hystoires escolastres. C’est le prologue du translateur. Pour ce que li dyables qui chascun jour empesche... » — Premiers mots du fol. 4, qui est le deuxième du texte : « de la formacion de l’omme... »
Premiers mots des trois derniers feuillets : Fol. 578. « Du dragon et de la beste... » — Fol. 579. « Justice et Si oeil estoient comme... » — Fol. 580. « Avec moy pour rendre... »
Il y a dans cette bible 270 miniatures, avec des encadrements tricolores.
L’inscription placée en tête de la bible (fol. 1 v“) atteste que la peinture du frontispice fut faite en 1371. Les vers copiés à la fin, sur le fol. 580, rappellent que le volume fut copié par Raoulet d’Orléans et qu’il fut offert au roi
MANUSCRITS DE BELGIQUE
Charles V, le 28 mars i372, par Jean de Vaudetar. Voici ces vers :
Ci (1) fine la bible en françois ;
Plus ne vous en diray, aincois Vueil supplier la souveraine,
Qui de miséricorde est fontaine,
Et son doulz filz qu’elle porta,
Car en eulz il grant confort a,
Qu’il vueillent garder de contraire Vaudeterre, qui la fist faire,
Et Raoulet d’Orliens, qui l’escrist,
Qui rent grâces à Jhesu Crist,
Et à sa mère, de cuer pieu,
Quant donné li ont temps et lieu D’un si très digne livre faire.
Qui à tous crestiens doit plaire.
Qui du lire auront cognoissance.
Et dit, puis qu’il issi d’enfance,
Que c’est la quarte pour certain Qu’il a escripte de sa main,
Et la moitié d’une pour voir.
Que l’en doit bien ramentevoir,
Qui fu faite pour excellans Princes Charles le roy des Frans,
Que Dieux vueille si bien conduyre,
Qu’ennemy ne li puisse nuyre,
Ne visible, ne non visible.
Ne nesune chose nuysible.
Et quant du siecle départie Fera, que Dieux de sa partie Le retiengne senz detrier.
Or vueilliez Dieu pour moy prier.
Que, par sa digne mort amère,
Que il souffri présent sa mère,
(1) Une copie de ces vers, provenue de Gaignières, se trouve, à la liibl. nationale, ms. français 20149, fol. 155.
ET DE HOLLANDE
Ausquelz deus moult me reconforte,
Car il sont du ciel seule porte,
Que de tout pecliie me deslace,
Et en sa douce amour m’enlace,
Mon cuer face en li si lacier.
Que riens ne l’en puist deslacier,
Si que en paradis me face Veoir Jhesu Grist face à face.
Amen.
A (1) vous, Charles, roy plain d’onnour.
Qui de sapience la fiour
Estes sur tous les roys du monde.
Pour le grant bien qu’en vous habonde,
Présente et donne cestui livre,
Et à genolz cy le vous livre Jehan Vaudetar, vostre servant.
Qui est cy figuré devant (2),
C’onques je ne vi en ma vie Bible d’ystoires si garnie,
D’une main pourtraites et faites,
Pour lesquelles il en a faites Pluseurs alées et venues,
Soir et matin, par my les rues.
Et mainte pluye sus son chief,
Ains qu’il en soit venu à chief.
Si fu au prince sus nommé
Ce livre baillé et donné
Par le dit Jehan, que je ne mente,
L’an mil CGC XII et soixante.
De bon cuer, et vausist mil mars,
XXVIII jours ou mois de mars.
Cette bible est ainsi mentionnée sur le rouleau qui contient l’inventaire delà librairie du Louvre au temps de Charles V (article 21) :
Une très belle bible en un volume qui vint de Jehan de Val-
(1) Ce qui suit est en lettres rouges.
(2) Allusion au tableau qui remplit le fol. 2 recto du volume.
MANUSCRITS DE BELGIQUE
detar, très bien ystorié, la pippe et quatre fermoers d’or garnis de gros saphirs, balaiz et perles, en un estui à fleur de lis, garni d’argent (1).
