‹ Mélanges de philosophie juive et arabeChapitre 11 sur 55 · est dans la nature de la forme de suivre la matière · texte numérisé non relu

est dans la nature de la forme de suivre la matière

(1) C'est-à-dire, que chacune d'elles est l'effet de la substance supérieure et la cause de l'’inférieure.

(2) Plus littéralement : et tu trouveras que l'AGENT correspond à ce qui d'entre ces substances fait une impression et à ce qui produit et crée ; et tu trouveras que le PATIENT correspond à ce qui d’entre ces substances est l'objet de l'impression et à ce qui reçoit l'action de produire. מועיל‎ est la traduction du mot arabe Die, ce qui est utile, ce qui donne ou produit; de même חועלת‎ correspond au nom d'action 82151, qui désigne l'action d'étre utile, de donner ou de produire.

(3) C'est-à-dire, deviennent des formes de la substance composée.

(4) C'est-à-dire , quoique en réalité elle reste ce qu’elle était.

en s'imprimant (dans elle) et en prenant une figure ), et comme la matière en elle-même est corporelle, il faut que la forme qui passe sur elle de la substance spirituelle devienne également corporelle. Ensuite, la forme a coutume de pénétrer et de s’enfoncer dans la matière qui la reçoit, dès que celle-ci est disposée à la recevoir, et cela parce que la forme première, qui contient toutes les formes, pénètre et s'enfonce dans la matière première. Si la matière est épaisse (2), la forme ne peut pes y pénétrer et s’y étendre; alors l'essence de la forme se resserre et ne se répand pas, et en se resserrant elle se montre au sens ; car, à mesure qu'une chose se resserre elle se corporifie (davantage) et se montre au sens, et, au contraire, à mesure que son essence se répand, elle devient subtile et se dérobe au sens. La manière dont les formes spirituelles passent à la matière corporelle, de sorte que les formes corporelles deviennent alors visibles dans la matière corporelle, ressemble à celle dont la lumière passe aux corps, de sorte que les couleurs des corps deviennent visibles.

24. Comme l’âme (5) tient le milieu entre la substance de l'intellect et le sens, il en résulte que, lorsqu’elle penche vers le sens, elle est incapable de percevoir ce qui est dans -חו']‎ tellect, et de même, lorsqu'elle penche vers l’intellect, elle

(1) C'est-à-dire, la forme, quoique spirituelle, se corporifie dans la matière corporelle au moment où elle s'y imprime et où el!e prend une figure. L'auteur continue à expliquer comment il arrive aux formes spirituelles de se corporifier.

(2) La vers. lat. est plus explicite: « Quia si materia fuerit subtilior forma diffundilur in ea et dispergitur et occullabitur et non apparebit sensui; si autem materia obtusa, debilior fiet forma ad penetrandum etc. »

(3) D'ici au $ 30, l'auteur considère analytiquement les différentes substances simples et leur influence les unes sur les autres. 1! explique d'abord comment l’âme, quoique substance simple, reçoit les formes des choses sensibles, et il montre que les formes sensibles sont essentielles dans l'âme.

est incapable de percevoir ce qui est dans le sens ; car chacun de ces deux extrêmes est séparé de l’autre, et lorsqu'elle se tourne vers l’un, elle se détourne de Fautre.

25. (Si nous disons) que toutes les formes sensibles subsistent dans la forme de l’âme, on doit entendre par là que toutes les formes se réunissent dans la sienne, c’est-à-dire, que la forme de l’âme, par sa nature et son être, est une essence qui renferme essentiellement l’essence de toute forme, toutes les formes se réunissant dans l’idée de la forme; car elles sont toutes des formes, et l’idée de la forme leur est commune. Or, l’idée de la forme est une avec la forme de l'âme; car l’une et l’autre sont des formes, et les formes particulières, savoir toutes les (formes) sensibles, se réunissent dans la forme universelle, c’est-à-dire (dans celle) qui renferme toutes les formes. Ces formes (particulières) se réunissent (par conséquent) dans la forme de l’âme, parce que la formo universelle qui les renferme (toutes) se réunit avec la forme de l’âme (1).

