‹ Mélanges de philosophie juive et arabeChapitre 16 sur 55 · Sous un autre rapport) on peut distinguer dans l’être · texte numérisé non relu

Sous un autre rapport) on peut distinguer dans l’être

perfection absolue (cf. liv. III, $ 30). D'ailleurs aucun des quatre genres de la catégorie de la qualité, énumérés par Aristote (Catégories, chap. 8), ne s'applique à l'intellect.

(4) C'est-à-dire, l'être qui a quiddité et qualité. Ce passage manquait dans notre ms., el nous avons dû compléter le texte, d'après la vers. lal., qui porte : «et infra hanc autem est id de quo queritur quid est, quale est, sicut anima. »

(2) C'est-à-dire, l'être qui a quiddité, qualité et cause finale. L'intellect et l'âme n'ont pas d'autre cause finale en dehors de leur propre essence que l'agent premier ou Dieu ; mais la nature a sa cause finale dans l'âme. Cf. Aristote, Traité de l’Ame, liv. IX, chap. 4 ($ 5): pavepoy 85006 rai où Evercv מ‎ Vuyn airta” :אש‎ yap © 9006 79:86 Tou mousi, TÔv aÛTOY Tpérov אא‎ D ו‎ xai +007 Ecru aûrh :4(06 * 0%ז0000-‎ d'êv rois 00060 à buy 0 guen, x. Te À.

(3) C'est-à-dire , tout ce qui est soumis à la naissance (yiveots) et à la destruction (>#o0œ). Vers. lat. : « generata ex ea. כ‎

(4) C'est-à-dire, chacun de ces quatre êtres.

(5) Ces considérations sur les nombres diffèrent nn peu de ce que l'auteur a dit plus haut (liv. IV, 6 19), où l'intellect (que l'auteur vient de mettre en rapport avec la quüldité” est dit représenter la monade, tandis qu'ici la quiddité représente la dyade. Certains auteurs arabes, en exposant la philosophie des nombres de | Pythagore, lui attribuent diverses considérations analogues à celles

des classes plus générales (1), qui sont : le nécessaire, le possible et l'impossible. Le nécessaire est l’un agent, le Très-Hant; le possible est tout être objet de son action; l'impossible est la privation de l’être et sa cessation.—Le nécessaire est (aussi) le principe (agent) invariable. Le possible en est le contraire; et c’est pour cela, il me semble, qu’il est passif et variable, car c’est là la nature du possible en lui-même. On a donc eu raison, d’après cette considération, d’appeler la matière première une possibilité (2). Puis donc que l’un, agent premier, est le nécessaire, il n’est qu’un (5), et, puisque l’objet de son action

que l'on trouve dans cet ouvrage ; selon eux, Pythagore aurait également mis en rapport les nombres deux, trois et quatre avec les substances simples appelées l’intellect, l'âme et la nature. Schahrestäai, après avoir exposé les doctrines de Pythagore relatives aux quatre premiers nombres, ajoute ce qui suit: « Ce sont là, dit-il, les racines des êtres. Composant ensuite le nombre avec la chose nombrée et la mesure avec la chose mesurée, il dit : La chose nombrée qui renferme une dyade et qui est la racine et le principe des choses nombrées, c'est l'intellect, qui peut être considéré à deux points de vue : d'abord par rapport à lui-même, car en lui-même il 4 d'une existence possible; ensuite par rapport à son Créateur, par lequel il est d’une existence nécessaire. 1| correspond , par constquent, au nombre deux. La chose nombrée qui renferme une triade, c'est l'âme, parce qu'aux deux points de vue il s'en joint un troisième. La chose nombrée qui renferme une trade, c'est la nature, parce qu'aux trois (points de vue) il s'en joint un quatrième. » Schahrestâni, Traité des Sectes religieuses et philosophiques, texte ar., pag. 268 (trad. all., t. II, pag. 102).

(4) Littéralement : L’éêtre est rangé sur des degrés plus généraux que ceux-là.

