‹ Melanges de philologieChapitre 5 sur 143 · Conf. XXXVI, 3(î · texte numérisé non relu

Conf. XXXVI, 3(î

6. Var. lect. juventutis. Le passapro d'Hyffin présente la même variante, et on la retrouve trte-BOuvent. Los meilleurs critiques ont raison de n'en pas tenir compte. C'est le reste d*un âge barbare.

Je reproche à Forcellini de rapporter plusieurs des exemples précédents à juventus, en relatant, il est vrai, la variante juventas, mais sans la préférer.

HvGiN {Prœf.j p. 10):

a Ex Jove rursus et Junone Juventas^ LiberUi$ K ^

Florus (1, 7) :

a Cedentibus céleris diis, rcstitere Juventas et Terminus. »

Saint Augustin (Civ. D. M, l) :

(( Eorum qui colerent Juventatem deam. »

Horace {Carm. I, 30, 8) :

Et parum comis sine te Jwoentas.

Ce passage est une transition naturelle pour arriver au sens de jeune âge. Nous lisons dans le même poëte :

Fugit reiro Lfovh juventas, et docor. (Carm, II, H, 5 ) Olim juventas, et patriiis vigor Nido lahorum propulit inscium. (16. IV, 4, 5.) Fuf^'d juventas y et verecundus color Reliquit ossa. {Epod, 17, 2!.)

Et dans Lucrèce (V, 886) :

Tum domum, puerili œvo florente, juventas Officit, et molli vestit lanugine mcilas.

Virgile a dit {Georg, III, 63) :

Interea, superat gregibus dum lœta juventas *,

Le même (JEneid. V, 398) :

Si mibi, qum quondam fuerat, quaquc improbus îsto Exsultat fidens, si nunc foret illa jmenias ^,

TiBUUÉ (I, 4, 37) :

Solis œtema est Phœbo Bacchoque juventas K

Ce premier point, je pense, ne sera pas contest(^.

1. Ceci explique pourquoi Servius (cité plus haut) a réuni Juventas et Libertas,

2. On pourrait assurer d'avance que des manuscrits ont pour Tariante j'uventus. Cette mauvaise leçon était même primitivement dans celui de Florence. On s'étonne de la trouver dans l'édition de Robert F^stienne. Le seul mot qui puisse remplacer ici juventas, c'est juventa. Mais le poète, en choisissant une forme plus distinguée, a évité en môme temps Vhomœotefeuton,

3. La note de Piérius mérite d'être transcrite : « In Homano codice juventas legitur, veluti }mus erat in Longobardico. Reliqui etiam codices ita sœpe soliti sunt scribere, ut in VU

(v. 160) : Tum mihi prima gênas vestibat flore juventas. In aliquot aliis juventus est

ïn numo Aurelii, et aiiorum quonumdam, juventas inscribitur, quod de dea dici nemo

dubi tarif Quod vero juventas pro œtate toties in antiguis exemplaribus invenialur

minime displicet, quum figurata sit ciocutio, perinde ac illa : Sine Cerere et Baccho. »

4. Var. lect. juventa. Cf. I, 8, 41; Ovid, Met. ÏV, 17. Je n'ose donner comme certain l'emploi du même mot fait par Florus (II, procem.) : Si quod est robur, ri qua Jatentas.

Je passe à JUYENTA, dont pareillement le sens est clair et générale ment admis. Il safOra de choisir quelques exemples.

Catulle (LXI, 234) :

Munere assiduo valentem Exercete juveniam.

Virgile {jEneid. IV, 32) :

Solane perpétua mœrens carpere juvenia ?

Le même (/»., Y, 295) :

Euryalus forma insignis viridique juvenia *.

Horace {Carm. III, 14, 27] :

Non ego hoc ferrem, calidus juventa.

Et dansTilrl poétique (115) :

Maturusne senex, an adhuc florente juventa ^.

TiBULLE (IV, 12, 3):

Si quidquam tota conunisi stulta juventa,

Properge (III, 5, 19) :

Me juvet in prima coluisse Helicona juventa.

Et (III, 11,7):

Iflta ego prœterita jactavi vethsi juventa^.

OvroE (ife^ XV, 209) :

Excipit Autumnus, posito fervore juoentm ^.

SÉNÉQUE le Tragique (Hipp. 449) :

Tristem juventam solve ; nunc luxus râpe \

JuvÉHAL (VI, 369) :

Summa tamen, quod jam calida matura juventa ^.

STACE(Si/c. IV, 1, 46):

Signa polo, longamque tihi, dux mague, juventam Annuii 7.

!. Voyez dans les Index les autres exemples : en somme Us sont au nombre de douze.

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