‹ Mélanges de paléographie et de bibliographieChapitre 42 sur 76 · Ung autre livre couvert de drap damas rouge, à deux · texte numérisé non relu

Ung autre livre couvert de drap damas rouge, à deux

(1) Barrois, Biblioth. protypographique, p. 147, n® 917.

(2) Ibid,, p. 294, n» 2068.

TRADUITS POUR CHARLES V

meil, intitulé ou dehors :

G’eST le LIVRE DE POLI- TiCQUES, comançant au second feuillet après la table quant ung home, et au dernier home est naturelment (1).

cloans de leton, bien richement historié, et intitulé :

Les Politiques d’Aristote EN FRANÇOIS, comenchant ou second feuillet coman ung home, et finissant ou derrenier contenant huit livres (2).

Les volumes ainsi désignés étaient, à n’en pas douter, ceux que je cherchais comme ayant primitivement appartenu à Charles V. Il était donc évident que ces volumes se trouvaient encore en 1487 dans la librairie des ducs de Bourgogne. En visitant récemment les grandes bibliothèques de la Belgique et de la Hollande, j’avais bien l’espoir d’en retrouver les traces dans les dépôts qui ont recueilli les principaux débris des collections de Charles le Téméraire et de ses prédécesseurs. Mon attente n’a pas été trompée.

A Bruxelles, M. Ruelens m’a mis entre les mains le ms. 11201 de la Bibliothèque royale, petit volume renfermant les Politiques et les Économiques, dans lequel je lus les mots quant ung homme au haut du second feuillet, et les mots homme est naturelment au haut du dernier. C’était incontestablement le second tome de l’exemplaire portatif d’Aristote à l’usage de Charles V. Un examen plus approfondi m’y fit retrouver tous les détails énoncés dans les inventaires précédemment cités. Si cette preuve n’était pas par elle-même absolument décisive, le volume nous aurait donné le moyen d’y suppléer. En effet, il porte, pour ainsi dire à chaque page, l’empreinte de sa royale origine, notamment auxfeuiilets 36 et 77, qui sont ornés de peintures à encadrements tricolores, et il a été exécuté par Raoulet d’Orléans, le copiste attitré de Charles V et des princes du sang.

(1) Barrois, Biblioth. protypographique, p. 147, n® 913.

(2) Ibid., n® 2067.

OUVRAGES d’ ARISTOTE

Quant au premier tome de ce petit Aristote, que nous avons laissé en 1487 dans la succession de Charles le Téméraire, il est arrivé, après bien des vicissitudes, dans le cabinet du baron de Westreenen, à La Haye. C’est là que, grâce à l’obligeance de M. Campbell, j’ai pu l’étudier et constater, d’une part, qu’il répond à toutes les énonciations des anciens inventaires ; d’autre part, qu’il est, en réalité, le complément du ms. 11201 de Bruxelles.

Je dis qu’il répond aux énonciations des anciens inventaires : car il est « très beau, bien historié, écrit de menue lettre de forme, à deux colonnes ; le second feuillet commence par les mots E hrief car en grec, et le dernier par les mots le livre des Politiques; enfin, sur la dernière page, les traces de la signature de Charles V sont encore parfaitement visibles, malgré le grattage auquel elle a été soumise.

J’ajoute qu’il est bien le frère du manuscrit conservé Bruxelles, sous le n° 11201. Comme lui, il est haut de 220 millimètres et large de 155 (1) ; comme lui, il est orné d’insignes royaux, d’un écu fleurdelisé, porté par deux séraphins, à moitié effacé, au bas du fol. 5 ; comme lui, il a été copié par Baoulet d’Orléans, en 1376.

A elle seule, cette dernière circonstance suffirait pour nous faire préjuger que nous avons sous les yeux un volume exécuté pour Charles V. De pièces de comptabilité, dont il nous reste de trop courts extraits, il résulte, en effet, que le roi Charles V s’adressa à Baoulet d’Orléans pour avoir une copie de la traduction d’Aristote, et que cette copie était en cours d’exécution en 1376 (2).

