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nationale donne juverUœ. Le doute disparaîtra entièrement si l'on remarque que flo8 juventœ est une locution familière à notre auteur : cf.ViI,7, 1; VIII,7,9.

Sidoine Apollinaire (Epist. I, 6) : a Juste dicere potest semet peregiinatum, si semel, et in juventa, vident domicilium legum (scil. Romam)| gymnasium litterarum, etc. »

J'attache moins d'importance aux exemples en vers, parce qu'on peut toujours dire que les poètes ont eu recours à une forme archaïque pour la facilité de leur travail. Je dois néanmoins indiquer brièvement de nouveaux exemples, qui doivent figurer ici au même titre que ceux de mon ancien article.

Lucain (III, 727) : a juventœ tempore; » (VIII, 25), « acta juventœ. » — Siliu8(XVI, 405) : « flore juventœ. » — Juvénal (VI, 369): « calida juventa. — Galpumius (5, 11) : « gnavam juventam. » — Gratins (v. 265) : « pecus hoc immane juventa. » — Prudence {Symm. II, 1) : a vernantes flore juventœ. » -* Gyprien {Sodom. 43) : « ipsam fœdare juventam. » — Ju venons (I, 218) : « in flore juventœ. » -^ Dracontius {Hexaem. I, 518) : c redcunte juventâ. » — Paulin de Noie (21, 727) : « Ut a juventâ singnlariter sedens. )) — Et Sidoine Apollinaire {Carm, IX, 6) :

Quid nugas temerarias amici, Quas sparsit tenerœ jocus juventœ, In formam redigi jubés libelU ?

On voit que ce mot persiste encore dans les basses époques. Une preuve bien frappante, c'est qu'il se trouve dans un grand nombre d'épitaphes, dont la plupart sont relativement assez modernes. L'Anthologie (t. II) fournit les exemples suivants : a Et gemerem tristi damnatam sorte juventam, p. 8; subductum primœ ... juventœ, p. 30; iEmula sed nostrœ fuerint quum fata juventœ, p. 52]; puerilem implore juventam, p. 66; prima intercepta juventa, p. 87; Parce tuam fletu quassare juventam, p. 95; Quodque meœeripuit mors immatura juventœ, p. 97, » et beaucoup d'autres.

Juventus commence à se substituer à juventa dès le troisième siècle de l'Empire. Cette substitution a lieu surtout, dès lors et presque toujours, dans les auteurs ecclésiastiques. Citons, à partir des plus anciens. On lit dans Tertullien {PalL^ c. 4) : « Taceo cervum quod et ipse œtatis suœ arbiter, serpente pastus, veneno languescit in juventutem. » Et ailleurs (de Cultu Fem.j c. 6) : o De capitis juventute. » Enfin {de Virgin. veLj c. 1) : « Eflferbuit in juventutem. » Saint Cyprien {de Bono Pudicit.) : a Ita illos, in flagrantia transactœ juventutis, incendia redivivœ libidiois flamma revocabat. » A plus forte raison voit-on le même abus plus tard. J'ai déjà cité deux exemples de saint Augustin; j'en ajoute un, du même ouvrage : a Audieram quod in juventute sua devotissime tibi viveret. »

{Canfess. Vm, 1.) Et ailleurs : « Pericalosum olcus juventuiis, quod'capiditatibns contabescit. » (Aug, Serm. I, Dominica xxiv post Trinit.) Paulin de Noie dit, en parlant d'un édifice (xxv, S 10) :

Et nitet extra Parietîbas novitas ; latet intus operta vetustas, Fronte juventutis tegitur fucata senectus.

Pour les auteurs profanes, on peut se demander si juventus n'a pas souvent usurpé postérieurement la place dejuventa, H ne faut pas oublier que, pour les auteurs tant profanes que sacrés, le grand nombre des copistes étaient des clercs. J'ai trouvé bien des fois dans Apulée juventus avec le sens moderne. Cependant il est permis de concevoir des doutes sur la correction de cette leçon quand on voit l'auteur varier, au moins dans un passage : a Idem vigor acerrimi bellatoris, eadem forma viridis juventœ ^ » Ce qu'il y a de bien certain, et ce qu*il importe de constater, c'est que le mot légitime ne disparaît pas, et qu'il prouve son existence bien au-delà de l'époque dont nous parlons.

Descendons de plusieurs siècles^ et parmi les témoignages, nous trouve rons encore ceux de prosateurs.

Spartien {Sever. 2) : a Juventam plenam furorum, nonnunquam et criminum habuit. o J'ai produit plus haut le témoignage de Sidoine {EpUt. I, 6).

J'avais déjà cité plusieurs grammairiens latins et scholiastes qui ont conservé dans des observations grammaticales la tradition de l'ancienne langue. On doit donner une bonne note au scholiaste de Juvénal^ qui d'ailleurs porte un cachet d'antiquité, lorsque, sur le vers 44 de la XI* Satire {Non prœmaturi cineres^ etc.), il écrit : u Id est, non magis metuenda mors in juventa luxuriantibus quam senectus. »

Plus tard encore on voit persister le mot propre, qui semble protester contre l'usurpation. On lit dans le Glossaire de Cyrille : c Nc^ç, Adulescentia, Juventa seu Juventus. »

Un court fragment, qui se lit dans le recueil de Putsch *, montre l'embarras des copistes qui trouvaient un texte correct selon la langue, incorrect d'après l'usage : « Inter Juventum {sic) et Juventutem hoc interest, quod Juventus multitude juvenum, Juventas œtas. Juventutem a juventatus. n On tire facilement de tout ce gâchis : « Inter Juventam et Juventutem hoc interest, quod Juventus multitude juvenum; Juventa, œtas. »

Le superbe et célèbre Glossaire d'Ansileube (VIII* ou IX* siècle), en écriture lombardique, consacre plus de dix articles au mot Juventa, qu'il écrit Jubenta. On y voit du désordre et des contradictions ; mais l'ancien

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