M. Burguy n'adopte pas cette dÎYision
2, Réciproquement M. Diez appelle qucerere, çurrere des infinitifs forts, (M. PariSy p, 68,}
mais bien parce qu'il est l'indicatif présent de combler^ lequel a subi luimême la grande opération. Or ces verbes syncopés sont très-peu nombreux, et il est impossible de prétendre que nos pères du onzième siècle auraient soumis à la règle générale imagine, répute, récite, répète, mérite^ inédite, hésite, communique, explique, etc. C'est pourtant appliquée à ces verbes que la règle de la persistance de l'accent serait frappante. Mais, objecte-on, ces verbes sont plus modernes. Je le veux bien ; mais il n'en est pas moins vrai que, dès qu'ils ont eu un indicatif présent, il s'est formé avec déplacement de l'accent, comme l'établit M. Diez.
C'est aux trois autres conjugaisons que la confusion arrive, et certains exemples de cette confusion datent de l'antiquité. Le grammairien Nonius Marcellus a déjà un chapitre intitulé : De mutatis conjugationibus. On y voit fervit, fulgit ; audibo, expedibo; dicebo, vivebo. Il est fort probable que ces irrégularités, constatées dans les plus anciens auteurs, étaient un reste de la langue populaire ou rustique. Après la chute de l'empire romain, la conjugaison devient un véritable chaos, tant à cause de l'ignorance universelle que de l'invasion de toutes les fautes archaïques et provinciales. De là les nombreuses irrégularités que nous offrent les langues néo-latines dans la transcription des verbes latins.
4® Beaucoup de verbes de la deuxième conjugaison latine étaient devenus de la troisième lors de la formation de nos langues : répondre, plaire, taire, nuire, rire, voir, etc. De même en italien, en provençal.
2" Des verbes de la troisième conjugaison latine étaient devenus de la deuxième : d'où recevoir, concevoir, pleuvoir, etc.
3® Beaucoup de verbes de la troisième étaient devenus de la quatrième : offrir, souffrir {offerire, sufferire), faillir, quérir *, fouir, etc. Ici encore on trouve quelques réminiscences du passé. Les textes latins fourcrissent ou les grammairiens ont noté parire pour parère (dans Ënnius), fodire * pour fodere, moriri pour mori, etc. On n'a pas remarqué, je crois, que les verbes de la troisième conjugaison mixte ont les premiers donné lieu à une confusion facile : dans ces verbes, comme dans ceux de la quatrième, le présent de l'indicatif est en io et le supin en itum. Notre verbe fuir ' vient, non pas de fugere, mais de fugire, que nous trouvons dans les autres langues néo-latines ^. De même rapio nous a dOQOI^ twrif (en italien rapire, rapito, d'où rapitore ; en roman et en espagnol ropar). Mais pour nos verbes en ir il ne faut pas toujours supposer des désinences latines en
i. Le participe quœsitus appartient à un yerbe de la quatrième.
2. C'est de fodire que Tient fouir, et non de la forme fodiscere, que suppose M. Paris, p. 70.
3. Ce mot me rappelle que j'ai une petite réclamation k adresser à M. Gaston Paris. Il me reproche, p. 20, d'avoir fait écrire à Villon : Mais quoi ! je fuîois Vescole, au lieu de : Mais quoi! je fuioie Vescole, En quoi il a parfaitement raison. Mais j'ai à répondre que^ depuis douie ans, cette faute a disparu de mon ouvrage. Voy. Traité de Versification française, p. 431 et 433, deuxième édition. 1850. In-S».