(1) Le manuscrit de Bruxelles a 230 millimètres de hauteur et 150 de largeur. La différence entre ces mesures et celles du manuscril de La Haye tient à ce que les marges ont été plus ou moins atteintes par le couteau des relieurs à l’époque moderne.

(2) Le Cabinet des manuscrits, T, 36. L’extrait de compte qui nous est parvenu porte MCCCLXXI; mais il faut certainement lire MGCCLXXVI. La traduction de Nicole Oresme était à peine commencée en 1371.

TRADUITS POUR CHARLES V

Voilà donc authentiquement retrouvés à Paris dans le cabinet de M. le comte de Wasiers, à Bruxelles dans la Bibliothèque royale, et à La Haye dans le musée Westreenen, les quatre volumes des deux exemplaires que Charles V a possédés des Éthiques, des Politiques et des Économiques d’Aristote en français. De son côté, la ville d’Avranches a recueilli, dans les dépouilles de l’abbaye de Mont-Saint- Michel, la copie des Politiques et des Économiques qui a appartenu à Henri Oresme et sur laquelle ont été successivement consignées, à plusieurs reprises, les différentes couches d’additions et de corrections qui correspondent aux divers étals de l’avancement du travail de révision et qui ont permis de distribuer en trois familles les nombreux manuscrits de cet ouvrage (1).

C’est à ces sources que devront désormais puiser les philologues, les historiens et les philosophes^ quand ils voudront goûter dans sa pureté naïve le travail de Nicole Oresme. L’importance de ces textes justifiera, je l’espère, la longueur du voyage que je vous ai fait faire. Messieurs, pour en découvrir les exemplaires vraiment originaux. Puisse un tel résultat montrer combien il est utile de rechercher les volumes de l’ancienne librairie du Louvre, que les caprices du hasard ont dispersés loin du dépôt qui en est le représentant légitime et direct. C’est pour nous une occasion de rendre encore une fois hommage

(1) Voyez à ce sujet un mémoire inséré dans la Bibliothèque de l'École des chartes, année 1869, 6® série, t. V, p. 601, et reproduit à la fin du tome II de mon Inventaire des manuscrits français. — Aux exemplaires de la Bibliothèque nationale que j’ai passés en revue et à ceux qui font l’objet de cette notice, il convient d’ajouter le volume qui forme les no® 9089 et 9090 de la Bibliothèque royale de Belgique et qui renferme à la fois les Éthiques et les Politiques. Dans ce manuscrit le texte des Politiques paraît appartenir à la deuxième famille. J’y ai noté comme premiers mots du second feuillet ou premier chappitre, ou bien plus dure et en, si on ne tient pas compte de la table.

OUVRAGES d'aRISTOTE

k Famour de Charles V pour les lettres, et de reconnaître le service qu’il a rendu à ses contemporains et à la postérité en amassant un trésor bibliographique, dont les moindres fragments sont à garder comme de précieuses reliques. Notre gratitude doit encore s’étendre aux auteurs qui ont entendu Fappel d’un roi curieux d’avoir en français les meilleurs livres latins, et aux gardes, tels que Gilles Malet et Jean le Bègue, dont les inventaires sont pour nous des fils conducteurs, à l’aide desquels nous pouvons, après une révolution de cinq siècles, rétablir l’ordre ancien et reconstituer Fétat civil des volumes les plus dépaysés et les plus mutilés, si bien qu’en donnant par un effort d’imagination k notre jurisprudence moderne un effet rétroactif et un caractère international, nous serions fondés k réclamer aux possesseurs actuels les deux manuscrits dont le duc d’Anjou donna un récépissé k Gilles Malet, le 7 octobre 1380.

