Fimbriana, comme Mercier le conjecture
tione, qui régi per obsequelam orationis et maxime odium Syllœ Scaurique erant. Afranius Privigno : Quam mihi sit grata ipsius obsequela. »
Les changements considérables à introduire dans cet article sembleront légitimes, et même assez simples. A moins que par principe on ne s'attachât superstitieusement aux manuscrits, ce que personne n'a le courage de faire, on devait rectifier tous les passages par le premier, car ils sont liés les uns aux autres par une sorte d'engrenage.
A la vérité, les mss. et la plupart des éditions de Plante donnent aussi ob>€quela; c'est là une faute très-ancienne :
Qui mihi auscultabunt, facient obsequelam ^
Mais plusieurs savants Font relevée et ont réclamé un nouveau vers iambique trimètre. Grûter a conjecturé obsequentiam ; Scaliger avait écrit la môme correction en marge de son Plante 2. Bothe n*a pas craint d'introduire ce mot dans son édition du même auteur; tout récemment M. Fleckeisen l'a suivi, et cette leçon est désormais acquise.
L'exemple de Plante est une sorte de fanal qui éclaire tout le reste de l'article. Un vers sans mesure, qui s'est glissé dans une tirade de plus de cent vers iambiques trimètres fort réguliers, est par cela seul convaincu d'altération.
Bothe aurait pu trancher la question pour tout l'article de Nonius ; mais il ne paraît pas avoir eu le grammairien sous les yeux en transcrivant dans ses fragments le contingent de chaque auteur ; car dans un vers de Turpilius {Thrasyl.) il introduit obsequeniia^ et dans un autre du même (Epie/.), il conserve obsequela. Or tous les exemples doivent être pareillement corrigés ^. Il fallait les voir tous réunis pour arriver à une conclusion certaine. Quant aux trois autres fragments poétiques qui suivent celui de Plante, les pauvres philologues suent sang et eau pour les faire entrer dans un mètre quelconque : ils s'enfoncent dans une impasse.
Si la métrique déclare incorrectes les quatre citations poétiques, la langue répudie également un néologisme comme Obsequela, On le trouve dans Paul [ex Festo), mais, il faut bien le remarquer, non pas dans Festus. Il figure naturellement dans quelques glossaires postérieurs. Un mot marqué à ce coin ne doit pas être attribué à Salluste plus qu'aux auteurs précités.
Mais toute cette argumentation repose-t-elle sur une base solide ? Scaliger et Grûter ont-ils inventé le mot Obsequentia ? Je dirais presque : Qu'importe ? Le mot est dans l'analogie ; il rectifie ici nombre de fautes ;
1. Lambin, sans prévenir le lecteur, a édité obsequelam iam; addition malbeurease , <iue d'autres ont reproduite.
2. Ces deux faits sont consi(^és depuis plus de deux siècles dans l'édition de Taubmann, mais l'on n'en avait pas tenu compte.
3. C'est ce que dit Neukircb, De Fabula togaia, p. 237. D^à Bartb (Advers,, p. 228) avait approuvé cette correction.
il est donc latin. Heureusement nous avons pour nous plus qu'une conjecture : une fois, une seule fois nous le trouvons dans un auteur latin, mais dans un auteur que nous reconnaissons volontiers comme dictateur, dans César. C'est là, sans aucun doute, que les deux savants l'avaient vu. L'exemple vaut la peine d'être cité {B. GalLy YII^ 29) : a Sed factum im* prudentia Biturigum, et nimia obsequentia reliquorum, uti hoc incommodum acciperctur. » Dès qu'on verra ce mot autorisé, on sera moins étonné de son existence que de sa rareté.
J'ajouterai une observation qui n'est pas sans quelque valeur. De même que la terminaison en ela se rencontre assez fréquemment dans les substantifs de basse latinité, de même les substantifs en entia étaient trèsnombreux dans l'ancienne langue. Beaucoup ont disparu ; par exemple, Habentia^ de Claudius Quadrigarius (ap. Non., p. 119), Dolentia^ de Lœ<vius (ap. Gell., XIX, 7), mots qui surprendront certainement plus que Obsequentia.
