‹ Melanges de philologieChapitre 72 sur 143 · Avec la variaole perhibuit · texte numérisé non relu

Avec la variaole perhibuit

2. Si la leçon est exacte, et si rarcbaume D*a pas été effacé.

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perhibere, c'est prœhibere qu'il faut lire *. Je ne prétends pas qu'il y a eu erreur de la part des copistes dans toutes les transcriptions de ce verbe, d'autant plus que les abréviations de per et de prœ diffèrent beaucoup. Je crois que perhibere testimonium était devenu une faute de langage dérivant de l'ignorance du vieux verbe prœhibere. Chez nous, bien des gens ne disent-ils pas : Un péril éminenty au lieu de imminent ? Si Ton demande comment un archaïsme comme prœhibere a pu se perpétuer dans la langue, je répondrai que c'est là le privilège des termes de pratique, et qu'en français le même fait est facile à observer. Prœhibere {testimonium) a survécu, au même titre que repetundœ, malgré la réforme qui avait converti en endus la désinence du participe futur passif. C'est le privilège des mots techniques et des formes archaïques.

{Revue de VInstruction publique^ 29 juillet 1858.)

P. S. Depuis la publication de cet article, j'ai trouvé dans Apulée, ce moderne qui était constamment à la recherche des vieilleries, plusieurs passages dans lesquels prœhibere doit être certainement rétabli. Le substantif n'est plus testimonium, mais d'autres tout à fait analogues, et le sens du verbe est toujours, « fournir, produire, donner. »

Apulée [Met. VI, p. 138 Bip.) : « Si medomumpervexerisincolumem... quas tibi gratias prœhibebo, quos honores habebo, quos cibos exhibebo ! n y a prœbebo dans la plupart des manuscrits et toutes les éditions. Mais dans l'excellent manuscrit Guelferbytain, prœhibibo.

Le même {Met, YI, p. 139 Bip.) : « Sed nos et solitudini tuœ praesidium prœhibebimus. » Les manuscrits portent proMbebimuSj qui est devenu prœstabimus moyennant une glose; les éditions ont prœbebimus.

Enfîn (Met. IX, p. 209 Bip.) : «Siquomodopossem, detectisacrevelatîs fraudibus, auxilium meo prœhibere domino. » Toujours la même erreur : la plupart des manuscrits ont perhibere ; les éditions^ perhibere ou prœbere.

La confusion, dans les verbes composés, des prépositions commençant par la lettre p, à cause des abréviations contenues dans cette lettre, et facilement permutées ou omises, donne lieu à bien des difficultés, et a produit dans les textes imprimés bien des fautes qui persistent. Une petite monographie sur ce sujet serait d'une grande utilité, mais demanderait des recherches et d'assez longs développements.

1. Je irooTe dans Pline le Jeune {Ep. X, 18) un autre yerbe cpii me parait bien impropre : « Apud me et milites et pagani, a quibus et justitia ejus et humanitas penitus inspecta est, Gfirtaiim ei, qua privatim, qua publiée, testimonium retrihueriint , » Ce mot embarrasse à bon dri)it les interprètes, qui trouvent que re ajoute ici un sens peu convenable. Je ne doute pas qu'il faille lire prœhibuerunt . Je rappellerai que Vœ s'écrivait par un e, et que les lettres r et/) sont les mêmes dans l'écriture lombardique, qui a servi à la plus ancienne transcription de« manuscrits qui nous restent.

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