N’est-il pas juste aussi de payer un tribut d’admiration aux copistes, dont la patience et l’habileté, tant de fois vantées, ne sauraient être assez exaltées, puisqu’au prix de labeurs opiniâtres, ils nous ont transmis l’héritage lillétaire et scientifique de l’antiquité et du moyen âge. Qu’il me soit donc permis, k propos des manuscrits dont je vous ai entretenus, de recommander k votre attention. Messieurs, le nom d’un copiste qui peut être associé k celui de Nicole Oresme, puisque nous lui devons le plus élégant exemplaire de la traduction et des commentaires des Éthiques, des Politiques et des Économiques d’Aristote. Il s’agit de Raoulet d’Orléans, qui partagea avec Henri du Trevou l’honneur de copier les plus beaux livres de Charles V.

Un heureux concours de circonstances nous a conservé une partie considérable de l’œuvre de ce copiste, qui fut une des gloires de l’école calligraphique de Paris dans la seconde moitié du xiv® siècle.

TRADUITS POUR CHARLES V 271

Les livres sur lesquels j’ai relevé le nom de Raoulet d’Orléans (1) sont au nombre de neuf.

Le plus ancien était une Moralité des nobles hommes et des gens du peuple sur le jeu des échecs, terminée par ces mots : « Et fu escript de Raoulet d’Orléans, l’an de grâce mil III c LX et VIL » L’existence en est attestée par une copie du XV® siècle, ms. français 1 169 delà Bibl. nat., dans laquelle a été servilement reproduite la souscription de l’exemplaire exécuté en 1367 (2).

En 1371, Gervais Chrétien, premier physicien de Charles V, confiait à Raoulet d’Orléans le soin de copier une relation des voyages de Jean de Mandeville, qui prit place dans la librairie du roi et qui fait aujourd’hui partie des collections du comte d’Ashburnham. On lit à la fin : « Escript par Raoulet d’Orliçns, Tan de grâce mil GGGLXXI, le XVIII jour de septembre (3).

Un autre serviteur de Gharles V, Jean de Vaudetar, s’adressa pareillement à Raoulet d’Orléans, pour copier l’admirable bible qu’il offrit à Gharles V, le 28 mars 1372, et que le baron de Westreenen a eu la bonne fortune de recueillir (4). Le copiste, en terminant ce volume, qui n’a pas moins de 1160 pages, à deux colonnes, a tenu à nous avertir qu’il avait précédemment copié trois autres bibles, plus une demi-bible :

... Raoulet d’Orliens qui l’escrist,

Qui rent grâces à Jhesu Crist

Et dit, puisqu’il issi d’enfance,

(1) Je ne saurais dire si Raoulet d’Orléans se rattachait à la famille des peintres Jean et Girard d’Orléans dont s’est occupé M. l’abbé Valentin Dufour, dans le volume intitulé Une famille de peintres parisiens aux Xi F® et XV^ siècles. Paris, 1877. ïn-8.

(2) Voyez mon Inventaire des manuscrits français de la Bibl. nat. y t. II, p. 342.

,(3) Ibid.^ pp. 342 et 343.

(4) Voyez plus haut, p. 224.

OUVRAGES d’aRISTOTE

Que c’est la quarte pour certain Qu’il a escripte de sa main,

Et la moitié d’une pour voir,

Que l’en doit bien ramentevoir,

Qui fu faite pour excellans Princes Charles, le roy des Frans,

Que Dieux vueille si bien conduyre Qu’ennemy ne li puisse nuyre.

En 1376, Raoulet d’Orléans travaillait pour Charles Và l’exemplaire portatif des Éthiques, des Politiques et des Économiques en français, dont les deux volumes, comme je l’ai dit tout à l’heure, sont aujourd’hui partagés entre la Bibliothèque royale de Bruxelles et le musée Meermanno-Westreenien de La Haye.

