‹ Melanges de philologieChapitre 100 sur 143 · Je prie le lecteur de faire bien attention à ce mot · texte numérisé non relu

Je prie le lecteur de faire bien attention à ce mot

3. <( J'ai fait voir qu'on parle ici à une vieille serrante {anus ancilla)^ et c|iie mala ataé conserve son sens ordinaire et rigoureux. Il faudrait nier le fait, ou dire que cette interprétation est impossible* »

peut s'appliquer aussi bien au jeune âge qu'à un âge avancé. En effet, œtas exprime la durée de la vie, l'enfance, l'adolescence, la jeunesse, la vieillesse. Mala œtas est naturellement le mauvais âge. Or \9l jeunesse peut être ce mauvais âge par son inexpérience naturelle, par le flux et le reflux des passions qui l'agitent, etc., comme la vieillesse par les incommodités et les ennuis qui l'assiègent. Cela dépend de l'aspect défavorable sous lequel on l'envisage, du point de vue désavantageux duquel on le considère. Mala œtas, pris isolément, est une chose indéfinie, qui ne peut 86 déterminer que par l'entourage et par les circonstances décrites dans la phrase. Or toutes les circonstances du passage qui nous occupe prou* vent que mala œtas y désigne la jeunesse^ et nullement la vieillesse^. »

Voilà une argumentation en forme, et qui rend bien clairement la pensée des auteurs. Malheureusement elle porte à faux, selon moi, et c'est dépenser beaucoup de sagacité en pure perte. Dès qu'on nie ce qui fait la base du raisonnement, dès qu'on substitue une traduction de fantaisie et trouvée pour le besoin de la cause, à une traduction qui me paraît invariable et nécessaire, enfin dès que l'on conteste ce qui, à mes yeux, est incontestable, je ne saurais suivre la critique sur ce terrain, et je m'en réfère à nos juges communs. 11 fut un temps ou je croyais, comme beaucoup d'autres, que les commentateurs modernes entendaient mieux le latin que les commentateurs anciens. Je suis d'avis maintenant que nous devons être plus modestes. J'ai vu, par exemple, que les secrets de la langue de la République ne nous ont été révélés que par des auteurs latins, grammairiens et archéologues, Yarron, Festus, Aulu-Gelle, Macrobe et Nonius Marcellus. A cet égard, ils sont la source de toute l'érudition du XVI* siècle.

J'en croirais donc Nonius s'il ne faisait qu'affirmer le sens d'une ancienne locution, mala œtas. Mais il ne se borne pas à une assertion : il cite des exemples à l'appui. Par bonheur ces exemples nous sont parvenus, parce qu'ils se trouvaient au commencement de l'ouvrage. Puisqu'on persiste à regarder ces citations comme non avenues et à les dissimuler; comme on ne produit, de mala œtas^ qu'un exemple de Plante, balancé, dit-on, par un autre exemple du même poëte, je ne puis mieux faire que de mettre sous les yeux du lecteur le passage même du granmiairien. Ce sera ma seule réponse.

tt Malam œtatem, senectutem veteres dixerunt. Plautus Menœchmis :

Gonsitus sum Senectute; onustum gero corpus; vires Rellquere. Ut œtas mala, merx mala est tergo !

« Attius Amphitryone :

An mala œtate mavis maie mulcari exemplis omnibus ?

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