‹ Melanges de philologieChapitre 53 sur 143 · Bibliothèque Sainte-Geneviève · texte numérisé non relu

Bibliothèque Sainte-Geneviève

4. Suivait un mot qui est complétemebt effacé, supposons tumulo.

L'incorrection est encore plus frappante dans une hymne commençant par ces mots : Christe^ qui lux es et dies ^ J'en citerai deux strophes, parce qu'elle a été attribuée, bien à tort, suivant moi, à saint Ambroise :

Ne gravis somnus irruat, Nec hostis nos surripiat, Nec caro ilJi consentiens Nos tibi reos statuât.

Ocoli somnum capiant, Cor ad te semper vigilet, Dextera tua protegat Famulos qui te diligunt.

J'ai dû, pour plus d'une raison, m'arrêter quelque temps surTiambique dimètre. D'abord, il est, conmie je l'ai dit, le vers le plus commun dans les poètes chrétiens. Ensuite, les altérations qu'il a subies se reproduiront dans toutes les autres mesures. Enfin, ce mètre, scandé à la manière des modernes \ qui comptent toutes les syllabes, même celles que les Latins élidaient, peut être regardé comme le modèle de notre vers de huit syllal>es, le plus ancien après le vers de dix.

J'arrive aux hendécasyllabes employés dans les hymnes de l'Eglise.

1. Je mentionne d'abord Yasclépiade caialectique^ dont j'ai dit que Boèce a fait usage, et qu'on voit plusieurs fois dans saint Ambroise. Ainsi une hymne pouf invoquer la Pluie conmience par cette strophe :

Squalent arva soli pulvere multo, Pallet siccus ager, terra fatiscit, Nullus nuis honos, nulla venustas, Quando nulla viret gratia florum.

J'ai trouvé dans un manuscrit du ix* siècle ^ une hymne à sainte Geneviève écrite dans ce mètre. En yoici les premiers vers :

En nobis species splendida vemans :

Festum quod colitur innuit almum Melos innubilo ^ promere cantum Almœ pro meritis nune Genovefa^.

2. Quant à Yasclépiade régulier, celui d'Horace, je ne le rencontre que deux fois dans les anciens hymnographes; c'est dans Prudence :

Inventor rutili dux bone luminis....

Paulus, prœco Dei, qui fera gentium.

1. Incerii rhythmut instar iambici dimetri^ dit Cassander {Hymni ecclesiastiei), p. Si.

2. DftDf les poètes chrétieDs, l'iambique a presque toi^ours une finale dactyiique^ telle que Doai la Yoyons dans le Ters précité d'Horace, mortalium, en sorte qu*eD réalité ce mètre u'a que six syllabes.

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