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Oa Yerra par ce qui suit qm

genitivo crescenle longa permanserit, prodacitur, excepto uno, qaod ia genitivo dis terminatur, palus, paludis, ut est : sterilisque iiu, etc. » Ce qui est transcrit par Bède [de Metris, 'p. 2360). Enûn, Priscien (p. 718} reproduit la même observation : a PaltAS tamen etiam correpta tês invenitur apud Horatiura de Ârte poetica. »

Que conclure, suivant le critique anglais, de toutes ces redites ? Absolu* ment rien. Gite-t-on un seul exemple semblable? Nullement. Invoque-t-on quelque analogie pour appuyer l'exception? C'est tout le contraire : la règle est positive et générale. Mais Horace a abrégé cette finale I C'est vouloir prouver le même par le même ; on donne pour argument précisément ce qui est en question.

Insistons sur la règle posée par les grammairiens précités. Les finales en us des noms de la troisième déclinaison ont au nominatif la quantité du génitif : salus, palus ont la finale longue, comme Test la pénultième de salutis, paludis. Cela est vrai des autres noms, sans qu'il soit nécessaire de distinguer entre les figuratives du génitif, d, t, r, I, etc. Ainsi paludis, virtutis, ruris, telluris S etc.

Laissons Priscien (p. 719) reproduire encore la même règle, et cette fois sans restriction, parce qu'il n'est pas préoccupé de l'autorité d'Horace. Il s'agit de la finale du mot incus, lequel est de tout point semblable à palus. « Incus etiam incudis : quod ponit Nonius Marcellus do Doctorum indagine... Cujus quia et genitivi penultima eu, et in verbo cudo eadem 8yll€J)a producitur, débet quoque in nominativo produci. »

La cause de l'allongement de cette finale est bien connue. A la troisième déclinaison, la forme primitive des noms se trouve au génitif; le nominatif, devant perdre une syllabe, présente une variété infinie. Après que l't du génitif a été supprimé, d^s impossibilités se présentent ; certaines réunions de consonnes finales ne sont pas admises en latin. Pacis donne très-facilement pax {pacs), mais partis, laudis, vasis, etc., ne conserveront pas les deux consonnes, parts, lauds, vass. On n'écrit pas saluts, paluts, murs {mus), mais par compensation la finale us est longue : ce qui établit une différence tranchée avec la deuxième déclinaison ^.

Bentley ne se contente pas d'affirmer la règle : il cite des exemples qui militent contre celui d'Horace. Dans le seul Virgile, il en trouve quatre :

Limosoque palus obducat pascua junco. (Bue. I, 49.) Cocyti, tardaque palus inamabilis unda. (6. IV, 479.) Dicitur, et tenebrosa pa/us Acheronte refuso. (^B. VI, 407.) Atquc hinc vasta palus, hinc ardua mœnia cingunt. (^E. XII, 745.)

i. La finale us n'est brève que dans deux noms de la troisième : pecus et Venus; et cela conformément à la règle^ puisque ces mots ont au génitif la pénultième brève : pecudis^ Veneris.

2. Dans le cas particulier comprendrait-on que la finale de pahts (paludis) fût assimilée à de palus [pâli) ?

II y en a cinq en ajoutant :

Fas obslat, tristique palus inamabilis unda. (JSI. VI, 438.)

J'ai donné plusieurs autres exemples de la même quantité dans le Thésaurus poeticus. Je les reproduis, et j'en ajoute de nouveaux :

Dis juranda palus, oculis incognita nostris. Ov. (Met. II, 46.) Quas recipit Salapina palus, et subdita Sipus Montibus. Luc. (V, 377.)

Palus inertis fœda Cocjrti jacet. Sen. (H. F. 686.) Et Pomplina palus, et Gallinaria pinus. Juv. (3, 307.) QusB Lernœa po/us, ambustaque sontibus alte. Stat. (Theb. II, 376.) Dum Lernœa palus, et dum pater Inachus ibit. Id. (Ib. Y, 748.) Peneo stagnante palus, et mersa negarent Arva coli. Claud. (R. Pros. ïi, 480.) Dum rimosa palus, et multo torrida limo. Calp. (5, 87.)

Jusqu'ici j'ai suivi Bentley, mais je vais me trouver forcé de l'abandonner. Selon moi, il en a coûté à l'illustre critique de ne pas avoir admis qu'Horace s'était trompé : il suppose une faute de copie, et il a cherché à retrouver le texte du poète. Il propose de remplacer diu par prtu5, en déplaçant deux mots :

Régis opus, slerilisve palus prius, aptaque remis.

