God. Hermann, p. 691, plaide aussi le pour et le contre
Neptuno Mgmo^ Dardanio Anchisœ (plusieun fois), Patrhoiio Ëvondro. limitation est évidente. Mais il y a quelque chose de plus frappant : Ovide, ce poëte d'une versification si châtiée, qui ne nous offre pas ces pierres d'achoppement qu'on trouve dans Virgile et dans Horace, reproduit résolument la licence homérique : Piseœ Arethusœ^ Phocaico ErymanthOj cupressifero ErymanthOy Hpanteo lolaoj Cecropio Eumolpo^ penatigero Mneœ^ cum eœlifero Atlante, Nonacrina Atalanta; ajoutez Ger^ manicus, in Pierio Helicone.
Mais Orelli a voulu prendre une bonne fois la défense d'une leçon si généralement admise. Il se propose de légitimer ce maintien d'une longue devant une voyelle. Il croit donc avoir ^trouvé dans Homère une excuse pour tous les vers latins analogues. C'est ce que j'accorderai volontiers pourvu qu'ils soient analogues, c'est-à-dire qu'ils aient une longue cornmençant le cinquième pied et un mot suivant commençant par une voyelloi comme tous les exemples précités.
Je trouve dans cette liste le vers d'Horace {Bpod. 13, S) :
Et Esquilinœ alites.
Il ne faudrait laisser aucun doute dans ses affirmations. Peut^on assurer qu'ici Esquilinw n'ait pas la dernière abrégée ? Nous trouvons cela prouvé par bien des exemples. Virgile : Insulœ lonio in magno.
Gicéron : « Et quidem nos (Orat. 45) :
Hoc motu radiantis Etesiœ in vada ponti. »
Ausone (IdyL 18, 8} :
Nymphœ Hamadryades, etc.
Servius (ad JEn. I, 41) : « Quoties vocalem longam vocalis sequitur, superiori vires dctrahit. n
Orelli réunit, sans en nommer les auteurs, les différentes conjectures proposées pour remplacer octor, parmi lesquelles il en est de probables, d'autres de ridicules : « TutioVy cautior^ lœtior. audador^ omatior : frustra omnes. » On s'étonne de voir tutior et cautior assimilées h lœtior^ audacior, omatior. Cautior figure ici. Il faut que les Allemands ne fassent pas grand cas des études paléologiques, pour ne pas avoir distingué le mérite de ce mot, pour l'avoir mis sur le môme rang que toftor, du même auteur, comme si une conjecture ne devait satisfaire qu'à la quantité. Quoique l'Allemagne soit assez indifférente aux études de versification latine, et que généralement ses GradM lui suffisent, je sais que mon The-saurus poeticus^ fruit d'un travail de neuf années , a passé le Rhin. Dœring (1829) ne connaît pas la conjecture cautior : il n'en est fait men* tion que dans l'édition de Braunhardt (1831 ), puis dans celle d'Orelli (1838). L'édition de mon dictionnaire n'a-t-eUe pas été vue avant 48387
On a troavé en Allemagne une sin^llëre justification du poëte. Horace,
dit-on, avait en vue la rapidité du vol, il écartait ridée du danger. Mais, en admettant qu'il ait pu commettre cette étourderie, comment aurait-il fait pour empêcher le lecteur de songer à la catastrophe ? Icare n'est-il pas un type? N'est* il point passé en proverbe?
Voici ce que dit Orelli, le plus célèbre éditeur, pour justifier Horace : a In Icaro audacem tantummodo in sublime volatum, non casum respexit. » Dœring avait déjà dit la même chose en d'autres termes. Mais le brevet appartient à Mitscherlich (1800), qui a inventé la formule dont on s'est souvent servi après lui : « In quo non argutandum ; » il ne faut pas subtiliser.
J'ajouterai encore quelques recommandations qui me sont suggérées par certaines leçons auxquelles on n'avait pas fait assez d'attention.
Lambin, dans son édition d'Morace, nous apprend qu'un de ses manuscrits donnait : Jamque Dœdaleo octor, d'où la conjecture Jam Dœdaleoque ocior (édit. 1561, in-fol.). Il ajoute : Ego tamen nihil muto. Ce qui indique que ocior ne le satisfaisait pas entièrement. Ne peut-on pas supposer que la préposition avait été écrite en abrégé, conmie il arrive souvent : Jam Dœdaleoq ocior? Moi-même j'ai vu récemment dans un de nos manuscrits du ix' ou x* siècle, Jam Dœdaleo. ocior; à la place du pointquc je mets ici, il y avait une lettre qui a été grattée. Je pourrais supposer un c, je crois plutôt que c'était une n; ce n'est pas la lettre g : il n*7 avait pas de queue.
Je n'aurais pas soupçonné que je pusse devoir quelque chose à Peerlkamp, l'auteur de la conjecture audacior. Il me fournit aussi une leçon qui m'est très-favorable. Il a lu dans un très-bon manuscrit [in optimo manuscripto) de Leyde, Dœdalea, variante fort étrange, composée de Dœdaleo, plus un demi-cercle pouvant avoir été le c que nous désirons. Notons que souvent dans les manuscrits les mots ne sont pas séparés. D'oil viendrait cet affreux solécisme ?
J*ose dire que cocior, expliqué par les exemples précédents, me parait serrer de plus près le texte que le tutior de Bentley, qui, pour arriver là, aurait dû passer par totior, mot auquel la plume des copistes se serait refusée. C'est tutior^ interprété comme cautior^ qui a réuni les suffrages des meilleurs éditeurs. Je demande qu'on prenne Tavis des paléographes.