26. Ces formes, dans la substance de l’âme, sont intermédiaires entre les formes corporelles portées par la substance composée et les formes spirituelles qui existent dans la substance de l’intellect. La preuve en est que la substance de l'intellect perçoit l’étre dans toutes les choses, c’est-à-dire la

(4) Cette dernière phrase est corrompue dans le texte hébreu, ainsi que dans [8 vers. lat. Celle-ci porte : «et hæc forma universalis unitur cum anima (lis. cum forma animæ); ergo formæ quas colligunt (lis. colligit) sunt existentes in forma animæ ». D'après cette version il faudrait rétablir ainsi le texte hébreu : וזו הצורה‎ הכל ית תתאחר בצורת הנפש ואם 72 התאחדו הצווות‎ .-אשר היא אוספת אותן בצורת הנפש‎ Quoique les premiers mots de cette phrase, dans notre ms. hébreu, s'accordent avec la vers. lat., nous avons cru devoir les corriger ; avec la leçon que nous avons adoptée, on obtient le même sens sans trop modifier la construction de la phrase hébraïque. 1[ y avait probablement ici quelque confusion dans 10 texte arabe primitif.

forme une (1) et simple, ou les genres et les espèces, tandis que la substance de l’âme perçoit ce qui n’est pas l'être (2), savoir, les différences, les propres et les accidents, pris dans les sens (5). C'est pourquoi l’âme, lorsqu'elle veut connaitre la quiddité d'une chose (4), s'attache 8 l’intellect et s’unit à lui, afin que celui-ci lui produise l'être simple (>). Et lorsque l’âme s’est attachée à l’intellect, la forme de ce dernier s’assimile à celle de l’âme; car le genre est le (véritable) être, tandis que la différence réside dans la forme de l’âme, la différence étant ce qui n’est pas l'être. Elles (les deux formes) s’assimilent donc l’une à l’autre, c’est-à-dire, 16 genre qui réside dans l’intellect s’assimile à la différence qui réside dans la substance de l’âme. Alors l’âme perçoit la quiddité de la chose, parce que les (éléments) simples de la quiddité (6), c’est-à-dire le genre et la différence, s’attachent à l’essence de l’âme ; elle connaît donc parfaitement la quiddité de la chose, c’est-à-dire sa définition. 27. Les formes ne passent pas dans l’âme comme la lumière passe dans l'air, et sans y être essentielles, comme plusieurs l'ont cru; car, si les formes n'étaient pas essentielles dans l'âme, elles ne s’uniraient pas avec elle et ne passeralent pas

(4) Plus littéralement : La forme d'unité ou unitaire.

(2) Vers. lat. : « et substantia animæ apprehendit non esse»; הזולת‎ , en arabe | , signifie ce qui est autre (que l'être).

(3) Vers. lat.: « quæ aitinguntur sensibus ». 1| paraftrait que le traducteur latin a lu 0305 le texte arabe Ar À Lis VU SH, ce qu’il faudrait traduire en hébreu : אשר ישיגו אותס החושים‎ , c'est-à-dire : que les sens alleignent.

(4) Vers. lat. : «esse 0ז‎ 5. Le mot מהות‎ , en arabe is, correspond au ri 77e OU au 55 1 nv Etort.

(5) Vers. lat. : « ut adquiral per eam esse simplex ». יועילה‎ est la traduction du mot arabe |... (lui fasse acquérir ou obtenir).

(6) Vers. lat.: = simplicia esse »; en arabe il y avait probablement 21! Lo

à l'acte (1), Ce qui le prouve, c’est que, dans le rêve, la substance de l’âme reçoit la forme intelligible de la substance de l'intellect psychiquement (3), je veux dire par l'imagination, et ensuite, dans l’état de veille, elle la perçoit corporellement et malériellement (3). C'est de cette manière qu’il faut voir en général dans l’inférieur l’analogue de ce qui lui est supérieur, jusqu’à ce qu’on arrive à la matière première qui porte tout (4). — Les substances inféricures revêtent la lumière de celles qui leur sont supérieures, et le tout revêt la lumière de l'agent premier (Dieu). L’impression que les choses supérieures font sur les choses inférieures se montre (par exemple), dans les

(4) Les formes, tant sensibles qu'intelligibles, sont dans l'âme en puissance, el, selon que celle-ci penche vers le sens ou vers l'intellect, les unes ou les autres passent à l'acte (Conf. 6 24).

(2) Nous nous sommes permis de former le mot psychiquement pour rendre exactement le mot נפשירן‎ (en arabe, sl), qui correspond au mot grec Ÿuyeme. La vers. lat. le rend par animaliter, adverbe qui, comme l'adjectif animalis, est dérivé de anima, et non pas de animal; c'est dans ce sens qu'on dit en français esprits animaux, c'est-à-dire, esprits psychiques. Cf. ci-dessus, pag. 38, note 1, et pag. 40 , note 3.

