‹ Melanges de philologieChapitre 125 sur 143 · Non, MarcelL, p. 232. (Paris · texte numérisé non relu

Non, MarcelL, p. 232. (Paris

sont îarobiques tétramètres ; il a mis prœtni^ comme Bothe, ce qui est légitime. Mais voici une faute horrible, impardonnable. Nonius fait connutre deux formes du même substantif ayant différents genres. Il les sépare en deux catégories, et attribue, comme toujours, à chaque subdivision les exemples qui lui appartiennent. M. Ribbeck commence par Obsequiuïïij qui n'a qu'un seul exemple. Ce n'est pas à cette place qu'il a voulu loger son obsequii, qui aurait été trop en vue ; il l'a fourré avec les exemples d'obsequela, ce qu'il ne pourrait justifier en aucune façon. La chose est absolument contraire à la vérité. Le poète et le grammairien réclament à la fois.

Gum inlcrea nil quicquam adeptu 's prœmi neque fructus tus Benignitatis atque obsequii.

11 faudrait une troisième édition pour faire disparaître une preuve aussi compromettante de ce manque de courage. De plus, le premier vers est trochaïque, et le second iambique.

Pour justifier l'excellent substantif obsequentiaj j'avais cité cinq mots anciens ayant la même terminaison eniia. Je répare une omission en ajoutant à cette liste inscientia, de Cicéron, de César, de Cornélius Népos ; mais ce mot de la vieille langue fut détrôné par inscitia.

Avant de poursuivre la recherche d'exemples où le génitif en tï s'est maintenu, j'appellerai l'attention sur un fait qu'un long commerce avec Nonius Marcellus m'a fait constater, c'est que l'ancienne langue possédait un grand nombre de substantifs en ium, qui avaient disparu ou disparurent sous Auguste, tels que mendicimonium (plus tard mendicitas)^ mercitnonium {mercaturà)y pemicium^ pauperium *. Le nom servitus avait tellement pris la place de servitium que j'attribue à ce fait une altération considérable qui se voit dans un passage de Nonius (p. 226). L'article devait être Servitttim, ServituSj deux désinences rapprochées par le grammairien. Tout le commencement de l'article a disparu, et à la fin se trouve, dans un autre lemme, dans Suasione^ un vers de la Clytenmestre d'Attius, que voici :

Scibam hanc mihi supremam luccm et servitutis dari.

De tout l'article Servitus j Servitium^ il ne reste qu'un exemple. L'article suivant a perdu son commencement, qui était certainement Suasu^ correspondant à Suasione. Mercier a bien signalé tout cela dans sa note.

Mais le vers d'Attius comment se trouve-t-il de la transposition de l'exemple? Toutes les éditions de Nonius, et Scriverius dans ses fragments des Tragiques, conservent servitutis. Le savant et judicieux Vossius a corrigé ce vers, comme il en a corrigé tant d'autres :

« Ut sit trochaicum, scribe :

Servitii ûnem dari. »

i. Je reviendrai sor ces denûen moli.

Bothe et M. Rîbbeck n'ont pu que le suivre.

11 déterre encore un mot analogue dans Nonius (p. 6). Il cite ce passage d'Afranius : o Ita huic ero adolescent!^ cui suspicium tradidit, qui me est animi exercitus. » Le texte ne paraît pas correct ; le sens est bien obscur. Je remarque seulement que M. Ribbeck a encore évincé l'archaïsme, et tout en reconnaissant que les manuscrits ont suspicium j il substitue su-

spicio me.

J'ai cité un vers de Plante {Mil. III, 2, 51) terminé par infortunii. J'y reviens pour attribuer à chacun sa part de responsabilité. Voici la leçon des manuscrits et des anciennes éditions :

Quseso tamen, lu meam partem infortunii.

Ce vers, contenant une hérésie pour les fanatiques du xix* siècle, a dû être changé. Le voici rétabli par l'orthodoxie, grâce à Bothe, à M. Fleckeisen, et à d'autres sans doute :

Quœso tamen, tu partem infortuni meam.

En quoi je trouve que l'idée a perdu son relief, par le déplacement de infortunii^ sans parler de la hardiesse de la transposition.

C'est le lieu de faire une observation générale qui présente quelque intérêt : la fin du vers, attirant particulièrement l'attention, n'admet pas les facilités, les licences qui sont permises dans le corps du vers. Infor" tunii est ici soumis à cette condition, de la même manière que les adjectifs possessifs meum, tuum, suum offrent à cette place deux syllabes divisées, lesquelles dans l'intérieur du vers sont réunies ordinairement par la synérëse. Pareillement deos, diu^ fuit, doivent avoir deux syllabes, quand ils sont à cette place d'honneur.

