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celle-ci : Le mjsLèrc est à la malignité ce que la -aine est au couteau i elle en conserve la pointe. La Harpe aurait pu mieux choisir 5 les ouvrages de Servan offrent un grand nombre de pensées plus singulières , de métaphores bizarres , de comparaisons ou triviales ou étranges : j'en avais rassemblé plusieurs que je comptais mettre sous les yeux du lecteur ; mais il faut bien que le défaut d'espace qui m'empêchera de parler de plusieurs ouvrages de Servan, où j'aurais à louer de fort bonnes choses, par une sorte de compensation , le mette à l'abri de citations de ce genre. Je ne sais si je mettrais au nombre de ces bons ouvrages dont je ne pourrai parler, quoique je m'y fusse engagé dans le cours même de cet article, les 6^owmenlaires sur Montaione. Sans doute, en épluchant avec rigueur une pensée, un raisonnement, un paradoxe du philosophe périgourdin, il a souvent raison contre lui ; mais il a tort aussi quelquefois, et lors môme qu'il a raison, je ne sais pas s'il ne vaut pas mieux encore avoir tort comme Montaigne. Le Commentaire de Servan est lourd et peu attrayant; il ne l'a point achevé, et s'est contenté de commenter les deux premiers livres de Montaigne. Il a bien fait de s'en tenir là : louvrage entier eût été très- long , et serait peu la.
« Ce qu'il y a de bon dans ma bibliothèque, disait « modeslementServan,c'estqu'il n'y a riendemoi. » On voit qu'il ne se laissait point égarer par les éloges de ses contemporains ; car tous ses écrits étaient accueillis avec beaucoup d'applaudissemens. Grimm disait d'une de ses brochures en l^ivcur du Mesniénnies, que , depuis Pascal, on n'avait point manié
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larme du raisonnement avec autant de pn'cisiun , de grâce , de légèreté, de finesse. Nous rabattons quelque chose de tous ces éloges , mais nous ne prenons point au mot la modestie de Servan. L'édition de ses œuvres, faite par M. de Porlets avec beaucoup de soin, de choix et de goût , doit trouver place dans nos bibliothèques , puisque ses ouvrages présentent souvent les réflexions d'un philosophe éclairé, les vues d'un magistrat plein d'expérience et de lumières, les idées d'un écrivain ingénieux et doué de beaucoup d'esprit et d'imagination, et toujours les sentimens d'un homme de bien et d'un bon Français.
Histoire de Li Tic et des Ouvrages de J. de La Fontaine ; par M. Walckenaër.
Je suis persuadé que le bon La Fontaine serait extrêmement étonné, s'il pouvait voir le gros volume dont il est la matière et le sujet. Il aurait quelque peine à concevoir que l'histoire de cet homme, qui passait une partie de son temps à dormir, et l'autre à ne rien faire , occupai tant d'espace, et que sa vie, dont il nous a donné lui-même un si plaisant abrégé, otïrît tant de matériaux, et pût s'étendre dans une narration de cinq cents pages et plus. Il serait certainement curieux de lire celle histoire, et il serait charmé de son historien, pent-êlre même ne le Irouverail-il pas trop long, quoiqu'il le soit un peu, et il se réjouirait d'avoir été jugé et peint par un homme qui le connaît si bien , et qui aime tant et sa personne et sesouvrages.il retrouverait avec joie presque tout le siècle où il a vécu, toutes le person-