Beaucoup plus tard, en 1396, il achevait, pour Louis, duc d’Orléans, un volume du Miroir historial (ms. français 312 de notre Bibliothèque nationale), à la fin duquel il mettait son nom et deux méchants vers : « Escript par Raoulet d’Orliens, l’an mil trois cens quatre vins et seize. »

Parfait, à Dieu grâces rendy,

De juing le premier vendredy.

Enfin, à des dates incertaines, il signait une copie du Pèlerinage de l’âme (ms. français 12466 de la Bibliothèque nationale), il ajoutait une oraison en versa un livre d’heures que possède le Musée britannique (add. ms. 16420), et il transcrivait pour Jean de Langres, émailleur, une traduction en vers de la Consolation de Boëce que la Bibliothèque nationale a acquise en 1872 (1).

Ainsi, nous possédons, ou du moins nous connaissons, treize volumes, dont plusieurs forts gros, qui ont tous été

(1) Voyez mon Inventaire des manuscrits français de lu Bibl. nat. l. II. pp. 341-343 el 344.

TRADUITS POUR CHARLES V

copiés par le même calligraphe, et par un calligraphe du plus grand talent. Ce n’est là vraisemblablement qu’une faible partie de la tâche accomplie par cet infatigable écrivain. Les souscriptions rimées qu’il a ajoutées à quelques-uns de ces volumes nous laissent entrevoir avec quelle étonnante rapidité il exécutait toutes ces copies, merveilleuses de régularité, d’élégance et de finesse.

Il y a donc une véritable exagération à supposer, comme on le répète souvent, que la copie d’un grand manuscrit de de nos bibliothèques représente toute une vie de travail. Nous n’en devons pas moins admirer les œuvres accomplies par les copistes, et recueillir pieusement les noms des scribes, religieux ou laïques, qui ont également bien mérité de la science, soit qu’ils aient, pendant les premiers siècles du moyen âge, vécu obscurément au fond des cloîtres, soit qu’ils aient, à partir du xiii® siècle, peuplé ces ateliers, cléricaux ou bourgeois, où venaient affluer les commandes des prélats, des professeurs, des princes ou des rois. Les uns et les autres ont également droit à notre respect : ils ont été les précurseurs des grands typographes du XV® et du xvi^’ siècle; ils ont, comme ceux-ci, beaucoup fait pour le maintien, le progrès et la propagation des connaissances humaines.

Comme pièce justificative, je publie la description des quatre manuscrits qui ont donné lieu à la notice qu’on vient de lire.

Les Éthiques en français»

Ms. 9505 de la Bibliothèque royale à Bruxelles.

Volume sur parchemin, de 224 feuillets, hauts de 327 millimètres et larges de 225. — Le texte est copié en assez gros caractères sur deux colonnes fort étroites, puisque chacune d’elles n’a guère plus de 25 millimètres de largeur. Les com-

OUVRAGES d’aKISTOTE

mentaires, en caractères plus menus, disposés au haut, en bas et sur les deux côtés des pages, forment des encadrements analogues à ceux des livres de droit civil et canon qui servaient dans les écoles du moyen âge.

Fol. 1. « Ci commence la translacion des livres des Ethiques et Politiques, translatez par maistre Nichole Oresme. » — Premières syllabes du fol. 2 : « très qui très... »

Fol. 221 v». « Ci fine le livre d’Ethiques. »

Fol. 222. c( La table des moz divers et estranges. o Fol. 224. « Du commandement de très noble, puissant et excellent prince Charles, par la grâce de Dieu roy de France, fu cest livre cy translaté de laiin en françois par honorable homme et discret maistre Nicole Oresme, maistre en theo^ iogie et doien de Peglise de Nostre Dame de Rouen, l’an de grâce MCCCLXXII. y> — Les premiers mots de ce dernier feuillet sont : « la puissance. .. »

Indication des peintures :

Fol. 1. Petite miniature à encadrement tricolore.

