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Leçons lad/ les de liUcrature et de morale , ou Recueil en prose et en vers des plus heaiijc morceau.T des auteurs latins anciens ; par MM. Noël el de Ln place.
Article puemiek.
L'idée de rassembler en un seul corps d'ouvrage, pour l'ulililé des professeurs et des élèves, des morceaux choisis dans les divers écrivains, orateurs, poêles, historiens, pliilo^ophes , qui illustrèrent Tancienne Home, est due à Rollin , à ce maître habile et zélé, qui, sans cesse occupé de l'instruction de la jeunesse, composa tant d'excellens ouvrages consacrés à ce noble el utile usage, et indiqua ceux que dans une vie longue et laborieuse il ne put entreprendre. L'avantage de ces mélanges, pris avec choix dans diflerens auteurs , était connu dès la plus haute antiquité; et nous lisons dans le voyage du jeiuie Anacharsis, que le maître de Lysis, jeune Athénien, avait mis dans les mains de son élève un de ces Recueils , faits à l'usage de la jeunesse , et composés de pièces choisies^ et dont la morale était pure. C'était, comme on voit, des leçons grecques de littérature et de morale. Bientôt nous aurons aussi nos leçons grecques. MM. Noël et de Laplace publieront incessamment des morceaux choisis dans les nombreux et illustres écrivains de cette langue, qui , joints au choix qu'ils viennent de faire dans les plus célèbres auteurs latins , et au R.ecueil de morceaux françnis publié depuis trois ans, et que trois édi-
lions rapides oni Jéjà fait coniiaiiie si avantageusemcul, formeroiU, pour ainsi dire, la fleur des trois premières littéiaturcs du monde, et compléteront 1 élite des fragmeus les plus précieux qui aient été écrits par les plus beaux génies, et dans les trois langues qui doivent être la base de l'iuslruction de tout Français bien élevé.
Quelque bonne que lïit la mélhode de l'Université de Paris pour les études, elle ne pouvait cependant pas être parfaite; et elle avait, entre autres défauts, celui de ne faire connaître que trop peu d'auteurs des langues anciennes. Dans la langue latine, par exemple, on ne connaissait guère, parmi les écrivains eu prose , que Cicéron , et quelques Iragmens des historiens les plus célèbres, les morceaux oratoires surtout ; car c'était principalement au style des discours et des harangues qu'on formait la jeunesse 5 c'étaient des Cojiciojies qu'on lui mettait piéférablement dans les mains 5 comme si le style d un récit agréable et enjoué, d'une narration élégante fleurie, d'une discussion littéraire ou philosophique, n'avait pas d'aussi nombreuses applications dans la société, que celui d'un discours emphatique et d'une pompeuse harangue! Et c'est peut-être, pour le dire en passant , de ces premières études que venait le goùl des jeunes gens sortis du collège, pour de vides amplifications, pour des développemens oiseux de lieux communs , pour un style enflé et tendu. Ainsi donc , parmi les auteurs latins en prose, quelques ouvrages de Cicéron et quelques discours de Tite-Live, de Salluste , de Quinte-Curce et de Tacite , composaient la biblio-
ihèque d'un écolier Je rUtiivnsité. Trois poètes seulement, Virgile, Horace et Ovide entraient dans cette bibliothèque. Cependant, dans chaque langue, chatjue auteur original a, s'il est permis de s'exprimer ainsi , sa langue particulière , sa manière propre d'exprimer ses pensées, ses tournures , ses locutions , ses expressions familières; enfiti ce qui forme tellement un style à lui, qu'on pourrait fort bien entendre le style des autres , et ne pas entendre le sien', comprendre facilement, par exemph^, la prose de Cicéron, les vers de Virgile, et se trouver fort embarrassé en lisant l.i prose de Tacite et les vers de Juvénal. Il faut donc, pour bien connaître une langue, connaître la plupart des auteurs justement estimés qui ont écrit dans cette langue.
C'était donc un mal de se restreindre à un nombre aussi circonscrit d'auieurs latins, mais c'était un mal nécessaire et forcé. Comment, en elfet, les écoliers auraient-ils acheté à grands frais les nombreux ouvrages écrits en cette langue, et échappés aux ravages des temps? Et comment auraient- ils traîné avec eux dans leurs classes une bibliothèque entière? Ainsi , ce que les professeurs pouvaient faire de mieux, c'était de choisir, comme ils avaient fait, parmi le petit nombre de livres que leurs élèves pouvaient se procurer , les meilleurs et les plus purs 5 mais c'était, je le répète, un grave inconvénient 5 et le recueil de morceaux habilement choisis par MM. Noël et de Laplace doit désormais le faire cesser. Les élèves y trouveront rassemblés dans deux volumes des fragmens pris avec discernement dans une foule d'auteurs, jusque -là inconnus dans les classes, ou