Malgré la prodigieuse érudition dont il a fait preuve pour établir cette conjecture, elle a trouvé peu de crédit. Il me semble (ceci est une raison secondaire) que, de cette façon, le vers est peu harmonieux. Le remplacement d'un mot par un mot sans ressemblance est déjà une grande hardiesse ; leur transposition en est une autre. Surtout prius est un mot bien faible pour un fait qui date de la création. J'avoue que diu ne vaut pas mieux.

Je ne pense pas qu'en général le texte d'Horace admette des corrections considérables. Des auteurs qui, comme lui, comme Virgile, ont été transcrits tant de fois à Rome même et dans des siècles très-éclairés, des auteurs portant en eux-mêmes ce puissant moyen de conservation qui est le mètre, n'ont pu nous parvenir gravement altérés. Aussi les variantes, dans Horace, se bornent-elles ordinairement à des différences d'une lettre ou de deux, par exemple sumis ou sûmes (Od. I, 12, 2), posdmuê on poscimur {Ib. I, 32, 1), purgo ou purgor{A. P. 302).

C'est dans ces limites que la critique doit s'exercer.

{Revue de einstruction publique^ 23 décembre 1§6B.)

P. S. Si Horace a véritablement écrit ce qu'on lit dans la pfaqBZt textes : sterilisque diu palus aptaque^ il s'est ménagé une Art poétique (vs, 352) :

Vcnini ubi plura iiilenl in carminé, non ego paucis Ofîendar maculis, quas aut incuria fudit, Aut hwnana parum cavit natura.

Quant à chercher à justifier la faute de quantité, c'est ce que les grammairiens latins n'essayent pas de faire : ils laissent à Horace la responsabilité de cette nouveauté. Un passage de Priscien embarrasse. Traitant de la quantité des finales, il écrit (p. 1813) : « Us vero quum in genitivo crescente longa permanserit, producitur, ut virtus^ virtutis, tellus^ uns ; excepte uno, quod in genitivo dis terminatur, ut est sterilisque diu palus aptaque remis ; » ce qui est transcrit par Béda, p. 2360. C'est là une règle imaginaire, inventée pour le besoin de la cause. Pourquoi udis différerait-il de utis? D'ailleurs le même grammairien se donne deux fois un démenti à lui-même. Il dit (p. 719) que incus allonge la dernière, parce qu'il vient de cudo, qui a la première syllabe longue ; cela n'est pas contestable, ce qui n'empêche pas l'application à ce cas de la règle générale, qui est l'allongement au nominatif * par suite de la pénultième longue du génitif. L'autre contradiction est encore plus frappante : il cite un autre nom qui a la dernière longue au nominatif, bien qu'il ait aussi le génitif en udiSj et cela avec cet exemple fort inconnu et fort curieux : a Gaesar in Auguralibus : Si sincera pecus erat. » Si pecus allonge Vu au nominatif tandis qu'il l'abrège au génitif, comment pfl/M5 pourrait-il avoirla dernière brève. Vu étant long à son génitif?

Il est à remarquer que Servius, dans une note (ad jEn, VI, 107), prend soin d'établir la règle, laissant à Horace la responsabilité de son désaccord : (( Palus ^ autem bene produxit lus^ quia paludis facit... Horatius corripuit : sterilisque diu palus aptaque. » i.es autres substantifs exactement semblables, dont les grammairiens affirment que la finale «st longue : tellus^ servitus ^, salus^ senectus^ virtus, incus, contiennent une censure indirecte.

D'ailleurs on doit être frappé de la spécialité de la brève pour le nominatif des noms et adjectifs masculins de la deuxième et de la quatrième déclinaison, campus, ventus, bonus, manu^, fructus, tandis que la longue est requise presque partout ailleurs, dans des circonstances diverses : viriuSy saluSf mus, pus, rus, tus. C'est là une différence capitale. Doivent être abrégés les nominatifs en us des noms qui ont la pénultième brève au génitif: lepus, oris, nemus, oris, pecus, oris, tempus, oris; munus, eris, onus, eriSy ulcus, eris, vellus, eris, velus, eris, Ventis, eris; Ligus, uris.

