Materia, J'entends la mise en scène
est loio d'avoir répondu à mon attente. 11 a cependant rincontestable mérite de donner la récension de tous les manuscrits et de toutes les éditions. Ce relevé a demandé beaucoup de travail, et il est fait avec beaucoup de soin; mais j'espérais plus que cela. Une bonne bibliographie n'est point la partie la plus difficile ni la plus utile d'une pareille tâche. Le nouvel éditeur a donné le texte en prose, comme on le trouve dans les manuscrits; il ne s'est occupé ni d'interprétation, ni de métrique, ni de la constitution définitive du texte. Si M. Peiper croît que la pièce était en prose, il n'y a rien à lui demander de plus; mais cette thèse serait difficile à soutenir *. Ce serait un véritable prodige que tant de lignes présentassent des vers fort corrects sans intention de l'auteur. S'il en est autrement, il faut tâcher de reconnaître le mètre ou les mètres employés, rétablir sur leurs pieds les vers dans lesquels des mots ont été déplacés, ou remplacés par des gloses, ou les vers encombrés de mots surabondants. Il s'agit, à mon avis, de reprendre l'estimable édition de Klinkhamer, et de la perfectionner. KJinkbamer a fait connaître, avec plus ou moins de succès, les licences prosodiques prises par un poëte de la basse époque, et il a donné un texte en vers, en regard du texte en prose. J'ai relu dans la nouvelle édition un certain nombre de pages, et cette lecture a pleinement confirmé ma première impression. La pièce est, selon moi, en vers, mais en vers différents. Rien ne serait plus simple si tel mètre se rencontrait dans une scène, tel autre mètre dans une autre, ou si une scène présentait successivement deux espèces de vers. Mais ce qu'il y a de frappant et de tout à ïaH însolîte, c'est que des vers qui se suivent sont dans un mètre différent. Le mètre le plus ordinaire est le trochaïque septénaire, auquel viennent se mêler des iambiques trimètres, soit un trimètre seul, soit plusieurs de suite. On a pensé que l'expHcation de ce mélange se trouvait dans un vers du prologue (vs. 21) :
Non autem auderemus cum clodo in agendum pcde.
Ce mot claudo a embarrassé les interprètes. Je ne saurais croira qu'il caractérise une ligne de prose à laquelle est ajoutée une terminaison trochaïque : (( Aliœ (partes) quum sint ad prosam conformatœ, trochaicas eis auctor adjunxit clausulas *, » Je crois tout simplement que le poëte désigne ici le trochaïque septénaire, lequel est claudus, boiteux, parce qu'il a un demi-pied de moins que l'octonaire, et qu'il n'est pas ^adratus. Le* mot propre est catalectique; il s'applique à plusieurs vers auxquels il manque une syllabe.
J'ai été étonné de voir que Klinkhamer reconiraissait dans le Querolus de grands iambiques [un mètre qui est l'ennemi du trochaïque), et quelques bacchiaques. Quant aux fragments de vers nommés clausulcSj il n'est pas