And. l
3. Les douze pairs sont voués au martyre. — D'autres mots encore y conservent cet ancien oosiume : miiie (mille), fluvie, victorie, memorie, etc.
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Voyez, amis, cet élégant navire...
Heureux celui qui loin de tout négoce...
Hanes errant dans libres marécages.
Avant de quitter Tiarabique, je veux expliquer, à l'aide de ce vers, une particularité du vers italien, lequel peut différer l'accent de la césure jusqu'à la sixième syllabe. C'est là, selon moi^ un souvenir du senarius^ qui, présentant ordinairement la césure penthémimère^ a quelquefois la césure hephthémimère. Voici des exemples qui rentrent dans la dernière catégorie :
Roges, tuum labore | quid juvem meo. Hor.
Gurœ levés loquuntur, ingentes stupent. Sen.
Si judicas, cognoscc ; si régnas, jubé. Id.
Chez les Latins, ce cas est rare, mais il est fréquent chez les Italiens :
S' io credessi per morte essere scarco Del pensier amoroso, che m' atterra. Petb.
Orrida maestà nel fero aspetto. Tasso.
Cbiama gli abitator dell' ombre eterne. Id.
Le provençal a coitnu et pratiqué cette césure :
Nos jove omne menam | tal mal jovent^ Verays Dieu, Jhesu Crist, que perdonetz En la crotz al layro, e 11 donetz La joy de paradis, vos me salvetz *.
Mais elle n'a jamais été admise par notre poésie. Je mets hors de cause les décasyllabes qui, tout en ayant le repos demandé par le sens à la sixième syllabe, ont cependant une autre césure effective à la quatrième. Tels sont ces vers de Marot :
Car il a^tout détruit son parentage
Si ceux à qui deviez, conmie vous dites....
Ce vénérable ilôt fut averti.
Et celui-ci, de La Fontaine :
Elle me prend mes mouches à ma porte :
Miennes je puis les dire, | et mon réseau En serait plein, sans ce maudit oiseau.
Voltaire a franchement essayé, dans ses comédies, des vers de dix syllabes ayant la césure au troisième pied :
Elle vous traite mal, mais sa nature....
Nous en sommes fori près, et notre gloire.... De trois cents louis d'or ; n*y manquez pas.
Mais cette tentative a eu peu de succès. Nous ne comprenons pas que
1. Nous jeunes hommes menons si mal jeunesse. {Poème sur Boèce,)