‹ Mélanges de philosophie, d'histoire et de littératureChapitre 30 sur 40 · AL REDACTEUR · texte numérisé non relu

AL REDACTEUR

Monsieur ,

Je viens de lire, dans votrejournal, un article signé A., dans lequel se trouve le paragraphe suivant : « Un de nos plus célèbres écrivains avait publié, sous

j^8| MÉLANGES.

« l'empire, en 1808, un ouvrage politique et reli- « gieux 5 il le fit réimprimer sous la reslauralion, et, « comme pour afficher une grande fermeté de prin- « cipes et une grande indépendance de caractère, il « dit dans une courte préface qu'il n'y avait rien (( ajouté; mais M. Barbier prétend qu'il aurait dû « dire qu'il en avait retranché une page. Il est cer- « tain que cela eût été plus franc ; et, si l'auteur ne « voulait pas avoir cette franchise , il ne fallait pas « faire de préface. Je ne nommerai point cet écrivain ^ « ses yà/mfî^Me^ partisans, qui seraient sans doute <(. désavoués par lui, n'auraient pas la même discré- « lion à mon égard , s'ils me trouvaient dans le même « cas ; mais il ne faut les imiter ni dans leur âcreté, <( ni dans leur animosité, ni dans bien d'autres choie ses encore. » Malgré cette espèce de protestation de douceur et de politesse, il se pourrait cependant que l'épilhète àefanatique parût un peu acre. Au reste , l'écrivain , que M. A. ne nommera point ^ ditil , n'éprouve aucune répugnance à se nommer luimême. Je publiai effectivement, en 1808, une brochure non pas politique, mais toute religieuse. Cet écrit contenait des leçons sévères^ il était à craindre qu'il blessât , et qu'on n'en permît pas la publication , désirée par M. Emery, ancien supérieur de Saint- Sulpice. Pour désarmer l'homme qui régnait alors, je le louai de ses succès militaires, et d'avoir rendu à la France catholique le libre exercice de sa religion-, chose que je ferais encore aujourd'hui. Cette précaution n'empêcha pas que l'ouvrage ne fût saisi et supprimé par la police. En le faisant réimprimer sous les Bourbons , le sentiment des convenances m'impo-

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sail le devoir de retrancher le passage qu'on rappelle avec adectalion ; et je ne vois pas bien comment /« /ra/icÂ/^e m'obligeait de faire dans ma préface l'histoire de cette page , qui , au reste , ne renferme rien que j'aie à désavouer. Voilà toute ma réponse à M. A. Je vous prie , Monsieur, d'insérer ma lettre dans votre plus prochain numéro, et d'agréer l'assurance de la parfaite considération avec laquelle j'ai Thonneur d'être ,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur , L'abbé F. DE La Mehwais.

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