‹ Melanges de philologieChapitre 83 sur 143 · Srit. I · texte numérisé non relu

Srit. I

interprètes une aggravation dans le demi-vers qui suit lululentus^ quand au contraire il est destiné à adoucir la critique.

Heindorf avait soutenu Tinterprétation des grammairiens anciens dans une note très-étendue. Les deux passages d'Horace y sont discutés par lui avec une sûreté de jugement et une érudition qui en donnent le plus solide commentaire. Je lui emprunterai une citation qui appartient à Théodore Marcile, et qui me paraît très-pertinente. Elle est extraite de Sénèque le rhéteur {Controvers. lib. IV, Prœfat.) : oMulta erant quœ reprehenderes, multa quœ suspiceres, quum torrentis modo, magnus quidem, sed turbidus flueret. » On a vu avec raison dans ce passage une allusion frappante à celui d'Horace, et le second membre contient évidemment une apologie.

En 1820, Bolhe, un des premiers philologues de TAUemagne, publia aussi une édition d'Horace. Est-il, sur la difficulté que nous discutons, d'un autre avis que Heindorf? Nullement : son affirmation est bien positive. Il s'autorise d'Acron et de Quintilien : Quœ velis inde excerpere et pro tuishabere» Il ne met pas en balance un autre sens.

En 1833 parut l'édition de Braunhard, que je regarde comme la meilleure, parce qu'elle contient des variantes dans la mesure suffisante, et un commentaire perpétuel ; car je pense que faire comprendre les auteurs qu'on édite est une tâche plus difficile et plus méritante que de recueillir seulement les différentes leçons des textes. Voici sa glose, deux fois répétée en termes difi*érents pour plus de clarté : « Etiam quando asperos faciebat versus, erat tamen quod velles imitari. Hoc est : Elrat in asperis versibus illius aliquid dignum imitatione. » Je reproche à l'auteur une petite inexaclitude : il ne fallait pas changer l'épithète d'Horace en asperos. Le poète avait adressé à son devancier une critique beaucoup plus large, qui concernait la composition aussi bien que le style, et ce style avait lui-même d'autres défauts que la dureté.

Il semble qu'après l'interprétation lucide et concordante des scholiastes, la vérité n'était plus à chercher. Malgré l'assentiment qu'elle avait obtenu de beaucoup de philologues modernes, des oppositions s'élevèrent et, en dépit de l'autorité et de la logique, le résultat fut compromis. Wolf, dans une dissertation spéciale, publiée en 1816 dans les Litterarische Analecteiiy l. I, p. 185-204, avait combattu l'opinion générale*. La même année, Spalding, éditeur de Quintilien, avait conclu dans le même sens. La récente édition de Heindorf n'avait pas converti les philologues, et désormais cet éditeur devait être combattu toutes les fois que la question reviendrait sur le tapis.

L'édition très-estimable et très-répandue d'Orelli-Baiter a repris le

!. J'ai pris connaissance des arguments de Wolf, et je m'étonne qu'ils aient emporté l'assenlimcnt de l'Allemagne. Son nom a sans doute fait plus que son argumentation.

thème de Wolf, et cela avec tant d'assurance S que depuis déjà bien des années l'ancienne interprétation paraissait dépossédée. Une nouvelle campagne était donc nécessaire, et je ne me plains pas d'avoir été appelé dans l'arène.

Avant d'aller plus loin, je ferai remarquer qu'Orelli a commis une singulière et grave erreur, qui se propage dans tous les tirages de son édition : il a associé Turnèbe à Heindorf, et regardé comme un adversaire un chef qui, il y a trois siècles, avait déjà arboré] le même drapeau que lui. a Ibi ^o/fore-perspicue sentit (Quintilianus) esse rescindere de scripto, auferre, removcre ut supervacaneum. » (Tumeb. Advers. XV, 9.)

