Peiper, p. xxxvii
étonnant que cette pièce en offre de temps en temps, comme celles de Plante et de Térence.
Un vers iarabique triraètre est facile à reconnaître; mais la succession d'iambiques intercalés dans des trochaïques tranche encore davantage. Voici un passage qui offre cette succession (K., p. 73) :
Incertus ego mage sum factus hodie quam sempei* fui.
Quid ego nunc faciam cum responso hujusmodi?
Cujusquamne unquam talc dalum est oraculum,
Ut ipse sibi mala quaereret, haud excluderet,
Si fieri posset, ingrucntem miseriam ?
Perde, inquit, si quid domi est, acquiras ut tibi plurima.
Je ne crois pas que des iambiques tétramètres aient pu être mélangés par le poëte avec les trochaiques. Il y a cependant de nomJ)reux exemples du premier de ces mètres dans le texte qui nous est parvenu. Ainsi, p. 159 :
Ezberedasti nos, thesaure. Quonam redituri sumus*?
A la p. 153, un vei's qui devrait être trochaïque commence par sodales, qui indique nécessairement une provenance iambique. A la p. i57, un autre vers commençant par Tôt advocati encourt le même reproche. Fréquemment un vers est trochaïque dans le premier hémistiche et iambique dans le second, et réciproquement.
A la p. 159, voici un grand iambique incontestable :
Honorifice hoc tractatum bustum, cujus sic redoiet dignitas.
Cujus est monosyllabe, conmie dans les anciens Comiques. A la même page, voici un vers faux, qui offre un iambe au deuxième pied :
Accommodavi, meas fortunas qui ipso risit exitu.
C'est encore un iambique quadratus régulier.
Je pense que tous les vers, aujourd'hui défectueux, ont été altérés par les copistes. Des mots, des membres de phrases ont disparu : dans ce cas, point de remède. Mais assez souvent on peut rétablir le système trochaïque par un changement très-simple, en transposant un mot ou en le remplaçant par un autre, ou en supprimant une glose.
Voici une correction qui se présentera à quiconque se rend compte, grâce à un peu d'habitude, du mètre en question.
A h p. 28 : « Cuinam'tu verba promis? Tibine an populo? — Et populo et mihi. » Le troisième pied est un iambe. Donc le vers est défectueux. Transposons un mot, déplacé par le copiste, et il devient régulier :
Cuinam verba tu promis? Tibine, etc.