L'auteur a ici en vue, comme dans beaucoup d'autres passages, Ja division de l'âme en trois facultés, appelées psychique, vitale et naturelle; cette division est surtout admise par les anciens médecins, qui placent le 81606 de la faculté psychique dans le cerveau, celui de la faculté vitale dans le cœur, et celui de la faculté naturelle = ou physique dans le foie. Voy. Galien, De Hippocratis et Platonis

placitis, liv. VIT, chap. 3, 0116 Canon d'Avicenne, liv. I, fen. 1, chap. 6 (texte arabe, pag. 38; et vers. ,.|ג[‎ t. [, pag. 76); Cf. Maïmonide, au commencement du premier des Huit chapitres servant d'introduction au traité Abôth.

(3) Daas le rêve c'est la faculté psychique qui prédomine, dans l'état de veille c'est la faculté naturelle ou physique; ainsi, ce qui passe à l'acte, c'est la forme qui se trouve virtuellement dans chacune des facultés.

(4) Sur tout ce passage, cf. plus loin, liv. IV, S$ 24 et suiv.

végétaux, par le mouvement de ג1‎ crosssenre. de גל‎ autrition et de la génération : l'impressno qu'on aperçoi de ls part de la nature, c’est l'attraction. 12 transformation. 1 rétention et l'expulsion (t;; l'impressson qu'on aperçoit de la part de l'âme végétative, c’est k génération et la croissance.

28. L'action de la nature est moindre que celle 6)₪ 6 végétative ; car l’âme végétative meut le corps jusque dans ses extrémités, ce que ne fait pes la nature. L’impression qu’on aperçoit de la part de l’âme vitale, c’est la sensibilité et la locomotion; elle meut le corps tout entier, et le déplace tout entier dans l’espace , tandis que l’âme végétative ne meut que les parties du corps.

29. L'âme vitale est supérieure à l’âme végélative, en ce qu’elle s’attache aux formes des corps, qui lui ressemblent en subtilité, et qu’elle les dépouille (les corps) de leurs formes corporelles, tandis que l’âme végétative s'attache ₪ 6 mème des corps (#), parce qu’elle leur ressemble par l’épaisseur, et (il y a là) rapprochement et contact (3).

(1) Ce sont ici les quatre facultés qui agissent dans la nutrition des plantes et des animaux : par la faculté attractive, la plante attire les particules terreuses et aqueuses propres à l’alimenter, et dans les animaux, cette même faculté attire les parties des alimeuts qui conviennent à la nature du corps ; par la faculté de rétention la plante et l'animal retiennent la substance attirée ; par la faculi£ de transformation ou de digestion, la substance aitirée se convertit 8 celle de la plante et du corps animal ; enfin, par Ja faculté d'expulsios, les corps rejettent les résidus qui ne conviennent pas à leur urpaussation. Cf. AI-Kazwini, dans la Chrestomathie erebe de M, Sir. de Sacy, t. 11], pag. 472, 487 et 488.

(2) L'auteur veut dire que l'âme végétatire 06 4/0016 + 5% mile les choses elles-mêmes par le contaes mari, 6 x19 l'âme vitale ou sensible ne reçoit que les formes עקזעע+‎ 3 #1 4lg abstrait des choses. Cf. ci-dessus, pag. 45, ₪6 1.

(3) Le texte hébreu, qui ne nous parall pas imetise + sens, est un peu concis ; il faut peul-£ire lire "המשש‎ 75772 77 et cela par le rapprochement et le contact. Vans La vers, 6, 6

30. L'action )42 de l'âme vitale consiste à produire le sentiment des formes des corps épais, par l’intermédiaire du temps, la locomotion, et l'émission de la voix et du son sans un ordre indiquant une 1066 (2). L’action de l’âme rationnelle consiste à produire le sentiment des formes intelligibles et subtiles, le mouvement sans temps ni espace dans les choses intelligibles (), et l'émission de la voix et du son avec ordre et suite indiquant

ja lecture offre ici quelque difficulté) nous lisons : « et hoc prope et [per] contactum. »

(1) Tout ce paragraphe étant défectueux dans notre ms. hébreu, nous croyons devoir donner ici la vers. lat., au moyen de laquelle nous avons complété le texte hébreu : « Actio animæ animalis est sentire formas grossiorum corporum in tempore et movere (sic) per Joca et resonare [et modulari] sine ordine qui significat intellectum ; actio autem animæ rationalis est sentire formas intelligibilium subtiles et moveri in intelligibilibus in non tempore et in non loco, et resouare et modulari cum ordinatione et composilione significante intellectum ; 80110 autem intelligentiæ est apprehensio omnium formarum intelligibilium et sine tempore et sine loco, sine inquisitione, sine negotio 61 sine alia causa præter suam essentiam et est perfectione plena. »

