‹ Melanges de philologieChapitre 107 sur 143 · Instit. orat, X · texte numérisé non relu

Instit. orat, X

3. « Locustam ex Gâlliis matronam yeneficam Nero exhibait (lege excivit) ad se^ propier Tonena cooticienda, quoniam magnœ famœ erat, et ia familiaritate habuit^ ut etiam eam doceret veaena miscere. Iode ait Turaus ia Satira : Ex qua Cœsareas soboles horrida Locusta Occidit cura sui verna nota Seronis. » (Scbol. Juten. ad Salir. 1, 71.) On a proposé biea des restitutions^ dont aucune n'est satisfaisante. Je me contenterai de faire remarquer le nom Locusta {horrenda Locusta), auquel Tumus a conservé la quantité du nem commun^ suivant une loi invariable. Cependant Juvénal (i, 71) a fait dans le même mot la première syllabe longue. Je suis plutôt de l'avis de Tumus. Mais est-il bien sûr que Juvénal ait fait cette faute? Voici le vers : histituitque rudes melior Locusta propinquas. Je crois bien qu'il faut lire meliora, qui aura paru obscur, mais qui convient mieux à la langue et à l'idée. Locuste tvait perfectionné la science en faisant disparaître tout de suite les cadavres accusateur».

poëte auiheur du fragment ait escrit sous le règne de Néron, quoy que son charactère soit plus ancien, et qu'il ait cherché une autre manière et une plus noble expression que celle des escrits de ce temps-là. Mais de plus, Monsieur, nos amis du pals latin trouvent que son génie est hardy, et qu*il n'y a rien de bas en ses sentiments. S'il les en faut croire, les choses qu'il dit sont grandes de leur propre grandeur; elles n'empruntent point leur dignité de celle de la langue romaine ; elles seroient belles, disent-ils, en basque et en bas breton *. »

Ici Balzac entame une longue paraphrase du morceau qu'il va faire connaître ; il en explique le sens et en signale les beautés. Pour plus de clarté, ce commentaire est divisé en deux parties : la première ofTre le dévelop* pement des douze premiers vers, qui ensuite sont cités. Puis le commentaire est repris, et vient alors la citation des dix-huit autres vers.

Nous ne suivrons pas le soi-disant éditeur exaltant complaisamment le trésor contenu dans son parchemin pourri. Nous nous contenterons de puiser, en temps et lieu, dans son exégèse quelques explications qui pourront paraître curieuses.

Le fragment en question, dont Balzac ne cherche pas à deviner l'auteur, est une satire contre les poètes qui flattaient Néron, une violente sortie contre les Muses qui se prostituaient en faisant l'apologie de toutes les turpitudes et de tous les crimes.

Ergo famem miseram, aut epulis infusa venena,

Et popiilum exsanguem, pinguesque in funus amicos,

Et molle imperii senium sub nomiiie pacis.

Et quodcunque illis nunc aurea dicitur actas, 5. Marmoreœquc cancnt lacrimosa incendia Romœ,

Ut formosum allquid, nigrœ et solatia noctis !

Ergo re bcne gesta, et leto raatris ovantem,

Maternisque cancnt cupidum concurrere Diris,

Et Diras alias opponere, et anguibus angues, iO. Atque novos gladios pejusque ostendere letuml

Sseva canent, obscœna canent, fœdosque hymenœos

Uxoris pucri, Veneris monumcnta nefandœ.

Nil Musas cecinisse pudet, nec nominis olim

Virginei, famœque juvat meminisse prions.

i5. Ah! pudor exstinctus, doctœque infamia turbœ

Sub titulo prostant : et quels genus ab Jove summo,

Hes hominum supra eveciœ et nullius egentes,

Asse merent vili, ac sancto se corpore fœdant.

Scilicet aut Menœ faciles parère superbo, 20. Aut nutu Polycleti, et parca laude beatœ,

Usque adco maculas ai'dent in fronte récentes,

1. les Entretiens de feu Monsieur de Balzac, t. II, p. it)2, Entretien IV, ch. iv. A Leide, chez Jean Elsevier^ 1659.

Hes^ern que i«eUe vmc.a et yestigia flagri.

Quin etiam, patrem oblitœ et cognata Deorum

Numina, et antiquum castœ pietatis honorem»

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