Un seul accent dans cette partie
^. Poème sur Boèce.
de f S syllabes. Gela est exact, d*après leur manière de compter; mais en ne tenant pas compte de la finale, l'asclépiade n'a que 11 syllabes :
Seu rupit teretes Marsus aper plagas. Hor.
et même, la plupart du temps, il n'en a que 10 :
Mœcenas atavis édite regibus. Hor.
C'est là un endecasillabo sdrucciolo pour les Italiens. Je reproduis ces accents comme notre langue peut les reproduire :
Mécène issu de la race royale.
Syllabes accentuées : 4, 7, 10. Plus loin nous donnerons des modèles du vers sdrucciolo.
Quod si Threicio blandins Orpheo. Hor.
Plus doucement que le cbantre de Tbrace.
La première ode d'Horace a 36 vers, et la finale dactylique se trouve dans 25.
La déplorable habitude d'accentuer le latin comme le français ' a accrédité chez nous une fausse idée, qu'il est bon de relever ici. L'asclépiade prononcé à la française a 12 syllabes, et il est coupé en deux hémistiches ; d'où l'on a conclu que ce vers a servi de modèle à notre vers alexandrin. Harmontel le dit en propres termes, et on l'a souvent répété après lui. « C'est au vers asclépiade latin que notre vers héroïque répond. Composé de douze syllabes, ainsi que l'asclépiade, il en a la coupe et le rhythrae^... J'ai dit que le vers asclépiade des anciens avait servi de modèle au vers héroïque français; et en effet, un asclépiade est un vers français de la plus parfaite régularité :
Pastor quum traheret per fréta navibus.
Au sein tumultueux de la guerre civile...
Us sont ensevelis sous la masse pesante 3. »
Cette assimilation est encore plus singulière dans le texte même, parce que les deux vers français y sont notés avec des signes de quantité. Je ne ferai qu'une objection à une théorie que l'ensemble de cette discussion me semble réfuter suffisamment : quel rapport y a-t-il entre le mot de la césure, tumultueux^ accentué sur la dernière syllabe, et le mot analogue du vers latin, traherety accentué sur la première ?
6' Asclépiade gatalëctique. — Je donne ce nom à un asclépiade tronqué, qui aune syllabe de moins au dernier pied, c'est-à-dire un spondée au lieu d'un dactyle. Il réunit le conmiencement et la fin du vers hexamè-
1. Voir, à ce sujet, une dissertation spéciale de M. B. Jullien, dans sou oui rage intitulé : De quelques points des sciences dans C antiquité {Physique, Métrique , Musique), p. 331.