Le même rouleau nous apprend qu’elle fut prêtée au duc d'Anjou. Elle passa depuis chez le duc de Berry, à la mort duquel elle rentra au Louvre, pour en sortir définitivement au commencement du règne de Charles VII, après avoir été estimée la modique somme de 15 livres parisis. C’est ce que nous apprenons de l’inventaire dressé en avril 1424 (n. st.) :
Item une très belle bible en françois , nommée la Bible’ que Jehan de Vaudetar donna au roy ; très parfaitement bien escripte et historiée, de lettre de forme, à deux coulombes, commençant ou deuxiesme foillet des rebriches de la formacion 'de Vhomme, et ou derrenier avecques moy, couverte de soye assurée à fleur de lis de brodeure ; laquelle bible maistre Jehan Maulin, après le deceds de feu monseigneur de Berry mort, recouvra de ses exécuteurs comme appartenant au roy, pour remettre en la dite librairie. Et lui avoit esté rendue garnie d’une grante chemise de soye azurée, de IIII fermouers et une pipe d’or ; lesquels fermouers et pipe n’ont point esté rendus, et pour ce en doit rendre compte le dit Maulin. Prisé XV 1. p. (2).
Dans les temps modernes, la bible de Jean de Vaudetar a appartenu à un avocat de Paris nommé Bluet (en 1667), au collège des Jésuites de La Flèche, à l’intendant Foucault, à Gaignat et à Meerman (3).
XIII. Le Bien universel des mouches a miel. — Ms. 9507 de la Bibliothèque royale de Bruxelles.)
Petit volume in-folio sur parchemin.
(1) Pages? delà copie qui est dans le ms. français 13S67.
(2) Inventaire de la bibiiothèque du roi Charles ŸI, éd. Douet d’Arcq (Paris, 1867, in-8), p. 64, art. 213.
(3) Van Praet, Recherches sur Louis de Bruges^p. 88 et 89.
ET DE HOLLANDE
Fol. 1. Dédicace du traducteur au roi Charles V. « A très souverain et très excellent prince Charles, par la grâce de Dieu roy de France, la vostre povre et humble créature, qui, jour et nuit, à son petit de povoir, s’efforce de Dieu prier pour vous et pour vostre très noble lignée, tout humble obedience et parfaite reverence et vraie sub-
jection En bonne simplesce je me sui enhardi du dit
livre transporter de latin en françois, comme vostre très haute excellence si le m’a commandé, en suivant le latin le plus près que bonnement j’ai peu ; et aucunes foiz, où l’aucteur du livre et les docteurs et philosophes ont, pour le plus bel et rectorique latin quérir, transporté les dictions, pourquoy le françois ainsi ordené seroit pesant et moins cler à entendre, j’ai la sentence mise rez à rez, si comme j’ay pensé que il l’eussent dit eulz meismes, se il parlassent françois... »
Fol. 3. « Le prologue sur le livre du Bien universel elon laconsideracion des mousches à miel. »
Fol. 3. « Ci commence le livre qui est appellé le Bien universel des mousches à miel. »
A la fin :
Or est ci fmé nostre livre, *
Benoit soit Dieu, je en sui delivre.
Et l’a escript Henri du Trevou.
Premiers mots du deuxième feuillet : « Nulles n’osent istre si le roy...; » et du dernier : « Touz ses songiez... »
En tête du volume (fol. 1), peinture à quatre compartiments, chacun bordé d’un encadrement tricolore. — Au commencement du livre II, petite peinture à encadrement tricolore.
Au bas de la dernière page était une note de sept lignes, écrite et signée par le roi Charles V, dont il ne subsiste plus que les mots suivants :
MANUSCRITS DE BELGIQUE
Ce livre de moralitey dez mochez à miel est à nous
fimez tranlater, escrire et parfere l’an MGGGLXXII.
11 figure en ces termes sur l’inventaire de la librairie du
Louvre, de l’année 1411 :
Item le livre des mouches à miel, couvert de soye à longue queue, lequel est intitulé dedens : Le Livre du bien universal selon la consideracion des mouches à miel, très parfaitement bien escript et historié, de lettre de forme, en françois et à deux coulombes, commençant ou deuxiesme fueillet nulles n osent istre, et ou derrenier touz ses songiez; et est signé du feu roy Charles, fermant à deux fermouers d’argent dorez esmaillez de France et tissuz vers (1).
Et sur l’inventaire de la librairie de Bruxelles :
Ung autre volume, couvert d’un baldequin de soye, à deux cloans de leton, historié et intitulé Le livre des moralitez des mouches, comenchant ou second feuillet milles n'osen ystre se le roy n'est yssu devant, et finissant ou derrenier et Va escript Henry de Trevou (2).