(2) Cf. ci-après, %

(3) C'est-à-dire : il est l'un absolu. Ce passage, qui manque dans le ms. hébreu, se trouve dans la vers. lat. et dans le Woré ha- Meré. Vers. lat. : « Disc. Quam magnum quid intellexi per te ex héc dictione ; quia, postquam unus factor primus est necessarius, tune ipse est unus lantum , el quia patiens est possibile, etc. » Cf. Moré ha-Moré, à la fin de la première partie, pag. 63.

est le possible, il faut que (celui-ci) ne soit pas toujours le mème, mais qu'il soit une chose et une uutre; il faut donc qu’il soit (à la fois) ce qui porte et ce qui est porté (1).

32. Dans la diversité de la matière et de la forme, il y a une preuve pour (l’existence de) la Volonté, puisqu'il appartient à la Volonté de faire la chose et son opposé. — Si la forme est manifeste et la matière latente, la cause en est, dans les choses intelligibles, que la forme de l’intellect et les formes des choses intelligibles se rencontrent; car toutes les formes sont en face les unes des autres dans la matière, comme les hommes sur un champ de bataille (2). Dans les choses sensibles, (la cause en est) que les formes sont corporelles et que la matière est spirituelle en comparaison des formes portées par elles; ensuite, c’est parce que la matière se revêt (de la forme) et que la forme la revêt; ou encore, parce que la matière ressemble au non-être et la forme à l'être; ou bien, parce que la matière est en puissance, tandis que la forme est en acte, car la matière ne devient parfaite et n’a d'existence que par la forme, et c’est pourquoi elle se meut d’abord pour la recevoir, c’est-à-dire pour se perfectionner.

33. Comme la forme est l'unité, objet de l’action de l’unité première qui tient tout et qui fait tout subsister (*!, et comme il appartient aussi 8 l’unité d’unir la chose et de la relier de

(4) C'est-à-dire , qu'il soit, sous un rapport substratum, el sous un autre, ce qui est porté par le substratum. Cf. ci-dessus, liv. 1 5% 1.

(2) Vers. lat. : « .... in intelligibilibus, propter applicationem formarum intelligibilium rerum et conjunctionem earum in שחל‎ sicut רזוע‎ 80 gymnasium.n Le texte arabe portait peut-être, 1 5

(3) Le participe ; והקמה‎ a ici le sens transitif: c'est un ו‎ que le traducteur hébreu a imité, car l'original avait probablement

JL 2 LU. Cf. ci-dessus, pag. 75, note 1. Dans le Moré ha- Moré(I, 12, pag. 50), Ibn-Falaquéra, en citant ce même passage, traduit les mots en question par והמעמרת הכל‎ , ce qui est plus clair. Vers. lat. : «quæ totum retinet et in qua tolum existil. »

manière qu’elle ne puisse pas se multiplier et se diviser, il faut nécessairement qu'elle (la forme) tienne la matière. Mais la matière, à laquelle il appartient de se multiplier et de se diviser, a besoin d’être unie par l'unité, et 11 faut qu’elle soit retenue et réunie.

34. Dans la connaissance du Créateur Trèés-Hant, la forme était d’abord isolée, et ensuite elle a été composée avec ₪ matière, mais cela s’est fait sans (l’intervention du) temps. l’our avoir une idée de la matière et de la forme existant séparément dans la connaissance de Dieu , on peut prendre pour comparaison la forme spirituelle, considérée comme existant dans l’âme et qui ensuite s’unit avec [a matière et passe à l'acte; ou bien, cette même forme existant dans l’mtellect et qui ensuite passe dans l’âme et s’unit avec elle (1). Seulement, la forme qui existe dans la connaissance de l'Éternel passe de la puissance à l’acte sans (l'intervention du) temps; c’est pourquoi elle n’est pas, pendant un seul clin d'œil, exempte de Ia matière , tandis qu'il n’en est pas ainsi de la forme qui sort de l'âme.

35 La jonction de la matière et de la forme peut se comparer à la manière dont la lumière s’attache à l’air, la couleur au corps (physique), l’âme au corps (humain), l’mtellect à l’âme, le sens au sensible et l’intellect à l’intelligible (. C’est pourquoi on dit que tout naït de la connaissance de Dieu lequel regarde et environne les choses (5).

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