(2) Nous avons cru devoir effacer la négation ולא‎ , qui dans le ms. hébreu précède le mot 57339; peut-être doit-on écrire : סרר ולא חבור מורה על ענין‎ PND, de même qu'on lit plus loin : ובחבור מורה על ענין‎ 1102. — Les mots והרמת קול‎ désignent la simple émission.de la voix, qui, dans l'homme, devient l'élément de la parole, tandis que le mot נעימוּת‎ désigne le son, comme élément de la modulation et du chant ; l'âme vitale produit ces simples éléments sans ordre ni suite, tandis que l'âme rationnelle, comme il est dit plus loin, les produit dans une suitc régulière, de manière à en former la parole et le chant. Les mots

sont probablement la traduction du mot arabe Es 05 ;‏ הרמת קול

Je mot נעימות‎ me paraît être une imitation de à,ä.5 ou de

(3) C'est-à-dire, à donner à l'homme la faculté de se mouvoir dans les choses intelligibles, ce qu'il fait sans avoir besoin de temps ni d'espace.

- ₪ — une idée. L'action de [ ומ בת‎ consie à peropvoir 10155 Les formes intelligibles, sans 1emps ג‎ espace. Sans éprouver mi désir ni besoin d'autre chose que de sa propre essence. car il est dans une entière perfecton.

31. 11 faut que tu saches que la médixhon sur les substances simples et l'intelligence de ce gu'1 est posaihle d'en cumerendre sont le plus grand repos el la pins grande jasssenne pour l'âme rationnelle ; de la farulié que possède [ יוא‎ de les connaitre; de les parcourir ' . de comprendre leurs formes et leurs propriétés et de distmguer leurs mpressons et leurs actions (%, dépendra sa facuké de connaitre la חנ‎ 5 et de s'y attacher. Il faut donc que tu fesses 1005 es efforts pour méditer sur les substances stnpies. et particuhcrement sur la substance de l’âäme et de l'miellect. qu purient ו‎ chose et possèdent la forme de toute chore.

32. À mesure que les subsiances samples descendent. elles s’épaississent jusqu'à ce quelles finissent par se corpurier et s'arrêter. On trouvera ופנא‎ qu'il en est de même des sulstances composées (4. Mais (demanders-t-c0,, comment est-1l pussible que la faculté divine s'affublisse. se mcdifie et se curponfe, et que l’action de l'agent presser ‘ou Dieu, se montre plus dans certaines substances que dans certames autres.

(1) Littéralement : de s'y promener. Vers. -.1ג:‎ cet תפסא‎ .. diffusionem suam in illis. »

(2) La vers. lat. a: « .... cognitionem actionam et passionm s, ce qui est inexact.

{3) Les mots כלימר האלהות‎ ne 5001 que j expricatiso de mnt רבנות‎ , imité du mot arabe DS), qui sempiloie dans le sens >< divinité. Cf. Guide des Egarés, 1. 1, pag. 12, ₪06 1.

(4) C'est-à-dire : les 5005120065 composées deviennent égaiment de plus en plus épaisses, à mesure qu'elles occupest ss degré inférieur de l'être. La vers. lat. ajoute ici: = Similiter #1iam וצפוה‎ actiones quarundam in alias manifestiores quam aliarem is 91:34. <

puisque la faculté divine est le plus haut degré de faculté et de perfection et la limite extrême de toute puissance ?

33. En effet, la faculté divine ne saurait s’aflaiblir; mais quand les (autres) facultés désirent s'approcher d'elle, elles montent en haut, et le bas reste dans l’ombre (1), — Si la matière reçoit la forme par la faculté efficiente, c’est uniquement selon la disposition que la matière a pour cela; que si elle était prédisposée à recevoir une seule forme parfaite et invariable, la faculté (divine) ne manquerait pas de la produire. [| ne faut donc pas attribuer le changement de la faculté à l'essence de cette faculté, mais à l'essence de la chose qui reçoit son action; car, lorsque la matière est plus près de la source (de la faculté), elle en reçoit l’action mieux que lorsqu'elle en est éloignée.

34. Si tu veux te faire une idée de cela, il faut que tu montes subitement de l’(être) inférieur au supérieur ; tu verras alors l'être plus subtil, plus simple et plus fortement uni, soit la matière, soit la forme, soit le mouvement. Tu te serviras de 1 606 visible comme preuve de l'être invisible ; par le composé tu jugeras du simple, et par l'effet, de la cause; car si tu fais cela, tu arriveras à ton but à cet égard.

35. Prends pour exemple (2) le corps universel absolu; car c’est ainsi en cffet (qu’on peut procéder) (5), puisque l’inférieur sert d'exemple pour le supérieur. En effet, si tu examines la composition du corps absolu et l’ordre de ses parties, il te sera facile de te faire une idée des rapports des substances simples et de leur ordre.

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