1. Le nominatif n*est qu'un cas secondaire dans la terminaison imparisyllabique.

2. Paius est pour paluds. Gemment les grammairiens latins n'ont-ils pas comparé ce paius à palus, i, pieu ?

3. Paulin de Noie a terminé un hexamètre par servitus Evœ (23,149)^ ce que j'explique par l'oubli de la quantité, laquelle cédait dt^à à la prédominance de l'accent, ce qu'on TOit dans le dactyle idola, si fréquent dans les hymnes.

Lindemann, dont la compétence en fait de métrique est connue, n'a, dans son Novus thésaurus linguœ latinœ prosodicus (1827), indiqué palus qu*avec la finale longue, négligeant tout à fait l'exemple d'Horace. Apparemment il n'a voulu ni condamner le poète, ni absoudre une faute de quantité.

Puisque des manuscrits présentent diu écrit au-dessus de la ligne, et que quelques-uns l'omettent, l'adverbe paraîtrait alors une interpolation. Bentley a bien ébranlé la légitimité de ce mot par une objection fondée : « Quse ab omni œvo sterilis palus fuerat, nunc exsiccata segetes fert. » S'il y a une lacune à remplir, la seule conjecture admissible me semble être celle de ThéodoreMarcile, n aptataque remis '• n Bentley croit triompher en disant que l'eau porte naturellement bateau, et qu'il n'y a besoin pour cela d'aucune préparation. On peut lui répondre qu'un marais n'est pas une rivière ni même un lac ; et que s'il s'agit, comme il est probable, des marais Pontins, ayant jadis sur leurs bords un grand nombre de villes importantes ^, faisant un grand commerce, la navigation n'avait pu s'y établir et s'y continuer sans de grands travaux : il avait fallu faire creuser certaines parties pour obtenir une profondeur suffisante, et en dessécher d'autres, se débarrasser des végétations encombrantes, construire des berges, etc.

Marcile est d'ailleurs en règle avec la paléographie. On sait que les fautes des anciens textes proviennent très-fréquemment de mots écourtés par la suppression d'une abréviation.

Si aptata n'est pas accepté, du moins il vaut mieux que prius apta^ dudum de Guningham, olim de Peerlkamp. Il vaut mieux surtout que d'autres participes suggérés par la fantaisie, agitata^ pulsata.

Il faut conclure. Ma conclusion différera un peu de mon opinion première. Quant à palus^ je le condamne avec la même énergie ; mais j'ai fini par embrasser le parti le plus prudent, fût-ce aux dépens de l'auteur.

Je ne crois pas impossible qu'une faute de quantité ait échappé à Horace, et qu'averti il ait voulu maintenir loyalement l'erreur de la première édition. La plupart des éditeurs ont conservé la vulgate : Jean Bond, Dacier, Desprez, Dœring, Braunhard, Orelli, Patin, Keller et Holder, et même Bothe, qui conseille autre chose. La conjecture de Bentley est satisfaisante pour le sens : j'avoue que sterilisque palus me paraît extrêmement naturel; mais prïttô est tout à fait arbitraire; dans cette voie, je préférerais palus ante aptaque : au moins y aurait- il deux mots commençant par un a, dont l'un aurait disparu comme inutile.

1. Beutiey rudoie ce savant, qui avait écrit : a MembransB Horatii veteres, item Prisciani^ aptataque remis. Qu» fortassean vera sinceraque lectio. » Effectivement la chose parait douteuse. Je crois que le critique n'avait en sa faveur qu'un seul manuscrit.

2. « A Circeiis palus Pomptioa est, quem locum xxxni urbium fuisse Macianas ter consul prodidiU » {Plin. 111, 9, 6.)

Ce qui m'a surtout ramené à la vulgate, c'est de voir que la pire des solutions, suivant moi, a fait récemment fortune en Allemagne. Je la transcrirai en entier pour la curiosité :

Régis opus, sterilisve palus DIU, aptaque remis.

Pour le triomphe de cette énormité, on élève en règle l'abrègement d'une longue devant une voyelle '. Voilà ce qui est donné par Bothe, L. MûUer \ Haupt, Relier et Holder ^. Dûbner me paraît être ici un excellent guide ; je me plais à le citer : « Palus avec la dernière brève, pèche contre une règle de prosodie admise par tous les poètes de la bonne latinité ; Priscien et Servius ont fait remarquer cette anomalie. i> Gela ne donne pas une entière satisfaction, mais préserve les critiques d'un faux pas.

1. Je n*ai jamais vu une systole placée à la fin d'un pied, autrement que sur une syllabe longue. Venir comparer cela à : Si me amaSy te, amice, nequivi !