XIV. Le Livre des propriétés des choses. — (Ms. 9094 de la Bibliothèque royale de Bruxelles.)
Volume in-folio, sur parchemin, fin du xiv® siècle.
(4) Manuscrit français 2700, fol. 66, article 162. Comparez ï Inventaire de la bibliothèque du roi Charles VI, éd. Douet d’Arcq (Paris, 1867. In-8), p. 41, n» 139.
(2) Barrois, Biblioth. protypographique, p. 270, n“ 1887.
ET DE HOLLA.^DE 229
Feuillet préliminaire : « Cy commence la table des rubriches des propriétés... »
Fol. 1. « Cy commence le prologue. »
Fol. 3. « Cy commence le premier chapitre qui parle de Dieu. »
A la fin (fol. 369 v°) : «... Ce livre des proprietez des choses fu translaté de latin en françois l’an de grâce mil cccLxxii, par le commandement de très puissant et noble prince Charles le quint de son nom régnant k ce temps en France puissaument; et le translata son petit et humble chappellain frère Jehan Corbechon, de l’ordre Saint Augustin, maistre en théologie, delà grâce et promocion du dit prince et seigneur très excellent. »
Premiers mots du fol, 2 : « fiert au sage...; » du fol. 4, qui est le second du texte : « grant que le filz...; » du dernier (fol. 369) : « de VIII et de VI... »
Au fol. 3, grande peinture divisée en quatre compartiments, dont chacun est encadré d’une bande tricolore. On y voit trois scènes de la création et la présentation du livre au roi par Jean Corbichon; la figure du roi n’a aucun des caractères d’un portrait.
Ce volume figure sur l’inventaire de la librairie de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, dressé à Dijon, le 21 juillet 1420 :
Item ung autre livre nommé le livre des proprietez des choses, escript en parchemin, de lettre ronde, à deux colonnes, historié et enluminé d’or et d’asur, commençant ou deuxiesme fueillet et au saige, et ou derrenier de huit et de six, couvert de veluyau rouge, garni de X doux de leton etdeuxfermouers d’argent dorez et esmailliez (1).
XV. La Légende dorée. — (Ms. 9227 de la Bibliothèque royale de Bruxelles.)
(1) Bibl. nat., de Colbert, vol. 127, article 15 de l’inventaire de la librairie.
MANUSCRITS DE BELGIQUE
Volume in-folio, sur parchemin, du commencement du XV® siècle.
Premiers mots du deuxième feuillet de la table : « à Puitieme de Penthec..., » et du deuxième feuillet du texte : « feussions tenus... »
La peinture du frontispice est bordée d’un encadrement tricolore.
M. Molinier a bien voulu me signaler un autre exempla're de la Légende dorée en français, qui a pareillement un frontispice bordé d’encadrements tricolores. C’est le n® H 1333 de la Mazarine, qui est venu du couvent des Minimes : volume sur parchemin, de 330 feuillets cotés A-C et I-XVPniI ; 300 millimètres sur 230. — Fol. A. Prologue : « Monseigneur saint Jeroisme dist ceste auctorité... » — Fol. B. Table des chapitres — Fol. 1. Commencement de l’ouvrage : « De l’advenement Nostre Seigneur. L’avenement Nostre Seigneur est fait par iiii sepmainnes à segnefier... »
Premiers mots du deuxième feuillet du texte : « tierce anthyene O racine de Jesse..., » et du dernier : « et de ces trois choses... »
Au frontispice il faut remarquer non seulement les encadrements tricolores , mais encore deux lions analogues à ceux qu’on voit sur plusieurs livres du roi Charles V. Ces partfcularités me font supposer que la Légende dorée de la Mazarine est un débris de l’ancienne librairie du Louvre.
XVI. Le Dialogue de saint Grégoire. — (Ms. 9553 de la Bibliothèque royale de Bruxelles.)
Volume sur parchemin, de 103 feuillets, in-folio.
