Mort d'Hector
4. Un cheval colossal inondera Troie de soldats, qui causeront la ruine de la ville.
Heu heu, cemite 1 Judicat inclytum Judicium inter deas très aliquis :
Quo judicio Lacedœmonia Mulier, Furiarum una adveniet.
Jamque mari magno classis cita Teziiur; exitiûm examen rapit :
Advenit, et fera velivolantibus Navihu' complevit manu* littora.
lux TrojfiP, germane Hector I Quid te ita lacero corpore contuo?
Aut qui te sic tractavere Miserum respectantibu* nobis?
Nam superabit maximu' saltu Equus, armatis gravidus, qui suc Ardua partu Pcrgama perdat.
Assurément ces fragments ne se suivaient pas ; je n'aurai pas la témé rite de chercher à remplir les lacunes.
SUR LE PRETENDU FRAGBIENT D'uNE SATIRE DU POETE TURNUS.
II ne safSt pas qu'une erreur soit signalée pour disparaître de la circulation. Souvent il faut revenir bien des fois à la charge, avant que la lumière arrive à tous les yeux. Gela est vrai surtout pour des faits peu importants, qui ont été détruits par la science ou l'érudition , mais dans des ouvrages peu répandus. Je borne ces observations générales aux littératures anciennes. L'antiquité a déjà bien assez de mystères : il est fâcheux que les vérités méconnues s'ajoutent pour nous aux ténèbres que nous ne pouvons percer.
Il y a deux siècles qu'une pièce de vers latins a été composée par un Français, qui, dans une circonstance que j'expliquerai, a voulu la faire passer pour un fragment d'un poète ancien. Restée dans l'obscurité pendant un siècle, elle en fut tirée par un savant. Elle a eu des admirateurs, des patrons, des commentateurs. Enfin, de notre temps, la fraude a été dévoilée ; mais l'erreur n'est pas encore tout à fait vaincue. Je voudrais aider au triomphe définitif de la vérité en faisant connaître complètement cette petite histoire. On verra que la responsabilité doit être paitagée; et même les plus grands torts ne sont peut-être pas du côté qu'on pense.
Il exista dans la seconde moitié du premier siècle de notre ère un satirique latin, nommé Turnus, que les écrivains de l'époque tenaient en grande estime, et qu'on plaçait à côté de Perse et de Juvénal.
Martial le cite avec distinction dans deux endroits :
Nam me diligit ille, proximumque Tumi nobilibus leget libellis.
{Epigr. VII, 97, 7.)
Contulit ad satiras ingontia pectora Turnus.
(Epigr. X, fO.)
Rutilias Nomatianus le met 8ur la même ligne que Juvénal :
Higus vulniflcis, salira ludente, camenis Nec Tumus potior, nec Juvenalis erit.
(Itiner. I, 603.)
Sidoine Apollinaire le mentionne parmi les poètes illustres de Rome :
Non Lucilius hic, Lucretiusque est; Non Tumus, Memor, Ennius, Catullus, Stella, et Septimius, Petroniusque, Aut mordax sine fine Martialls.
{Carm. IX, 266.)
Enfin Joannes Lydus, énumérant les satiriques latins, cite Tumus à côté de Perse, de Juvénal, de Pétrone, et il leur reproche d*être sortis, parleur virulence, des limites du genre ^
Après des témoignages aussi flatteurs, il est bien permis de penser que Tumus est compris dans Tallusion faite par Quintilien aux satiriques de son temps. Sans les nommer, il les désigne, et leur promet Timmortalité : r« Sunt clari hodieque, et qui olim nominabuntur K »
.De ce poëte, considéré et vanté par ses contemporains, que reste-t-il ? Rien, ou presque rien, deux vers, qui nous ont été conservés par le scholiastc de Juvénal ; et encore, deux vers tellement corronjpus, qu'il faut, ce semble, désespérer de restituer le second. Ils sont curieux cependant en ce qu'ils présentent les noms de Locuste et de Néron, et une allusion manifeste à l'empoisonnement de Britannicus ^.
Assez récemment on a ajouté à ce léger bagage une trentaine de vers modernes.
Balzac, qui cultivait avec talent et succès la poésie latine, a composé une déclamation contre les vices et les crimes du règne de Néron, et il s'est permis quelque part de l'attribuer à un poëte du temps. Je le laisse établir sa fable :
« Le fragment qui est après l'Ëpigramme a esté tiré d'un parchemin pourry en plusieurs endroits, et à demy mangé de vieillesse. Il faut que le
i. Toûpvo; Se xal *Iou6evàXio;^ xal IleTptôvio;, aOtoOev tat; XoiSopCot; i?re^eX66vTe;, xàv ooTvpixàv v6(iov TiapéTpwffav, {De Magistratibus reipublicœ romanœ, lib. I, c. 41.)