Je ne veux pas faire le compte des savants qui ont défendu l'une ou l'autre opinion, et proposer de décider la question à la majorité des voix. Mais je remarque avec plaisir que les commentateurs et les traducteurs français se sont rencontrés dans l'interprétation qui me paraît la véritable. Il faut, comme je viens de le dire, excepter Turnèbe, qui s'est séparé, à mon grand étonnement, des scholiastes, et Sanadon (1728), qui traduit ainsi : a Ce grand flux de composition ne lui permettoit pas d'épurer son style, et il lui échappoit des choses qu'on voudroit n'y être pas. » Le mot échappoit est bien singulier dans une pareille phrase.

Je citerai dans l'ordre chronologique ceux de nos traducteurs qui ont laissé quelque nom.

De Martignac (1596) : a Cependant, quoique la pureté ne règne pas dans ses écrits, il s'y trouve des endroits qu'on ne rebuter oit point. »

Dacier (1631) : a On peut le comparer à un grand fleuve qui entraîne avec lui beaucoup de limon et de boue; mais on ne laisse pas d'y trouver quelque chose de bon. » La traduction de hUulentiun est bien traîuante; mais je n'ai en vue que rintelligence du passage.

Le P. Tarteron (i68i) : « Cependant, quelque vicieuse que fust son expression, il ne laissoit pas d'y avoir de bonnes choses. »

Desprez, dans l'édition du Dauphin (1685) : « Habebat tamen quod vellcs sumere. » Et dans la note : a Quanquam versus profundebat impolitos et inelaboratos, erat in illis tamen aliquid imitatione tua non indignum. »

Traduction de Batteux (1777) : « C'était une eau trouble qui avoit besoin d'être filtrée : il ne se donnoit pas la peine d'écrire. » Il faut compter Batteux parmi nos adversaires. Non-seulement il escamote la difficulté, mais il dit que tollere a deux sens, et « qu'il semble qu'on doive le prendre de mauvaise part. »

1. « Post Wolfii diiiputationem, vir quisquam contrarias Scholiastarum, Tumebi et Heiiidoriii raliones probabit. » Déjà Dœring (1828) avait proclamé superbement cet arrêt : a Altamen fuenint, in qnibus etiam Heindorfius, qui tollere cotitra usum loquendi pro servare explicare mallent; hos jam docte refutavit WoIÂub. » J'ai fait connaître plus baut Vusum loquendi. Dn»ring explique nettement ce qu'il entend par les mots d'Horace : « Sxpe ferentem Piura quidem relinquendiii , plura secum trahentem quœ reciden«la magis quam servanda sint. » Cela est pauvre.

Binet (1802) : « Dans ce que roulait ce torrent liiuoneux, il y avait quelque chose à recueillir. »

Daru (1809) :

Plein de boue, il coulait en torrent furieux Qui roule dans ses flots un métal précieux.

De Campenon et Desprez, auxquels on doit une de nos meilleures traductions d'Horace (1821) : « Toutefois, dans ce torrent qui coulait à flots bourbeux, tout n'était pas à rejeter. »

Patin, professeur distingué, qui a consacré une partie de sa vie à l'étude des poètes latins, a traduit comme il suit : u C'était un torrent fangeux, d'où l'on pouvait cependant tirer quelque chose. » Je préférerais torrent bourbeux ou limoneux.

M. Pierron [Histoire de la littérature romaine, p. 148) loue aussi Lucilius, et traduit de préférence le vers de la dixième satire : plura quidem tollenda relinquendis : « C'était un fleuve un peu trouble, roulant quelquefois dans ses eaux moins de limon que de paillettes d'or ^ »

Collection Nisard (Quintilien, p. 380) : « Pour moi, je suis aussi éloigné de leurs sentiments (des partisans passionnés de Lucilius) que de celui d'Horace, qui se borne à dire qu'il y a quelquefois du bon dans ce torrent limoneux. )>

Un contemporain, qui n'était pas uii poëte, mais qui joignait à une solide instruction l'avantage de tourner le vei's avec facilité, Ragon, a laissé une traduction d'Horace qui est peu connue, mais qui mérite de l'être. Ce n'est pas sur deux vers qu'on peut en juger. Je ne les cite qu'à l'appui de ma thèse :

Torrent impétueux, dont les Ilots dans leur fange Quelquefois d'un or pur mêlaient l'heureux mélange.