Fol. 1. a Cy conmencent les chapitres du premier livre du Dyaloguc saint Grégoire, pape. »
au
ET DE HOLLANDE
Fol. 4. « Ci conmence le premier livre du biaiogue saint Gringoire, pape. »
Fol. 103. (( Explicit le Byalo^üè môiiseignéiir saint Grégoire. C’est tout voir. »
Premiers mots du fol. 2 : « esperit. xviii...', » et du fol. 5, qui est le second du texte : ce si cele que je ne sçaÿ... »
Premiers mots des deux derniers feuillets : fol. 102 « font saichent combien...; » fol. 103 « temps et èritrementieres... »
Sur le fol. 103 v° : « Ce livre est à Jehan, fils de roy de France, duc de Berry et d’Auvergne, conte de Poitou et d’Auvergne : JEHAN. — Le dit monseigneur de Bèrry l’a donné à monseigneur de Bourgongne. ».
Ce volume est porté sur l’inventaire de la chambre des joyaux du duc de Bourgogne, a Gand, en 1485. Voyez Barrois, Bibliothèque protypographique, p. 229, h® 1619.
XVII. La Mutation de fortune , par Christine de PisAN. ~ (Ms. 701 de la Bibliothèque royale de La Haye.) .
Volume sur parchemin, de 170 feuillets, non compris le feuillet préliminaire.
Feüillet préliminaire : « Ci commence la table des rubriches de cest présent volume, appellé le livre de la Mutacion de fortune, fait et accompli leviii® jour de novembre, l’an de grâce mil IlIP et III... »
Au v° de ce feuillet : « Ci commence la première partie du livre de la Mutacion de fortune... »
Fol. 1. « Premièrement prologue. » — En tété est représentée Christine dePisan, écrivant un livre.
Premiers mots du deuxième feuillet : « Travail pénible. »
A la fin, sur le fol. 170 v° : « Ce livre fut fait, devisé
MANUSCRITS DE BELGIQUE
et compilé par une damoiselle nommée Cristine, et le donna à Jehan, filz de roy de France, duc de Berry et d’Auvergne, conte, etc., ou mois de mars mil CGGG et trois. »
Sur ce même feuillet on a effacé une note et la signature du duc de Berry.
Ge volume répond exactement à l’article 97 du catalogue des livres du duc de Berry, tel qu’il a été publié par Hiver de Beauvoir (La Lièrame de Jean, duc de Berry, p.51).
XVIII. Le Miroir des dames. — (Ms. 9555 de la Bibliothèque royale de Bruxelles.)
Volume sur parchemin, de 179 feuillets in-folio.
Fol. 1 V®. (( Gy s’ensuit le prologue sur le livre qui est appeliez le Mirouer des dames. »
Premiers mots du deuxième feuillet : « selon ce que dit un maistre qui est nommé Vegecius, » et du troisième, qui est le second du texte : « tout ainsi que la pierre. »
Fol. 148. «Gy s’ensuit le Mirouer du monde. » G’est un poème dont chaque sizain commence parles mots: « Je vois mourir... »
Fol. 151 . « Gy s’ensuit le livre du cloistre de l’ame, que fistHue de Saint Victor. »
Fol. 154. « Gy s’ensuivent les Meditacions de saint An seau me. »
Premiers mots des deux derniers feuillets : fol. 178 « il mesovint..., » fol. 179 « dit devant le premier... »
Sur la dernière page : « Gy fine le livre du Mirouer de dames et aultres livres. »
Au commencement et à la fin, note autographe de Jean, duc de Berry, ainsi conçue : « Ge livre est au duc de Berry JEHAN. »
Je n’ai point trouvé l’indication de ce volume sur les inventaires de la librairie du duc de Berry. On y voit bien
ET DE HOLLANDE
figurer un exemplaire du Miroir des dames ; mais c’est le manuscrit que possède aujourd’hui le Musée Britannique, sous le n° 29986 de la série additionnelle.
XIX. Fragments des Chroniques de Froissart. — (Ms. B 88 de la Bibliothèque royale de Bruxelles.)
Ces fragments, acquis il y a peu d’années, consistent en 23 feuillets d’un manuscrit du commencement du xv^ siècle, qui contenait au moins les trois premiers livres des Chroniques, puisque le fragment 17 correspond au chap. cxix du livre III (édition Buchon). C’est tout ce qui reste, sans doute, d’un exemplaire dont on ne paraît avoir laissé subsister que les pages ornées de peintures.
