SUR LA SPIRITUALITÉ DE L’AME
Le hasard ayant fait tomber sous mes yeux la livraison d’avril 1868 des Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences morales et politiques, j’y ai lu, avec un bien vif intérêt, un Mémoire de M. Albert Lemoine sur la spiritualité de l’âme, dans lequel ce philosophe combat le matérialisme moderne, en lui montrant que c’est vainement qu’il prétendrait, pour justifier son système, s’appuyer sur les découvertes les plus récentes de la science. Je partage complètement à cet égard la pensée de l’auteur; mais j’ai rencontré dans son Mémoire des assertions erronées, selon moi, qui le déparent, et qui, trop généralement admises dans la métaphysique de nos jours, s’opposent à tout progrès de la part de cette science. Aussi, dans mon impatience, me suis-je mis de suite à les réfuter, et, dès le 27 avril 1868, j’avais rédigé l’examen critique qu’on va lire. Dans plusieurs autres circonstances, j’ai de même attaqué des doctrines philosophiques qui me paraissaient s’éloigner en quelques points de la vérité, et je me suis toujours imposé la règle de communiquer mes critiques aux auteurs que je voulais réfuter. Cependant j’y ai manqué dans cette circonstance à l’égard de M. Lemoine. 11 serait superflu d’en exposer ici le motif, mais je crois pouvoir dire que la manière dont je m’exprime sur son œuvre suffit pour me donner l’assurance qu’il n’aura pas lieu d’en être choqué. Si je n’avais fait que peu d’estime d’un tel travail, je ne me serais pas donné la peine d’en faire un examen aussi détaillé.
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EXAMEN CRITIQUE