J'ajouterai à l'exemple précédent un autre vers de Plante favorable à mon opinion, qui m'est fourni par le Rudens (lîl, 2, 37). Ma leçon repose, il est vrai, sur une conjecture, mais j'espère qu'elle trouvera des approbateurs. Voici le passage du Rudens, d'après le texte ordinaire :

Fraudis, sceleris, parricidi, perjuri plenus.

Mais ce vers est tronqué, ainsi que les trois qui le précèdent. Us se trouvent dans une scène d'une quarantaine de septénaires fort réguliers. 11 faut expliquer ces lacunes par une omission du copiste, ou par une déchi* rure ou une tache du manuscrit copié. L'avarie ne fait pas question. Voici comment le vers est rectiûé parCamerarius, suivi par M. Fieckeisen * :

Fraudis, sceleris, pamcidi, perjuri plenissimus.

Un superlatif, qui est à la fin du vers suivant, a conduit à cette conjecture. Mois remplacer ptenus par plenissimus y c'est autre chose que remplir

i. Bolhe mti perjurique plenus, ce qui oe fait pas uu ye».

bable qu'au fond nous ne sommes pas d'accord. J'ai dérivé pauperii de pauperiurriy mot d'ailleurs inconnu, dont je n'ai pas suffisamment justifié l'existence. Le troisième livre de Nonius présente une liste de substantife qui étaient anciennement d'un autre genre que dans la langue commune. Voici le texte du présent article : a Paupertas generis feminini. » L'auteur ne donne pas d'exemple pour une chose courante, qui n'en a pas besoin, ainsi qu'il fait très-souvent. La plupai*t des philologues qui voient ici un génitif, de pauperies^ n'avaient sous les yeux que le texte d'Aulu-GelIe (ÏX, 14), où il cite plusieurs génitifs de la cinquième déclinaison en u; toutefois pauperii ne s'y trouve pas. J'ajoute qu'il n'est pas indispensable que Nonius ait écrit la formule pauperium neutri. Souvent il ne donne que l'exemple même, pour justifier le neutre, qu'il a annoncé. Je mentionnerai la note de notre savant philologue Guyet : « Pauperi. Scribe pauperio^ a pauperium. » Parmi les variantes de M. Ribbeck, je lis : « Pauperio Spengelius. » Guyet est bien connu en Allemagne. Son commentaire est à notre Bibliothèque nationale, où tout le monde a pu et peut le consulter.

Je ne m'oppose point à ce qu'on rapporte pauperii à pauperieSj parce que le génitif de la cinquième déclinaison admettait un grand nombre de désinences, pauperiei, pauperie, pauperii, et même pauperies. Mais voyons bien ce qui résulte du lemme de Nonius. Assurément, si pauperii était purement et simplement dans un exemple, on ne serait pas autorisé à supposer une déclinaison nouvelle , pauperium, il ; mais cette seconde déclinaison porte sa justification dans le grammairien (p. 220), puisqu'il est question dans ce chapitre de substantifs appartenant à deux déclinaisons difFérentes, et qu'après avoir donné un exemple de paupertas^ il en donne un de pauperi (pauperii), qu'il dit expressément être du neutre.

Même observation pour le mot pernicies, qui, pense-t-on, ne saurait être du neutre. L'exemple dont il s'agit se trouve dans un des articles de Nonius *, p. 218 : « Pernicies, generis feminini. Lucil. Sat. II : Pestem perniciemque catax quam Manliu' nobis. Neutri. Accius Menalippo : Paratus sum ubivis petere pestem pernicies. »

Si le substantif Pemicium n'avait pas existé, l'article de Nonius n'existerait pas : ce ne serait pas le féminin, donné d'abord, qui fournirait un neutre. Le manuscrit de Leyde, comme l'attestent MM. Gerlach et Roth dans leur édition de Nonius, et après eux M. Ribbeck, porte Permities dans le titre et les exemples. La même leçon est dans le manuscrit Harléien. Donc l'assertion de M. Ribbeck : a Pernicies ceteri libri, » est inexacte. Mais personne en Allemagne n'a eu la curiosité de collationner ou de faire collationner le manuscrit de Londres. Pernicies est une correction faite dans le manuscrit de Wolfenbuttel, une n ayant été écrite audessus de l'm. Aide, Junius et Mercier (p. 153) ont pernicies. Il n'en reste

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