Poeiœ latini minores^ t. II, p. 130. Paris
3. fournal de t Empire, 11 j'aoYier 1813. — Cet article fait partie du recueil dr s articles dA Boissonade (t. I, p. 320) publié par • Coliocamp. On peat Tuir, sur la question mAmt» les SoUde5 observations de rédileur.
la prétendue découverte de Balzac ; mais, encore une fois, il ne pouvait placer une telle discussion dans un journal quotidien, où il glissait une érudition solide, à condition qu'elle fût sobre et agréable.
En général, je ne puis m'empêcher de faire remarquer que les philologues éminents, comme Burmann et WernsdorfiT, assument une grande responsabilité quand ils érigent leurs conjectures en certitude. Ils entraînent la plupart des bons esprits, qui se reposent sur leurs consciencieuses recherches, et ils entravent la critique par l'autorité de leur nom.
Plus d'une fois des savants du seizième siècle supposèrent des fragments anciens, pour donner le change à des confrères. Marc-Antoine Muret, homme prodigieusement instruit, mais peu estimable, paraît avoir affectionné ce genre de mensonge. Un jour ce fut à Joseph Scaliger lui-même qu'il joua ce vilain tour. Il lui envoya quelques vers prétendus de deux poètes dramatiques, Atta et Trabéa, et Scaliger eut le petit malheur de citer comme authentiques quatorze vers de ces poètes dans son commentaire sur l'ouvrage de Re rustica^ de Yarron. Le trait est d'autant plus odieux que Jules-César Scaliger, le père de son ami, le traitait comme un fils : Muretus me vocabat fratrem, dit Joseph, quia pater illum vocabat fUium ^ Le savant qui avait été pris pour dupe se vengea par un distique sanglant ^.
Ce fait était connu de Balzac, et il en parle dans ses Entretiens ^, sans le condamner. Si la plaisanterie lui a paru innocente, il n'est pas étonnant qu'il ne se soit pas fait scrupule de l'imiter.
Nous verrons tout à l'heure s'il n'y a pas ici, en faveur du délinquant, des circonstances atténuantes. Commençons par examiner le morceau dont il s'agit, et constatons s'il méritait une aussi grande confiance de la part des éditeurs.
Burmann l'a copié dans le volume de Balzac qui a pour titre Entretiens. Wemsdorf l'a transcrit d'après Burmann, et n'a pas eu l'attention de recourir au volume lui-même, lequel n'est pas rare, puisqu'il fait partie de la collection elzévirienne. La lecture de tous les Entretiens l'aurait éclairé sur bien des points ; et même, en se bornant à celui-ci, il aurait évité de tomber dans des méprises assez piquantes. Le commentateur n'a pas toujours compris le texte qu'il expliquait! Balzac a bien le droit de le lui dire.