Fol. 2 v°. En tête du livre I, peinture à encadrements tricolores, et divisée en quatre compartiments . 1. Nicole Oresme offrant son livre au roi. — IL Le roi et la reine assis ; une fille auprès de la reine ; deux garçons derrière le roi. — III. Un professeur en chaire, expliquant un livre à un auditoire assis ; le roi est au nombre des auditeurs . — IV. Un maître enseignant à des écoliers.

Fol. 24. En tête du li\Te II, petite miniature à encadrement tricolore : la vertu entre deux vices^* savoir « superhabondance ou trop, » et « deffaute ou peu ».

Fol. 39. En tête du livre III, petite miniature encadrée de bandes tricolores : « Fortitude » et ce Attrempance ».

Fol. 66. En tête du livre IV, petite miniature à encadrement tricolore : « Libéralité, » et v le Magnanime ».

Fol. 89. En tête du livre V, miniature à trois compartiments, dont les deux derniers sont encadrés de bandes tricolores : I. « Justice legal, » ayant à ses pieds ce Fortitude, Justice particulière. Mansuétude, Entrepesie ». — IL « Justice distributive ». — III. O Justice commutative ».

Fol. 115 v®. En tète du livre VI, miniature à encadrement

TRADUITS POUR CHARLES V 275

tricolore : « Art » et « Sapience » . L’Art est représenté par un forgeron.

Fol. 132. Entête du livre VII, miniature à encadrement tricolore : « le Continent » et « l’incontinent » entre « Raison » et « Concupiscence » .

Fol. 157. En tête du livre VIII, miniature à encadrement tricolore, représentant « l’Amistié ».

Fol. 177 v®. Entête du livre IX, miniature à encadrement tricolore, représentant oDeux Amis ».

Fol. lOSv®. En tête du livre X, miniature à encadrement tricolore, représentant « la Félicité ».

Le ms. 9505 de Bruxelles figure sur le plus ancien inventaire de la librairie du Louvre; il fut remis le 7 octobre 1380 au duc d’Anjou, et dut entrer un peu plus tard dans la bibliothèque des ducs de Bourgogne, comme on Ta vu par les articles d’inventaires qui ont été rapportés plus haut.

Les Politiques et les Économiques en français.

Manuscrit de M. le comte de Wasiers.

Volume sur parchemin, de 396 feuillets, hauts de 315 millimètres et larges de 210. Texte et commentaires copiés et disposés comme dans le ma. 9505 de Bruxelles, qui vient d’être décrit. La copie exécutée avec soin a été soumise à une révision attentive, comme l’atteste la note Cor. {Correclus), inscrite au bas de la dernière page de chaque cahier, dans l’angle inférieur du côté gauche.

Les différentes parties de l’ouvrage de Nicole Oresme se succèdent dans l’ordre suivant :

Fol. 1. Dédicace du traducteur. « A très souverain et très excellent prince Charles le quint de ce nom, par la grâce de Dieu roy de France, Nicolas Oresme, doien de vostre eglise de Rouen, vostre humble chapellain, honeur, obedience et subjeccion... — ... Ci fine léprologue du translateur. »

Fol. 1 V". Avertissement sur la disposition des matières contenues dans le livre. « L’en peut veoir clerement les matières tractiées en cest livre... — ... Ci fine l’instruction du livre. »

OUVRAGES d’aRISTOTE

Fol. 2. Autre avertissement sur les six espèces de gouvernement. (( Aristote traicte en cest livre appelîé Politiques, principalment de policies... — ... Ci fine la seconde instruccion ou declaracion des vi policies qui sont contenues en cest livre, et lesquelles sont pourtraites et figurées cy après au commencement de tout le livre. »

Fol. 4. Livre I des Politiques.

Fol. 32. Livre IL

Fol. 75. Livre III.

Fol. 128. Livre IV.

Fol. 172. Livre V.

Fol. 232. Livre VI.