Ainsi, l'interprétation française présente presque constamment pour ce que je crois la vérité le même accord que l'interprétation allemande pour l'erreur. Quant à ce dernier point, je ne parle que du temps présent; nous avons vu les réserves à faire pour ce qui remonte au premier quart du siècle.

Un coup d'œil sur les traductions étrangères.

Un littérateur renommé par son esprit et son goût, Wieland, qui a traduit Horace en vers allemands (1790\ n'a pas abandonné l'interprétation fausse, et l'a sans doute corroborée par l'autorité de son nom. Voici comme il rend le passage :

NVenn's ihm dann So trube floss, und scincm Wcrson immer Was abzuwischen ist! (T. Il, p. i24.)

1. Ajouleî Chirles Laliillp, Études lifférah-rx, l. I, p. 77.

Abu'ischen c'est "bien, selon tous les dictionnaires, « nettoyer en touchant, enlever (la poussière), essuyer, ôter, effacer. »

Mais je trouve satisfaisante une ancienne traduction italienne, de Pabrini da Fighine (Venetia, 1669). Voici Véïoge qui corrige la critique faite d'abord par Horace : « Pure erano ne' versi suoi cose che altri volesse torre per imitarlo. » 11 loue Tinlerprète Acron, qu'il traduit. Au reste, le premier sens du verbe italien togliere est prendre *.

DQbner a donné chez nous une petite édition d'Horace. Comme elle devait tenir dans un cadre très-restreint (c'était surtout une petite édition de luxe), il se contenta modestement de reproduire le commentaire de Jean Bond. Celui-ci avait affirmé son dire avec une grande netteté : « Erat aliquid quod sumeres, idque imitatione dignum. » Dûbner se trouvait engagé par son titre. Cependant, comme il eut plus tard à donner une édition classique, il retrouva sa liberté, et crut devoir se mettre à la mode de son pays. On lit dans son commentaire cette petite note : « Tollere^ retrancher. »

La discussion soulevée à propos des deux passages d'Horace lui fit prendre la parole. Il adressa à la Revue de VInstruction publique (3 novembre 1859) une lettre dans laquelle il fit sa rétractation avec autant ' d'esprit que de sincérité. On me permettra d'extraire de cette lettre quelques lignes qui me sont précieuses :

« Parlant d'Horace, nous ne pouvons nous dispenser de dire un mot sur l'article que M. L. Quicherat a inséré dans la Revue de l'imtruction publique du 5 octobre dernier, et qui fixe définitivement l'interprétation si controversée des vers {Sat, I, 4, H) :

Quum flueret lutulenlus, crat quod toUere velles, Et {Sat. J, 10, 20) :

Al dixi lluere hune hilulentum, sœpe fercntem Plura quideni tollenda relinquendis

« Pour les amis d'Horace, c'est le petit événement du mois. Jadis tout le monde à peu près était d'accord sur le sens de ces vers, lorsque, en 1816, rillustrc Wolf entreprit, dans une célèbre dissertation*, de renverser l'interprétation traditionnelle, et de faire dire au poète le contraire de ce qu'on avait compris jusque-là. Alors les conversions commencèrent, et se continuèrent d'édition en édition. La vieille explication était regardée comme morte, et l'excellent Orelli lui-même se borne à en constater le décès ; il dit : <( Post Wolfii disputationem vix jam quisquam contra-

1. « Togliere, torre, pigliare, prendere, lat. capere, accipere, » (Dict. de la Crusca.)

