‹ Melanges de philologieChapitre 22 sur 143 · Ad Horat., p · texte numérisé non relu

Ad Horat., p

8. On Terra que beaucoup d'éditeurs se sont séparés de lui. Santen trouve qu'il n'a pas résolu le problème.

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était composée de dix petits ioaiens. De cette façon il a circonscrit la difficoltéy et fixé définitivement des points d'arrêt.

Ensuite il a montré que la division en deux trimètres suivis d'un tétramètre est inadmissible. Déjà dans la première strophe le mot ex-animari est coupé en deux : cela peut encore se tolérer. Mais nous voyons à la troisième strophe une chose impossible :

Simul unctos Tiberinis humeros lavit in undiSy eques ipso melior Bellerophonte, neque pugno neque segni pede victus.

Aussi les manuscrits, qui présentent assez généralement la division en deux trimètres suivis d'un tétramètre, l'abandonnent ici, et font des vers faux, plutôt que de conserver la régularité par ce procédé étrange.

On a essayé de parer à cet inconvénient en transposant le troisième vers de cette strophe, et en le plaçant au commencement :

Eques ipso melior Bellerophonte, Neque pugno neque segni pede victus, Simul unctos Tiberinis humeros lavit in undis.

Cette correction d'Aide, qui croyait reproduire la leçon d'un prétendu manuscrit, a été adoptée par la plupart des éditeurs de son temps ' : elle n'en est pas moins saus valeur. Elle a contre elle le témoignage unanime des manuscrits ^, et le commentaire d'Acron, où simul commence la phrase. Ajoutez que cette dernière construction est bien plus naturelle : c'est lorsqu'il a rafraîchi son corps dans le Tibre que le jeune Hébrus se présente plein de vigueur pour tous les exercices. Ce fond doit en quelque sorte précéder tous les traits du tableau.

Avant de discuter le système de Bentley ^, je dois dire quelques mots de celui qui constitue entièrement l'ode d'Horace en tétramètres. Ce système est dû à Cuningham (1721), à qui il fut sans doute inspiré par sa rivalité contre Bentley. Je ne conçois pas qu'il ait obtenu tant de crédit; car je le vois approuvé par nombre de philologues et d'éditeurs, par Gesner (1755), Chabanon (1773), l'éditeur des Deux-Ponts (1783), Mitscherlich (1800),

1. Glaréanus, Fabricius, Lambio, Théod. Marsile^ et postérieuremeat Jean Bond (1668), Baxter (1701), etc.

2. Voyez Brauuhard. Les quatre plus anciens manuscrits de la Bibliothèque royale (des ix*, X* et XI* siècles) confirment la distribution la plus ordinaire.

3. 11 est impossible de prendre au sérieux d'autres systèmes, tels que le partage en strophes de quatre Ters, dont le dernier est un petit vers dans lequel on ne peut reconnaître ni un roonomètre ni un dimètre {verbera linguœ, nitor Hebri, segni pede victus ^ eaxipere aprum), Gr&qoius a admis cet ordre, fourni par des autorités, et je l'ai trouvé dans deux manuscrits de la Bibliothèque royale. Vanderbourg pense que la période des dix petits ioniens ne forme qu'un seul ver^ : M. Stiévenart accepte cette idée; mais comme la typographie se refuse à reproduire un vers de cette taille, il divise toute la pièce en monomètres :

Hiserarum est Neque araori Uare ludam, elc.

Féa (1814), Dœring (1824), Lemaire (4829), Peerlkamp (1834), et par an trèfl-estimable prosodîste, M. Carey ^. Il fiial dire qu'U lui était venii un appui : en 1782, lani écrivit une dissertation, plus souvent citée qae lue, et qui est en somme assez médiocre : il n'admet que des vers tétramëtres. Voilà sans contredit de graves autorités. Toutefois, après quelque réflexion, on reconnaîtra que cet arrangement présente deux grands défauts : le premier, de faire disparaître entièrement le trimètre, vers essentiel d'après le témoignage si fréquent des grammairiens latins ; le second, de ne pas respecter le repos après le dixième ionien. Ainsi l'on est choqué de voir réuni dans un même vers :

Patruœ verbera linguse. Tibi qualum Cythereœ.

Pareillement nous trouvons au huitième vers :

Neque segnî pcde victus. Gatus idem per apertum.

Le goût demande qu'un nouveau vers commence à Catm idem, ^ J'ajoute que les manuscrits, tout en divîsanc d'une manière très-différente, et parfois très-déraisonnable, les vers dans l'intérieur des strophes, sont unanimes pour conserver à chacune la môme étendue. Partout M5tfrarunij Tibi qualum, Simul unctos, Catus idem^ commencent un vers.

J'arrive au système de Bentley, que le précédent n'aurait pas dû détrôner. Cet illustre critique partage chaque strophe en deux tétramètres, suivis d'un dimètre :

Miserarum est neque amori daro ludum , neque dulci Mala vino lavere, aut exaniinari, metuentes Patruae verbera linguœ.

Cette division a été reproduite par Sanadon (1728), Poinsinet de Sivry (1777), et par les plus célèbres éditeurs de nos jours, Braunhard et Orelli. Hermann, dans ses Eléments de métrique ^, ne discute plus une question qu'il regarde comme tranchée^ et la dissertation du critique anglais estinsérée par Gaisford dans ses notes sur Héphestion. Quand des hommes aussi considérables que Hermann, Gaisford, Orelli, suivent sans hésitation la même route, il est bien permis de dire que l'opinion de Bentley fait autorité aujourd'hui parmi les savants ^.

J'oserai cependant élever contre ce système plusieurs objections qui me paraissent de quelque poids.

1^ Et d'abord aucun grammairien latin ne nous apprend qu'Horace ait composé des ioniques dimètres. Puisqu'ils lui empruntent des modèles pour les deux autres ioniques, il était assez naturel qu'ils le citassent aussi pour le dimètre. Mais ils ont souvent forgé des exemples pour la symétrie.

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