‹ Melanges de philologieChapitre 128 sur 143 · UN VERS DE CLECILIUS TRADUIT PAR LA FONTAINB · texte numérisé non relu

UN VERS DE CLECILIUS TRADUIT PAR LA FONTAINB

On a bien souvent cité ce vers de La Fontaine, dans leqael une expression si heureuse recouvre une idée délicate :

Mes arrière-neveux me devront cet ombrage.

L'idée appartient à Gœcilius, poète comique latin (antérieur à Térenee), lequel lui-même la devait peut-être à Ménandre, auteur d'une pièce appelée déjà les Synéphèbes *. Voici le vers :

Scrit arbores, quae alteri sseculo prosint K

Les commentateurs de La Fontaine n'ont pas fait ce rapprochement ; mais l'imitation n'a pas échappé à Victor Le Clerc, qui était si versé dans la connaissance de l'ancienne poésie latine. Le Clerc donne pour traduction du vers ancien le vers même de notre fabuliste, en changeant le pronom :

Ses arrière-neveux lui devront cet ombrage.

Malheureusement, quand le vers de La Fontaine est accompli de tout point, on ne trouve dans celui de Cœcilius aucune mesure satisfaisante. Les savants l'ont souvent regretté, et souvent ils ont essayé de retrouver le texte véritable sous cette forme altérée. On sent le besoin que le mérite de la versification fasse valoir un noble sentiment. Ce besoin est encore plus grand pour les Français, qui trouvent dans le vers de La Fontaine une telle supériorité de facture.

Cherchons quelque remède. Il n'y a pas apparence qu'il manque un mot; mais la construction a pu être changée, sœculo a pu être mis pour sœclOj enfin l'archaïsme prosient a pu être effacé. Les fautes de ce genre sont fréquentes dans les manuscrits.

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