2. Insérée dans les Litterarische Analekten, tome 1, pages 185-204. Ce recueil était en quelque sorte européen; la philologie française y était représentée par Villoison , Boissonade et Letroune. {Note de Dàhner.)

a rias ichoUastarum, Turoebi {lûei Lainhiai) et Heindorfii rationes fïou bnbit. I Celle de Woir eut pour ainsi dire la consÉcration par le suffrage universel des éditeurs d'Horace. A mon grand regret, dans le dëpoulUemeut des votes on trouverait deux bulletins de moi, que l'argumentation do M. Quicherat, argumentatioa à la Lessing, me force aujourd'hui de retirer, n

Il me faut encore ajouter une page, car on apprend tous les jours quelque cliose. J'ai fait lu découverte d'une curiosité, qui certes n'était pas enfouie. J'ai voulu connaître le texte même de Lambin, de ce Lambin qu'on avait, on l'a vu, confondu avec Tuinèbe. Itien ici n'appelait mon attention sur ce savant, qu'on n'avait pas mis eu scène, si ce n'est la très-haute estime qu(^ je professe pour une des plusgrandes gloires de notre érudition. Ma surprise a été grande lorsque j'ai vu qu'on avait passé sous silence le document le plus important de tous. Lambin, discutant et rapprochant les deux passages d'Horace, les a expliqués dans un commentaire qui a plus d'une page. On n'a dit et l'on ne peut dire rien de plus solide pour l'éclaircissement des deux endroits controversés. C'était chez lui une conviction bien profonde ; car, donnant le commentaire de Turnèbe à la suite du sien, il se sépare avec éclat de son ami, et dît, en s'Rdressaot à ses contradicteurs : On aura beau protester et même enrager, voilà le vrai sens : o Cujus sententia hsc est, quantumvis illi reclament, immo vero rumpantur licet : Gum Lucilius versus eiTunderet lutulentOB, i. e. impotitos et inélégantes (tralatio ducta a fluvîo turbldo ao lotulento), erat tamen altquid quod humi jacens tollere et sumere velles. u

Ce qui donne un prix infini & ce commentaire, c'est que Lambin trouve dans Horace même quatre exemples du verbe tollere pris dans le sens qu'on déclarait impossible, celui de prendre, emporter. J'avais à grand' peine trouvé cas exemples, et même un autre qui lui avait échappé; mais j'en vois un dans sa liste qui n'est pas dans la mienne. Celui-là n'était pas facile à découvrir. Horace {Epist. I, 18, 12) :

Aller in obscquîum plus œquo pioiius

Sic itérai voces, el verba cadejilia loDil, Vl puerum sievo eredas diclata nia^istr»

Hcddere.

e flatteuv relève, rainanse, ri'pète les paroles du riche comme nn écolier

rôles de son maître.

UlMArait pris la peine de consulter Lambin, ces exemples auraient Kinbnrnis; car je ne suppose pas qu'on les eût dis8ine.v&^- Itonclus de là que la ijbiiologie latine fait fausse rcnoS»- On laiwo "Moienw de nos pères, et l'on cherche péniblemen .^,>â«» souvent ' ----- 3ta auraient fait luire à tous les ye^^v*'^"»^- Idiapciisent de toute exégèse ; ce» «js^^^^^w^tA

à tâche d'élucider les textes se reposent trop sur des autorités contemporaines ou sur leur propre inspiration. Les commentaires des savants illustres des xvi* et \y\\'' siècles sont volumineux, et ils deviennent rares. On ne les reproduit pas; on n'en extrait pas même le suc. Les lecteurs se contentent ou sont forcés de se contenter de la monnaie courante : les riches trésors restent inconnus.

SUR LÏTYMOt.OOIE DU MOT DKLICATUS.

On ne peut apprécier les ttymologies que si l'on a quelques notions de la science étymologique, et un bon jugement a besoin ici du concours d'une instruction spéciale. C'est là cette science qui, jetant la lumière sur les termes extrêmes d'une famille de mots, en fait suivre clairement In fllintion, et nous apprend à ne nous laisser ni séduire par les ressemblances, ni effrayer par les diiïérences. Il est incontestable et ioconteRté que notre mot jour vient du latin diet. Comme ces deux mots n'ont pas une seule lettre de commune, la chose paraîtsingulière à ceux qui n'y ont pas réfléchi. La démonstration se fuit par l'intermédiaire diumum, qui a produit immédiatement l'ilulien giorno. On peut remarquer incidemment qu'un grand nombre de subslantifs français se sont formés non des sub* slantifs latins, mais des adjectifs, ou plus exactement de ces adjectifs convertis en substantifs dans la basse latinité. Ainsi montngne, fontaine, hirer, etc., viennent de montaiius, fonlanns, bibernus, et non pas directement de mons, fous, hiems.