Voici les premiers mots de la copie : « Cy commancent les croniques que fist maistre Jehan Froyssart, qui parlent des nouvelles guerres de France et d’Angleterre, d’Escoce, d’Espaigne et de Bretaigne, lesquelles sont divisées en quatre parties. Prologue. Affin que honnourables avenues et nobles aventures faittes d’armes lesquelles sont avenues... »
Le manuscrit auquel ont appartenu ces 23 feuillets était jadis conservé au château de Boxmer, près de Bois-le- Duc. Je n’y ai rien vu qui autorise à supposer qu’il ait été entre les mains d’Enguerrand de Goucy, mort en 1396.
Voyez ce que M. le baron Kervyn de Lettenhove dit de ces fragments dans son édition des Chroniques de Froissart, 1, deuxième partie, pp. 223-225.
XX. Les Fleurs des Chroniques de Bernard Gui. •— (Ms.'79 de la Bibliothèque deLeyde.)
Petit volume in-folio, sur parchemin ; écriture du XV® siècle.
Premiers et derniers mots du Prologue : « Sanctissimo
MANUSCRITS DE BELGIQUE
patri ac domino suo domino Johanni munere divine gracie sancte Romane... — ... nec minus nec amplius anno Domini M CGC XX°. »
Derniers mots de l’ouvrage : « ... et quoniam adhuc debacantur in pejus et nundum venit finis malorum ipsorum, in presenli lacius scribere distulimus longiorem et narrationis seriem suo post tempore scribendorum. Et sic est finis hujus modi cronice, édité per memoratum fratrem Bernardum, ordinis Predicatorum ac inquisitorem labis beretice. »
Il semble, d’après ces derniers mots, que le ms.de Leyde doit s’ajouter aux dix manuscrits que j’ai précédemment indiqués comme formant la huitième classe des textes des Fleurs des chroniques (1).
Ce volume a successivement appartenu à Nicolas Blosset, à Gauvain Martin, à Robert Goullet, à Bernard Coeppel et à Robert Cenau, comme on le voit par des notes inscrites sur la dernière page :
Isle liber pertinet magistro Galvano Martin, ecclesie Abrincensis canonico (2), ex doiio nobilis viri Nicolai Blosset^ domini temporalis Sancti Mauricii en Tyreouaille gallice citraBurgundiam.
Nunc Roberto Goullet, qui ab executoribus émit arino 1533. Nunc Robertus divina clementia Arboricensis episcopus titulo emptionis possidet ab executoribus magistri Bernard! Coeppel, dum viveret canonici. 1550.
Ces dernières lignes sont de la main du fameux Robert Cenau, évêque d’Avranches, qui mourut en 1560.
XXI. Livre d’heures a l’usage de Bourges. — (Ms. 666 de la Bibliothèque royale de La Haye.)
(1) Notices et extraits des manuscrits, t. XXVII, 2® partie, p. 209- 212, et p. 216.
(2) Les mots Abrincensis canonico ont été récrits sur un passage gratté.
ET DE HOLLANDE
Petit volume écrit et peint au commencement du xvf siècle, mentionné par Jubinal, dans ses Lettres sur quelques-uns des manuscrits de La Haye ^ il .
L’origine de ce charmant volume -est suffisamment démontrée parles articles suivants, qui sont inscrits en rouge dans le calendrier :
10 janv. Guillermi archiepiscopi.
17 janv. Sulpicii confessons.
20 mai. Austregisilli episcopi.
29 déc. Ursini episcopi.
La section des Litanies des saints relative aux confesseurs n’est pas moins significative; on y trouve ces invocations :
Silvester, Martine, Nicholae, Augustine, Hieronime, Ambrosi,
Gregori, Ursine, Austregisile, Guilierme, Eligi, Dominice,
Francisce, Amhoni.
Le personnage- pour qui le livre a été fait, avait :
1° Pour armes : écartelé au 1 et 4, de gueules, au chevron d’or accompagné de trois rosesd’argent ; —au 2 et 3, d’azur à la croix ancrée d’argent, accompagnée de trois..... d’or(l); — sur le tout, d’or à deux lions passants de güeüîès.
2° Pour emblème, un nœud coupé.
3*^ Pour devise, les mots DELEAR PRIVS inscrits sur la couverture d’un livre.
Au frontispice, sur un fond noir semé de nœuds coupés d’or, se détache en rouge un lion de taille gigantespe, accroupi sur une haire, qui porte à sa gueule les armes ci-dessus décrites et qui tient sur sa tête, avec ses pattes, un livre à la devise DEl.EAR PRIVS. — Dans l’encadrement du frontispice se lisent les mots : « Dirupisti Domine
(1) Je n’ai pu déterminer quels sont ces trois objets d’or. On verra plus loin que ce sont apparemment des cailloux.