2. 11 fut un temps où ce savant doutait : il écrivait dans son Traité de Métrique : « Nam Horatium pa/i^5 dixisse pyrhichiace, difQûle adducor ut credam. » (A. M., p. 342). M. Mûller aime trop à forger des mots latins, comme ici pyrrhichiace. Encore plus mal inspiré, il a créé, un autre jour, le barbarisme hors ligne, monstrositate (A. M., p. 81), et cela [lour caractériser les erreurs d'un confrère !

3. Avec un signe de doute. Ils nous apprennent que cette belle invention est due à un M. J. M. Gesner.

EXAMEN d'un PASSAGE DE VIRGILE

{Georg. lU, 116).

Interrogé dernièrement sur le sens d'un passage de Virgile, je répondis sans hésiter, d'après l'opinion que j'ai recueillie de mes longues études. On m'objecta que ce n'était pas là l'explication généralement donnée par les éditeurs. Je le savais, mais je savais aussi que mon dissentiment reposait sur des raisons plausibles. Je veux reprendre cette question, qui, à mon avis, ne doit pas compter parmi les questions insolubles : celles-ci proviennent de l'altération du texte^ ou de notre ignorance d'un des secrets de la langue, ou de l'insuflflsance de nos renseignements sur l'histoire et les coutumes.

Il s'agit du passage célèbre où Virgile fait honneur aux Thessaliens de l'art de dompter les chevaux :

Frena Pelclhronii Lapithœ gyrosque dedcrc, Impositi dorso, atque equitem docuere sub armis Insultare solo, et gressus glomerare superbos.

Toute la difficulté roule sur le mot equitem^ sans que pourtant elle influe sur l'intelligence du passage et sur les traductions qu'on en donne.

Il faut remonter au commencement du dix-septième siècle, à La Cerda (1608), pour trouver dans son commentaire l'origine et la défense d'une explication qui paraît aujourd'hui incontestable. Je citerai en entier son argumentation, qui a beaucoup servi à ses successeurs.

If Servius ait posilum equitem pro equo. Eadcm Gell. XVIII, 5, et Macrob. VI, 9. Firmant hoc, quia Ennius quadnipes cques dixil, pro equo, et Lucilius de equo dixit equitare. Non ncgo versus Eniiii et Lucilii; sed dico tamen, candidius in Virgilio, et purius, equitem capi pro viro equitc, qui equo insidet, non pro equo, qui a viro insidelur. Nam etiam si ista a re nihi], a puritate certe locutionis longe absunt Nam cum eques significet virum in equo insidentera, cur aliud capiam? Ergo sententia erit : Lapithœ docuerunt insultare solo virum

equilem, id est, vinim insidentcm cquo. Etenini vir ipse, ut qui equum régit, insultât quoque. An, obsecro, non eques dicetur cuirere, etiam si in equo currat? »

Le savant commentateur est guidé par la louable intention de conserver à un root latin son sens habituel ; mais son plaidoyer laisse à désirer. Il a beau dire qu'il ne conteste pas les vers d'Ennius et de Lucilius : cela est purement pour la forme, et il n'en tient aucun compte. Pourquoi se contente-t-ii de viser ces passages, au lieu de les citer textuellement? D'ordi* naire cependant il n'est pas avare de citations. La chose était d'autant plus importante qu'il reste dans cette simple indication une chose de la dernière gravité, c'est le quadrupes eques d'Ennius '. S'agirait- il par hasard d'un cavalier à quatre pieds ? La Gerda se borne à un argument a priori. Quelque sens que le mot e^u^^.ait pu avoir chez les vieux auteurs, la pureté de la langue de Virgile exige que ce mot ait chez lui l'acceptation consacrée de cavalier. C'est là donner un démenti un peu imprudent à une autre observation bien fréquente des grammairiens latins, qui démontrent, preuves en mains, que Virgile a beaucoup emprunté à la vieille langue latine, et en particulier aux archaïsmes d'Ennius 2.