C'est l'autre danger que je veux signaler, c'est-à-dire l'erreur produite souvent par une ressemblance trompeuse. J'aurais beau jeu à produire nombre de fausses étyraologies données même par les auLiens, notamment par Varron ; mais je ne veux pas redire ce qui a élé dit cent fois. Je vais rechercher l'origine d'un mot qui est généralement ignorée, et l'on nes'ea est pas occupé parce qu'elle parait évidente. Deux adjectifs latins existent : delicatus et deliciatt^i. ^ntre ces deux h l'un de qunti.' (syllabes, l'autre de cinq, il n'y a (ijie \4 Véçère diffé- "^■uu i. Est-il iiae fraternité plus probable? E^v\Aeii> î^ voudmia Vqu'entre ces deux mots, presque identiques, ^■^-j4M^».\>tae. Je )-iïfl(Plin.), delicatumviiœgmus ^ iS^^^^^^^^^^^'f ^le yie de délices, n C'est précisé» -?j^*** '^^^^Xim;' D8 lenr sens delicalw et dc-ai^ ^Vv*'"'^^ ^ ^

nécessité de les distinguer originairement, et de les rattcacher chacun à sa souche.

11 ne faut pas croire que lu connaissance de i'étymologie exacte de delicatus n'intéresse que le latin. Notre mot délicat a beaucoup de sens ; et parmi eux, il existe un sens primitif, d'où les autres doivent être déduits. Tant qu'on ne connaît pas ce sens primitif, on est dans les ténèbres, et l'on ne saurait constituer logiquement la filialion des différentes acceptions de cet adjectif.

Interrogeons les dictionnaires, et transcrivons comparativement non toutes les significations, mais seulement les principales.

Dictionnaire de l'Académie. — Délicat, fin, délié : il est opposé à Grossier. (Peau délicate, tissu délicat.) Délicat signifie encore Faible. En ce sens il est opposé à Robuste. (Tempérament délicat.) Délicat * se dit pareillement de certaines choses frôles. (Cette fleur est très-délicate, j Délicat signifie aussi Agréable au goût. (Mets délicat.) 11 signifie particulièrement Difficile à contenter. (II est fort délicat sur le manger.)

FuBETiÈRE. — Délicat, composé de partîtes menues et déliées... Curieusement travaillé... Faible, fragile... Se dit particulièrement du goût... Celui qui juge finement des choses... Difficile à contenter.

RiCHELET. — Délicat, qui n'est pas grossier... Composé de parties menues... Faible et fragile... De faible complexion... Douillet.., fin, subtil, adroit... Chatouilleux, pointilleux... De bon goût (viande).

BoiSTE. — Aisé à blesser... Délicieux... Délié, fin... Faible (opposé à Robuste)... Difficile à contenter.

Bescherelle. Du latin delicatus, même signification. Agréable au goût ^... Qui juge finement... Fin, délié... Frêle.., Difficile à contenter.

Poitevin. — Tendre, faible, frêle... Fin, délié... Difficile, périlleux... Qui sent et apprécie finement... Qui aie goût difficile... Agréable au goût.

DoCHEZ ^. — Fin, délié... Adroit... Frêle, faible... Agréableau goût... Difficile à contenter... Mou, efféminé.

Assurément on n'aurait pas soupçonné qu'un mot pût être traité d'une manière si diverse par nos lexicographes. Dès lors se révèle l'inconvénient capital d'ignorer le point de départ, et de se mettre en marche h l'aventure.

Si nous recueillons les voix, nous trouverons que le premier sens du mot Délicat est celui de Fin, délié ; c'est l'opinion de quatre auteurs sur les huit que nous avons cités. Or cette opinion est-elle fondée? Toute la ques-

i. Je rapproche ce sens du précé(ient. L'Académie les a séparés par une acception qui n'a avec eux aucune analofjie : Agréable au {j:oùt.

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