‹ Melanges de philologieChapitre 70 sur 143 · Substitutioii qui a lieu en anglais · texte numérisé non relu

Substitutioii qui a lieu en anglais

Oé —

— Il est à propos de bien répéter aux élèves que k langue latioe ne peut rendre exactement le mot on, et qu'ils doivent Ux)u ver un équivalent français, qu'ils traduiront mot à mot en latin.

De toutes les tournures admises par le latin en cette circonstance, il n'en est qu'une à laquelle notre langue se refuse : c'est remploi du verbe à la troisième personne du pluriel sans un sujet : Aiunt, memarant. Du reste, nous disons :

On aime la louange.

L'homme aime la louange.

Les hommes aiment la louange.

Nous aimons la louange.

Chacun cherche son intérêt.

Vous le tueriez plutôt que de le faire parler.

La critique est généralement mal reçue.

Si quelqu'un vous dit...

Quiconque veut...

Celui qui entreprend...

Et ainsi des autres.

Faute de faire cette réduction, l'on risque de tomber dans des obscurités, dans des non-sens, tels que nous en avons signalé quelques-uns.

{Revue de l Instruction publiquej 29 avril 1858.)

P. S. Un quatrième article, insérédsLUslA Revue de F InsiructiQnpubtique du 27 mai, était consacré au mot Juventus, J'ai donné ci-dessus cet article, avec de nouveaux développements, au n* IV.

Un cinquième article, qui est devenu le suivant, était aussi rattaché aux mêmes Souvenirs, en ce qu'il fixait le sens d'un verbe qui ne peut entrer dans une locution qu'on trouve à tort dans bien des textes.

SUR l'ancien verbe PILEHIBERE.

Le verbe Prœbere vient évidemment de prœ et habere. Cela est vrai, soit que prœhibere ait existé ou non. Or il y a des exemples de prœhibere. Forcellîni dit, et M. Freund répète que c'est un mot de Plante; mais je ne trouve pas là les caractères d'un mot appartenant spécialement à un auteur : prœhibeo est un archaïsme.

La préposition prœ, quand le sujet de la phrase est une personne, exprime l'action de mettre en avant une chose qu'on tenait cachée. Avoir à la main, dans la main, en main, se ditp?*a? manu habere. Ainsi Plante {Bacch., IV, 3, 9) :

Palri reddidi onine auruin quod fuit prœ manu *.

Prœhibere et prœbere signifient : Tendre à quelqu'un une chose pour qu'il la prenne, présenter, offrir; et au figuré : Donner, procurer, fournir. Plaut. {Rud. II, 6, 46) :

lia saisam prœhibet^ potioncm ci frigidam.

Le même : Prœhibere lesiem {Pseud., I, 2, 49), prœhibere cibutn (ftirf., I, 3, 34). Si nous passons à l'emploi figuré, nous trouvons dans Plante {Pers., IV, 3, 41) :

Operam aiquc hospitium ego isti prœhiberi volo.

Caton, cité par Aulu-Gelle (III, 7), dit de même : « Saepe postilla operam reipublics fortem atque strenuam prœhibuiL » On est sûr d'avance que ce vieux mot, n'étant plus connu, aura souvent été altéré. ElTectivement on lit dans la plupart des éditions des fragments de Caion perhibuit. La forme postérieure prœbere operam est fréquente : on la voit, par exemple, dans Tite-Live (V,4), dans Columelle (VllI, 10, 1). Prœhibere operam et prœbere operam sont la même expression, à deux âges différents de la langue.

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