Le P. La Rub, auteur du commentaire de l'édition du Dauphin (1682), entend aussi equitem dans le sens de cavalier. Voici sa paraphrase : «Lapithœ, insidentes dorso equorum invenërunt artem frenandi et gyrandi ; et docuerunt equitem armatum insultare terrœ, et glomerare superbos passus. » Seulement il n'est pas facile de comprendre comment il a pn appliquer à un cavalier ce qu'il dit des derniers mots du troisième vers : (( Gressus glomerare^ quasi colligere, reductis et replicatis anterioribus cruribus, dum posteriora tonduntur et explicantur. »

Un autre éditeur de Virgile, P. Burmann second (1746), reconnaît que Servius, Aulu-Gclle et Macrobe expliquent equitem ipav cheval ; mais il adopte contre eux l'opinion de La Gerda, sans prendre soin de les citer avec autant d'exactitude que son devancier. Toute son argumentation est bien inférieure à celle du docte Espagnol. La seule chose à remarquer dans ce commentaire, c'est le blâme infligé à Broukhusius, qui, dans ses notes sur Properce (IV, 3, 38), a maintenu l'interprétation donnée au passage de Virgile par les grammairiens latins, ajoutant même à ces autorités celle de Junius Philargyrius.

Heyne, l'éditeur le plus illustre de Virgile 3, et pour lequel je professe

1. Forcelliui, qui admet sans hésitation le sens de cheval^ a bien senti toute la valeur de l*argument tiré de ces deux mots : « Ubi appositum quadrupes apertius ostendit equitem de equo dici. »

2. Qu'il Die suffise de citer quelques mots qui se présentent à ma mémoire : die (au génitif), jusso (pofiT jussero), quianam, potis, etc., sans parler de locutions comme ferreus imber, mare velivolum, nituntur opum vi, etc.

3. La première édition remonte à 1767-1775 ; elle a été bien des fois reproduite.

la plus haute estime, ne me paraît pas avoir suffisamment approfondi ce passage, qui, d'après Tétat des choses, méritait bien un Excursns. En effet, Hcyne, comme ses devanciers, rejetait l'interprétation des anciens commentateurs. 11 convenait à son érudition et à son équité de rapporter tous les témoignages ; ce qui n'avait jamais été fait Loin de là : au lieu de citer in extenso, il ne reproduit pas même La Gerda, qui du moins mettait le sens combattu par les modernes sous le patronage d'Ennius et de Lucilius ; il omet également de citer quadrupes eques^ et remploi du verbe eqnitare on parlant du cheval, deux choses effectivement assez embarrassantes. Burmann avait donné l'exemple de faire disparaître ces obstacles, et aujourd'hui il n'en est plus question. Je transcris en entier le commentaire de Heyne qui fait loi :

« Equiiem veteres grammatici pro equo dictum volebant. (Vid. Gell. XVIII, 5 ; Macrob. Sat, VII, 9.) Pcrperam cur eques non insultare dicatur, qui et incedere, decurrere? Vid. h. 1. Burni. Insultare docet campis jam Varias ante Virgilium dixerat apud Macrob., VI, 2, in prœclaris versibus : Quem non ille sinit lentœ moderator habenœ, Qua velil, ire ; sed angusto prias ore (leg. orbe *) coercens, Insultare docet campis, fingitque morando^. Tum eques sub armiSy armatus; idem eques insultât solo et ylomerat gressum, quatenus equum id facere cogit. Lapithœ itaque insidcntes cquis docuere, cxemplo suo, equitem insultare solOj hoc est, prirai fucre hujus artis auctores. »

Heyne cite fort à propos les trois vers remarquables de Varius ; mais il ne paraît pas s'être aperçu qu'en les reproduisant, il fournissait des armes contre lui. Nous reviendrons tout à l'heure sur ce point.

Lemaire (1819-1822) emprunte purement et simplement le commentaire de Heyne. Seulement il ajoute un exemple d'Horace, pour montrer qu'on peut appliquer au cavalier telles expressions qui sembleraient ne convenir qu'au cheval. Plus loin je dirai un mot de ce vers. M. Wagner (1830) a introduit dans sa réimpression de Heyne l'addition de Lemaire.

Ainsi, depuis La Gerda, la question n'a pas fait un pas. On peut même dire que la cause est aujourd'hui plus difficile à juger, parce que les pièces du procès ont été supprimées. Il faut les reprendre, et les mettre sous les yeux des juges impartiaux.

Écoutons d'abord Aulu-Gelle, le plus ancien des témoins. Le passage de cet auteur est d'un singulier intérêt. Il raconte (XVIII, 5) qu'un Lecteur avait lu au théâtre un livre des Annales d'Ennius, et que, par son beau débit, il avait obtenu un grand succès. Parmi ces vers se trouvait celui-ci :

Deniquc vi magna quadrupes equus, atque elcphanti Projiciunt sese.

1. Correction heureuse et certaioe. Le mot technique est gyro, dont orbe est l'équivalent poétique.

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