Fol. 256. Livre VII.

Fol. 329. Livre VIII.

Fol. 352. Notables choses du livre VIII. a En cest VHP livre sont aucunes choses assez notables, et ou texte et en la glose, desquelles aucunes sont ici designées. . . »

Fol. 352 v“. « Ci après s’ensuivent les exposicions d’aucuns moz qui sont en cest VHP livre de Politiques. Agonie, Agonhadon ei Agonhement sont une chose, et Agonizer est faire celle chose, et est exercitacion pour faire les corps agiles et fors... — ... Rime en glose, et de ce fu dit en le huitiesme chapitre. Ci finent les exposicions d’aucuns moz qui sont ou VHP livre. »

Fol. 353. Notables choses de l’ouvrage. « Par les intitulacions des livres et des chapitres l’en peut veoir les matières de tout le livre, et en quelz lieux elles sont traittées ; mais avecques ce sont pluseurs choses notables, tant ou texte comme es gloses, desquelles aucunes sont ci après designées en table selon fa b c... »

Fol. 367. « Ci après commence la table des exposicions des fors moz contenuz en cest livre de Politiques, et s’en va selon l’ordre de l’a b c. En chascun art et en chascune science sont aucuns termes... » — Fol. 372. «... Ci fine la table des moz exposez qui sont escripz parmy les VIII livres de Politiques. »

Fol. 373. Livre I des Économiques.

Fol. 384. Livre II.

TRADUITS POUR CHARLES V

Le texte de ce manuscrit doit être rattaché, sans aucune hésitation, à la première famille des copies des Politiques et des Économiques, celle qui nous offre l’état primitif du travail de Nicole Oresme et dont le seul représentant jusqu’ici signalé était le manuscrit français 9106 de la Bibliothèque nationale, exécuté pour le duc de Berry. Les seules différences qu'il importe de signaler, c’est que le manuscrit de M. le comte de Wasiers ne renferme point les tables et les glossaires spéciaux qu’on trouve dans le ms. 9106 à la fin des livres III, IV et V ; mais il contient, à la suite du livre VIII, une table des notables choses et un glossaire particulier, qui manquent dans tous les exemplaires de la Bibliothèque nationale, et que j’ai eu l’occasion de remarquer au fol. 311 du ms. d’Avrancbes

Les peintures, qui ne forment pas la partie la moins intéressante du volume de M. le comte de Wasiers, sont au nombre de dix-sept. Je vais les indiquer en peu de mots.

Fol. 1. Petite miniature à encadrement tricolore : Nicole Oresme écrivant sur un rouleau ; fond rougeâtre, lozangé, avec une fleur de lis dans chaque lozange. — Au bas de la page, écu d’azur à fleurs de lis sans nombre.

Fol. 3 v“. Grande peinture, divisée en trois bandes, dans chacune desquelles est représentée l’une des trois policies corrompues : Tyrannie, oligarchie, démocratie.

Fol. 4. Grande peinture, en trois bandes, ou sont représentées les trois saines policies : Royaume, aristocratie, tymocratie.

Fol. 4 v°. Petite miniature à encadrement tricolore : l’auteur offrant son livre au roi Charles V.

Fol 32 \\ Deux miniatures, à encadrements tricolores, à fonds fleurdelisés, l’un bleuâtre, l’autre rougeâtre. — La première représente « Socrates » et « PJato ; » le seconde, « Felleas. » — Au bas de la page, deux écus d’azur à trois fleurs de lis d’or.

Fol. 33. Miniature à encadrement tricolore, contenant l’image de « Ypodamus. » — Au bas de la page, écu d’azur â trois fleurs de lis d’or.