MANUSCRITS DE BELGIQUE
vincula mea; tibi sacrificabo hostiam laudis et nomen Domini invocabo. »
Outre le frontispice, il y a une douzaine de peintures d’une finesse et d’une perfection vraiment admirables. Sur chacune de ces peintures, au premier plan du tableau, le possesseur est représenté en haire, avec un livre dont la couverture porte la devise : DELEAR PRIVS.
Voici le sujet des tableaux :
L’annonciation, la visitation, la nativité, l’apparition de l’ange aux bergers, l’adoration des mages, la présentation au temple, la fuite en Égypte, l’Assomption, Jésus-Christ en croix, la descente du Saint-Esprit, David, âmes précipitées dans l’enfer pendant que d’autres âmes sont enlevées au ciel.
Je laisse aux historiens du Rerry le soin de découvrir pour quel personnage a été fait ce magnifique volume. Les armes ci-dessus décrites semblent se rapportera un membre de la famille Lalemant. En effet, cette famille portait de gueules au chevron d’or, accompagné de trois roses d’argent, ce qui est exactement conforme au premier et au dernier quartier de Fécartelé du manuscrit de La Haye. Jean Lalemant, chevalier de l’ordre de Notre-Dame delà Table ronde de Bourges, mort en 1494, avait épousé Marie Petit, dont les armes étaient d’azur à une croix nillée d’argent, accompagnée de trois cailloux d’or (1), ce qui se rapproche singulièrement du deuxième et du troisième quartier de l’écartelé de La Haye. Je ne puis malheureusement pas expliquer l’écusson peint sur le tout, et qui est semblable aux armes de la famille de Comborn.
Jean Lalemant le jeune, fils de de Jean Lalemant et de Marie Petit, fut maire de Bourges en 1510. H fut con-
(1) Thaumas de la Thaumassière , Histoire de Berry, p. 1078 et 1079.
ET DE HOLLANDE 237
damné en 1535 pour malversations commises dans son office de trésorier de Languedoc (i).
11 y a à la Bibliothèque de La Haye, exposé dans une vitrine, un autre livre d’heures dont l’origine pourra, je pense, être déterminée d’après les particularités suivantes. — C’est un beau manuscrit de la fin du xv" siècle. Il a été fait pour un homme d’église, dont les traits dénotent un âge déjà assez avancé et qui paraît avoir eu pour patron saint Antoine, pour devise les mots PAR MON PLAISIR, et pour armes un écu parti: I parti, au 1 d’azur aux fleurs de lis d'or sans nombre ; au 2 de gueules au lion d’or lampassé et armé de sable ; — II pallé d’or et de gueules.
XXIl. Livre de prières de Catherine de Médicis. — (Ms. 245 de la Bibliothèque royale de La Haye.)
, Ce petit livre de prières est un des morceaux calligraphiques les plus remarquables que nous ait laissés le xvi® siècle. Il a conservé sa reliure originale en maroquin noir orné de vases, de torches et d’un chiffre formé de deux OC enlacés avec un H. Les fermoirs se composent du même chiffre, ciselé à jour et accompagné de la devise:
SIC MEMOR EXTINCTI.
XXIII. Papiers numismatiques de Peiresc. ~ (Ms. du Muséum Meermanno-Westreenianum, à La Haye.)
Deux volumes de ce musée, reliés aux armes et au chiffre de Harlay, contiennent les papiers numismatiques de Peiresc. L’un est particulièrement relatif à l’antiquité ; l’autre aux monnaies des Gaulois et des peuples modernes.
(1) Journal d'un bourgeois de Paris, sous le règne de François /er publié par L. Lalanne, p. 453 et 456.
!â38 MANUSCRITS DE BELGIQUE ET DE HOLLANDE
11 y a là de curieux renseignements sur Fhistoire des collections du xvii® siècle. On y trouve les catalogues imprimés des cabinets de plusieurs curieux, notamment de M. du Périer. — Description de monnaies gauloises rassemblées à Rouen chez Bigot. — Détails très précis sur les achats et les échanges que faisait Peiresc, sur les marchés dans lesquels il intervenait comme arbitre, sur les nouvelles numismatiques qui arrivaient à sa connaissance.