Cicéron a conservé et employé plusieurs fois Invidentiay terme regrettable, puisque Invidiaj qui Va remplacé, s'applique à la fois à l'agent et au patient. Il faut remarquer que les noms en entia sont cités par Nonius à titre de mots anciens. Tels sont Invidentiai Indolentia^ de Cicéron ; iltidentia, de Salluste ; Faventia^ d'Attius.
Je transcrirai tout l'article Obsequium avec les changements ci-dessus indiqués :
(( Obsequium neutro génère habetur. Terentius in Andria [1, 1, 41] : Obsequium amicos, veritas odium parit.
Obsequentia féminine. Plautus in Asinaria [I, 1, 50] :
Qui mi auscultabunt, facient obsequcntiam.
(( Turpilius Epiclero :
Sed nequeo ferre hune diutîus Errare et conqueri, nec esse suœ parum obsequentiœ ^
« Idem Thrasyleonte :
Quum interea nil quicquam mi est prœmii, Neque, hera, tucB benignitatis ac tuœ obsequentiœ.
n Sallustius Historiarum lib. II : Ibi Fimbriana seditione, qui régi per obsequcntiam orationis, et maxime odium SuUœ, grati carique erant. Afranius Privigno :
Quam mihi sit Rrata illius obsequentia. »
Le premier fragment de Turpilius présente le vers iambique octonaire,
i. J'ai approuTÔ Neukirch d'avoir iatroduit ce mot dans les deaz passages de Torpillas; mais pour le reale, je n'adopte pas se» restitutioDS.
qui est un mètre assez frégnent. II serait superflu de mentionner les tentatives infructueuses faites encore de nos jours pour maintenir ici un mot latin très-peu regrettable '.
La restitution du second passage de Turpilius soulèvera des objections. On ne niera pas que les deux trochaïques septénaires de ce fragment marchent très-bien, ce qui n'avait pas lieu dans les essais antérieurs ; mais Ton contestera la quantité du moiprœmiû il est certain que jusqu'au siècle d'Auguste, et encore dans Virgile et Horace, la désinence ii des noms en ius ou ium ne comptait ordinairement au génitif que pour une syllabe. Mais est-ce à dire que le doublement des voyelles ne fût pas permis, même aux poètes, quand les deux syllabes leur étaient commodes ? C'est ce que prétendent les philologues exclusifs, qui établissent des théories générales, dont il leur en coûterait de se départir. Lachmann a particulièrement prêché, après Bentley et Osann, la doctrine de la synérèse au génitif, et l'on verra tout à l'heure ce qu'il se permet pour assurer son triomphe.
Je remarque d'abord une chose bien importante, c'est qu'ici tous les manuscrits, sans parler des éditions, donnent prœmii. C'est là un cas tout à fait exceptionnel : presque jamais les mss. de Nonius ne présentent de doubles voyelles ; ils écrivent hostis (p. 98) , inanis (p. 123) , régis (p. 494), etc., pour hostiiSj inaniiSj regiis. Pourquoi abandonne-t-on ici les mss., quand ils fournissent un vers qu'on ne réussit pas à trouver autrement? Mais la diérèse est-elle donc sans exemple ? A en juger par ce qui se passe, la loi de proscription aurait bientôt fait disparaître tous les exemples rebelles ; mais cette loi n'a pas encore obtenu tous les suffrages.
Avant notre siècle, le vers suivant a été lu sans contestation dans Plante [Mil., III, 2, 51) :
Quœso tamen, tu meam partem infortunii.
Osann le compte avec bonne foi parmi les objections au système moderne. Pour être conséquent, on a dû introduire infortuni, en sorte que meam a été obUgé de sauter par-dessus deux mots pour arriver à la fin du vers. Quelque nombreux que soient aujourd'hui les approbateurs de cette transposition, imaginée, je crois, par Reiz, appliquant la proscription prononcée par Bentley, elle restera toujours une conjecture. Et puis la construction y perd beaucoup.
1. Je m'étoDoe que Bothe, un métriciea si habile , qui a tu la Tériti et opéré eo grande partie la réforme, ait donné ainsi ce passage (en iambiques septénaires) :
Sed nequeo ferre Diu errare hune et conquérir neqoe est tuœ obsequelœ.
n change arbitrairement hune diutius en diu hunc^ et etse en est, par une de ces hardietset qn'il se permet trop souvent; mais, de plus, il abrège la finale de nequeo, ce qee les poètes de cette époque ne faisaient pas.