Fol. 75. Tableau divisé en quatre compartiments encadrés de

OmilAGES d’aRISTOTE

bandes tricolores. Je ne puis définir les quatre scènes représentées sur ce tableau ; l’équivalent s’en retrouve, avec quelques variantes, dans l’exemplaire de la Politique qui vient de la bibliothèque du duc de Berry, ms. français 9106 de la Bibbothèque nationale, fol. 68. — Au bas de la page, deux écus d’azur à trois fleurs de lis d’or.

Fol. 128. Grand tableau divisé en six compartiments, dans lesquels se voient la bonne et la mauvaise policie des pauvres, des moyens et des riches.

Fol. 172. Grande peinture, représentant, d’une part, une « sedicion ou conspiracion occulte, » pendant une fête de de la cour, et, d’autre part, une « sedicion apperte, d pendant que le prince est enfermé dans son château.

Fol. 232. Grande peinture, représentant les travaux des champs.

Fol. 256. Grand tableau divisé en six compartiments : dans les trois du haut sont les états qui font partie de la cité : « Genz d’armes, genz de conseil, gent sacerdotal ; » dans les trois du bas, les états qui ne font pas partie de la cité : G Cultiveus de terre, genz de mestier, marcheans . »

Fol. 329. Trois petits tableaux à encadrements tricolores : G Trop dure discipline, — Bonne discipline pour les armes, — Bonne discipline pour bonne meurs. » — Au bas de la page, écu d’azur à trois fleurs de lis d’or.

Fol. 373. Tableau représentant, d’une part, un laboureur à sa charrue, d’autre part, une paysanne dans sa chaumière filant sa quenouille et allaitant un enfant.

Fol. 384. Petite miniature à encadrement tricolore, représentant une bénédiction nuptiale.

Les Éthiques en français.

Manuscrit du Muséum Meermanuo-Weslreanianum à La Haye.

Petit volume sur parchemin, dont les feuillets non chiffrés sont hauts de 220 millimètres et larges de 155

TRADUITS POUD CHARLES V

Fol. 1. Exposition de quelques mots obscurs. « Pour ceste science plus clerement entendre... » — Le fol. 2 commence par les mots « E brief, car en grec ilzsont escriz en diverses maniérés... »

Fol. 5. <( Ci commence le livre de Ethiques, et premièrement le prologue du translateur. En la confiance de l’ayde de Nostre Seigneur... »

Sur la dernière page, qui commence par les mois : « le livre de Politiques, qui ensuit cestui et joint à luy..., » on lit cette souscription finale : « Ci fine le livre d’Elhiques, lequel fit faire très noble, très excellent et vray catholique prince Charles le quint par la grâce et loenge de Dieu roy de France, et Pescripst Raoulet d’Orliens, ranMCCCLXXVI. Deo gracias. » Suivait une note tracée et signée de la main de Charles V, laquelle a été effacée. On y a substitué le nom do PHILIPPE DE CLÈVES.

Voici l’indication des peintures, qui toutes sont remarquables :

Sur le fol. 5, au commencement du texte, peinture à deux compartiments. -- Dans le compartiment supérieur, Nicole Oresme offre son ouvrage à Charles V, dont le portrait est reconnaissable. Ces paroles sortent de la bouche du roi : « Dedicor meum ut scirem disciplinain atque doctrinam. » Paroles mises dans la bouche de Nicole Oresme : « Accipite disciplinam magis quani pecuniam, et docirinam magis quam thesaurumeligite. » — Dans le compartiment inférieur, la Félicité humaine, avec cette devise : « Stans omnium bonorum agregacione perfectus. » — Au bas de la page était l’écu royal, supporté par deux séraphins.

En tête du livre II, la « Vertu » entre « Bonne volenté » et a Cognoissance. » — « Le Vice excès, » et « le Vice deffaute ».

En tête du livre III, peinture à deux compartiments. — Dans le compartiment supérieur, trois cavaliers « trop hardi, preuz, couart, » symbolisent a oultrecuidance, fortitude, couardie. » — Dans le compartiment inférieur, « désattrempance, attrempance, insensibilité. »

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